Voir ci-après : Troisième Partie, Chapitre FV
4. Lettre à Galilée du 13 janvier 1611, Le Opère di Galileo Galilei, ediz. naz., t. XI, p. 22-23.
5. Voir notamment : Giordano Bruno, De la Causa, Principio e Uno, Dialogo seconda, ediz. Gentile, Bari, Laterza, 1907, Dialoghi metafisici, p. 173 à 175. —
G. Voir ci-après. Cinquième Partie, Chapitre V. 4.
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firmation, mais il l'enveloppe de plus de réticences et l'atténue par plus de restrictions que ne l'avait fait son prédécesseur ; il prend soin notamment de distinguer le Créateur de l'Ame du Monde comme l'ouvrier se distingue de l'instrument ^
Gardons-nous cependant d'attribuer trop d'importance à cette divergence de vues. Dans bien des passages, le philosophe de Stilo, pour expliquer l'activité des êtres naturels, invoque la présence immédiate de Dieu à l'intérieur des choses, sans recourir à la médiation de l'âme universelle ^ ; de son côté Bruno, en appelant Dieu l'âme des âmes, l'a maintes fois séparé de l'Ame même du Monde, comme un prinicipe transcendant à l'univers'. Dans les deux systèmes, l'idée chrétienne ou plutôt néo-platonicienne de la divinité est en lutte
1. De sensu, 1637, lib. II, cap. XXXII : Ipsaque [Anima Mundi] est instrumentum prinium primae sapientiae Dei. —
2. De sensu, 1637, lib. I, cap. VII, p. 15 : Deus enim est intrinsecus rebns raulto magis quam propriae ipsarum formae. — Ath. tr., 1636, cap. m, p. 27 : Movetque omnia [Deus] majori intimitate, et magisterio, et virtute, quam anima movet pedem nostrum, et brachium ,et totam humanam statuam. — Met., pars II, p. 243, lib. X, cap. I, art. III. — Met., pars II, p. 114, lib. VU. cap. V, art. V : Deus enim cuilibet enti intimus est, sed latet. — Cf. Giordano Bruno, La Cena de le Ceneri, Dialogo primo, ediz. Giovanni Gentile, Dialoghi Metafisici, p. 24.
3. Giordano Bruno, De la Causa, Principio e Uno, dial. 2°, ediz. Gentile, p. 175 : Son tre sorte de intelletto ; il dlvino che è tutto, qnesto mundano che fa tutto, gli altri particolari che si fanno tutto. (Trad. : II y a trois sortes d'intellects : le divin qui est tout, l'intellect de ce monde qui fait tout, et les autres intellects particuliers qui se font toute chose). — Dans le dial. 4° (éd. citée, p. 232), Bruno distingue de l'âme du monde (l'anima del mondo) « le principe le plus haut et le plus parfait, exclu de notre examen » (il summo ottimo principio, excluso délia nostra considerazione). — Cf. Bruno, Spaccio de la Bestia trionfante, dial. 3°, ediz. Gentile, p. 179 (Dialoghi morali, Bari. Laterza, lî)08) : (( ...Talmente dunque quel dio, corne absoluto, non ha che far con noi ; ma, per quanto si comunica alli effetti délia natura, ed è piîi intimo a quelli, che la natura istessa ; di maniera che, se lui non è la natura istessa, certo è la natura de la natura ; ed è l'anima de l'anima del mondo, se non è l'anima istessa : perô, etc.. » (Trad. : Ce dieu donc n'a rien à faire avec nous en tant qu'absolu, mais en tant qu'il se communique aux effets de la nature, et qu'il est plus intérieur à ces effets que la nature elle-même ; en sorte que, s'il n'est pas la nature elle-même, certainement il est la nature de la nature, et il est l'âme de l'âme du monde, sinon l'âme du monde elle-même : aussi, etc..) —
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avec l'idée stoïcienne, et c'est tantôt la première, tantôt, et le plus souvent, la seconde qui remporte la victoire ^ — La même remarque doit être faite au sujet des rapports des esprits individuels avec l'Ame du monde. Encore que Campanella se refuse à absorber complètement l'activité des êtres particuliers dans l'activité universelle, il professe néanmoins une théorie du Dieu intérieur et une doctrine de la liberté 2, qui rapproche singulièrement sa philosophie de celle^ de Bruno, et l'on sait d'autre part l'importance attribuée dans celle-ci à la notion de monade.
La conclusion s'impose donc : malgré toutes les précautions prises par l'auteur du De sensu rerum pour se garantir contre l'accusation d'hérésie, son panpsychisme ne réussit pas à se distinguer sensiblement d'une doctrine qui est la forme la plus authentique du panthéisme. Nous n'insistons pas pour l'instant sur ce rapprochement, que nous aurons plus loin à préciser. Ce qu'il importe d'examiner tout d'abord, pour mieux comprendre la signification de l'animisme de Campanella, c'est sa théorie de l'âme et de la connaissance. Celle-ci en effet, empruntée aussi à Télésio, et introduite dans son système par une critique de la psychologie aristotélicienne et scolastique, se révèle profondément solidaire de sa conception de la nature, qu'elle confirme par des preuves nouvelles, plus intéressantes peut-être et plus originales que celles que nous venons d'exposer.
1. Consulter Felice Tocco, Le Opère latine di Giordano Bruno esposte € confrontate con le italiane, Firenze, 1889, Coi tipi dei Successori Le Monnier ; Parte Quinta, cap. II, p. 331-361, cap. I, p. 327-331.
2. Voir ci-après, Quatrième Partie, IVe et II« chapitre ; — Cinquième Partie, VI» chapitre, I. —