CIE
me valut une . nende. Il me fut indiqué que l’on ne doit jamais présenter de la viande de porc dans un repas du soir. Les estomacs de tous les temps ont été assurément réfractaires à ce que, de nos jours, les nôtres digèrent difficilement, et il est indubitable que nos ancêtres € : unt fait la remarque. Le porc est indigeste à cause de sa graisse, nous le rendons arthritique à force de le suralimenter et, comme tout animal dont l'alimentation est déviée, il fabrique des poisons, non seulement toxiques pour lui, mais encore pour celui qui le mange. Si le boudin est si indigeste, c'est parce qu'il est fait avec le sang du porc et que le sang est, dans tous les tres, le liquide dans lequel on trouve les résidus de ia vie des cellules, c’està-dire tous les poisons fabriqués par celles-ci. Si nous faisons du porc un animal gras, c’est que facilement il se suralimente, c'est que facilement sa nutrition est anormale ; il en a été certainement ainsi pour les porcs de tous les temps. Il est donc certain qu'en Egypte on a dù trouver de ces animaux dont le sang toxique amenait des désordres chez ceux qui le consommaient. De là, à la défense, il n'ya qu’un pas dans une religion qui repose sur des prescriptions hygiéniques. Il est donc inutile d'inventer une histoire d'animal « tabou » quand une raison si simple s'offre à nous pour empècher la consommation de cette viande. Si le législateur a, dans sa sagesse, frappé d’anathème ces viand,s, c'est évidemment pour mettre en garde contre lui-i. ème un peuple qui, s’il n'avait eu le frein d’une défense religieuse, aurait usé d'aliments pouvant causer des maladies. Le moyen était bou : quand bien mème un pelit nombre
fs A H :
Fs
ñ be LS
eùt compris l'efficacité de ces défenses au point de . vue de l'hygiène, la majorité ignorante n’eùt point été à l'abri, et celle-ci est sauvegardée, car ces aliments sont condamnés, comme étant impurs, par prohibition religieuse.
Le porc est aussi, comme on le sait, le véhicule d'un grand nombre de maladies ; et, de mème que nous, nos pères ont dù s’en rendre compte. La meilleure preuve que l’on puisse donner de l'application de données d'hygiène dans une interdiction alimentaire est, je crois, dans le fait suivant : le lièvre, nourriture lourde et indigeste, est interdit chez les Juifs, chez les Indiens d'Amérique, chez les Bretons au temps de César, chez les noirs de l’Afrique et de l'Océanie. Comment croire que cette interdiction n’avait point été basée sur des raisons d'hygiène ? Il est fort à supposer que ces peuples, tout en n'ayant aucune relation entre eux, se sont rendu compte que la viande de cet animal était désavantageuse aux fonctions stomacales et souvent nuisible à l'organisme humain. Il me semble que cette prescription hygiénique est bien plus simple à admettre que de croire que des raisons de totémisme ont fait proscrire la chair de ces animaux considérés comme impurs. Pythagore et sa secte considéraient comme un crime de manger des fèves. Voilà une prohibition dont, de prime abord, il ne saute aux yeux que la superstition, le motif de cet ostracisme à l'égard d’un innocent légume nous échappant ; mais il est à remarquer que, dans les Marais Pontins, les paysans romains considèrent les fèves blanches comme un poison mortel pour les individus
atteints de fièvres paludéennes, si communes dans le pays. N’avons-nous pas, dernièrement, trouvé que des haricots, d’une certaine espèce et de provenance étrangère, contenaient de l'acide cyanhydrique, qu'ils pouvaient empoisonner ceux qui les mangeaient et causer leur mort ? Aussi la consommation de ce légume a-t-elle été défendue. Des interdictions de ce genre ont été certainement utiles à une époque où les Juifs vivaient en contact de civilisations peu avancées et dans lesquelles l'hygiène alimentaire était tout à fait négligée. Grâce à l’existence de ces prescriptions, qui avaient un caractère religieux, on n’a pas touché à ces dernières et elles se transmettent de siècle en siècle. Si elles n'avaient pas eu cette forme rituelle, il est certain que la superstition pouvait ètre seule inculpée de l'existence de ces abstentions. Leurs usages seraient, depuis longtemps, tombés en désuétude. Un peuple croyant respectera toujours les prescriptions religieuses, tandis qu’il peut arriver que des affirmations provoquées par des recherches scientifiques peuvent tomber, pour faire place à d’autres ultérieures. Est-il avantageux de supprimer à l'heure présente ces restrictions alimentaires ? Nous répondrons carrément : non. Dans les grandes villes où l'inspection est bien faite, dans les abattoirs, par les vétérinaires sanitaires, les Juifs pourraient se considérer comme étant à l'abri de la contamination par l'usage des viandes; et il est certain qu'aucun inconvénient ne s’opposerait à ce que, comme l’affirmait un jour devant moi un savant français, M. Salomon Reinach, l’abime qui sépare les Juifs des autres confessions religieuses soit
Pb E7
Sr Ghana PRES
comblé. Mais ce qui est sans danger pour les grands centres civilisés où nous vivons, peut en avoir en d’autres lieux où l'inspection des viandes, dans les abattoirs, est mal faite. Pourra-t-on, à un certain moment et dans un certain point du globe, reconstituer la tradition rompue ? je ne le crois pas. En 1902, l’Institut Pasteur de Paris m'a envoyé en mission sur les bords du Zambèze, à Bulawayo, pour installer dans ce pays un Institut antirabique. Dans cette cité de Bulawayo, une des importantes étapes du chemin de fer du Cap au Caire, taillée largement en prévision de son avenir prochain, entourée d’un parc immense, la police sanitaire anglaise n’a pas manqué d'assurer toutes les mesures hygiéniques ; mais il n’y a, pour procéder à l'inspection des viandes, d'autre fonctionnaire qu’un nègre débrouillard, chargé du soin délicat de la surveillance de l’abattoir. Celui-ci, incapable d’être juge quand il croit se trouver en présence d’une viande douteuse, m’a dit que, dans ce cas, il consultait le sacrificateur qui immolait les bètes destinées à la nourriture des soixante Juifs qui habitent la ville. Ce petit nombre d'Israélites avaient trouvé moyen de faire inspecter les viandes selon les rites, tandis que les trois mille habitants anglais ne s'étaient pas préoccupés de charger un individu compétent, de la tâche siimportante de l’examen des viandes.
