‹ Canada et canadiens [microforme]Chapitre 3 sur 78 · VI. — ii n'y a pour les Canediens-français dans · texte numérisé non relu

VI. — ii n'y a pour les Canediens-français dans

cette contrée, qu'un seul point les intéressant : la province de Québec ou le Canada français. Dès que le Canadien-français a un peu d'argent à dépenser en un voyage, il ne rêve qu'à aller visiter les vieux pays, la vieille mère-patrie, la France ; il ne songe pas à aller dans l'Ouest, voir son propre pays.

VIT. — Le Canada manque d’homogénéité, les éléments qui le forment font un assemblage disparate, c'est ce qui frappe le plus le voyageur qui l'habite quelque temps. Si on ne le parcourt pas dans toute son étendue, en vivant un peu dans chaque région, on ne vit pas de la vie de ce peuple. Les distances même d'une ville à l’autre sont si grandes, le nombre des colons est encore si faible par rapport à l'étendue, les colons sont d'origines tellement différentes qu’il faudrait aller voir chaque communauté pour se faire une idée de l’ensemble.

Le développerent économique du Canada est . extraordinaire. Deux lignes de chemins de fer parallèles traversent le continent de l'Atlantique au Pacifique. Elles se sont faites sans bruit et cependant chacune d’elles est Presque aussi longue que le transsibérien. Elles ont apporté la vie et la richesse dans tout ce pays.

VIIT. — Au mois de juin 1906, j'ignorais tout du Canada, comme la majeure partie de nos compatriotes. J'avais vu, à Paris, chez M. le conseiller d'État, Louis Herbette, uni certain nombre de Canadiens, mais en conversant avec eux je n’avais pas pu me rendre «an compte exact de ce qu'ils représentaient, je les croyais des exceptions. Je savais qu’on donne le nom d’oncle Herbette à celui qui, depuis

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trente-cinq ans, 8e dévoue pour aider les Canadiens qui viennent en France à recueillir un peu de notre patrimoine intellectuel commun, mais : j'ignorais à quel point nos cousins ont conservé l'idéal français.

Lors donc que M. Herbette (1) m'eut décidé à partir au Canada, je croyais le pays d'influence anglaise beaucoup pius que française.

Je fus chargé d'aller représenter l'Association française pour l'avancement des sciences au Congrès médical de Trois-Rivières. ,

Je savais me rendre dans un paysoù je retrouverais des gens de ma race, mais je me figurais que cet élément était peu important et noyé, pour ainsi dire, dans l'influence anglaise. Au contraire, ma surprise fut grande en constatant que le Français est, dans la province de Québec, aussi vivant que dans notre patrie. Depuis cent cinquante ans, nos cousins d'Amérique ont appris à lutter contre l’envahissement de la langue anglaise, et la fondation de ces congrès de médecins de langue française est une des formes de cette résistance à l'heure actuelle.

C'est à la suite de ce congrès, qui réunissait près de cinq cents membres, que j'eus l'honneur d’être reçu à diner à Government house à Ottawa par Lord Grey, gouverneur général du Canada, qui était venu voir mon laboratoire del’Institut Pasteur à Bulawayo, lors de ma mission au sud du Zambèze en 1902. Il était alors collègue du docteur Jameson et administrateur de la Chartered C° de l'Afrique du Sud.

(1) Le gr'vernement français vient de charger M. Herbette d'aller représenter notre pays aux fêtes du tricentenaire de la prise de possession de Quéhere.

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C'est après cette réception que je fus chargé par le Jouvernement canadien d’une mission dans le Grand-Ouest, dans la prairie, et qu’enlin je restai à Montréal comme professeur à la Faculté de Médecine de l’Université française de cette ville,

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