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Autrelois la propreté était, parait-il, douteuse. Le #ouvernement n'était pas armé pour l'inspection géné. rale. Aujourd’hui chaque usinier répare ov construit et, avec la nouvelle loi, le bureau de l'Animal Industlrie a le pouvoir de tout contrôler, d'entrer partout, si bien que la propreté est parfaite. Dans le moindre recoin, pas d'odeur, tout est lavé à grande eau. à partir de cinq heures du soir il n'ya plus un ouvrier dans les usines. C'est alors que les lavages se font en grand.
Tous les visiteurs sont priés d'entrer et lisent sur de grandes affiches : « Sous l'inspection des délégués des États-Unis. » La place de chaque inspecteur est bien en vue, La réclame s'est emparée de cette inspection et les propriétaires font parade de la présence de ces délégués gouvernementaux. Ils disent que jamais les commandes n'ont été si fortes et que la campagne menée contre eux a été d'un immense avantage pour le commerce.
C'est un service analogue que le gouvernement du Canada va instituer de l'autre côté de la frontière. La loi votée, l'an dernier, à Ottawa, à l'instigation de l'Honorable Sydney Fisher, sur l'inspection des viandes, lui donne les armes nécessaires pour mener à bien cette entreprise,
‘ Cette question est importante au point de vue du commerce d'exportation comme au point de vue de l'hygiène genérale.
IT. — Les vétérinaires du Canada se forment soit aux États-Unis, où il existe de nombreuses écoles, soit au Canada où l'an trouve deux écoles, l’une dans la j'artie anglaise à Toronto et l’autre à Montréal.
L'Université française de cette ville possède, en effet, une école vétérinaire. Malheureusement les Canadiens ne fréquentent pas beaucoup cet établissement qui, l'an dernier, n’a donné de diplôme qu'à trois jeunes Français, A Toronto, au contraire, les Anglais sont fort nombreux à l'école vétérinaire. Comme les médecins, les vétérinaires français vivent entre eux, sans se mêler à leurs confrères anglais, mais comme ils sont moins nombreux, ils représentent une force moins compacte cet n'ont pas l’autorité qu’ils pourraient et devraient avoir s'ils se mélangeaient davantage avec les vétérinaires de l'Amérique du Nord tout entière qui, en se réunissant dans des congrès, affirment leur existence et leur valeur. J'ai fait devant un de ces congrès une conférence sur la rage et, à la suite, j'ai dû répondre à une foule de questions qui m'ont été posées et qui montrent l'esprit curieux de ces praticiens.
IV. — Le congres des vétérinaires de l'Amérique du Nord, auquel j'ai assisté l'an dernier, se réunissait à New-Haven, à côté de New-York.
Six vétérinaires canadiens, tous anglais, y représentaient le Dominion.
La profession vétérinaire occupe aujourd’hui, dans le monde entier, une place sociale de plus en plus élevée. Le gouvernement anglais a récemment donné le titre de Sir à plusieurs vétérinaires : c’est qu'en effet, depuis le développement étonnant pris par l'étude des microbes, la pathologie comparée de l’homme et des animaux est une science qui a atteint les plus hauts summmetis.
Comme le disait dernièrement un savant anglais à
l'inauguration de la statue de Nocard (ce vétérinaire était un élève aimé de Pasteur): il faut toujours revenir en France pour voir et apprécier les progrès faits par l’art vétérinaire. C’est en France, un peu avant la révolution, vers 1785, que les écoles vétérinaires furent fondées ; c’est un élève de ces écoles, Rayer, qui, vers 1851, découvrit le premier microbe, celui du charbon, puis vinrent des hommes comme Bouley, Chauveau, Arloing, Nocard qui se classent parmi les grands savants du monde. La science de Pasteur a donné un nouvel élan à la profession vétérinaire et le temps est loin où cette profession n'était pas classée parmi les plus dignes.
Le vétérinaire est un homme de science, au même titre que le médecin.
En France, beaucoup de jeunes gens qui ont suivi les cours des lycées au lieu d'adopter telle carrière libérale entrent soit dans les écoles vétérinaires soit dans les écoles d'agriculture.
Dans ces établissements ils apprennent à appliquer les méthodes scientifiques à la culture de la terre et à l'élevage du bétail; dans les écoles vétérinaires, ils «prennent à conserver la santé de ce bétail. Le vétérinaire joue un rôle social au moins aussi important que celui du médecin ; il ne doit pas seulement soigner les animaux malades, il a surtout à surveiller la santé des troupeaux, à prévenir les maladies, les épizooties ou épidémies qui sévissent sur le bétail, Ox voit donc les intérèts énormes qui sont confiés aux mains des vétérinaires. Mais ce n'est pas tout encore, on connait aujourd’hui le rôle joué par les maladies des animaux dans la propaga-
tion
de certaines de ces maladies à l’homme.
Combien, pour ne prendre qu’un exemple, les causes de contagion de la tuberculose à l’homme seraient réduites, si les vétérinaires pouvaient arriver à diminuer le nombre des bêtes atteintes de cette maladie qui tue le quart du genre humain! Plus de tuberculose sur le bétail, cela signifie : plus de causes de contagion &2 la tuberculose dans le lait des vac, :s, dans la viande des bœufs, des pores, etc., et ces exemples ne sont pas uniques, ils peuvent se répéter en grand nombre pour plusieurs maladies. Aujourd'hui où le plus beau rôle du médecin est de trouver la solution des questions sociales d'hygiène, on voit l’action que doit avoir le vétérinaire dans cette lutte des hommes contre la mort.