Il est certain que les prescriptions qui ont regard à la viande, dans la loi israélite, aident à remplir plus facilement les indications que nous fournit la science moderne de l'hygiène. Par l’abatage selon la méthode juive, qui consiste à couper les vaisseaux du cou,
Le ad
a RÉ ns MO à ER
a CRE et 2
l'issue rapide du sang et les convulsions épileptoïdes qui surviennent à la dernière période de l'hémorragie, favorisent la production de l'acide lactique qui agit sur le phosphate de chaux et le transforme en lactate et en phosphate acide de chaux, Ce dernier corps entrave le développement des microbes, retarde la formation des produits de la putréfaction et rend la viande très savoureuse. Les convulsions épileptoides diminuent l'alcalinité du sang reste dans les vaisseaux et parsuite, créent un terrain moins favorable au développement des microbes. Les convulsions épileptoides rendent la viande plus tendre et d'un plus bel aspect. Par l'apparition plus précoce de la rigidité, la viande est utilisable plus tôt. Par l'apparition plus tardive de la putréfaction, elle reste utilisable deux ou trois jours, même en eté. Il est donc certain que, dans les pays chauds, nous devrions suivre beaucoup des prescriptions recommandées par la loi israélite, et il n'est pas à douter aussi que, dans les pays temperés, une inspection des viandes prescrite par une loi religieuse sera toujours mieux suivie qu'une inspection simplement édictée par le bon vouloir de ceux qui sont chargés de la plice sanitaire.
Dernierement, je fus envoyé, par le gouvernement canadien, visiter les abattoirs de Chicago où, depuis la campagne de l'an dernier. on a beaucoup amélioré la situation. Ma visite avait surtout pour but de voir comment on procède à l'inspection de la viande de porc au point de vue de la trichine. La méthode SES est très rapide et donne de bons résultats, mais on ne l'applique que pour les porcs qui doivent
Le 35213
ui commerce aliemat 1, -È Aiicmagne étant le
Re pepe eae ne
Prev eee arrete
Marne ge lili 670
seul pays qui l'exige. Et, cependant, les porcs de Chicago sont fréquemment trichinés. L'an dernier, dans ces grands abattoirs où l’on tue aussi des bœufs et des moutons, il y avait soixante-dix inspecteurs, et souvent leur action était entravée par les riches propriétaires des usines de viandes. Aujourd'hui, ces inspecteurs sont au nombre de trois cent quatre-vingt ; le service est sérieusement fait et l’un d'eux me disait l'autre jour, que l’on trouve environ deux pour cent des bêtes atteintes de tuberculose. Autrefois, ces animaux n'étaient pas arrêtés. Mais, à Chicago comme partout ailleurs, dans les abattoirs, il y a pour la communauté juive, un sacrificateur religieux qui, lui, de tout temps, a procédé selon les rites, et a fait son devoir en conscience.
La religion juive a codifié ce qui était courant dans la science d’autrefois; cette science, nous ne la connaissons que par ce qui nous en est apporté par les traditions religieuses. Véritablement, on ne peut qu'en être étonné, et il est bien permis de se demander si, dans vingt siècles, à la suite de l’évolution que nous appelons le Progrès, il y aura un monument comme celui qui nous est transmis par la tradition juive pour apporter à nos descendants les traces de notre science actuelle : nos livres existeront-ils encore, et ont-ils la vitalité d'une religion ?
Notre science évolue : elle est discutée. En 1865, Villemin nous a démontré que la tuberculose était une ; en 1902, Koch a affirmé le contraire; à l’heure actuelle, nous sommes revenus aux théories de Villemin. Qui sait si nous n'évoluerons pas encore ? C’est
le propre de l’homme jeune de vouloir changer les théories qui existaient avant lui.
Le rabbin qui examine si le poumon de l’animal qu'il vient de sacrifier a un trou et qui compare le trou qu'il vient de rencontrer avec une lésion faite par sa main, pour voir si la coloration est la même, si l'aspect est identique, ne recherche pas une lésion particulière ; il voit que le poumon n'est pas sain, et il proscrit l'usage de la viande. 11 se trompe peut-être quelquefois, mais il sauve certainement bien souvent des existences humaines, car il accomplit religieusement sa mission, et la viande malsaine, nous le croyons avec notre science actuelle, est dangereuse pour l’homme.
A Montréal les mêmes pratiques sont observées et en causant avec des rabbins j’ai constaté que pour l'inspection des viandes, pour les diverses cérémonies du culte juif, notamment pour la circoncision, on observait presque à la lettre les rites et les coutumes des Juifs orientaux, c’est-à-dire ceux des pays d'origine.