‹ Canada pittoresque [microforme]Chapitre 15 sur 21 · AU MN // LA £ GS LÉ É · texte numérisé non relu

AU MN // LA £ GS LÉ É

troupes régulières, le reste de la garnison ayant eté envoyé dans la province supérieure. Macomb, commandant américain, ne pouvant pas lutter avec des forces si considérables, se replia sur un point où il prit une forte position. Le onze septembre, sir Georges parut devant les retranchemens ; mais une flotille, commandée par le capitaine Downie, et qui devait agir de concert avec lui, fut attaquée et prise sous ses yeux. Jugeant, après ce désastre, que tous ses efforts pour emporter de vive force la position de l’ennemi seraient inutiles, et que le succès même, chèrement acheté, ne lui permettrait pas encore d’exécuter ses projets ultérieurs, il se retira avec son armée. Sa résolution ne fut pas généralement approuvée; et le résultat de l'expédition, si contraire à ce qu’on en attendait, causa beaucoup de mécontentement et de récriminations.

Les Américains étaient encore très forts dans le Haut Canada. Le 17, le général Brown s’embarqua au fort Erié, et, quoique forcé de rétrograder, il fit éprouver des pertes considérables aux Anglais, qui bientôt après levèrent le siége. Harcelé par des renforts commandés par Izard, le général Drummond quitta son ancienne position sur les hauteurs de Burlington ; mais, ayant reçu des troupes fraîches récemment arrivées d'Europe, il se porta de nouveau en avant. Izard évacua le fort Erié, et prit ses quartiers d'hiver sur le côté opposé du fleuve. Pendant l’automne les républicains remportèrent de grands avantages sur le lac Erié, mais ils furent repoussés avec une grande perte en essayant de reprendre le fort Michillimacinak.

Des événemens militaires importans eurent également lieu sur d’autres points de l'Amérique. Les Anglais prirent possession de Washington, où ils détruisirent les édifices publics et beaucoup le propriétés particulières ; cependant ils échouèrent dans leurs attaques sur Baltimore et la Nouvelle Orléans. Ainsi, tandisque les Américains étaient engagés sur ce point dans une lutte inégale, les Anglais n'avaient pas pu profiter de tous les avantages que leur promettait la supériorité de leurs forces. Les deux partis désiraient la paix, qu’ fut conclue à Gand, le 24 décembre 1814, sur des conditions qui, après une lutte longue et acharnée, mirent les deux puissances exactement dans la même position où elles étaient auparavant,

En avril 1815, sir Georges Prévost fut remplacé par sir Georges Gordon Drummond, sous l’administration duquel quelque mécontentement commença à se montrer dans le Canada. Il fat causé principalement par la conduite des juges, contre lesquels l'assemblée représentative avait conçu une telle jalousie qu'elle avait empêché la réunion des chefs de la cour tant à Quebec qu'à Montréal. En 1816, sir John Coape Sherbrooke arriva comme gouverneur général. Sous son administration, à la fois vigoureuse et conciliante, la bonne harmonie se rétablit. En 1818, le comte Bathurst lui écrivit d'accepter l'offre faite autrefois par l'assemblée de faire les fonds nécessaires pour le paiement de la liste civile ; sir John, au lieu d’une

fixation définitive, se borna à demander qu’on réglât les dépenses courantes. Cela lui fut promptement accordé ; et, pour l’exécuticr de la mesure, de nouvelles taxes furent levées, mais l'assemblée se réserva d’en régler l’emploi. Sir John fut obligé, par suite d’une maladie grave, de retourner en Angleterre, et, en 1818, le duc de Richmond lui succèda. (Ce fonctionnaire distingué et personnellement populaire, prit des mesures qui élevèrent une lutte longue et sérieuse entre la couronne et l’assemblée, Au lieu de soumettre à celle-ci, comme l'avaient fait ses prédécesseurs, un état détaillé et estimatif des dépenses, il divisa le tout en chapîtres dont le titre de chacun indiquait seulement le total. L’assemblée refusa de sanctionner un pareil changement, et vota les estimations présentées par le premier gouverneur, et qui offraient en détail chaque nature des dépenses. Le conseil législatif ne partagea pas cet avis, et le duc, mécontent de l’assemblée, eut recours à la voie illégale d’ordonner au receveur rénéral de lui remettre les sommes qu'il avait réclamées.

En septemire 1819, sa grâce périt presque subitement d’une attaque d’hydrophobie. Ajrès les courtes administrations de l'honorable James Mouk et de sir Peregrine Muitland, le comte de Dalhousie fut envoyé, en 1820, de la Nouvelle Frosse au Canada. Il jouissait d’une grande réputation militaire, et son caractère affable l'avait rendu populaire dans le pays qu'il venait de quitter. Cependant porlaotant, probablement avec ses conseillers, ces idées monarchiques et absolues out existaic:: autrefois dans les colonies, il ne corvenait plus aux circonstances nouvelles qui allaient se présenter. Ayant estimé à £22,000 la somme nécessaire au service public, en outre des revenus attribués à la couronne, il demanda qu'elle devint une taxe permanente; mais l'assemblée ne voulut la voter que pour un an, et exigea que chaque article fut spécifié séparément. Le conseil législatif, une seconde fois, n’approuva pas ce vote, d'accord en cela avec le gouverneur, qui n’hésita pas à se faire payer par le trésorier au delà même de ce qu'il avait demandé.

Le comte Bathurst, en recevant le rapport de ce qui s'était passé, ne voulut pas désapprouver la conduite du gouverneur, mais il lui reconimanda fortement l’économie. Il lui enjoignit aussi de présenter deux états: l’un embrassant les dépenses du gouvernement, au moyen de fonds dont la couronne se réservait l'entière disposition; l’autre comprenant des dépenses d'utilité publique et dont l'examen pouvait être soumis au contrôl: de l’assemblée. On lui recommanda également de fournir un détail exact de ces diverses dépenses. Ces dispositions furent bien accueillies, les sommes furent votées, et, à la fin de }: session, l'accord le plus parfa' régnait entre le gouverneur et l’assemblée.

En 1823, la banqueroute du receveu général sir Johu Caldwell augmenta le mécotentement de la population; une : quête et des comptes furent en vain demandés par l'assemblée, et il fut reconnu néanmoins que le comptable était

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