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La LA DERNIERS EVENEMENS AU CANADA. 69
redevable de près de £100,000. Lorsque, l’année suivante, le gouverneur présenta son budget, l’assemblée prit un ton ferme et décidé; disputant à la couronne le droit de régler l'emploi d’une partie des impôts, condamnant la destination irrégulière des revenus publics, et réduisant les sommes demandées. Cette conduite mécontenta fortement lord Dalhousie.
En 1825, pendant une absence temporaire du gouverneur, sir Francis Burton fut chargé de l’administration du Canada. Ce fonctionnaire, pour plaire à la chambre basse, fit des concessions sur presque tous les points en litige. 11 donna son approbation à un budget qui comprenait les dépenses du gouvernement et celles qui concernaient le pays ; un subside annuel fut voté avec des réductions considérables, et un droit de contrôle fut accordé aux membres de l’assemblée sur tous les genres de dépenses. Ils demandèrent alors hautement le droit de régler l'emploi des sommes levées dans la province, se refusant à reconnaitre le privilége jusque-là exercé par le gouverneur de 18 soumettre à l'examen de l’assemblée certaines branches de revenus. Ces revenus consistaient en des droits d'importation, votés en 1774 par le parlement, qui s’élevaient annuellement à £34,000, ainsi qu’en d’autres recettes plus faibles provenant de la vente des terres, du bois de charpente, &c. Lord Bathurst désapprouva fortement les concessions faites par Burton. En 1826, lord Dalhousie, ayant repris ses fonctions, refusa de sanctionner la loi qui consacrait le droit de l’assemblée dont on a parlé plus haut.
Lord Goderich, qui, en 1827, fut nommé secrétaire d’état des colonies, était disposé à maintenir le droit du gouvernement de régler l'emploi du revenu sujet des discussions, et ordonna qu'on fit l'abandon de ce droit devant l’assemblée, sur l'offre qu’elle ferait d’une somme de £36,000 pour la liste civile. Lors de la réunion de ce corps, M. Papineau fut élu président, et lord Dalhousie refusa de confirmer cette nomination, à cause de l'opposition violente que montrait cet individu aux mesures prises par l'administration, Il en résulta qu’il n’y eut point de session des deux chambres dans l'hiver de 1827 à 1828.
Le mécontentement prit alors un caractère alarmant ; et, à la fin de 1828, une pétition fut présentée au roi, signée de 87,000 habitans, pour se plaindre de la conduite des gouverneurs successifs, particulièrement de celle du comte Dalhousie, et priant sa majesté de prendre en considération la demande de l'assemblée. M. Huskisson, chargé en ce moment du ministère des colonies, fut d’avis que la pétition fût renvoyée à un comité de la chambre des communes. On en désigna un composé, en grande partie, de membres qui étaient attachés aux principes libéraux, et qui, après un minutieux examen, présentèrent un rapport, dans lequel ils blâmaient fortement l'usage de régler l'emploi de sommes considérables prises sur le revenu public, sans la sanction des représentans de la nation. Quant à la principale portion de ce revenu, produit des droits imposés en 1774, il fut établi T