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GÉZER. Diagramme de tombe cananéenne

qui sera relevée, parce que, associée à des indices extrinsèques, elle doit avoir sa portée dans l'attribution du monument.

11 s'agit donc, en général ,^d'une exça^vation cylindrique plus large à l'orifice qu'à la base, pénétrant verticalement dans le rocher à 2 mètres environ de profondeur (fig. 149). Le diamètre ordinaire de ce petit puits est d'à peu près 2 mètres à la surface extérieure du roc, et d'un tiers moindre dans le fond ; quelques grossières entailles y sont mé-

(1) Cf. QS., 1902, p. 347; 1903, p. 23; 1904, pp. 119, 325 et la note de M. Alex. Macalister, QS., 1902, p. 356. Il n'est naturellement pas question pour le moment des nombreuses traces de sacrifices humains relevées en divers édifices. Cf. pour Ta'annak les tombes à l'orient de la citadelle du xv« s., Sellin, T. Ta^an., p. 51 s.

(2) Cf. QS., 1904, p. 324 ss. Ce nom a été créé par analogie avecles tombes phéniciennes, où le puits paraît du reste avoir été une imitation égyptienne; mais on va se rendre compte des divergences notables que présente avec le puits rectangulaire, fort régulier et généralement très profond des hypogées phéniciens, le puits funéraire cananéen.

nagées parfois dans les parois pour permettre Tappiii du pied et de la main. Une porte plus ou moins rectangulaire, étroite et basse, s'ouvre latéralement, sans principe d'orientation, au niveau inférieur du puits et donne accès en une cliambrette, ovale pour l'ordinaire, sans aucune régularité d'ailleurs, évidée à coups de pic dans la roche molle. Celle dont le diagramme est mis sous les yeux du lecteur a 3'", 42 x 2°", 52 en ses plus grands axes et une hauteur moyenne de l'^jOS.

Autant que le déplorable état des ossements ait permis de s'en rendre compte, les cadavres avaient été couchés sur le côté gauche, à même le roc et repliés sur eux-mêmes, la tête peut-être tournée vers lest. On sera prudent néanmoins à théoriser sur des constatations trop restreintes encore, trop peu sûres aussi, en dépit de tout le soin apporté à l'examen de ces pauvres tombes, mal protégées contre les infiltrations d'humidité et contre les réactions atmosphériques.

Moins abondant et de formes moins variées, pour la poterie au moins, que celui de l'antique hypogée emprunté aux indigènes, le mobilier de ces tombes strictement cananéennes ne laisse pas que d'offrir un très grand intérêt. A l'exception d'une tombe vide, sans doute par le fait de quelque violation à une date fort lointaine, en toutes les autres ont été trouvées des offrandes funéraires de toute nature : aliments, boisson, lampes, armes, objets de parure. Les aliments avaient rempli jadis des plats et des écuelles au fond desquels un hasard heureux en a conservé de suffisants débris pour que l'explorateur ait pu reconnaître, parmi d'autres restes difficiles à identifier, ceux de quartiers de mouton déposés cuits dans cette vaisselle. Détail pittoresque et bien suggestif : sur un monceau de victuailles une petite lame de bronze avait été placée, qui devait servir au mort à découper sa pitance; et comme pour conserver les mets dans une savoureuse chaleur, par une attention touchante un bol renversé était disposé au-dessus. Dans les grandes jarres, calées avec un soin si exact qu'elles sont demeurées debout malgré la pression des terres glissées par l'entrée de la tombe, d'amples réserves de rafraîchissements avaient du être préparées. A peu près invariablement la jarre est accompagnée d'un gobelet destiné à puiser dans le grand récipient (1). Pour la première fois les lampes apparaissent, en l'une au moins des quatre tombes classées à cette période; et quelle que soit l'idée à se faire sur la portée de ce nouvel ustensile funéraire, que nous aurons à examiner plus loin, la

(l) Le plus souvent même la lasse est trouvée dans la grande jarre; cf. QS., 1904, p. 326.

seule constatation de son existence a de l'intérêt, puisqu'on avait cru pouvoir précédemment affirmer que les lampes étaient une création des temps israélites. Les armes sont représentées par des poignards, des pointes de javeline et des têtes de lance en bronze : le bois des hampes s'est naturellement effrité de vieille date. Si de tels objets ont une relation vraisemblable avec des sépultures viriles, quelques anneaux et surtout des perles ou des épingles à cheveux suggèrent plutôt des sépultures de femmes. Aucun indice précis de vêtement ou d'un linceul quelconque ayant enveloppé les cadavres au moment de la sépulture. D'où l'on n'est cependant pas autorisé à conclure qu'ils étaient déposés nus dans la tombe. Il se peut en effet qu'on les ait enveloppés dans quelque peaa d'animal offert en sacrifice, ou dans une natte, suivant la pratique attestée en Babylonie et en Egypte pour des époques beaucoup plus basses.

Il est remarquable qu'aucun objet d'usage nettement religieux, idole, emblème divin quelconque, amulette caractéristique, ne figure parmi tant de trouvailles.

