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CHAPITRE XIV

LES PEAUX-ROUGES

1. LesHurons, les Iroquois, les Algonquins. — II. Les Indiens dans la province de Québec, la traite de Thiver. — III. Les courses de chevaux des Peaux-rouges de l’Ouest. — IV. Les Indiens disparaissent. — V. Richelieu et les indigènes du Canada. — VI. Assimilation des Indiens prévue mais non réalisée.

I. — Les indigènes, autrefois, vivaient par bandes farouches. Ils se nourrissaient du produit de leur chasse, de leur pêche et d’une culture très primitive du sol. Lorsque les Français arrivèrent au Canada, ils trouvèrent les Algonquins sur les bords du, Saint- Laurent ; plus au Sud, le pays était occupé par les Iroquois ou les Cinq Nations. Les Algonquins sont classés comme étant des Malais polynésiens, ils sont donc de la famille des peuplades habitant Taïti, la Nouvelle-Zélande, Madagascar, les îles Sandwich. Les Iroquois se rattachent aux races finnoises, turques et mongoles. Les sauvages du Canada,

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tirant leur origine de deux races distinctes d’ancêtres, peuvent être divisés en quatre familles : les Eskimos, les Tinnehs, les Algonquins, les Hurons iroquois.

Les Algonquins sont connus sous les noms de : Sauteux, Gris des prairies, Gris des bois, Pieds- Noirs, Sang-Mêlés, Micmacs, Abénaquis. On les trouve du littoral de l’Atlantique jusqu’aux régions méridionales du Nord-Ouest. Les Iroquois se. rencontrent sur les bords de l’Atlantique sous les noms de Mohavs^ks, Onéidas, Onondagos, Gayugas et Senecas. Us sont connus sous le nom de Ginq Nations. Les Sioux et les Assiniboines sont plus au Sud. “ .

En 1871, lors du premier recensement, on a compté 102.350 Peaux-rouges. En 1901, le chiffre des sauvages fut de 93.454. Enfin dans le rapport du surintendant des affaires indiennes on trouve le chiffre de 107.637 en 1905.

Les sauvages ne sont pas tous au même degré de civilisation. Les uns sont polygames, d’autres se sont adaptés à la civilisation et sont même devenus électeurs; ils possèdent des fermes et vivent comme des blancs. D’autres, au nombre de 85.553, sont sous la tutelle du gouvernement dans les réserves. Enfin il y a encore des tribus nomades qui parcourent le nord. En 1905, il y avait 35.060 sauvages catholiques, 15.079 anglicans, 11.794 méthodistes, ‘ 1.487:presbytériens, 1.103 baptistes, 646 autres chrétiens et 10.906 païens.

Le voyageur rencontre de temps en temps de ces Peaux-rouges, descendants des anciens maîtres du pays.

II. — Dans la province de Québec, à la Pointe- Bleue, à côté de Roberval sur le lac Saint-Jean, on voit des tentes pendant tout l’été. L’hiver elles disparaissent, car c’est à ce moment de l’année que les Indiens vont dans la forêt. Ils s’y livrent encore à leur ancien sport delà chasse, mais les négociateurs d’autrefois sont remplacés par les agents de la compagnie de la Baie d’Hudson et par les acheteurs de la maison Révillon de Paris. Cette dernière maison a plus de quarante comptoirs dans tout le Canada. C’est là que les Iroquois, lesHurons viennent maintenant échanger leurs fourrures contre les marchandises, ou mieux contre de l’argent^ car ils en savent la valeur (1).

