‹ Canaan; d'après l'exploration récenteChapitre 26 sur 37 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

NOTIONS GÉOLOGIQUES ET ARCHÉOLOGIE PRÉHISTORIQUE I. — FORMATION DE LA PALESTINE.

Les manifestations initiales de l'existence et de l'activité humaines sur un point quelconque du globe relèvent de la géologie plus encore que de l'archéologie même préhistorique. Avant que celle-ci puisse saisir et caractériser avec quelque intérêt les premiers vestiges d'une industrie intelligente, celle-là doit exposer l'immense succession des phénomènes qui disposèrent le sol pour l'arrivée et l'habitat de l'homme. Pour bien établies que soient désormais les méthodes géogéniques, leur succès dépend toujours, selon la loi que formulait naguère M. de Lapparent (1), « du nombre et de la précision des observations ». Or quand il s'agit du territoire étroit de la Palestine, il est à peine besoin de noter que l'observation à ce point de vue ne date guère que d'un demi-siècle (2); qu'elle n'a pas encore porté sur l'é-

(1) Traité de géologie, p. 21. C'est la 2« édition, 1885, de cet excellent manuel qui sera utilisée souvent dans les notes qu'on va lire. Il en existe des éditions plus récentes auxquelles on devra recourir pour l'étude proprement dite si l'on veut être au courant des incessants progrès de la géologie. Mais les indications générales que nous aurons à y puiser sont acquises depuis longtemps.

(2) On trouvera dans le Voyage d'exploration à la mer Morte... de M. le duc de Luynes, t. III : L. Lartet, Géologie, ch. ii, p. 9 ss., un aperçu des « Recherches géologiques faites jusqu'à ce jour [1872] en Palestine » ; voir aussi Hudleston, The Geology of Palestine, dans le Q5., 1883, p. 166 ss. et Hull (cf. infra). Les résultats de la mission de Luynes en ce domaine spécial ont ajouté notablement à ce qui était déjà ébauché. Outre l'étude citée plus haut, qui a pour objet principal le bassin de la mer Morte, M. Lartet a publié un important Essai sur la géologie delà Palestine et des contrées avoisinantes, telles que l'Egypte et l'Arabie. Ce mémoire, reproduit à diverses reprises en des collections scientifiques, a paru comme thèse de doctorat soutenue en 1869 devant la Faculté de Paris et sera cité d'après cette publication (libr. Masson, 1869). Les plus intéressantes contributions nouvelles sont les suivantes : M. le prof. Hull, The Geology of Palestine and Arabia Petraea, publié en 1886, dans le Survey anglais de Palestine et résumant assez bien les notes sur le sujet éparses dans le QS., jusqu'à cette date — p. 3 ss., historique des recherches antérieures. — Hl'll, Mount Seir (1889), passim. Une note spéciale de M. Conder sur la géologie du plateau

tendue totale du pays; qu'elle n'a pu entîn s'appliquer jusqu'ici à fout le détail nécessaire, ni se multiplier suffisamment pour écarter en toute la mesure désirable les chances d'erreur.

L'état actuel des informations permet néanmoins déjà une esquisse de la constitution géologique du petit continent palestinien dont les grandes lignes ne seront apparemment pas beaucoup modifiées par rinvestigation ultérieure (1).

Il va de soi qu'en faisant figurer ici ce schéma, emprunté autant que possible aux autorités compétentes, il s'agit simplement de fournir au lecteur un aperçu très sommaire complété par quelques références bibliographiques à l'usage de ceux qu'attirerait un examen plus technique du sujet. Encore ne sera-t-il parlé, en général au moins, que de la Palestine proprement dite, occidentale et orientale, y compris le Négeb, bien que l'usage se soit établi parmi les géologues de traiter d'ensemble la Syrie, la Palestine, l'Arabie occidentale, la Péninsule sinaïtique et une partie de l'Egypte. Laissant enfin aux spécialistes la tâche de reconstituer l'histoire des époques primaire et secondaire par l'examen lithologique, paléontologique et stratigraphique (2) des traces qui en peuvent être discernées dans les sédiments

