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tables analogies. A Suse même les nécropoles priiicières échappent encore, comme partout en Babylonie et en Chaldée. Quant aux « tombeaux appartenant à la classe pauvre » trouvés de loin en loin au hasard des tranchées, « à Suse, ils sont les mômes qu'à VVarka,
à Mougheir, à Niffer, etc Les
morts étaient souvent enterrés dans le sol de la maison (1), le corps enfermé dans une amphore (fig. 181) ou dans deux longs vases placés bout à bout et joints au bitume » (fig. 182) (2). Mais en dehors de la capitale, dans les très vieilles agglomérations de la vallée de Moussian, à quelque 150 kilo-
„.„ ,oi * . r • • . . mètres à l'occident de Suse, les
Fig. 184.— Amphore funéraire susienne. D après
DE Morgan, Mémoires..., VIII, 11^. G4. heurcuxtravaux de MM. Gauticr et
Lampre ont eu pour résultat de révéler toute une culture provinciale archaïque, et notamment plu-
Fig. 182. — Sépulture susienne en des manchons de terre culte. D'après DE Morgan, Mémoires..., VIII, fig. G3.
sieurs nécropoles presque intactes, dont les formes parfois — amas de
(1) Le P. Scheil a\ait fait la même conslatalion à Sippar (Une saison..., p. 60 s.).
(2) J. BEMoBGAJi, Mémoires de la Délégation en Perse, vni,33. Voir maintenant MuN., 1906, fig. 51. — Cf. le curieux « chapelet de vases superposés, emboîtés l'un dans l'autre », découvert par le P. Scheil dans la nécropole de Sippar [Une saison..., p. 56, et la phol., p. 55).
cailloux roulés, ou fosses revêtues de briques — , mais le mobilier funéraire à peu près toujours et la disposition des squelettes souvent, sont identiques à ce que nous avons constaté en Canaan. Le mobilier, c'est surtout la poterie qui le constitue ; il est généralement très simple :
vases à provisions de toute nature, quelques armes, « manque presque absolu d'objets de parure ». Les vases « sont déposés le long des parois, sans ordre régulier, pêle-mêle avec les armes » (1).
Aucune orientation stricte de la tombe ni des cadavres, qui sont trouvés indifleremment étendus et complets , couchés sur le côté droit « les jambes allongées, les bras infléchis, les mains ra-
ng. 183. — Sépulture babylonienne à Nippur. D'après HiLPRECHT, Ausgrabungen in Bel-Tempel..., \^. 38, fig. 23.
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Fig. 184.
Tombe archaïque de Moussian. D'après de MonoAN Mémoires..., VIII, fig. 103.
Fig. 18.'». — Sépulture archaï(|ue avec ossements incomplets. D'après DK MouGAN, Mémoires...^ VHI, fig. 104.
menées sur et sous la mâchoire » (fig. 184) (2).
Mais le détail le plus capital à relever est celui-ci :
« Souvent une partie des ossements fait défaut; ils sont dispersés, sans ordre, au hasard, et les poteries...
sont déposées parmi eux »
(fig. 185) (3). Est-il besoin
(1) Gautier et Lampre, Mémoires de la Délég..., VllI, 73.
(2) Op. l., p. 76; en note, à propos de la disposition des mains : « Attitude de l'adoration, d'après les statuettes de bronze trouvées à Suse et les figurations des cachets ar- ■chaïques ».
(3) Op. et l. l. Cf. les constatations analogues de M. Chauvet dans les sépultures néolithiques de la Charente, Bulletin arch. du Comité..., 1899, p. 528, 530 ss.
d'insister sur la similitude d'un tel rite funéraire avec ce qui s'est rencontré en diverses sépultures cananéennes? Nous ignorons par malheur encore quel en avait été le principe pour les Élamites, ou quel symbolisme ils y attachaient; c'est là un des motifs qui suggéraient d'insister davantage sur les coutumes égyptiennes analogues, mais on voit combien de précaution s'imposera aux historiens qui chercheront à démêler quelles influences régirent sur ce point les usages funéraires de Canaan.