Une réserve a été faite au début de l'examen de ces tombes sur la structure spéciale de l'un des puits. Au heu d'être rond à la façon ordinaire, celui-ci est assez régulier, quadrangulaire (2", 62 x 1°^,83) et plus spacieux que les autres. La tombe où il donne accès, analogue pour tout le reste au type qui vient d'être décrit, contenait la plus large quantité des épingles à cheveux et autres menus objets de parure déjà signalés, mêlés à un bon nombre de scarabées égyptiens des Xir et XIIP dynasties. Un curieux petit pot de cosmétique en porcelaine verte émaillée, avec décoration en lignes brunes, a été ramassé aussi parmi les scarabées. De ces indices réunis, M. Macalister a conclu avec toute vraisemblance à une sépulture égyptienne accomplie suivant les rites nationaux. On mettrait volontiers au compte d'une influence égyptienne aussi la forme rectangulaire du puits d'accès (1). Les trouvailles de l'intérieur font soupçonner une sépulture de quelque importance : un marchand égyptien fixé peut-être à Gézer pour son négoce, ou quelque courrier royal arrêté par la mort en cette halte de son voyage, mais apparemment personnage de suffisante distinction ou d'assez considérable opulence pour qu'on ait pris soin de l'ensevelir à l'égyptienne (2).

(1) On sait que, d'après une observation de Mariette (citée par Pehrot et Chipiez, Histoire..., 1, 185), le puits funéraire égyptien était « de forme carrée ou rectangulaire, jamais ronde ». Il était pour l'ordinaire aussi beaucoup plus profond que le puits rond cananéen : « entre 3 et 30 mètres», dit Maspero, L'archéologie égypf., p. 122.

(2) Sans la momification toutefois, dont on sait d'ailleurs très bien qu'elle n'était pas d'usage absolument général, ni surtout tellement archaïque en Egypte; cf. de Morgan,

Ce n'est plus seulement une sépulture égyptienne isolée, mais un vaste hypogée que M. Macalister a eu la bonne fortune de découvrir à Gézer et qu'il a provisoirement décrit dans le dernier rapport de cette première campagne (1). Au premier vu du plan (fig. 150), on aura peut-être l'impression de quelque syringe plus capricieusement percée que celle des nécropoles thébaines, quoique sur le même principe.

GÉzEn. Hypogée égyptien d'époque cananéenne. D'après Macalister, QS., 1905, pi. 2.

L'examen plus soigneux suffirait à révéler une origine tout autre, établie du reste avec précision par les remarques très attentives du savant explorateur. Il y a là un réseau de cavernes troglodytiques, mises par la suite en communication entre elles quand elles furent choisies pour sépulture d'une colonie égyptienne, installée, semble-t-il, à Gézer au cours du xxv° siècle avant notre ère. Cette attribution et cette date

Recherches... L'âge de lapierre..., p. 189; A. Wiedemann, Zes modes d'ensevelissement dans la nécropole de Négadah, dans les Recherches sur les origines de l'Egypte ; ethnographie, p. 203 ss., de M. de Morgan.

(1) Q.S., 1905, p. 309-316; cf. RB., 1906, p. 127 ss. Une monographie spéciale est annoncée.

résultent des découvertes en mobilier funéraire dans cet hypogée d'une exceptionnelle richesse. Encore le labyrinthe n'était-il pas demeuré inviolé. A une époque déjà lointaine (1), le hasard ou la cupidité des chercheurs de trésors fît découvrir l'hypogée. Pillé à peu près de fond en comble et transformé dans un but utilitaire, il eût perdu tout intérêt pour l'archéologie contemporaine, si la circonstance fort heureuse d'un antique éboulement n'eût bloqué à son entrée tout un embranchement du labyrinthe (chambres 7-10, fîg. 150). L'investigation minutieuse de M. Macalister lui a fait soupçonner ce détail, et ses laborieux efforts pour déblayer, non sans péril, l'ouverture de la galerie obstruée ont été largement récompensés parla conquête d'un très ample butin archéologique : scarabées enchâssés souvent en de riches montures, intailles, bijoux d'or, objets de toilette de toute nature, quelques armes, mais surtout un assortiment complet de vases d'albâtre et de précieuses séries céramiques représentant à souhait les formes et la décoration archaïques. Des sépultures proprement dites, rien n'est signalé encore que cet étrange détail à retenir : « Une grande jarre contenant une petite clavicule humaine et deux vertèbres » (2).

Pour grouper tout ce qui a trait aux sépultures égyptiennes dans les fouilles dont les résultats sont déjà publiés, il faut signaler deux trouvailles de Ta'annak, quoiqu'elles n'appartiennent ni l'une ni l'autre à la période cananéenne. La plus importante est un tombeau privé, découvert sur les premières rampes septentrionales du Tell (3). La fosse, adossée au rocher dont la déclivité est très forte en cet endroit, se composait seulement de pierres arc-boutées pour abriter un petit mobilier funéraire curieux. Une urne fermée par un vase renversé contenait deux tibias d'adulte (k) et quelques os en désordre, un scarabée, (( une petite pierre noire brillante », quelques perles, une statuette de Bès en porcelaine émaillée. A côté, deux vases à coloration naturelle rouge brune et de forme insolite (fig. 151). La date n'a

(1) M. Macalister croit pouvoir préciser Je vn«-vi® siècle avant J.-C.

(2) Macalister, op. L, p. 314.

(3) Sellin, Tell TfCannek..., p. 88 s.; cf. p. 98 pour la date.