de Moab est insérée dans le Memoir du Survey of eastern Palestine, p. 300 s. M. le D-^ M. Blanckenhorn, Syrien in seiner geologischen Vergangenheit, eine geologisch-gesch. Studie..., dans ZDPV.y XV, 1892, p. 40-62. Du même auteur : Entstehung und Geschichte des Todlen Meeres, ZDPV., XIX, 1896, p. 1-59 avec 4 pi. ; voir l'analyse de ce mémoire par M. DE Lapparent, RB., 1896, p. 570-4. Il n'est pas non plus sans intérêt de lire dans QS., 1896, p. 271 ss., sous le titre : A new treatise on the Geology ofihe Holy Land and Ihe Dead Sea, comment M. Hlll apprécie cette étude sur un sujet où il s'était précédemment exercé lui-même. Le mémoire de Blanckenhorn fournit dans son annotation de nombreuses informations bibliographiques. Il a été discuté par M. le prof. C. Diener de Vienne, ce qui a obligé l'auteur à revenir sur le sujet : Noch einmal Sodoni und Gomorrlia; ZDPV., XXI, 1898, p. 65-83, et Zur Frage des Unterganges von Sodom und Gomorrha dans les Mit- Ikeilungen d. k. k. geograph. Gesellschafts de Vienne, 1900, p. 194 ss. Une nouvelle monographie de M. Blanckenhorn, Géologie der nûheren Unigebung von Jérusalem, vient de paraître, ZDPV., XX VIII, 1905, p. 75-120. Quelques indications de détail seront fournies dans les notes suivantes.

(1) Ceci ne s'applique évidemment qu'à la constatation des particularités concrètes dans la formalion du relief du sol. Il n'en est pas de même des théories géogéniques expliquant la modalité des phénomènes qui produisirent ce relief, car on sait qu'elles sont modifiées fréquemment encore par le progrès de l'enquête scientifique. On lira avec profit sur ce développement contemporain de la géologie les remarques de M. de Lapparent, Science et Apologétique, p. 244-260 (2'^ éd., 1905).

(2) La Lithologie est l'étude « des associations minérales;... la Paléontologie... l'étude des associations organiques du passé », quoiqu'on la restreigne souvent « à l'élude des espèces fossiles ». Sous le nom de Stratigraphie l'usage a prévalu de désigner non seulement les terrains sédimentaires, les seuls stratifiés, mais aussi « la définition des rapports déposition des roches massives ou éruptives », de Lapparent, op. /., p. 2, 3 et 4. — Quant aux termes primaire et secondaire, on sait qu'ils sont appliqués en géologie à la désignation des ères initiales de la formation du globe. L'ère primaire, ou paléozoique, dans laquelle faune

■/.■•. V-, J)cpût6 côliers

formations rechutes

pliocène &; poit- pliocène

VôlcaniQLie.

l^ochei pnmil'i.ves.

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Calcaire.

Kig. ;i>56. — Diagramme géologique de la Palestine.

et l'oro£;rnie (1) de la contrée, nous prendrons l'histoire de son évolution à la période où commence son émersion détinitive hors des flots de la vaste mer éocène (cf. fig. 256).

L'époque tertiaire entre dans la période miocène quand une partie

et llore permettent de distinguer déjà quatre groupes, est caractérisée par les premières manifestations de la vie organique (mollusques, surtout brachiopodes, et parmi les vertébrés, les poissons). Autour du globe la couche atmosphérique encore mal purifiée n'estque difficilement respirable; climat uniforme sur tout le globe, où les continents sont à peine ébauchés. Les débuts de l'ère sont marqués par une longue durée de calme et sa fin par un renouveau d'activité interne (roches éruptives) qui bouleversent les sédiments houillers très amples dans les dernières périodes. Dans l'ère secondaire ou rnésozoupie, le climat, d'abord uniformément tropical, commence à se modifier et il s'établit des zones distinctes. Dans la faune continentale les reptiles sont prépondérants, quelques-uns gigantesques, comme ce redoutable Iguanodon, monstre qui n'atteignait pas moins de 10 à 12 mètres de long et à qui des membres rudimentaires permettaient de se dresser et d'étreindre la proie que broyaient ses dents formidables. Dans les mers surabondent les ammonites. La flore a encore toute la puissance, sinon la monotonie, des végétaux géants de l'ère antérieure; les immenses conifères et les fougères arborescentes en sont les principaux éléments. C'est l'époque des formations sédimentaires crétacées, que les soulèvements de l'ère suivante porteront au niveau supérieur des montagnes palestiniennes. Avec l'ère tertiaire ou néozolque s'introduit dans les organismes vitaux et dans la constitution même de la terre une variété qui manquait aux âges précédents. Le climat très chaud encore favorise le développement d'utie végétation luxuriante, qui derechef agit sur l'atmosphère et détermine les zones cliraatologiques. La faune est caractérisée surtout par l'extraordinaire développement des grands mammifères : c'est l'âge d'or de tous ces animaux colosses qui menaçaient naguère d'envahir avec indiscrétion les manuels d'exégèse concordiste et dont les fantastiques squelettes participent quelque peu de la banalité des momies pharaoniques. Les trois périodes distinguées en cette ère sont, par ordre d'ancienneté : Téocène, le miocène et le pliocène. « Eocène vient de eôs, aurore, et kainos, récent; c'est l'aurore des formes actuelles; miocène indique une proportion d'espèces modernes moindre [meion, moins) que celle du pliocène (pleion, plus) » (de Lapparent, op. L, p. 1120, n. 1) et surtout que celle du pleistocène {pleistos, superlatif), nom appliqué à la désignation des formes qui ont précédé immédiatement les espèces historiques ou actuelles, à l'époque quaternaire, caractérisée surtout par l'apparition de l'homme.

