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cavaliers, ils ont chacun une soirée. Le cavalier et « sa blonde » ont le droit de sortir ensemble, et le soir après diner on les voit partir, seuls ou par couples réunis, pour aller faire, si c’est l'hiver, des parties de tobbogan, ou marcher avec les raquettes des sauvages sur la neige haute et fraiche. A Montréal, ils vont dans la montagne qui domine la ville, Ils traversent le cimetière en passant au-dessus des tombes recouvertes par plus de trois mètres de neige. Aucun obstacle n'arrête l'amateur de sport à
ce moment-là ; les haies, les murs, sont recouverts
du vaste linceul blanc. En revenant, les couples s'arrêtent chez l’une des blondes qui a invité d'avance toutes ses amies et leurs cavaliers à un souper auquel les parents n’assistent pas. Bien entendu, à la suite de ces promenades, le cavalier devient souvent le fiancé.
Les fiançailles ne durent pas très longtemps, et on voit beaucoup de jeunes gens se marier sans avoir la situation qu'ils attendraient en France. Beaucoup de blondes attendent longtemps que le cavalier devienne un fiancé, car de nombreux jeunes gens du Canada s'en vont chercher fortune aux États- Unis; si l'oubli arrive, celle qui a longtemps espéré, n'a plus qu’à trouver, si elle est encore d'âge, un autre cavalier qui la mènera enfin au mariage.
La liberté des jeunes filles est gi grande qu’on les voit partir seules ou à plusieurs pour aller faire des voyeges aux États-Unis ou même en Europe.
IT. — La Canadienne des villes est assez nonchalante, son enfance se passe au couvent et elle revient chez elle vers sa dix-huitième année. Elle
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