(4) Sellin, op. /., p. 88 : « ...zwei Beinknochen eines Erwachsenen (oder Tieres.') ». On regrettera que le diagnostic n'ait pu être plus précis. Il ne serait pas invraisemblable que l'exiguïté de l'urne (O^.SS de haut et 0"',22 de diam.) ait impressionné l'explorateur, qui relève {op. L, p. 89) l'impossibilité d'y faire entrer tout un squelette adulte. 11 se persuade finalement qu'on a pu se borner à y mettre les entrailles peut-être et les « os des jambes », si tant est que ces os ne soient pas des restes d'offrandes d'aliments. Nous verrons, en traitant plus loin des rites funéraires, que les usages égyptiens et élamites autorisent plutôt à supposer ici quelques ossements humains. A l'époque tardive de cette sépulture, la mode était perdue de mettre dans la tombe des victuailles en nature.

pu être déterminée qu avec une large approximation : entre 1000 et

600 avant Jésus-Christ.

(/est à la même époque d'environ GOO que se place la seconde

trouvaille. L'unique détail qui ait été sauvé de cette sépulture égyptienne est un débris de statuette qui garde quelques traces d'une formule d'ofïrandes pour le « double » d'un mort dont le nom échappe (1). Mais revenons aux hypogées de la

Fig. loi. — Taannak. Vases dans une sépulture ' ' A '

égyptienne. D'ajuès Selun, T. Ta'an., lig. 1-2^2. période canaueune.

Si la tombe à puits nous a semblé à bon droit avoir été le monument funéraire le plus caractéristique de l'époque cananéenne primitive quand aucune circonstance n'imposait l'adoption d'une autre sépulture, on s'étonnera peut-être qu'elle ait éié rencontrée à Gézer seulement. Lâchis n'a rien fourni de semblable, ni Ta'annak, ni aucun des Tells fouillés à travers la Chéphélah. En ces derniers il est vrai, il se peut que les explorateurs n'aient pas eu la chance de mettre la main sur les hypogées de cette période.

ALAchis, iM. Flinders Pétrie signale bien un« cimetière » à l'extrémité sud-ouest de la colline sur une petite pente sablonneuse (2) ; mais la description qu'il en donne est trop sommaire. Autant que sa rapide enquête lui a permis de le constater, il y avait là, en guise de sépultures, de grandes jarres, dans lesquelles les ossements se mêlaient à un sable fin et blanc, d'autre nature que le sable fauve de la colline (3). Souvent quelques pièces de menue vaisselle avaient été jointes au contenu de ces urnes, que fermait toujours une sorte de bol renversé sur l'orifice en guise de couvercle. Les jarres étaient posées debout dans le sol, avec parfois quelques vases plus petits dispersés encore autour d'elles ; mais on ne voit pas que des cistes de terre battue ou des constructions d'aucune sorte les aient protégées contre la foulée du sol qui les recouvrait. M. Pétrie n'avait pas l'impression d'explorer une nécropole quand il enregistrait ces détails et tout concourt à

(1) Sellin, op. /., p. 6G s. Déchiffrement et date d'après M. le prof, Krall.

(2) Tell el Hesy..., pi. 1 et p. 32. Tout au bord ext«'rieur du plan i dans nos planches I-II.

(3) Cet usage d'apporter dans la tombe du sable très fin qu'on devait aller chercher assez loin s'est retrouvé en divers pays. Cf. par exemple la récente découverte de M. le lieutenant Godin dans des sépultures africaines apparemment de basse époque, Bulletin archéol. du Comité. ..y 1905, p. 272.

montrer que son diagnostic des ossements fut sommaire. « Aucuns ossements, écrit-il, parmi ceux qui furent trouvés ne parurent être humains » (1), quoique tel ou tel détail, par exemple « un bracelet (?) d'enfant, puisse donner à penser qu'il s'agit de sépultures humaines ». Et il conclut : « J'ai nommé l'endroit un cimetière, parce que des os y furent trouvés; mais il se peut que ce soit tout aussi bien un lieu de sacrifice et d'offrandes cultuelles » (2).

Un peu plus tard, M. Bliss faisait au même lieu des trouvailles identiques et découvrait des jarres semblables, en un cas au moins en relation avec des demeures à l'intérieur de la ville (3). Aucun examen technique des ossements ne paraît avoir été fait cette fois encore avec la précision désirable. Aussi, malgré l'impression différente de MM. Pétrie et Bliss, ne paraît-il point téméraire de croire à des ensevelissements humains d'après un rite spécial que rien encore ne signalait en Palestine à l'attention des premiers explorateurs, mais que les découvertes ultérieures ont rendu de toute évidence.

S'il était possible de faire fond sur l'indice, bien faible il faut l'avouer, du bracelet d'enfant relevé par Flinders Pétrie, on aurait peutêtre à Làchis l'équivalent de ce que Selhna constaté avec beaucoup de précision (4) à Ta'annak : une vaste agglomération de sépultures d'enfants. Tout à l'extrémité méridionale de la ville primitive, dans une tranchée qui avait une largeur de 5 mètres seulement sur une longueur de 15 à 20 mètres autant qu'on puisse l'évaluer, il ne s'est pas rencontré moins de vingt sépultures du type qui vient d'être décrit à Lâchis : jarres à fond généralement pointu, variant en hauteur de

Fig. ili± — Ta'annak. Jarre luiicraire.

D'après Sellin, T. Ta'an., fi^. -î\).

(1) Op. l., p. 32. On notera l'expression appeared human.

(2) L. l. L'hypothèse n'est guère rendue vraisemblable par les découvertes faites ailleurs en des lieux de culte. Cf. la comparaison établie par M\causter, Q^S'., 1903, p. 34, avec Gézer.

(3) A Mound..., p. 87 s. et IIG. Cf. Bliss-Macalister, Excavations..., p. 151.