(1) Les notions générales seront rapidement trouvées dans le manuel de M. de Lapparent. Pour la formation du sol primitif el des terrains primaires, roches massives ou éruptives^ voir L. Lartet, Essai sur la géol..., p. 87 ss. ; Voyage... Géologie, p. 23 ss. ; Blanckenhorn, ZDPV., XV, 41 ; XIX, 7 ss. — Terrains secondaires : Lartet, Essai..., p. 112 ss. ; Géologie, p. 33 ss., surtout 52-159 (stratigraphie et paléontologie) ; Blanckenhorn, op. L, XV, 42-46; XIX, 9 ss. ; XXVIII (1905), 78-117. — Terrains tertiaires .-Lartet, Essai..., p. 203 ss. ; Géologie, p. 160-168; Blanckenhorn, op. /., XV, 48 ss. ; XIX, 14 ss. ; XXVIII, 117 ss. — Terrains quaternaires et récents : Lartet, Essai..., 224 ss.; Géologie, p. 169 ss. ; Blanckenhorn, op. /., XV, 56 ss. ; XIX, 16 ss. Sur la lithologie, la minéralogie, l'analyse des eaux, etc., cf. R. Sachsse, ReitrOge zur chemischen Kenntnis dcr Miner alien, Gesteine und Gewachse Palastiaas; ZDPV., XX, 1897, p. 1-33; Blanckenhorn, Die Mineralschûtze Palastinas; Mitth. undNachr. DPV., 1902, p. 65-70, L'existence de coulées de lave à l'occident delà mer Morte a fait l'objet d'une discussion entre MM. Hôrmann et Blanckenhorn, MuNDPV., 1898, p. 87 s.; cf. F. Zirkel, ibid., 1899, p. 61 s. L'existence d'une énorme coulée de lave à travers la plaine d'Esdrelon signalée récemment par M. Schumacher, The Lava Streams on the Plain of Esdraelon, QH., 1900, p. 357, cf. 1899, p. 342 s., est un phénomène à expliquer par les spécialistes ; les cartes géologiques n'enregistraient pas ce détail.

de ce qui est aujourd'hui le continent palestinien émerge pour n'être plus reconquis totalement par les eaux. Il se présente alors sous forme d'un haut plateau couvert par des couches horizontales non encore bouleversées du calcaire à nummulites si caractéristique des formations tertiaires inférieures dans le bassin de la Méditerranée (1). Les pluies abondantes de cette phase continentale — apparemment la première — commencent de modifier par érosion l'aspect du plateau. A la période qui suit (pliocène), ce plateau est transformé par une série de plissements et de cassures orientées en général du Nord au Sud. Cette dislocation ébauche le relief définitif. La formation de l'arête saillante qu'on a si bien appelée l'épine dorsale de la Palestine (2) a pour résultat de créer au pied du versant le plus abrupt une dépression dont l'importance est proportionnelle au relief de la chaîne (3). Cette dépression n'est autre que la vallée du Jourdain, prolongée au sud par le bassin actuel de la mer Morte et le commencement de r'Arabah, jusqu'au seuil constaté dans la vallée, un peu plus bas que la latitude de Pétra. Ce seuil ou crête, d'une altitude de 240 à 250 mètres (4), divise T'Arabah en deux versants anticlinaux d'inégale longueur, l'un incliné vers 'Aqabah et la mer Rouge, l'autre vers la mer Morte. Ce bassin primitif était entièrement lacustre, c'està-dire qu'une nappe d'eau d'un niveau bien supérieur à celui de la mer Morte actuelle, supérieur même d'une trentaine de mètres (5) au niveau moyen de l'Océan contemporain, s'étendait du seuil de F'Arabah au lac actuel de Tibériade, sans aucune communication avec les mers (6). Il est difficile aujourd'hui d'apprécier la largeur de cette

(1) Cf. DE Lapparent, op. l., p. 1121 ; L. Lartet, Voyage d'exploration... Géologie, p. 66, 161 ; Blaivckenhorn, Entslehung..., p. 14, etc. Un savant allemand, M. Fraas, avait pensé découvrir, il y a quelque quarante ans, des nummulites dans les couches crétacées (ère secondaire) d'une vallée aux abords de Jérusalem. Son affirmation reposait sur un diagnostic paléontologique inexact et M, Blanckenhorn vient de l'écarter définitivement dans son étude sur la « Géologie des environs immédiats de. Jérusalem », ZDPV., XXVIII, 1905, p. 96 s.

