A. I)K M IN
" Député du Finistère."
me manière. Proclamer Michelet " historien national " est déjà d'un comique plaisant; mais célébrer en grande pompe, avec un caractère officiel, le centenaire de cet insulteur du passé de la patrie, l'auteur de tant de pamphlets obscènes contre la religion et ses ministres, un des romanciers les plus influents dans la propagande du mal ; oser proposer cet homme en exemple à la jeunesse, l'imposer à l'enseignement des professeurs sans soulever une réprobation générale, sans que Topinion publique fasse justice de cette œuvre sacrilège, c'est une chose qui ne peut se voir que dans une époque de décadence. Un des moindres inconvénients de cette immixtion officielle, est que la jeune génération va maintenant apprendre à admirer le héros de ]\Iichelet, Frédéric II, le '* grand roi de Prusse ", le seul '' véritablement grand " à qui il est " ridicule '' de comparer Napoléon, " l'heureux Corse ", le " favori du destin ", mais surtout, surtout, parce que c'est un homme " attaché au catholicisme'', et, par suite, digne de tous les mépris! (^)
Je vois, dans le même ordre de choses, un signe des temps dans l'emploi de la pierre et du bronze que l'on prodigue de nos jours à tant de gloires apocryphes ; cela fait songer à l'époque de décadence de l'Empire romain, où tout devenait dieu, où les Néron étaient divinisés même de leur vivant.
Autrefois on était beaucoup plus difficile. On ne rendait des honneurs publics qu'à des hommes de mérite incontestable, des hommes qui avaient bien servi leur pays, et dont la conduite vertueuse pouvait au moins être citée comme modèle. Aujourd'hui on élève des monuments à des gens qui ont prostitué un beau talent dans des passions et des excès de tous genres, jusqu'à en perdre la santé et la raison : Guy de ]\Iaupassant, qui '' s'est suicidé par le plaisir ", a maintenant sa statue dans une des places publiques de la capitale.
(1) Il faut remarquer que la personnalité de Michelet compte deux époques bien distinctes : celle d'avant 1843 et celle d'après. Inutile d'ajouter (pie c'est le Michelet de la seconde date que le trouvernement entend jrlorifier, celui, dit Nettement, "qui a passé les dernières années de sa vie à réhabiliter le pa^ranisme et à diffamer le catholicisme."
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Ce n'est ni le talent ni même le génie cjui donnent du mérite, mais bien l'usage qu'on en fait.
En 1898, un comité quelconque, mais tout à fait dépourvu de sens moral, avait proposé d'ériger une statue à la Clairon, célèbre tragédienne du i8e siècle, dans la ville de Condé-sur-Escaut. lieu de sa naissance. *' Mais ses compatriotes, disait à ce sujet '* le Temps " de Paris, n'ont pas jugé que ce fût pour elle un titre suffisant à se dresser en marbre et en bronze sur une de leurs places publiques. Ils ont été beaucoup moins éblouis par sa gloire d'artiste c|u'inc|uiétés par sa réputation de femme de nt on ne peut pas même dire (ju'clle fut douteuse, attendu fju aucun doute n'a jamais plané sur ses déportements." Le comité a dû abandonner son projet, et pour cause.
Ceci me rappelle l'incendie du Théâtre-Français en mars dernier, où une actrice, Mlle Henriot, eut le malheur de perdre la vie. Cet accident rendait certainement très pénible et regrettable la mort de cette jeune personne. Mais, voyons! estce qu'on devait s'attendre (pie le président de la Républicpie, les ministres, les journalistes, porteraient le cabotinage au point d'aller s'inscrire chez elle! Le jour même où l'on enterrait Mlle Henriot, on enterrait à Bessêges seize mineurs dont la plupart étaient pères de famille, et (|ui tombaient au puits de Larbousset, victimes du grisou. Les gazettes ont à peine parlé de la catastrophe poignante de Bessêges, et aucun ministre, aucun honnne d'ICtat n'accompagnait dans le cortège ces seize cercueils vers le champ des morts. Les enfants et les veuves de ces malheureux mineurs se consolèrent tout seuls, dit-on, sans que personne ait daigné s'en occuper: tandis (jue pour l'accident du Théâtre- Français, lequel, bien sûr. ne pouvait affecter la vie nationale, la h'rance eût-elle iH'rdu une i)r()vince, certains journau.x n'en auraient pas gémi davantage, l'n peuple est près de sa fm (piand les grands intérêts supérieurs de la foi, des croyances, du patriotisme, de la dignité nationale, sont dominés par les préoccu])ations et les émotions du théâtre et du cirque.