(4) Tell Ta^annek...,^. 33 ss. ; cf. 96 s. Sellin connaissait la trouvaille de Lâchis, mais sur la foi de F\. Pétrie il a cru à une nécropole d'animaux [op. L, p. 35), ce qui d'ailleurs, ainsi qu'on l'a vu, ne paraît pas avoir été tout à fait l'idée de Pétrie.

0"\G0 à 0"\90, contenant des squelettes, de petits vases, le tout comprimé avec de la terre fine. Même procédé de fermeture des jarres et derechef des iiToupes analogues de menue vaisselle à l'entour. Jamais un bibelot quelconque. En de très rares cas le squelette assujetti entre des cailloux avait d'un côté la jarre emplie de terre fine et de l'autre les petits vases. Mais ici tous les ossements découverts étaient ceux d'enfants, nouveau-nés pour la plupart, aucun n'ayant pu atteindre deux ans.

- Parmi les vingt sépultures, une seule faisait exception, étant celle d'un adulte. lîn autel de roc se dressait au milieu de cette étrange nécropole, sur Torigine de laquelle M. Sellin n'a pas voulu se prononcer définitivement (1), mais qui date en tout cas des temps cananéens, vers le xv^ siècle et qui a pu se prolonger jusque dans les temps Israélites, aussi bas que l'an 1000.

Parmi les trouvailles dans les Tells de la Chéphélah, l'une ou l'autre, à T. Zakariyâ ou à T. Sandahannah par exemple, pourrait bien appartenir à cette même catégorie de sépultures (2). Toutefois à défaut de renseignements assez précis mieux vaut n'en pas traiter, car elles se rattachent plus probablement à la série des sacrifices de fondation. Il n'est pas invraisemblable que les recherches ultérieures n'ajoutent aux monuments funéraires cananéens qui viennent d'être passés en revue d'autres types encore. D'autre part maintes sépultures violées et saccagées, ont pu être transformées pour des usages divers. L'exploration jusqu'ici très imparfaitement publiée de Megiddo fournit cependant déjà des analogies très précises. Un hypogée intact, remontant « pour le moins à l'an 2000 av. J.-C. », n'a été décrit provisoirement naguère que d'un mot : ce sont des chambres funéraires voûtées » (3). Mais quelques indications rapides, quoique toujours sans graphiques, concernant deux nouvelles chambres funéraires découvertes plus récemment, vont rappeler à ne pouvoir s'y méprendre la tombe à puits de Gézer. Trouvées entre 8 et 10 mètres de profondeur, vers l'extrémité méridionale de la citadelle, ces tombes sont rattachées avec assez de précision, par leur situation et leurs dépôts céramiques, « à l'âge du bronze, de 1500 à 2000 avant J.-C. » (4). La première mesure 2*^,60 de long sur 2"^, 15 de large et une hauteur moyenne de l^'jGO seulement (fig. i53). Son entrée, située dans la paroi occidentale, au

(1) La question sera disculée plus loin, à propos des modes d'inhumation.

(2) Cf. Bliss-Macalister, Excavations..., p. 151 s. Les sépultures dans une citerne à Gézer, Q,S'., 1903, p. 12 ss.; 1904, p. 119, demeurent un mystère. Elles semblent dater du XVI*- xv* s.

(3) MuNDPV., 1905, p. 63; cf. des tombes plus modernes, ibid.^ 1904, p. 70-74.

(4) Schumacher, MuNDPV., 1906, p. 21. Description provisoire, pp. 18-23.

bout d'un couloir long de l'",60 sur 0'",80 de large, n'avait que 0"\60 à 0^,70 de haut; elle était murée soigneusement encore par une dalle épaisse de 0'",1^? qu'assujettissait du dehors un amas de pierres. On y avait accès de la surface antique du sol par un puits circulaire d'un mètre de diamètre, avec parement de maçonnerie non moins primitive que celle de la chambre, entièrement bâtie. L'autre tombe n'a que 1"\20 sur 1"',15 et une hauteur de 1™,20 environ; entrée au nordouest. Les deux hypogées sont couverts de voûtes identiques, en moellons appareillés, et d'une courbe nettement surhaussée; au sommet, en guise de clef de voûte, une grande dalle qui pouvait être levée à volonté pour introduire dans la tombe des relais d'offrandes, ou y laisser pénétrer le regard. Pour dispenser même de cette facile manœuvre , l'une des dalles avait été percée d'un trou large de 0"',20 à l'orifice et ébrasé vers l'intérieur.

Le premier de ces hypogées contenait cinq sépultures : il n'y en avait pas moins de douze dans l'étroit espace du second.

Hormis ceux de deux enfants de 12 à 15 ans, tous les squelettes étaient d'adultes, hommes et femmes, pour qui les mensurations indiquent une taille moyenne de 1™,65 environ. Mais tandis que dans un cas le manque d'espace avait contraint d'empiler les morts, dans l'autre on les avait alignés contre les parois en des orientations diverses, de manière à laisser libre le milieu de la pièce. Tous avaient les genoux repliés, à l'exception d'un seul : personnage qui fut évidemment jadis de quelque distinction, car on l'avait haussé en cette tombe sur une banquette en cailloutis, où il gisait couché de tout son long; quatre scarabées d'émail, sertis en des montures d'or, gisaient encore entre les phalanges déchiquetées de ses mains, témoins ironiques d'une opulence ou d'une illustration anéantie. M. Schumacher a relevé le développement puissant de certains os de tous ces squelettes,

Fig. 153. — Megiddo. Diagramme de tombe à puits. D'après la description de M. Schumaciieh, MuN., 1906, p. 18 ss.