(2) Le mot, qui est heureux et devenu courant, est attribué à Scherwood par Lartet, Voyage..., p. 3.

(3) Ces termes sont inspirés des principes énoncés par M. de Lapparent, op. t., p. 77 et 83, touchant la formation des reliefs. Cf. fig. 257, b.

(4) Détermination précise de M. Vignes dans la mission de Luynes (Voyage d'exploration..., 1, 257; II, 9 ss.). M. J. de Bertou, Voyage depuis les sources du Jourdain jusqu'à la mer Rouge (Extrait du Bulletin de la Société de géographie, T série, t. XII), p. 16, avait déjà signalé ce seuil sans en préciser l'altitude. Cf. fig. 257, a.

\h) Altitude déterminée par M. Hull, qui a découvert à ce niveau des coquilles caractéristiques, parmi les dé|)ôts de la fontaine Abou Ouérideh, à l'occident des collines Samrat el-Fedân, dans r*Arabah,

(6) La nature absolument lacustre de ce bassin a été reconnue par tous les géologues qui en ont traité. Un auteur anglais ayant remis en cours il y a une vingtaine d'années l'ancienne hypothèse d'une communication avec la mer Rouge, il a été pris à partie par M. Hull, QS., 1886, p. 145 SS.

nappe, car l'érosion ultérieure a profondément modifié les dépôts sédimentaires qui auraient permis d'en reconnaître les Jiords (1).

Ces pliénomènes, inaugurés à la fin de l'ère tertiaire, s'accomplissent surtout au début de l'époque quaternaire, mieux caractérisée en ses origines par le nom de période glaciaire. Toutefois, il est improbable, suivant une observation déjà faite par HuU, que la Palestine (2) ait eu jamais de glacier proprement dit : les formations caractéristiques (boues glaciaires, moraines, etc.) n'ont encore été signalées nulle part. Cette période serait donc mieux désignée par le terme de pluviale; on aurait même une terminologie apparemment plus claire et plus précise en adoptant le vocable de j^luvio-glaciaire proposé par M. A. Faisan (3) pour la désignation stricte à faire entrer dans la langue géologique générale.

Dans les transformations du sol palestinien au cours de cette époque on peut distinguer cinq nouvelles phases.

I. L'époque des grandes pluies postérieures à la dislocation du continent éocène et à la formation de la mer intérieure non salée. A l'occident de la chaîne palestinienne, la Méditerranée couvrait encore, sur une hauteur considérable, tout ce qui est dit aujourd'hui plaines de la Chéphélah et de Saron [k) et dans le sud une grande partie du Négeb. A l'orient du lac les hauts plateaux du Belqâ et du ïlaurân avaient déjà leur physionomie presque définitive (5).

(1) M. Blanckenhorn, qui évaluait d'abord ceUe largeur à « 5-10 km. » en 1892 (ZDPV., XV, 58), la suppose au contraire de « 5-25 km. » en 1896 {ZDPV., XIX, 32).

(2) Malgré son voisinage par rapport au Liban, où d'ailleurs les grands glaciers antiques ne sont pas tellement attestés : cf. Blanckenhorn, ZDPV., XV, 1892, p. GO.

(3) La période glaciaire..., p. 57. Cette excellente monographie, publiée en 1889 dans la Bibliothèque scientifique internationale d'Alcan, est consacrée surtout aux glaciers de France et de Suisse; elle abonde toutefois en comparaisons prises sur les points les plus divers du globe, et surtout en précieuses notions générales. C'est une sorte de synthèse systématisée des nombreux travaux de M. Faisan dans ce domaine spécial où il s'était acquis une maîtrise incontestée. — Un autre géologue, M. de Chambrun de Rosemond, avait déjà mis, à l'essai le terme d'époque pluviaire, op. et 1. 1.; cf. S. Rkinach, Description raisonnée du Musée de Saint-Germain en Laye; I, Époque des alluvions et des cavernes p.32. (Nous aurons souvent par la suite à renvoyer à cet ouvrage consacré à la description des antiquités nationales préhistoriques ; malgré sa spécialisation il constitue par sa vaste bibliographie le meilleur répertoire où l'on puisse commodément s'orienter pour l'étude générale), — Mais dans la pensée de M. de Chambrun de Rosemond l'époque « pluviaire » aurait exclu celle des glaciers. La théorie de M. Faisan et le terme adopté par lui sont donc beaucoup mieux fondés.

(4) Une nouvelle et évidente trace de son action a été signalée, au moment de la construction du chemin de fer de Jaffa à Jérusalem, près de Ramleh, à une cinquantaine de mètres d'altitude. On a découvert dans la tranchée une couche de gravier épaisse de 1 à 4 mètres, identique aux dépôts côtiers. Voy. ZDPV., XIV, 1891, p. 135.