Le groupe considérable de sépultures d'enfants découvertes à Ta'annak n'est pas sans créer un problème digne d'intérêt, d'autant qu'il avait peut-être quelque analogie à Lâchis. M. Sellin, on s'en souvient, n'a pas osé se prononcer entre l'hypothèse d'un lieu de sacrifices et celle d'un cimetière spécial. Cette dernière semble pourtant la plus apte à rendre un compte satisfaisant de tous les détails enregistrés. Un détail unique autorise l'hypothèse de sacrifices : la relation apparente de ces sépultures avec l'autel de roc cananéen. Or cette relation, que ni la description ni les plans ne permettent de définir avec une netteté stricte, peut être tout indirecte, en ce sens qu'un certain voisinage de l'autel aurait été préféré comme lieu de ces inhumations particulières, sans que les inhumés aient été des victimes préalablement offertes sur l'autel, ou des premiers-nés ensevelis vivants par offrande religieuse à la divinité. Le fait que la moitié au moins sont des nouveau-nés, tandis que quelques sujets parmi ceux de l'autre moitié pouvaient avoir atteint l'âge de deux ans, n'est guère en faveur d'une oblation des premiers-nés. S'il se fût agi d'accomplir une prescription religieuse, n'eût-on pas attendu un âge relativement égal dans toutes les petites victimes? Une immolation quelconque sur l'autel eût d'autre part laissé sur les cadavres des indices qui ne sont jamais signalés. Sans alléguer dans le même sens des considérations plus ténues, que feront sans doute valoir ceux qui se donneront la tâche de dirimer un problème dont on indique seulement ici les divers aspects, on notera combien plus obvie est l'hypothèse de sépultures spéciales d'enfants trop jeunes pour être mis au tombeau de famille, ou incinérés, aux époques où prévalut ce rite funéraire.
Tout le monde a en mémoire les textes classiques sur lesquels repose surtout la connaissance de l'usage en question pour les temps romains (1), et M. A. Dieterich montrait récemment le caractère de ce
(1; JuvÉNAL, 5a^, XV, 138-140 : Nalurae imperio gcmimus quum... \ ... terra clauditur infans Et minor ùjne rogi. Et Pline, HN., VII, xv, 4 (éd. Littré-Didot, I, 290) : Hominem priusquam genito dente cremari,inos gentium non est.
rite dans les croyances des primitifs parmi lesquels il signale des analogies : ces petits êtres prématurément enlevés par la mort ne sont pas traités à la façon des autres morts qu'on estime entrés dans l'existence spéciale des Mânes; on les remet comme en dépôt dans le sein de la Terre, pour qu'une nouvelle et prompte naissance les rende à la vie et à la destinée qu'ils devaient remplir (1). Quelle que soit la valeur objective d'une telle interprétation, l'existence des hypogées d'enfants demeure très bien établie en beaucoup de civilisations primitives et rendrait compte parfaitement des sépultures de Ta'annak. Un âge déterminé devait marquer la limite en deçà de laquelle 1 ' enfant n' était pas enseveli dans le tombeau de la famille ou du clan, et cet âge paraîtrait assez normalement fixé à deux ans :
âge maximum constaté
(I) Mutter Erde, dans \Archiv..., VIII, i, p. 18 ss. Ces développements se rattachent, dans la thèse de Dieterich, à ce qu'il vient de rappeler (l. l., p. 13 ss.) sur l'origine de la vie et des âmes dans les croyances primitives.
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dans l'hypogée. Plus rien trinsolite à ce que des âges intermédiaires puissent être constatés, ni à ce que la plupart des sujets soient des nouveau-nés. On les traite par ailleurs un peu sur le même pied que des morts adultes; ils ont leur petit mobilier, restreint comme de juste à un minimum d'approvisionnement, sans armes, ce qui est très naturel, sans bijoux d'aucune sorte, puisqu'il n'existe guère de parure dans Fattifage le plus soigné d'un bébé; tout au plus quelque hochet a-t-il été déposé à côté du cadavre, ou dans l'une des petites pièces de vaisselle où s'entassaient ses provisions (1). On ne doit pas du reste perdre de vue que nos informations sur ce point ne reposent que sur les données fournies par une tranchée à Ta'annak et par de simples sondages à Lâchis (2). Il serait donc inopportun d'insister davantage pour le moment sur des documents de cette nature.