Fig. 13i.

Megiddo. Vases funéraires. D'après Schumacher, MuNDPV., 190(i, ligs 18-20.

et surtout l'épaisseur considérable (10 millimètres) de certains crânes. Quelques-uns de ces crânes gisaient face contre terre et Texplorateiir a eu l'impression que pour les disposer de la sorte on avait dû décapiter les cadavres (1).

Le mobilier funéraire, heureusement intact, comprenait dans le

premier hypogée , de belles lames de silex, des lampes du type le plus archaïque (cf. fîg.

187, c), des fragments de vase d'albâtre, quelques lames de bronze, un manche de miroir en os, quelques lingots de « bronze rouge (?) très archaïque », et surtout 42 pièces de vaisselle petite ou grande (fig. 154), la plupart encore pleines de débris de victuailles, résidus indistincts où se mêlaient des ossements d'animaux ; dans le second hypogée, encore des outils de silex, mais davantage de bronze, d'albâtre, de perles en émail égyptien et de scarabées; la poterie était également d'un type plus évolué (fig. 155), où se trahissent mieux des influences égéennes.

Cette sépulture, d'ailleurs plus considérable, a donc du rester plus longtemps en usage. Une couche de cendres et de débris d'incendie couvre ces hypogées sur une épaisseur de 0«>,50 à 1 mètre, attestant quelque

bouleversement radical de la ville. C'est à cette circonstance qu'est due évidemment l'heureuse conservation des tombes. Il serait superflu de relever maintenant par le détail la similitude de ces tombes avec celles de Gézer à la période correspondante; une seule discordance, très apparente, n'étonnera personne : si les hypogées cananéens de Megiddo sont construits, au lieu d'être creusés dans la roche ainsi qu'à

Fig. I*i5. — Vases lunéraires de Megiddo. D'après MuN., 1906, fig. 22.

(1) Op. L, p. 22. On ne voit pas que l'observation se fonde sur une constatation technique.

LES MORTS. 22a

Gézer, c'est que la nature différente du sol imposait ce procédé différent quand on voulut créer des sépultures sur la colline même, au voisinage de la citadelle, sans descendre trop bas contre les rampes du Tell. D'autres tombes, découvertes à Megiddo, appartiennent aux époques plus récentes, Israélite, juive et romaine ou, si elles sont au contraire fort archaïques, ne sont décrites que sommairement encore (1).

5^ 3. Les sépultures de la période Israélite (de i*200 à 600) (2).

Cette rubrique n'a pas la prétention de marquer un point de départ très strict dans l'évolution des monuments funéraires. Pas plus dans la structure des tombes qu'en n'importe quelle branche de la civilisation palestinienne l'arrivée des Hébreux en Canaan ne marque une révolution, ni un sensible progrès. De même qu'aux temps cananéens on peut voir Abraham s'assurer à Hébron la propriété d'un caveau de famille où les sépultures patriarcales ne devaient différer en rien des ensevelissements qui viennent d'être étudiés à Gézer même (3), aux premiers jours delà conquête les Israélites graduellement vainqueurs adopteront aussi les usages funéraires en vigueur dans le pays. La nouvelle période peut donc être considérée comme antérieure à la conquête et le vocable d' (( israélite » ne lui est attaché qu'à titre conventionnel, parce que c'est dans la durée de la prise de possession de Canaan et surtout durant la monarchie israélite que s'est accomplie définitivement l'évolution inaugurée sans doute plusieurs siècles avant le passage du Jourdain par les nouveaux envahisseurs.

Sur les pentes du coteau de Gézer, de préférence à l'est et au nord, et sur le plateau même, presque sous les murailles à l'extrémité méridionale de la cité, on n'a pas ouvert moins de trente-cinq hypogées de cette nouvelle série. Ce qui les caractéri^j surtout, c'est la transformation du puits d'accès latéral en simple trou, parfois rectangulaire ou ovale, plus habituellement circulaire sans affectation de régularité, foré dans le plafond de la chambre. Cette ouverture n'a guère qu'un

(1) Cf. MuN., 1904, 1). 70 SS. ; 1906, p. 52 ss.

(2) M. Macalister ((^S., 1904, p. 328) emploie l'expression Late semilic Tombs, beaucoup plus générique et plus exacte pour autant, au point où en sont nos informations. Cependant ces « tombes sémitiques postérieures » ne peuvent englober toutes les « tombes sémitiques » des âges suivants; c'est ainsi qu'à Gézer même il faudra distinguer de toutes les variantes du type « sémitique postérieur », des tombes peut-être s])éciiiquemea[ phéniciemies ou philisllnes. Il a donc semblé préférable d'adopter pour les décrire maintenant un terme plus délini, en l'appliquant au sens qui va être indiqué.

(3) Gen., 23, 4 ss. ; simple caverne analogue à toutes celles qui servent de sépultures en cette région de Canaan.

mètre environ de diamètre et se trouve invariablement placée à l'une des extrémités de la tombe, jamais au centre, où, dans quelques cas très rares cependant, existe un autre trou en général trop haut pour que la descente ait pu se faire par là (%. 156). Les exemples de porte proprement dite en une paroi verticale ne sont que l'insignitiante exception; encore a-t-on veillé avec soin à ce que dans ce cas la porte

Fig. 15G. Fig. iiil.