(5) M. Blanckenhorn {ZDPV., XIX, 1896, p. 31) donne à ce premier épisode le nom de « première époque glaciaire », distinguant par la suite trois périodes glaciaires et deux inter-

en

II. Une phase sèche ayant succédé aux premiers âges pluvio-glaciaires, le niveau des mers baissa notablement. Blanckenhorn estime à 300 mètres la dépression de surface dans la mer intérieure. La concentration des eaux produit l'énorme gîte de sel et de gypse du Djebel Ousdoum. Sur les parties continentales un climat moins rigoureux favorise le développement delà vie organique, surtout dans la région orientale qui deviendra la Moabitide.

III. Une recrudescence des pluies, accompagnée de graves modifications climatériques et de nouveaux mouvements du sol, vient transformer la contrée. Le niveau de la mer intérieure remonte d'une centaine de mètres. Dans la chaîne occidentale se produisent quelques fractures d'importance secondaire; mais sous l'action violente des eaux pluviales se creusent des torrents nombreux, qui coopèrent dès lors pour leur part à la structure transformée du continent. A l'orient, les mêmes phénomènes d'érosion créent les ravins profonds qui viennent se précipiter au lac, charriant dans leurs eaux furibondes les débris arrachés au plateau et les témoins caractéristiques de la faune fluviale contemporaine. De ces organismes vivants, qui trouvent apparemment la mort dès leur entrée dans les flots déjà salés du lac (1), et des matériaux en suspension dans les eaux des torrents, se construit, sur les bords de ce lac, une haute terrasse dont les sédiments et les fossiles permettent au moderne géologue de mesurer le relèvement du niveau. On l'estime de 80 à 100 mètres.

IV. C'est ensuite une seconde époque d'accalmie, après cette période tourmentée. D'abord particulièrement sèche, elle serait spécifiée surtout par une recrudescence d'intensité dans les manifestations volcaniques et par le maximum d'activité dans les sources thermales de la contrée.

V. La dernière phase pluvio-giaciaire abaisse de nouveau la température générale, entraînant ainsi les modifications à peu près finales de la flore et de la faune, achevant surtout de façonner le relief continental, par érosion et alluvion. La plus importante formation allu-

glaciaires, dont l'ensemble constitue l'ère totale du Diluvium. Quoi qu'il en soit de la valeur de telles subdivisions dans la géologie de l'Europe occidentale, il a semblé préférable d'éviter ces désignations en Palestine, où le simple terme « glaciaire » demeure même encore conventionnel.

(1) Cf. sur « ... la salure de la Mer Morte... ses variations et... son origine », l'étude de M. L. Lartet, Voyage... Géologie, ch.xm, p. 269-299; Hull, Geology, p. 119ss. A lencontre de M. Blanckenhorn, qui semble attribuer cette salure à peu près exclusivement aux sédiments salins des couches crétacées qui enserrent le bassin (ZDPV., XIX, 1896, p. 29), M. de Lapparent (RB., 1896, p. 574) insiste sur le rôle « sinon exclusif ou prépondérant, du moins sérieux », des « émanations gazeuses qui accompagnent d'ordinaire toutes les manifestations volcaniques ».

viale de cette époque est la terrasse inférieure, si remarquable par son importance et son étendue, près de Masada et de la Lisân et dans toute la vallée du Jourdain, jusque vers Beisân. Dès avant cette époque le lac de Tibériade formait probablement une masse d'eau distincte et le cours du Jourdain commençait entre les deux lacs. Un dernier essai d'envahissement temporaire de la vallée par le lac méridional détermina dans cette terrasse inférieure comme un second étage légèrement plus bas, représenté aujourd'hui par cette partie des alluvions qui bordent immédiatement le Jourdain et qu'on désigne sous le nom à'ez-Zôr, par opposition au nom plus compréhensif de Ghôr (1).

Sur le littoral méditerranéen, les flots, retirés vers l'ouest à peu près à la limite générale que nous leur connaissons, bâtissent plus ou moins capricieusement la rive que leur travail n'a pas cessé de transformer même à travers les âges historiques (2). Dans les parties intérieures du continent s'achèvent les grands phénomènes d'érosion. Sous le maximum d'intensité pluviale et avec le concours des gelées, du soleil et des vents, les eaux ont arraché tout ce qui pouvait l'être des sédiments et des roches; ravins et torrents ont conquis leur pente la plus accentuée, régularisé leur cours et rongé leurs bords avec une suffisante ampleur pour ne s'y trouver jamais plus à l'étroit. Pénétrant dans les lits de roches, plus friables ou contrariées par les couches iynperméahles dans les profondeurs du sol, les eaux qui n'avaient pas encore de voie ouverte à la surface ont strié les montagnes d'un réseau de canaux intérieurs, de petits lacs et de cavernes, jusqu'à trouver, par leur persévérante action ou grâce à quelques mouvements du sol, un chemin par où s'échapper à air libre. De véritables ravins ont été préparés de la sorte, en attendant qu'un tremblement de terre ou quelque phénomène géologique vînt efTondrer le plafond de la galerie souterraine (3). Dans les régions où dominent les formations calcaires les

