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Platon, République, IV, 439 B, C, D, E, et 440 A

2. Fiorentino, Telesio, t. I, p. 285 et 286. — Voir : De rerum natura, lib. IX, cap. XXV, p. 387. —

LA NOUVELLE DOCTRINE DE l'aME 169

ment l'action exercée par les objets sur les organes des sens pourrait-elle être autre chose, alors que ces objets et ces organes sont constitués uniquement par de la matière, douée, par la double influence de la chaleur et du froid, de divers degrés de dilatation ou de condensation ? — Il est manifeste d'ailleurs que toute sensation a lieu par le contact direct des organes avec les objets, ou bien, — c'est le cas pour l'audition, - — par une impulsion reçue indirectement, et qui a traversé un milieu interposé entre les objets et la périphérie de notre corps ^

Connaissance, action et sentiment, se confondent donc dans une même réalité qui est un phénomène corporel : la connaissance est une action exercée par la nature sur notre organisme, c'est-à-dire en nous une passion ; le sentiment, plaisir ou douleur, c'est l'intensité de cette passion qui, modérée, est favorable à notre conservation, et lui est nuisible au contraire dans le cas où elle est excessive ou bien trop faible ^ ; l'activité enfin, c'est la réponse de l'organisme, par des mouvements, aux impressions reçues. Télésio, avec les éléments de la science de son temps, trace dans ses grandes lignes la théorie de l'action réflexe ^.

Quelle est maintenant la nature de l'âme ? Ce qui précède démontre nettement qu'elle ne peut être qu'une substance corporelle unique qui met le corps en relation avec les objets, dirige toutes les fonctions organiques, et fait servir à notre conservation et à notre développement les impressions reçues du dehors. Il serait vain d'alléguer ici en faveur de l'immatérialité de l'esprit l'argument péripatéticien, suivant lequel sa substance doit être simple pour posséder une aptitude à enregistrer en même temps des sensations diverses et contraires, et à en opérer ensuite la synthèse : cet argument en effet plaiderait plutôt en faveur de la thèse de la matérialité *.

Si l'âme est étendue, elle est composée de parties, et si elle est composée de parties, celles-ci peuvent facilement recevoir, de quelque direction qu'elles viennent, et par toutes les extrémités nerveuses, les diverses impulsions imprimées par les

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