GÉzEn, Diagrammes de tombes Israélites. D'après la description de M. Macalister.

étroite et basse ne s'ouvrît pas au niveau du sol intérieur, mais haut, sous le plafond, d'où il fallait se laisser choir ensuite sans aucun degré (fig. 157). L'entrée normale s'opérait en se glissant par l'étroite cheminée du plafond, intentionnellement surbaissé en ce point, si le sol n'avait au contraire été assez relevé pour que la hauteur à franchir n'excédât pas une taille ordinaire (fig. 159). Il y a même quelques exemples de plans inclinés ou d'escaliers sommaires, dont le dia-

Fig. io8. Fig. 159.

GÉZER. Diagrammes de tombes israélites. D'après la description de M. Macalister.

gramme ci-joint donnera quelque idée (fig. 158). Des dalles horizontales fermaient probablement l'orifice extérieur et devant les rares portes verticales on amoncelait des pierres et de la terre : aucune fermeture exacte en pierre ou en bois n'est signalée.

Comme à l'époque antérieure, la tombe elle-même n'est qu'une caverne naturelle conservant parfois toute sa native irrégularité, mais le plus souvent développée de main d'homme, voire même en plu-

sieurs chambres successives. Elles ont alors une forme sensiblement ronde, avec un diamètre variant de 6 à 9 mètres, un sol à peu près nivelé et un plafond horizontal ou surhaussé en manière de dôme supporté par un pilier réservé lorsqu'on évidait la masse rocheuse (1). Des ouvertures assez spacieuses, taillées habituellement en arcade plus ou moins prononcée, mettent en communication les chambres intérieures quand il s'en trouve.

En tout ce réseau n'existe aucune trace de ces kôkhn ou fours horizontaux creusés dans les parois pour y ghsser le cadavre que dissimulait ensuite une dalle ajustée avec précision dans une feuillure encadrant l'ouverture verticale du four. Ce dispositif ingénieux des sépultures, où l'on se croyait fondé à voir naguère le plus ancien procédé funéraire Israélite, ne fait son apparition à Gézer qu'au temps des Macchabées, et vraisemblablement alors sous quelque influence venue du dehors. A l'époque plus reculée dont nous traitons, la sépulture se faisait sur de simples banquettes, dont la hauteur oscille entre trente et soixante centimètres, avec une largeur ordinaire de 0'", 90, et parfois une légère concavité en leur milieu. Ces banquettes étaient réservées quand on creusait la caverne : les cas où elles ont été pratiquées par entaille dans une paroi déjà dressée ne sont que l'exception. Fréquemment aussi des cavités de proportions variables sont creusées dans le sol rocheux de la chambre, à la façon des foyers dans les habitations troglodytiques (fig. 159).

La conservation des ossements dans ces hypogées était, cela va sans dire, loin d'être aussi satisfaisante que l'eut désiré notre légitime curiosité. En procédant avec son habituelle prudence et sa remarquable habileté, M. Macalister en a pu tirer néanmoins quelques données anthropologiques précieuses et de non moins intéressantes informations sur le mode de sépulture à cette époque. Les morts étaient couchés sur le côté gauche, sans souci d'orientation, les genoux ramenés jusque sous le menton. En cette position ils gisaient quelquefois directement sur le roc, plus souvent néanmoins sur un lit de galets ; quelques pierres les recouvraient et un peu de terre était jetée sur le tout. Quand la tombe est demeurée longtemps en usage, les restes s'empilent par étages constitués tous de même sorte. Par une anomalie qui a frappé l'explorateur, dans les hypogées munis de banquettes le long des parois, il n'est point rare de les trouver absolument vides de tout débris humain, tandis que les ossements se su-

(1) Fig. 158. On lira de plus minutieux détails dans la description de M. Macalistkr, QS. 1904, p. 329, et prochainement dans le mémoire général qui fournira les plans développés enregistrant toutes ces parlicularilés techniques.

perposent en monceau à travers la chambre. Dans une tombe tous les corps avaient été déposés en trois de ces cavités du sol signalées plus haut. L'une d'elles, qui mesure seulement 0"%91 de diamètre et 0™,VG de profondeur, ne contenait pas moins de six crânes, parmi nombre d'autres fragments en très mauvais état. Par ailleurs, rien ne permettait de supposer en cet hypogée inviolé que ces restes aient été bouleversés après leur déposition apparemment successive en cette sorte de très primitif ossuaire. Il faudrait en ce cas écarter l'impression obvie, que, la tombe étant demeurée fort longtemps à l'usage d'une famille ou d'un petit clan, à mesure que s'imposait la nécessité de créer de l'espace pour une nouvelle inhumation le squelette décomposé d'un mort antérieur aurait été ramassé et déposé dans l'une des fosses rondes, où les débris se sont conservés jusqu'à nous. Aussi bien une telle opération n'eùt-elle pu être pratiquée sans entraîner un inextricable pêle-mêle des ossements, tout comme on le constate précisément dans les ossuaires communs à l'époque du judaïsme post-exilien. D'autre part, quelque sépulture en son état normal primitif devrait avoir été conservée autour des ossuaires; or l'hypogée n'en offre aucun vestige , et dans les ossuaires l'habituelle confusion ne semble pas exister. Il a donc paru à l'explorateur que les ossements en question avaient été déposés tels quels, c'est-à-dire désagrégés et dépouillés de toutes les parties molles du corps, et à intervalle les uns des autres. Cette constatation, étrange à première vue, car M. Macalister ne l'a fait suivre provisoirement d'aucune explication, réservant son étude pour la fin des travaux, révèle peut-être à Gézer le rite égyptien de la double sépulture, à moins qu'elle n'ait plutôt son principe en certain usage élamite récemment constaté et encore inexpliqué. Il y aura lieu de revenir plus loin sur ce sujet.