(1) Sur les mutations du niveau et les transformations de rivage à la mer Morte, cf. l'article de M. Gray Hill, The Dead Sea, QS., 1900, p. 273 ss. et celui de M. WILS0I^f, ibicL, p. 365 ss. On sait que M. de Luynes avait déjà soupçonné ces variations et fait établir à \lhi Fechka un repère pour faciliter l'observation (cf. Voyage d'exploration..., I, 123). Ce repère avait été perdu de vue. Le P Ë Fund en a fait établir un nouveau (cf. QS., 1901, p. 44 s.), où des observations sont prises régulièrement depuis cinq ans. Cf. aussi QS., 1874, p. 187.

(2) Cf. sur cette indécision du rivage palestinien la remarque de M. de Lapparext, op. /., p. 552. On trouvera un exemple précis dans le port de Jaft'a, d'après les fouilles exécutées en 1903 par M. Barton et l'Institut américain à Jérusalem {Journal of bibl. Literatitre, 1903 (ou 1904), p. 183 ss. — Ce compte rendu ne m'est connu que par un tirage à part sans indication d'année); cf Rév. Hanauer, QS., 1903, p. 258-264.

(3) Cf. Blanckenhorn, ZDPV., XV, 1892, p. 61, et, sur ce mode de formation en général, deLapparent, op. L, p. 250 ss.

plus molles, au sud-ouest de la chaîne palestinienne, sur le versant oriental et vers le Négeb, les innombrables cavernes au développemont capricieux, souvent énorme, qui ont fait naître de très vieille date un curieux cycle de légendes (1), sont l'œuvre manifeste des eaux pluviales quaternaires, qui les avaient pour jamais désertées dès avant le début des temps historiques.

Un événement considérable marque en Palestine Taurore des temps historiques : l'afTaissement du sol dans le bassin du lac méridional. Cet afTaissement, déterminé par un tremblement de terre, créa la forme actuelle du bassin dit aujourd'hui la mer Morte, prolongé au sud de la Lisân sur une profondeur très faible, suffisante toutefois pour engloutir les villes de la Pentapole groupées sur les alluvions plantureuses des âges antérieurs. La Bible nous a conservé le récit vivant de l'impression laissée dans les traditions contemporaines par cette catastrophe, renouvelée sur d'autres points du globe à des époques beaucoup moins éloignées de nous.

Aucun phénomène géologique notable ne s'est produit en Palestine depuis ce cataclysme. En dépit de fréquentes secousses de tremblements de terre (2), attestant la nature relativement instable de ce sol où les formations volcaniques jouèrent jadis un rôle important; malgré quelques oscillations dans le rivage des mers; malgré enfin toutes les modifications superficielles telles que l'érosion pluviale, le déboisement des montagnes (3) et le fatal abandon de vastes étendues territoriales, les conditions physiques et biologiques sont demeurées sensiblement les mômes depuis la très lointaine époque où l'homme prenait possession du pays (4).

(1) En tout pays et à toutes les époques des croyances plus ou moins superstitieuses se sont attachées aux cavernes. Tout le monde a en mémoire les cavernes sacrées de Delphes, du mont Dicté en Crète, de Cumes, pour ne citer que les exemples classiques les plus fameux. S. Reinach a groupé d'assez copieuses références bibliographiques (/)escrîj5<io7i..., I, l()3s.); mais on consultera avec le plus d'intérêt Sébillot, Le Folk-lore de France, 1, 431 ss. En Palestine on songe fout de suite à la caverne sous la roche du IJaram, à la grotte de Panéas d'où jaillit une des sources du Jourdain, à l'antre de la pythonisse d'Endor, etc.

(2) Cf. les observations faites à Jérusalem seulement par M. le D'' Chaplin durant la période de 1860 à 1882, QS., 1883, p." 32, table VIII, reproduite dans ZDPV., XIV, 1891. M. Blanckenhoun, Ueber die letzten Erdbeben in Paltlsflna und die Erforschung etwaiger kilnftiger, ZDPV., XXVIIl, 1905, p. 206-221, a rappelé (p. 208) la longue énumération des tremblements de terre plus ou moins violents en Syrie-Palestine depuis l'époque romaine, l'ne liste plus détaillée a été dressée par M. le prof. G. Auvanitakis, Essai d'une statistique des tremblements de terre en Palestine et Syrie (Communication à l'Institut égyptien au Caire, séance du 2 mars 1903). Ce travail paraît avoir échappé à M. Blanckenhorn.

