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tamment de la carriole d'un habitant qu'il connaissait. Il fut surpris par le paysan au moment où il venait de remettre le cheval et la voiture à leur place ordinaire. Le bonhomme, crédule comme tous les habitants, trembla en entrant dans l'écurie, car il vit ses harnais en désordre et son cheval ruisselant de sueur. Il confia à l'étudiant que les gnomes s'étaient promenés la nuit dans sa voiture, et que son cheval, tourmenté par eux, allait sûrement mourir.
Ces expéditions nocturnes étaient des plus émouvantes. Le cadavre, tiré de sa bière, était mis sur le siège à côté de l'étudiant qui servait de cocher. On le soutenait le mieux possible, pour lui donner des airs de vivant. Les habitants, voisins du cimetière, poursuivaient souvent les voleurs au moyen de coups de fusil. Le chevr! était lancé à toute vitesse, et on fuyait devant. !anger. Un jour, un de ces cadavres avait été piucé dans le fond de la voiture dont les planches étaient mal jointes et la jambe pendait sous le caisson. On s’aperçut de la chose, mais heureusement le cheval était rapide et les carabins purent emporter leur proie.
D'autres fois, on procédait différemment pour réussir à ce cambrioïage macabre pour lequel on employait des ruses d'apache (1).
Lorsque le cimetière était sur une colline, après s'être emparé du personnage inanimé, on le lançait sur la pente qui devait l’amener jusqu'aux bords de la rivière qui se trouvait en bas du versant. Les
{1} H ne faut pas oublier que ie Causda est proche de la terre d'où c2tte tribu de Peaux-rouges tire son origine.
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