L'usage à cette époque d'ensevelir les morts couchés sur le côté gauche et contractés de manière à avoir presque les genoux au menton n'a qu'une exception actuellement connue à Gézer : une jeune personne étendue sur le dos, les jambes repliées sous les fémurs (1).

Le mobilier funéraire n'offre pas de moins remarquables particularités. Un petit nombre d'emblèmes religieux assez incontestables y paraissent enfin, joints à divers autres d'un caractère plus difficile à définir. D'évidentes idoles sont par exemple telle pièce de poterie modelée en manière de vase représentant une Astarté sans autre ajustement que des bracelets, et un petit bibelot en pâte grise émaillée qui

(1) Q.S., 1904, p. 330. On ne voit pas s'il s'agit d'une sépulture isolée, ou si le cas a été obserf é dans une tombe commune.

figure une Sekhet égyptienne. M. Macalister interprète aussi comme une figuration religieuse un autre petit vase en forme d'animal (fig.160), auquel il donne le nom de « déesse-vache », tout en signalant d'autres représentations animales, plus sommaires encore, auxquelles il hésite à départir un sens analogue (1). Si les cas sont cependant peu

Fig. 4GJ. — Figurine de Gézer en forme de vache. D'après QS., oct. 1904, fig. 3. Fig. 1(51. — Figurine de Chypre en l'orme de rhinocéros.

fréquents on le mort était placé en compagnie de divinités tutélaires, on continuait de l'approvisionner largement de victuailles : l'abondante vaisselle en fait foi. Il y a toujours les grandes cruches de l'ère antérieure, non plus soigneusement dressées comme jadis en un coin de la tombe, mais à l'ordinaire renversées à côté du petit vase destiné à y puiser; beaucoup moins nombreuses du reste qu'autrefois, les jarres ont fait place à une profusion singulière de très petits ustensiles, où les débris de nourriture, s'ils ne font pas totalement défaut, attestent par leur mesquine quantité que le menu funéraire dut être parcimonieux. Dans les minuscules écuelles et les réductions de plats entassés à foison, c'est à peine s'il s'en trouve « un ou deux par cin-

(1) La documentation fournie Jusqu'ici n'est pas assez complète pour qu'il soit permis de discuter plus amplement ces attributions. Étant donné toutefois la forme de vase de l'objet indiqué pour une Astarté, on serait enclin à n'y voir qu'un de ces thèmes décoratifs si chers aux céramistes égéens. On sait que les fouilles de Troie, de Tirynthe et de Mycènes ont fourni des séries importantes de vases modelés avec une très diverse habileté en formes féminines, sans aucune prétention à exprimer les attributs spéciaux d'une divinité. La description provisoire de l'Astarté en question ne sif^nale aucun trait caractéristique de la déesse, quoique par ailleurs la relation iconographique entre Astarté et la vache soit très bien connue. Comme simple rapprochement graphique est donné ici (fig. 161), d'après la gravure de Perrot et CiiiPiKZ, Ilùt., m, p. 695, lig. 502, le croquis d'un rhinocéros non sans analogie avec cette soi-disant déesse-vache.

quante à soixaule » (1) qui contienne quelques microscopiques ossements. On dirait que rollrande n'était plus guère qu'un simulacre, comme si l'on se fût aperçu quà rassasier cette ombre d'existence suffirait à peu près l'ombre des aliments. Pour s'expliquer la prodigieuse accumulation de cette petite vaisselle, M. Macalister a pensé qu'à chaque inhumation successive on augmentait la collection. Il serait en ce cas très désirable de savoir si l'on a pu déterminer avec quelque approximation le nombre des sépultures dans les hypogées, de façon à établir une proportion quelconque entre les dépôts de vaisselle et le nombre des morts à qui on les destinait. Les vases offerts évidemment brisés — puisqu'on les trouve en cet état dans des hypogées d'ailleurs intacts et à côté de vases qui n'ont pas été endommagés, — très rares aux temps cananéens, se rencontrent maintenant en abondance, soit qu'on les ait brisés en accomplissement d'un rite, ou qu'ils aient été choisis tels à l'usage des morts par un sentiment de lésinerie qui deviendra très commun par la suite.

Tandis qu'ailleurs on parait s'être ingénié à grouper les offrandes autour du cadavre, dont on étendait parfois les mains sur le plat qui contenait le meilleur de sa pitance (2), rien de semblable n'a pu être observé dans les hypogées qui nous occupent.

Le mort n'avait qu'à se déranger s'il entendait bénéficier de ses approvisionnements, car le plus souvent la vaisselle où on les a préparés s'entasse en un coin de la tombe à l'opposé de la sépulture. Tout au plus, en de rares cas, trouve-t-on quelques lampes près de la tête des squelettes, et un exemple isolé du groupe symbolique formé d'une lampe entre plusieurs bols et soucoupes renversés les uns sur les autres (cf. fig. 143). Chaque hypogée contient désormais

Fis. idi.

Coupe d'un tombeau clamite. D'après Maspf.ho, Histoire..., I, p. 687.

(1) QS., 1904, p. 332. Et pour donner quelque notion de l'amas de poterie, l'explorateur raconte (l. L, p. 3.33) (|ue dan$ la seule tombe où se trouvait ce qu'il croit être des idoles, il a choisi 76 vases à conserver, dans une série totale au moins double.