(3) Quoique ce déboisement ne soit pas l'œuvre exclusive de l'homme, à qui on en fait, d'ailleurs à bon droit, reproche (cf. Bi-viNCKENnouN, ZDPV., XV, 62).

(4) Il appartient à la météorologie, à la botanique, à la zoologie, beaucoup aussi à la pa-

Les éléments certains font défaut pour apprécier, même avec une très large approximation, cette immense série de siècles, beaucoup plus encore, on le devine sans peine, pour déterminer la durée totale exigée par l'organisation du globe (1). Un fait demeure apparemment bien établi : l'apparition de riiomme seulement à l'époque quaternaire, et donc à un moment récent de l'existence de la terre. La géologie et l'archéologie précises ont d'un commun accord fait justice du soi-disant homme tertiaire, aussi bien en Californie qu'en Europe (2); justice également de l'évolutionisme exagéré qui aurait

léontologie de faire la démonstration nécessaire à ce sujet. Ces diverses branches de l'informalion scientifique demeurent encore incomplètes et ont été inégalement développées. La paléontologie a été traitée seulement par les géologues, Lartet surtout et Blanckenhorn, dans leurs études énumérées plus haut, et la section qui lui est consacrée dans le musée du P. Germer-Durand n'est pas encore utilisable faute d'un catalogue. La zoologie et la botanique ont fait l'objet de beaucoup pins de travaux. Les monographies spéciales dans les encyclopédies bibliques en toute langue fourniront la documentation bibliographique ancienne. Les traités d'ensemble les plus accrédités sont, je crois, pour ne fournir que les résultats des meilleures recherches contemporaines : Rév. Tkistu4m, The Flora and Fauna of Palestine, dans la collection du Survey ; H. Chichestkr Hart, The Fauna and Flora of Sinai, Petra, and the Wâdy '^Arahah (non utilisé directement) ; cf. du même auteur : A Naturalist's Journey lo... south Palestine, QS., 1885, p. 231-286; Rév. G. Post, rlora of Syria, Palestine... and from the mediterranean Sea to the Syrian Désert; le R. P. L. FoNCK, S. J., Streifzûge durch die biblische Flora. Ces traités généraux fourniront le reste de la documentation intéressante. Voir également les remarques de M. H. Christ, Zur Flora der bihl. Ldnder, à propos des deux derniers ouvrages cités {ZDPV., XXIII, 1901, p. 79-90). La météorologie a été mieux étudiée, sur quelques points au moins, Jérusalem en particulier. Dès 1860, M. le D- Chaplin installait en cette ville un petit observatoire et il a groupé les informations enregistrées dans une étude d'ensemble : Observations on the Ciiniate of Jérusalem, QS., 1883, p. 8-40, reprise en 1891 par M. 0. KiiRSTEN, Das Klima von Jérusalem, ZDPV., XIV, p. 93-112. Les résultats d'observations nouvelles, à Jérusalem et à Tibériade spécialement, sont publiés chaque année par le ^.S. La société allemande a organisé depuis 1896 un réseau plus vaste de stations météorologiques qui ont fourni de multiples données d'ensemble, généralisées dans l'important mémoire de M. le D"" H. HiLDERSCHEiD, Z)/e Xiederschlagsverhnltnisse PaUlstinas in aller und neuer Zeity ZDPV., XXV, 1902, p. 1-105, avec des graphiques très clairs et très précis. A la bibliographie qu'indique M. llilderscheid on peut ajouter aujourd'hui deux communications de M. le prof. G. Arvanitakis à l'Institut égyptien au Caire, le 2 mars et le 29 décembre 1903 : Sur un argument d'Arago (tirage à part, Opagesj, à propos d'un calcul pour déterminer la « température moyenne de la Palestine», et Essai sur le climat de Jérusalem (liraQe à. part, 64 pp. avec nombreux graphiques].

(1) « Ce n'est pas trop, sans doute, écrit M. de Lapparent, de l'évaluer en millions d'années. Mais, ce résultat admis, le nombre des millions devient à peu près indifférent, vu l'incertitude des données qui servent à l'établir ))(o/}. L, p. 1467 s., cf. 711.). L'accord ne se rencontre dans les évaluations diverses que sur les durées proportionnelles des grandes ères qui vont notablement en décroissant depuis les origines jusqu'aux temps historiques. Même pour l'époque quaternaire, la seule à peu près dont nous ayons à nous occuper pour la Palestine, la détermination approximativcest impossible; cf. S. Reinacii, Description..., I, p. 71 ss.