Un soir d’aurore boréale, à la Pointe-Bleue, en juillet 1906, le ciel embrasé était superbe et les Peauxrouges étaient réunis dans le petit magasin du débitant, comptant leur fortune et se racontant des histoires de chasse du dernier hiver. Ils disaient qu’ils attendaient les froids pour s’engager de nouveau dans les régions du Nord, emmenant sur un traîneau des provisions pour plusieurs mois, tout un matériel de cuisine pour permettre à leurs femmes de préparer en leur absence les repas de la famille. Ils se plaignaient des rigueurs de l’hiver dans la forêt, la nuit, pendant qu’ils étaient à l’affût. Naïvement je demandai : « Mais pourquoi ne pas profiter du beau temps pour aller chasser au lieu d’attendre l’hiver,

(1) Le troc^ la traite ou l’échange de fourrures se faisait autrefois avec les Rouges pour des habits, des vivres, des armes, de l’eau-de-vie, des grelots ou des bijoux de verroterie. Un colon

obtint une fois une pièce magnifique pour . un urinoir de fer

blanc.

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si rude ? » (Sans avoir besoin d’interprète ; dans la province de Québec le français leur est familier de même que, dans TOuest, ils comprennent tous Tanglais.) Ceux qui étaient autour de moi se mirent à rire et à se moquer de mon ignorance, sans même chercher à m’expliquer pourquoi. Ce ne fut que plus tard, en y réfléchissant, que je me rendis compte de leur hilarité. C’est pendant la saison froide seulement que les bêtes sauvages sont revêtues de leurs belles fourrures qui leur permettent de lutter contre les glaces.

Je me suis trouvé une autre fois en présence de Peaux-rouges. C’était encore dans la province de Québec. Nous avions déjà, la veille, traversé un des nombreux lacs que forme le Saint-Laurent. Deux Indiens nous avaient servi de passeurs. Nous avions un bateau à fond plat pouvant contenir au maximum sept à huit personnes compris les sauvages qui tenaient les rames. Pour aller à Montréal nous revenons sur nos pas et retournons sur les bords du lac en voiture. Nous étions au 12 novembre. Le temps, très beau jusqu’alors, avait brusquement changé, la route était devenue blanche. C’était la première neige, elle n’était pas encore adhérente. On ne voyait plus où l’on marchait et lès roues enfonçaient souvent dans des trous. La neige, soulevée par les rafales, nous fouettait le visage. Nous étions en pleine poudrerie, cette fine et aveuglante poussière de neige, mortelle aux voyageurs quand ils s’égarent dans la prairie. Pour nous, elle nous empêchait de voir notre route. A un certain moment, en mettant pied à terre pour qlléger la voiture, j’eus une véritable sensation d’an-

goisse, la poudrerie m’aveuglait et j’enfonçais dans la neige jusqu’aux genoux. Nous regardions du côté du lac en nous demandant avec inquiétude si nous allions pouvoir le traverser et revenir sur nos pas.

Nous nous installâmes bientôt dans la barque des deux Iroquois, j’étais à côté d’un Américain. Derrière nous avaient pris place deux prêtres. Un des Iroquois était à l’arrière, il maniait une rame qui lui servait de gouvernail. Le mât avait été dressé, le sauvage tenait la corde de la voile déployée afin de pouvoir profiter du vent qui soufflait en rafales. A l’avant de l’esquif plat, l’autre Iroquois se tenait debout. On ne voyait pas l’autre rive cachée par le rideau de neige, mais les deux prêtres me dirent qu’ils avaient traversé par des temps bien plus mauvais. A trois ou quatre cents mètres du bord les lames devenaient plus fortes, il y avait des sautes de vent. Les sauvages se parlaient entre eux et l’un des prêtres dit quelques mots en iroquois. A chaque lame un peu forte l’un des prêtres nous disait : « Il n’y a pas de danger. Ces hommes connaissent le lac et leur bateau. » L’esquif à fond plat ne bougeait pas, mais à chaque lame nous embarquions un peu d’eau. Je songeais aux anciens Canadiens qui passaient autrefois de Lévis à Québec entre les blocs de glace que charrie le Saint-Laurent, regardant la petite croix de leur église pendant qu’ils ramaient et tandis que le patron cherchait à éviter la banquise. Tout à coup, un craquement sinistre interrompit mes ré- 11 exions. Le mât venait de se casser ; la voile tomba dans l’eau à moitié, avec ce qu’il en restait, nous filâmes sous le vent. Les mots en iroquois se préci-

