‹ Canada pittoresque [microforme]Chapitre 11 sur 21 · REZ · texte numérisé non relu

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remettre en voyage, nous allâmes voir la grande chute de la rivière S.-Laurent, qui était éloignée du village de quelques jours de route, La vue de cette belle cascade me fit d’abord dresser les cheveux sur la tête et fit bondir mon cœur: mais ensuite, et avant de m’en être éloigné, j’eus le courage de traverser le fleuve un peu au dessus. Le jour suivant, nous prîmes la route la plus courte pour nous rendre à l'Ohio, et, mon compagnon et moi, ayant abattu un arbre sur le bord de la rivière, nous en fimes un petit canot, qui me servit à descendre l’Ohio et le Mississippi. Enfin, après beaucoup de difficultés, je réussis à regagner ma petite rivière, et à me retrouver au milieu de ma famille et de mes amis, qui furent enchantés de me voir revenu en bonne santé.

“ Ce voyage, loin de satisfaire ma curiosité, ne servit, au contraire, qu’à l’exciter. Nos vieillards m’avaient dit, plusieurs années auparavant, qu’une ancienne tradition rapportait que les hommes Rouges du nord venaient de beaucoup plus loin que la source du Missouri, et je voulais voir de mes propres yeux le pays d’où nos ancêtres tiraient leur origine: je me disposai à un voyage vers l’ouest, et j'emportai avec moi une petite provision de grain. Puis je suivis la côte orientale du Mississippi jusqu point où il se réunit à l'Ohio. Je suivis cette dernière rivière pendant quelques heures, pour pouvoir la traverser sans être rejeté dans le Mississippi. Là, je formai un radeau, sur lequel je gagnai la rive opposée; et, le jour suivant, rencontrant un troupeau de buffles, j'en tuai un bien gras, dont j'emportai la langue et les filets. Bientôt après j’arrivai à Tamaroos, village de la nation des Illinois. J’y restai quelques jours, et je me dirigeai ensuite vers le nord sur l’embouchure du Missouri, qui, en entrant dans la grande rivière, coule pendant long-temps sans mêler ses eaux limonneuses avec les flots purs et brillans de celle-ci. Ayant traversé le Mississippi, j’atteignis la rive nord du Missouri; et, après plusieurs jours de route, j’arrivai à la nation des Missouris, où je restai assez longtemps pour apprendre leur langage. En longeant le Missouri, je voyageai pendant tout un jour dans des prairies couvertes de buffles,

“ Après le froid et la fonte des neiges, je continuai mon voyage le long du Missouri, jusqu’à ce que j’arrivasse à la nation de l’ouest, ou les Canvas, Ensuite je suivis pendant trente jours la direction qu’ils m’indiquèrent, et je rencontrai quelques Indiens de la nation des Otters, qui chassaient dans ces environs, et qui furent surpris de me voir seul. Je restai avec ces chasseurs pendant deux à trois jours, et j’accompagnai un d’eux et sa femme à leur village, qui était entre le nord et l’ouest. Nous continuâmes ensuite pendant neuf jours notre voyage le long du Missouri ; puis nous marchâmes vers le nord pendant cinq autres jours au travers du pays des Otters, qui me reçurent avec autant de cordialité que si j'avais été un membre de leur tribu. Peu de jours après nous arrivâmes à la Belle Rivière, qui court vers l’ouest dans une direction contraire à celle que suit le Missouri,

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