(2) Cf. DE Lapparent, op. L, p. 1192, 1211. Un aperçu historique de la controverse a été fourni par A. Bertrand, La Gaule avant les Gaulois, T éd., 1891, p. 23-52; mais le plus complet exposé de la Question de l'homme tertiaire sera lu dans S. Reinacii, Description...,

fait sortir l'homme raisonnable d'un ancêtre simien dont cpielque brimade scientifique ressuscite parfois encore le souvenir. Quant à l'Age précis de l'humanité, il n'importe d'aucune façon au point de vue religieux et en somme il importe assez peu au point de vue technique spécial des notes présentes, qu'il se chiffre avec une très libérale ampleur, comme dans les « 100 à 200.000 ans » de iM. Lyell et de M. de Saporta, ou la parcimonie vraiment un peu trop chiche — 6 à 8.000 ans — de quelques exégètes préoccupés d'accorder en une triomphante harmonie les fluctuations scientifiques et les théories caduques de biblistes en mal de calcul chronologique (1). Il faut savoir gré à un exégète et apologiste de la notoriété de M. Schanz d'avoir bien voulu reconnaître, tout au bout de sa dissertation laborieuse sur Vâge du genre humain d'après la sainte Écriture^ l'histoire profane et la préhistoire, que l'inspiration de l'Écriture et l'infaillibilité de l'Église ne sauraient être mises en cause d'aucune sorte par un résultat quelconque définitivement acquis dans les recherches scientifiques touchant l'âge de l'homme (2). Quand la géologie a montré la longue et merveilleuse

I,p. 9G-101, avec toutes les indications bibliographiques désirables jusqu'en 1889.11 ne paraît pas que le problème ait depuis lors changé aucunement d'aspect; en 1898, M. l'abbé J. Gui- Jbert traitant le sujet dans le ch. vi de ses « questions d'apologétique » : Les Origines, p. 257-302, ne reproduit dans sa bibliographie qu'une partie des indications de Reinach, qu'il semble ignorer, et ajoute à peine quelques indications postérieures à 1889, laissant la controverse au même point.

(1) Ceux qui auraient cependant quelque goût pour dételles spéculations se peuvent abondamment documentera ce point de vue dans M. Vigouroux, Les livres saints et la critique rationaliste, t. IH, p. 207 ss. de la 3'' éd., 1887; aussi dans M. le prof. P. Schanz, Das Aller des Menschengeschlectes nach der heil. Schrift, der Profangeschichte und der Vorgeschiclite(\iid6), Biblische Sludien, I, ii; surtout enfin dans le gros livre de M. Guibert, cité plus haut, le plus récent (1898, 2^ éd.j et le plus largement informé. Encore faudra-t-il l'utiliser avec quelque contrôle pourtant, cette édition du w«n?/eZ d'apologétique; car malgré l'intention annoncée (p. vi) d' « Exposer avec honnêteté les systèmes, même ceux » à combattre, il y a de curieuses prétéritions, et parfois de singulières négligences dans l'information. Exemple de prétérition : on trouvera que ce n'est guère exposer suivant le principe énoncé ce qu'on appelle le « litléralisme de la critique » à propos de la cosmogonie biblique, dont on fait responsable le P. Lagiiange, 7î/i., juillet 1896, que d'en dire seulement : «il n'est point entré dans l'enseignement des écoles catholiques, nous nous abstenons de le développer » (p. 45, n. 3, fin p. 46). Est-ce que M. Guibert y verrait une doctrine non-catholique? Exemple d'information négligée : p. 308 s., à propos de la « civilisation chelléenne », on dit : « Flinders, Patrie et de Morgan l'ont signalée dans les alluvions du Nil » . Dans la bibliograp/iic donnée un peu plus loin, on documente de Morgan par son volume de 1897 sur l'Ethnographie et non celui de 1896 sur L'âge de la pierre, qui eût été pourtant le mieux en situation ; mais ni « Flinders » ni « Patrie » ne reparaissent — et pour cause ! — ; on se doute bien qu'il s'agit des deux éléments, dissociés mal à propos, du nom de M. Flinders Pétrie.

(2) Schanz, op. L, p. 100; cf. Guibert, op. L, p. 300 s. Et la raison très obvie que ces savants consentent à en reconnaître — non sans quelque timide défiance — est que la Bible « ne fournit aucune chronologie et n'en veut fournir aucune » (Schanz, p. 98). L'action

organisation de la terre suivant le plan conçu par la Providence ; quand l'anthropologie a découvert, sur le sol paré de toutes ses splendeurs et enrichi de tous ses trésors, l'homme pour qui Dieu a disposé ce séjour, l'archéologie préhistorique intervient, cherchant à saisir les premiers tâtonnements de son intelligente activité. Et de même que le géologue était attentif à recueillir dans les dépôts sédimentaires et jusque dans les roches le plus microscopique organisme fossile pour lui arracher tout le secret de sa vie d'antan, l'archéologue aussi interrogera soigneusement les plus humbles débris saisissables des plus anciens objets façonnés de main d'homme, touchants essais qui marquent les premiers pas à la conquête de la civilisation et des arts.

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