La science vétérinaire est pour ainsi dire une science exacte; elle peut être perfectionnée facilement, les expériences sur les sujets vivants sont permises et c'est précisément, grâce à l'étude de la pathologie des animaux que la pathologie des hommes peut être éclairée au moyen des observations faites par les savants qui expérimentent. Il n’est donc pas étonnant que, peu à peu, la science médicale et la science vétérinaire se confondent et que les hommes qui étudient ces deux sciences soient placés sur le même plan.
Dans les vieux pays, l'instruction demandée à l’entrée dans les écoles spéciales, aux futurs médecins et aux futurs vétérinaires, est la même. Aussi la distance qui existait entre les deux professions au point de vue social n'existe plus.
En Amérique, il n’en est pas tout à fait de même
et on sent l'effort que le vétérinaire doit faire pour arriver au même rang que le médecin.
Le congrès de New-Haven, à ce point de vue, a été fort intéressant. On y à vu le travail énorme accompli par ces hommes. Ils sont venus là pour entrer en relation les uns avec les autres. Ils veulent organiser la profession sur des bases solides.
Les discussions feites après chaque communication étaient fort édifiantes et montrent qu’ils voulaient s’instruire. Les travaux qui ont été faits sont pratiques et mis à la portée de tous (1).
Ilest à regretter que les vétérinaires français du Canada ne se mélent pas plus à leurs confrères anglais, ils auraient beaucoup à prendre dans leur manière de faire,
Un vétérinaire connu de la province de Québec me disait dernièrement, que lorsqu'il a voulu commencer à étudier l’art vétérinaire il a avoué la chose à plusieurs familles amies de la sienne et les portes de ces maisons amies se sont, dès lors, fermées pour lui, on le traitait de simple, ne devant rien faire dans la vie; ce n’est que dans la suite, lorsque le succès est venu couronner les efforts de cet homme d'initiative, que les portes se sont ouvertes de nouveau devant lui. Malheureusement les choses en sont encore à ce point pour beaucoup de Canadiens-
(1) Les après-midi sont consacrées au « Clinics ». Chaque praticien vient là montrer comment on doit opérer. Les congrès sont un peu considérés comme des écoles de « Post graduate ». Dans ces Facultés de médecine ou dans ces écoles vétérinaires où l'on se dépèche de faire des praticiens, il a été nécessaire de songer à aider les anciens élèves à se perfectionner. C'est ce qui fait la
nécessité et la fortune des écoles de perfectionnement que nous adiuirons en Amerique.
francais et les élèves qui entrent à l’école vétérinaire française ue Montréal sont en petit nombre.
Ils est temps de vaincre cette difficulté qu’a le public à franchir le seuil de cette école; les débouchés pour les jeunes vétérinaires sont intéressants.
L'agriculture est la grande source de richesse du Canada; sans élevage l’agriculture n’existe pas et la santé du bétail, dont les vétérinaires ont la charge, est une grande chose au point de vue économique.
Le gouvernement actuel du Canada l’a bien compris, puisque le budget du département du bétail, qui était de $ 70.000 il y a quatre ans, est aujourd’hui de plus ‘le $ 400.000.
Les jeunes Canadiens-français ont donc un avenir intéressant à escompter s'ils entrent dans les écoles vétérinaires. L'école vétérinaire de Toronto vient d’être prise officiellement par le gouvernement d’Ontario et va être réorganisée. Les Anglais vont y venir nombreux et ils en sortiront équipés pour la lutte scientifique, c'est aux Canadiens-français de ne pas se laisser distancer.
A New-Haven, un des membres du Congrès racontait les débuts d’une école vétérinaire aujourd'hui célèbre. La première année il y avait neuf professeurs pour huit élèves; il y a quinze ans de cela. En ce moment, les premiers élèves sont devenus des praticiens distingués faisant bien leurs affaires, les professeurs sont au nombre de seize et les élèves plus de cent par année. L'école de Montréal recrute avec difficulté ses élèves ; il faut songer au développement chaque jour croissant du bétail canadien, aux intérêts qui sont confiés aux vétérinaires, au point
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de vue de la richesse du pays, de la santé des animaux et par répercussion de la santé des hommes et pousser les jeunes Canadiens à faire les études qui doivent leur permettre de devenir de bons et savants vétérinaires utiles au pays (1).
(1) I existe, au Canada, une particularité que l’on ne rencontre dans aucun autre pays. À l'École vétérinaire de Montréal, on ne demande pas le diplôme de bachelier au moment de l'entrée. Il en est de même à la Faculté de medecine où, à défaut de baccalauréat, on passe un simple examen sur les matières enseignées dans les collèges. Il est même possible de ne pas passer cet examen et d'obtenir, malgré tout, le titre de docteur ; seulement. lorsque le nouveau médecin va se faire inscrire Pour avoir le d:::: d'exercer, il ne pourra obtenir son inscription sans subir un exümen d'équivalence du baccalauréat. Quelquefois on voit des docteurs en médecine se présenter plusieurs fois à cet examen sur les Lettres et les Sciences,