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CHAPITRE XVII

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L. Immigration japonaise. — II. Ce que disent les Japonais, Il. Les Japonaises. — IV. Les Chinois.

I. — La question de l'immigration japonaise au Canada est à l’ordre du jour. L'honorable Rodolphe Lemieux, ministre du travail de la puissance du Canada, vient d’être envoyé au Japon et il a obtenu du gouvernement de Tokio que le départ des Japonais serait surveillé, limité et non pas encouragé comme précédemment. Les Japonais tiendront-ils leur promesse ? Ce qui se passe au Canada est la reproduction de ce qui se produit aux États-Unis. Dans l'Ouest Canadien, on voit des Japonais partout ; ils viennent même faire de la colonisation en masse. Au moment des derniers troubles qu'ils ont suscités dans la Colombie britannique, l'enqu' 2 a démontré qu’une compagnie de chemin de fer canadienne favo-

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risait cette immigration par des contrats donnés à des Japonais pour les employer à la construction des voies ferrées. Les Japonais pénètrent dans le pays de toutes les façons.

Les Canadiens ont raison de chercher à empêcher l'immigration japonaise. Cet extrait d’un journal japonais publié à San Francisco indiquera le danger qui menace l'Amérique du Nord, le Canada aussi bien que les Etats-Unis, mais surtout le Canada, qui est le moins peuplé :

IT. — « En Amérique, dit l'organe jaune, les Japonais peuvent rencontrer de temps à autre de la résistance et des obstacles de la part du peuple qui occupe le pays, mais l'attrait naturel de ces terres est si grand que l'opposition humaine sera trop faible pour arrêter la grande marche des Japonais. C'est en Amérique que ceux des Japonais qui veulent trouver de nouveaux foyers en dehors de leur propre pays rencontreront la moindre résistance. »

Voilà qui est clair, et il faut remercier le New- York American d'avoir, en reproduisant l'extrait ci-dessus, fait connaître la pensée japonaise. « La grande marche des Japonais » n'intéresse pas seulement les Californiens; elle touche aux intérèts des ouvriers blancs dans toute l'étendue de l'Amérique du Nord, Il y a, dès maintenant, tant auxiles Hawaï que dans les États du Pacifique, environ cent cinquante mille Japonais, et il en arrive d’autres par chaque paquebot venant de Yokohama. Quant à la besogne réalisée par ces immigrants, une citation d'un journal japonais, le Shingoron, est singuliërement édifiante :

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« À Fresno, lcs Japonais sont parvenus, à force d'efforts, à s'assurer le monopole de la culture des vignes, quo',ue tous les propriétaires soient des Américains. Ce sont les cultivateurs japonais qui réussissent le mieux dans la culture de la betterave, des asperges, du céleri, des pommes de terre, des fraises. Ces temps derniers, les Japonais se sont mis s'occuper des affaires industrielles. Une c: mnpagnie nipponne de San Francisco, la Kangiosha, entreprenait des travaux de construction pour le compte des compagnies de chemins de fer. Elle est la seule concessionnaire des soixante milles du chemin de fer de la Yosemite Valley. A Seattle comme à Portland, d’autres compagnies japonaises existent, employant toutes’plus de trois mille ouvriers nippons. »

« Les ouvriers nippons envoient annuellement dix millions de yen. On expédie de l'empire du mikado pour cinq millions de yen de provisions de toutes sortes, nécessaires aux travailleurs japonais. Nul ne peut prévoir dans quelle mesure l'influence japonaise est appelée à se développer sur le continent améri- Cain. »

Le gouvernement japonais connait trop bien ses intérêts pour entraver l'émigration de ses « coolies » vers l'Amérique ; il l’encourage par tous les moyens. D’après les journaux de Tokio, si les Américains tentaient d'interdire aux Japonais l’accès de leur territoire, il pourrait en résulter la guerre. Et les chauvins, lorsqu'on les met sur ce chapitre, n’hésitent pas à déclarer que le Japon est sùr de la victoire. Voici comment s'exprime à cet égard un important organe de Yokohama, le Shimboun :

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« Les États-Unis sont-ils en mesure d'affronter la guerre? Pitoyable est leur armée; quant à leur marine, bien que numériquement supérieure à la nôtre, elle a le cruel désavantage, par la configuration même du pays, d'être en quelque sorte coupée en deux.

« D'ailleurs, les équipages américains sont des plus médiocres, constitués d'éléments disparates, sans cohésion aucune. 11 s’y rencontre, à part quelques Américains de pure race, des nègres en quantité, des Allemands, des Anglais, et, ce qui est particulièrement avantageux pour nous... des Japonais, dont quelques-uns sont des officiers retraités ou démissionnaires de la marine impériale nipponne. Certains d’entre nous se sont insinués à bord des cuirassés au milieu même de l'équipage. D’autres de nos compatriotes n’ont pas hésité à accepter d’humbles fonctions à bord des navires de guerre et à se faire engager comme cuisiniers ou comme boys : l'un d’eux est employé comme tel à l'arsenal maritime de Brooklyn : c’est un ancien officier de la marine impériale!

« Au moment où éclata la guerre hispano-américaine, c'étaient des cuisiniers et des boys chinois qui servaient à bord les officiers américains. Au premier coup de feu, ils démissionnèrent à l’envi et s’enfuirent à terre, peu soucieux d’essuyer les bordées des canons espagnols. Profitant de leur lâcheté, nous pümes nous emparer adroitement de toutes les places vacantes. La guerre terminée, lorsque les boys chinois voulurent réintégrer leurs fonctions, ils les trouvèrent occupées par nos nationaux.

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« C'est à l'arsenal de Brooklyn lui-même que le syndicat des Japonais employés à bord des navires américains a son siège social !

« N'est-ce pas là un avar: xe énorme que de posséder par avance mille intelli. ances secrètes au cœur de la citadelle ennemie ? Joignez à cela que ces Japonais, employés comme cuisiniers ou boys à bord des navires de guerre, sont des gens très instruits, aptes à tout deviner, tout voir et tout saisir. Rien de quiest américain ne peut aujourd’hui nous être ca

Voilà ce que disent les Japonais dans leurs j: :r naux ei toute l'Amérique du Nord les at‘: !:

Canada nul, pour ainsi dire, ne s'oppose à ! r hissement dans certaines régions.

IT. — On ne se douterait jamais co! 0 Jaunes sont implantés dans le Dominion.

Dans un grand nombre de villes de l'Ouest, me n° les maisons où l’c1 sacrifie à Vénus sont occupee: par des Japonaises. Pendant trois semaines je suis passé tous les jours devant un petit cottage dont les rideav: étaient toujours soigneusement baissés ; derrière les fenêtres, entre les vitres et les rideaux, il y avait des pots de minuscules plantes de géraniums nains 4x fleurs écarlates.

Dans les pays très variés où je suis allé depuis que je cours le monde, ces maisons spéciales ‘taient connues sous le nom de maisons françaises. Est-ce que ce serait un monopole que les Japonais viendraient nous disputer ?

IV. — Les Chinois aussi sont assez nombreux au Canada. Ils sont domestiques, cuisiniers, blarshisseurs.

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