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pilaient. Le jeune Américain se retournant un peu demanda la bénédiction de l’un des prêtres. Il me serrait le bras et j’avais beau lui dire : « Ne me tenez pas ainsi, » il me répondait : « Il faut bien que je me tienne. » Je le regardai, dans le cas où notre bateau aurait chaviré, il m’eût entraîné au fond de l’eau, paralysant les efforts que j’aurais pu faire pour me sauver, car dans sa frayeur il était incapable d’initiative. — Une lame, deux plus petites (la troisième toujours, ]dus forte) se suivent. Elles viennent de côté. Nous les recevons en plein. Nous sommes dans l’eau jusqu’à la cheville. — Un silence glacial et impressionnant règne maintenant parmi nous. — Les deux prêtres ne parlent plus ; seul, de temps en temps, un mot d’iroquois, un signal, coupe l’air. La neige tombe toujours poussée par le vent et obscurcissant l’atmosphère. La voile continue à traîner dans l’eau, le vent souffle en tempête, nous, filons avec rapidité. « Vous allez aux rochers, » dit l’un des prêtres. Nous filons toujours, les vagues deviennent moins fortes. Un choc, nous sommes sur le sable. En tout, nous avions mis dix minutes pour traverser ce qui nous avait pris trois quarts d’heure hier. Il fait froid, nous sommes trempés, mais nous gagnons bien vite la station, — pas avant que l’un des prêtres n’eût fait promettre aux Iroquois de profiter de l’hiver pour construire un nouveau bateau pour remplacer celui qui vient de nous faire passer, qui est vieux devingt-cinq ans et pas très solide.

III. — Dans rOuest, j’ai eu l’occasion, à Gleichen, dans l’Alberta, de voir des courses indigènes.

Il existe, en face de cette petite ville, de l’antre côté de la voie ferrée, une réserve pour les sauvages. On désigne ainsi un emplacement qui n'est pas livré à la colonisation européenne et dans lequel les Peauxrouges vivent entre eux. Ils établissent là leurs tentes. En face de la gare, il y a plusieurs maisons pour les administrateurs et le médecin. Ce dernier est un Hindou (des Indes) qui a servi dans Parmée anglaise. La réserve a trente kilomètres sur cinquante. Les Peaux-rouges y font de l’élevage, ils ne travaillent pas la terre.

Voici en quoi consistent ces courses indigènes. Dans la prairie’ on voit un rassemblement où il y a trois ou quatre voitures, une vingtaine de chevaux, une cinquantaine d’individus. Ce sont des Peaux-rouges au milieu desquels trois Anglais disputent les paris. Un grand Peau-rouge, de la tribu des xVpaches, paraît-il, enlève la selle d’un cheval, un de ceux qui paraissent les plus difficiles à dompter et qui fait des bonds et des ruades. L’Indien le prend par le cou. Le cheval, un alezan, est nu avec un simple licol. L’animal se cabre, se défend ; le sauvage met sa tête contre celle du cheval et suit les mouvements de la bête ; puis on voit les longues jambes glisser en s’élevant le long du corps du coursier, le pied arrive au niveau du dos, les bras tournent autour du cou et le cavalier est campé sur le dos de la bête qui saute tant qu'elle peut. Un autre Indien “est monté sur un cheval noir. Ils partent tous deux pour aller à environ deux kilomètres de là. Sans qu’il soit donné de signal, ils filent ensemble au même moment et on entend dans

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la prairie le galop des chevaux qui arrivent de notre côté. Ils sont à côté l’un de l’autre, se dépassant par moments, criant, hurlant, les grandes jambes pendantes, les longues nattes flottant au vent. Ils ont bien l’air de sauvages. Ils arrivent au poteau, le cheval noir a gagné. Ils viennent de s’amuser beaucoup et rient comme des enfants. Ils se paient les enjeux; les Anglais ont perdu. Une autre course se prépare et ainsi toute la journée; celle de demain, probablement, se passera de même. Les indigènes adorent les courses de chevaux et ne font à peu près que cela. Ils sont huit cents, environ, dans cette réserve. Ils ont des chevaux et quelques vaches, vendent leurs animaux et jouent leur argent tant qu’ils en ont. Ils travaillent rarement pour les Européens, en général ; ils ne font rien pour eux. Jamais un Peau-rouge ne se dispute ni ne se bat avec un autre individu de sa race ; jamais une rixe à la suite de ces courses.

