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d’avoir des hystéries, comme vous dites, les mères y mettraient très vite ordre à wrand renfort de soufflets. — Vous êtes bien tous les mêmes, fit en riant lady Dorchester, appelant gestes anglais tout ce qui est étranger à votre race, vous voulez même nous priver de nos chères hystériques. »
On a prétendu dans la suite que l'usage du thé produisait ces affections chez les femmes anglaises. « Toujours est:il, dit un gentilhomme canadien dans ses mémoires (1), que les Canadiennes ne se passent plus guère de leurs chères hystéries que de leurs infusions de feuilles de thé... » Il est vrai que l’évolution a eu le temps de s’accomplir, le fait précédent datant de la fin du dix-huitième siècle.
Il est certain que le peuple canadien resta, pendant un certain temps, n'ayant pour tout médecin que les fraters peu instruits, jusqu’au jour où les Anglais voyant qu’il y avait là, dans cette population française, un champ à exploiter, vinrent leur offrir leurs services. Malgré la répugnance que ces panvres Français devaient éprouver, ils acceptèrent l'offre de ces médecins étrangers et l’on en vit de nombreux s'installer dans l’ancienne Nouvelle- France.
IV.— Vers 1830, les Anglais comprirent qu'il fallait donner un enseignement médical aux ieunes Canadiens et fondèrent nne Université anglaise à Montréal. Le clergé canadien français, qui à conservé la langue française à son peuple, vit les dangers qu'il y avait à laisser les jeunes Canadiens aller étudier la médecine dans une université «nglaise, et, dès 1852,
A M. de Gaspé, 1820.
fonda la faculté de médecine de l'Université Laval, à Québec d'abord, plus tard à Montréal. Qnel fut le résultat de cette fondation ? On cite telle petite ville de la province de Québec qui compte douze mille âmes de braves Canadiens, dans laquelle il n'y avait pas un seul médeciu de langue française au milieu du siècle dernier et où, à l'heure actuelle, il n’y a plus un seul médecin anglais. Tous, peu à peu, ont été remplacés par des médecins de langue française.
V. — Cette faculté française de médecine de Montréal eut des débuts extraordinaires. Il n'y a pas longtemps que l'étude de l’anatomie y est possible. Les médecins qui ont aujourd’hui cinquante ans se souviennent du temps où on était obligé de se cacher pour voler les cadavres nécessaires pour la dissection. Voici comment on s'y prenait. Lorsque la terre est recouverte de neige, il est très difficile d’enterrer les morts. Aussi les dépose-t-on dans ce qu'on appelle le charnier. C'est un grand hangar dans lequel les cercueils sont laissés les uns à côté des autres jusqu'aux premiers beaux jours du printemps, c’està-dire jusqu’au dégel.
Il n’y a pas bien longtemps, les étudiants en médecine faisaient faire de fausses clés pour s’introduire dans le hangar et voler les cadavres qu'il leur fallait pour leurs travaux. A cette époque, qui ne remonte pas à plus de vingt ans, on devait avoir un fusil pour défendre sa peau, lorsqu'on partait pour ces funébres équipées. Il fallait d’abord se procurer un véhicule quelconque. La plupart du temps on prenait celui-ci par fraude. Un médecin de mes amis m'a raconté qu'une fois il s'était emparé nui-