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De rerum natura, p. 223 ; — p

170 LA NOUVELLE DOCTRINE DE l'aME

objets extérieurs. Il suffit, pour expliquer la réunion de toutes ces impressions dans une conscience unique, d'admettre que les parties de l'âme matérielle, d'abord répandues à travers tout l'organisme pour accueillir les sensations, se rassemblent ensuite avec une grande rapidité dans les ventricules cérébraux.

Quelles sont les propriétés qui doivent appartenir à l'âme corporelle pour lui permettre de remplir la fonction qui lui est ainsi assignée ? Il faut qu'elle soit extrêmement plastique, malléable, mobile et rapide ^ Elle se compose donc nécessairement de particules très ténues, très subtiles, et très déliées, qui peuvent très rapidement et avec la plus grande souplesse épouser pour ainsi dire la forme des mouvements reçus, et les reproduire avec la plus rigoureuse exactitude. Or, la ténuité, la subtilité, la promptitude à se dilater, sont des propriétés des corps chauds. L'âme est donc un corps engendré par la chaleur solaire.

De plus, on ne saurait distinguer l'âme envisagée comme principe de vie de l'âme intelligente, puisque toute fonction intellectuelle a pour fin la conservation de l'être et s'accomplit, comme la génération elle-même et comme la croissance, par des mouvements corporels. Or, c'est manifestement la chaleur qui est le principe actif de ces deux grandes catégories de phénomènes, comme le froid est la cause du dépérissement et de la mort, en sorte que l'assimilation des substances étrangères par l'organisme est de tous points comparable à celle que la flamme réalise lorsqu'elle se nourrit de ce qui l'entoure sans changer elle-même de nature 2.

L'âme qui connaît, c'est donc le principe de la génération, ^6 •7tv£u[j.a des stoïciens, le « spiritus » de Sénèque, l'esprit vital, chaud et par là même ténu, rapide, prompt à se dilater et qui, de son siège central : les ventricules cérébraux, se précipite le long des conduits nerveux, à l'extrémité desquels il va recevoir les impressions extérieures pour y répondre ensuite par des réactions appropriées '. Ainsi, tendu à travers

1. 0. c, p. 341 : Animam nec sentire, nec intelligere quod formas suscipiat, sod quod ab eis patiatur, immuteturque, et propterea maxime passibilcm ponendam esse, etc. *

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