Le nombre des indigènes diminue, paraît-il, rapidement ; sous la tente ils sont bien portants; dès qu’ils vont dans une baraque la tuberculose se manifeste.

Un soir, dans l’Ouest, un Rouge vint apporter une lettre dans la maison où j’étais ; j’obtins qu’on lui donnât à manger. Nous venions de finir notre repas. Il se mit en face de moi avec sa grande figure immense, ses yeux obliques comme ceux d’un Chinois, grands et noirs, ses longues nattes. Il se servit et se mit à manger, tout comme un véritable Anglais, avec son couteau et sa fourchette qu’il tenait fort élégamment et avec beaucoup de distinction. Je regardais son teint jaune et mat. Voulant être ai-

mable, je lui dis : « Êtes-vous satisfait de voire repas? » Il me répondit du tac au tac : « Je vis par la nourriture. » Et sa main de patricien, longue et effilée, portait la fourchette à sa bouche.

Comme beaucoup d’indigènes, les Peaux-rouges ont une dignité naturelle de maintien parfaite, ce qui leur donne un grand air de distinction. G^est cette légère surface, laite pour séduire les voyageurs, qui nous a valu les beaux et poétiques récits de Chateaubriand et d’autres écrivains qui ont célébré cette race.

IV. — Le contact de la civilisation n’a eu qu’un résultat à l’égard de presque toutes ces peuplades : au lieu de les assimiler, elle les fait peu à peu disparaître. Un de ses principaux effets auprès de ces sauvages c’est de les exciter à l’intempérance des boissons alcooliques pour lesquelles ils ont un goût très marqué.

On a donc été obligé de leur réserver des terrains où ils vivent, qu’ils ne peuvent pas aliéner, mais qu’ils ne cultivent même pas. Ils y font un peu d’élevage et, s’il y a un lac, une rivière, près du lieu où ils se trouvent, étant très adroits passeurs, ils conduisent les bateaux où se risquent les Européens. Ils vont à la chasse comme leurs aïeux, mais le font pour le compte des maisons européennes. Dans ce cas, lorsqu’il est dans la région de chasse, le Rouge chausse ses mocassins et ses raquettes (1),

(1) Sorte de chaussures que les Indiens mettent par-dessus leurs mocassins de cuir souple. Les raquettes d’une forme ovale ont trois pieds de long, quinze ou seize pouces à l’endroit le plus large et se terminent en pointe à l’extrémité de derrière. On assujettit les raquettes au pied par des courroies. Le contour des raquettes

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ce qui lui permet de s’avancer sur la neige molle, sans enfoncer. Il prend ainsi l’habitude de marcher la pointe du pied en dedans, ce qui donne à sa démarche un aspect particulier.

Les Indiens savent très bien distinguer les traces de la marche d’un blanc de celles d’un Peau-rouge, même si celui-ci est chaussé à l'européenne. Le. sauvage est accoutumé aux raquettes, ce qui lui fait prendre l’habitude de poser les pieds en dedans pendant la marche, tandis que l’Européen marche en dehors.

Pour se mettre à l’affût, lorsqu’ils traquent les bêtes sauvages, ils restent des journées et des nuits entières cachés dans la neige jusqu’au cou. Il fait tellement froid que la neige reste sèche, elle leur sert en même temps de manteau protecteur.

