L.\ PROVINCE DU MANITOBA
que les écoles seraient maintenues dans les conditions où elles étaient au moment de la fondation. Rien, dans la constitution, n’oblige donc, comme dans la province de Québec, à maintenir les écoles françaises; aussi, peu après, la majorité étant anglaise et protestante, l’enseignement du français fut supprimé dans les écoles publiques. 11 y a un ministre de l’Instruction publique du Manitoba. La cour suprême d’Ottawa ratifia la nouvelle loi, la chose fut portée à Londres devant la Chambre des Lords qui ne put que ratifier la décision votée, elle aussi; mais jugeant la mesure vexatoire pour une partie des habitants du Canada, recommandation fut faite d’appliquer cette loi avec modération. Le gouvernement actuel du Manitoba, pour montrer qu’il n’est pas intransigeant, permet une heure par jour d’enseignement du français qui se confond avec l’enseignement religieux. Lors de la fondation des provinces de l’Alberta et de la Saskatchewan en 1905, le même problème a été soulevé. Après des discussions sans fin, il fut décidé de mettre dans la constitution, au chapitre Instruction publique (qui, comme partout au Canada dépend du parlement local de la province et non du parlement fédéral d’Otawa), une demi-heure par jour d’enseignement religieux, c’est-à-dire de français, car c’est le catéchisme des catholiques que l’on enseigne en cette langue. La loi n’est pas aussi absolue que dans la province de Québec où les écoles doivent être anglaises ou françaises suivant le chiffre de la population de l’une ou de l’autre langue, mais il est inscrit dans la constitution que, pour les Français, il y a une
demi-heure chaque jour d’enseignement catholique. La chose n’est donc pas soumise, comme dans le Manitoba, à la bonne volonté d'une majorité plus ou moins favorablement disposée. Le ministre de l’Instruction publique de la province ne peut pas à son gré modifier cette convention.
Dans TAlberta, comme partout ailleurs au Canada, chaque père de famille doit payer chaque année une taxe par tête d’enfant pour subvenir à l’entretien des écoles, ces fonds contribuent à subventionner les écoles qui sont maintenues par le gouvernement. A Edmonton, les pères de famille paient comme partout, mais beaucoup d’entre les Français qui veulent conserver à la fois langue et religion, entretiennent une école tenue par des religieuses dans laquelle on ne fait que du français et d’où l’anglais est exclu.
Même dans l’Ouest, d’influence anglaise, nos cousins cherchent à conserver leur langue.