(2) Ainsi en Chaldée (Peruot et Cmipikz, Hifiloire..., II, 3.5i; Maspero, Histoire..., I, G86 s.; cf. la lig. 162 qui en est extraite), ou à Chypre (Pehrot et Chipiez, Histoire..., VIII, p. î)0, fig. 57).

des lampes de ce type plus développé qu'inaugurait déjà la lampe cananéenne. Les armes sont beaucoup moins communes et consistent surtout en têtes de flèches ou en pointes de javeline. Une caverne funéraire a fait exception à la pénurie générale. Dans l'une des trois pièces dont elle se composait quelques restes d'ossements étaient mêlés à la terre en quantité juste suffisante pour attester à tout le moins une sépulture. La cavité usuelle dans le sol des hypogées contemporains était

Fig. If)3. — GÉzER. Cimeterre trouvé dans un hypogée.

ici un large trou ovale, ayant l'^jââ de profondeur. Parmi la vaisselle et des débris qui le remplissaient, on a ramassé beaucoup de pointes de javeline en cuivre, des lames de galbe divers, les morceaux d'une épée de bronze, mais surtout un magnifique cimeterre en bronze (fig. 163), admirablement conservé à l'exception des appliques de bois

Fig. 164. — Sabre de Raniiiianiràri !<"■ (vers 1350). D'après Maspero, Histoire..., 11,607.

OU d'os inscrustées jadis dans la poignée. La longueur est de 0"',585 (1). A travers la seconde chambre de cet hypogée, qui avait aussi sa cavité dans le sol, mais pleine seulement de terre, il n'y avait pas moins de 131 pointes de javeline analogues à celles de la chambre antérieure, une dague en bronze et un bracelet en fils métalliques ingénieusement tressés, sans parler de la poterie, représentée dans les trois chambres par d'excellents types, quelques-uns d'imitation mycénienne très accentuée.

Nulle trace de parure autre que de rares bracelets et anneaux de bronze, le plus souvent isolés des squelettes et déposés à côté des offrandes. Pour tout indice sinon de vêtement au moins d'un linceul, quelques épingles munies d'un globule en forme de tête. Des cylindres assyriens, des scarabées égyptiens, des infailles moins spécifiques,

(1) QS., 1904, p. 335, fij^. 4. L'analogie est frappante entre cette arme et le sabre de Rammanirâri P' (vers 1350) dont le profil est donné ici (fig. 164) d'après Maspero.

usités comme sceaux, ou jouant le rôle d'amulettes, ne sont point rares dans ce butin funéraire. M. Sellina exploré à Ta'annak trois ou quatre tombes (1) que leur situation et leur forme permettent de rapprocher des hypogées de Gézer en la période que nous venons d'étudier. Mais à supposer que ces tombes n'aient pas été modifiées à date plus basse, elles avaient toutes été visitées bien avant l'exploration récente, qui n'a pu enregistrer aucun détail concernant le mobilier antique ou le mode de sépulture. Un squelette trouvé durant les travaux de la dernière campagne à l'entrée d'une caverne, vers l'extrémité septentrionale du plateau, avait pu être jeté précipitamment et sans aucun souci d'inhumation au fond de cette demeure troglody tique abandonnée (2). Ne s'agirait-il cependant point d'une réelle sépulture archaïque ?

Parmi les rares tombes actuellement décrites de Megiddo trois se classent à l'époque Israélite, mais avec des types tout autres que ceux précédemment examinés. C'est d'abord une tombe d'enfant, découverte à 2"', 50 de profondeur au bord du Tell, sous la muraille septentrionale du « ,temple-citadelle » (3). Le petit corps gisait, tête à l'orient, dans un cercle de 1°',65 de diamètre construit en gros cailloux bruts. Il avait été recouvert de terre ainsi que le mobilier exclusivement céramique déposé autour de lui (fîg. 4, pi. Vil). A l'intérieur même de la forteresse, à un niveau à peine plus profond, a été trouvée une seconde sépulture, d'adulte celle-là. La tête, tournée vers l'est, reposait à même le sol, tandis que les pieds avaient été relevés sur un caillou, quelques pierres délimitaient vaguement la sépulture. De grands vases, près du squelette ou à ses pieds, contenaient encore des débris de victuailles et en particulier des ossements d'oiseaux. Au voisinage de cette sépulture M. Schumacher signale une chambre remplie d'ossements d'animaux mêlés à des débris divers à côté d'assez nombreux ossements humains en fort pitoyable état : sans doute les vestiges de quelque hypogée beaucoup plus ancien.

La troisième tombe enfin a été mise à jour presque sous le mur méridional de la ville, à une assez faible profondeur (4) ; il parait évident qu'il ne s'agit pas d'une sépulture normale dans un hypogée de famille, mais d'une sépulture préparée en ce lieu par une circonstance

(1) Décrites dans Tell Ta^annek..., p. 85-88.

(2) C'a été du moins l'impression de M. Sellin, Eine Nachlese..., p. 22, et les détails sont insuffisants pour en permettre le contrôle.

(3) Schumacher, MiiNDPV., 1906, p. 9 ss. et fig. 13 s.

(4) ScHLMACHE», MuNDPV., 1904, p. 52 S. La tombe est datée du ix*" siècle av. J.-C; on ne voit pas bien actuellement sur quelles données.

Pl. vit.

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