V. — Les Peaux-rouges devaient, dans l’idée des premiers colonisateurs, être assimilés aux Européens.

Richelieu partageait les illusions de Ghamplain et des missionnaires. Il croit à l’avenir des races américaines. Il les voit rapidement converties, policées, s’unissant aux Français par des mariages. Pour cette heure qui lui semble proche, il proclame leurs droits. A la seule condition qu’il soit baptisé, l’indigène sera l’égal du Français (1).

est en bois léger durci au feu. Elles rappellent l’aspect et la forme des raquettes de tennis.

(1) On trouve cependant dans les chroniques des anciens missionnaires que les enfants métis étaient autrefois abandonnés aux tribus pour maintenir chez les blancs la pureté de leur race et que les femmes peaux- rouges ne recherchaient pas les Européens, au contraire. Une d’elles, baptisée sous le nom de Barbe, refusa dit-on d’épouser un gentilhomme du nom de Ghastillon. Cette antipathie se comprend par l’éloignement des indigènes pour la vie séden-

A la cour des rois (1) de France, on se réunissait quand il arri^'ait un échantillon humain de ces colonies lointaines. De ses savanes on le jetait au milieu de la plus brillante des cours et c’était un spectacle qui amusait les rois de voir l’ébahissement de ces indigènes. M. de Bougainville, aide de camp de Montcalm, ramena d’Amérique une jeune Iroquoise de quatorze ans, appelée Alzire^ dont il fit présent au roi. La jeune fille fut introduite dans les immenses salons de Versailles où toute la cour avait été réunie pour assister à l’arrivée de la petite sauvage que Louis XV voulait offrir à son tour à sa favorite, madame Dubarry. Celle-ci la destinait à devenir la compagne de son nègre Zamore, élevé par elle à la dignité de gouverneur de son pavillon de Luciennes. Quand la jeune Alzire se trouva au milieu de cet étincellement de diamants et de lumière elle fut à la fois éblouie et épouvantée; s’échappant des mains de Bougainville elle se précipita vers une des princesses aux pieds de laquelle elle s’affaissa en cachant son visage. Madame Louise, fille de Louis XV, princesse de haute vertu et de grande piété, demanda au roi de lui donner Alzire qui, sans le savoir, l’avait ainsi choisie pour protectrice, et la première destinataire, présente à cette scène, offrit elle-même la petite sauvagesse à la fille du roi. Quand madame Louise se retira au couvent des Carmélites de la

taire; ainsi, dans l’Ouest, on en voit s'allier à des blancs qui, dans la forêt, mènent la vie des bois. Ces unions sont irrégulières et les mémoires du temps reprochent à ces colons de changer souvent de sauvagesse tous les huit jours et de porter préjudice à la colonisation à cause des enfants qui resteront des sauvages, fl' Les Indiens appela'ent le roi de France le grand Ononthio.

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rue de Grenelle, Tlndienne Vy suivit et prit aussi le voile et l’habit. Elle survécut seulement de quelques années à la princesse.

VI. — A cette époque, l’égalité était si pleinement conférée aux sauvages qu’elle ne se limitait pas au territoire colonial. Les sauvages chrétiens « peuvent venir en France quand bon leur semblera et y acquérir, tester, succéder et accepter donations et légats tout ainsi que les vrais régnicoles et originaires français, sans être tenus de prendre aucunes lettres de déclaration ny de naturalité. »

C’est la politique de l’assimilation des indigènes. Ont-ils répondu à ce qu’on attendait d’eux? Non ; malgré les efforts des missionnaires, ces sauAmges sont restés presque tous des sauvages ; beaucoup vivent toujours sous la tente et sont à l’état primitif des premières années de la colonisation.

Les naturels sont d’un caractère doux et passif ; ils ne rappellent en rien les guerrières et belliqueuses tribus d’autrefois. C’est un fait rare que d’entendre parler d’un indigène ayant commis un crime depuis de longues années. Sauf pour quelques peccadilles, les annales de la justice ne relatent, pour ainsi dire, pas de représailles exercées envers les représentants des anciennes peuplades du Canada.

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