Du pain et les jeux du cirque étaient tout ce que demandaient les Romains dégénérés.
he^ gouvernants de la France de la fin du siècle ont commis une grande faute en se désintéressant des affaires du dehors comme ils l'ont fait, pour ne s'occuper que de la politique intérieure du pays. Il n'y a rien qui amoindrit les hommes que cette préoccupation constante et pour ainsi dire unique des soins du ménage national. Ce régime dissout les individualités, abaisse les caractères, use et aft'aiblit un peuple. Anciennement, la patrie du " premier baron chrétien " prenait l'initiative en toutes choses ; elle était renommée par sa foi, sa générosité, son courage, sa justice; à part sa croyance qu'elle tenait de Dieu, elle tirait tout d'elle-même, sa pensée, sa politique, ses institutions, sa gloire, donnant à tous, ne recevant rien de personne : c'était la première des nations, et tous les peuples de la terre acceptaient son ascendant comme un fait naturel (^). Aujourd'hui, par l'impiété systématique de ses chefs, la France fait bande à part, ou plutôt c'est le monde qui marche sans elle ; elle est là. agitée, en proie à des divisions qui menacent de ne point finir: on la dirait frappée d'un coup mortel. "L'anarchie règne dans l'armée, dans la loi et dans la rue (""). La violence est à son comble C).
(1) En parlant de l'expédition que M. de Gerlache, officier de la marine belge, avait organisée en 1896 pour découvrir le pôle sud, et des expéditions que les Allemands et les Anglais organisaient, de leur côté, dans le même but, la SatvTP, du 28 août 1S97, exprimait le regiet suivant : " Faut-il, en terminant, faire remarquer qu'autrefois lesgrandes expéditions scientifiques étaient entrejtrises par notre pays et par la marine française ? "
(2) Le Gaulois, 14 février 1898.
(3j T.es vols et les profanations dans les églises sont devenues, depuis dix ans, d'une fréquence dont on n'a jamais vu d'exemples, l.e deinier attentat a été l'incendie de l'église d'Aubervilliers, dans la banlieue de Paris, dans la nuit du dimanche au lundi de Pâques. " Des malfaiteurs, dit un journal français qui raconte l'événement, ont profané, saccagé, finalement incendié la basilique d'Aubervilliers, sanctuaire aussi renommé au point de vue bistorique que vénéré au point de vue religieux. Et les circonstances de ce forfait, qui a failli causer l'écrasement des tleux liommes qu'on a retiouvés syus les décombres du clocber, sont telles qu'il n'est f)as possible de nier la corrélation qui le rattacbe à la politique sectaire dont le gouvernement donne l'exemple et dont il poursuit aveuglément l'application. Le dernier discours de ]\L ^Val-
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Les scènes plus que disgracieuses auxquelles donnent lieu parfois les débats parlementaires (rappelons-nous celle de 1898 à l'occasion de l'élection du ])résident de la Chambre), nous font l'effet d'une assemblée (riiommes indii^nes de la liberté, ou bien à qui le régime républicain ne convient nullement; et vraiment on serait tenté de croire que cette dernière hypothèse est fondée en présence de l'insécurité politique dont souffre le pays (^). On oublie (|u'un î)eu])le vaut ce (\uq valent ses institutions, ses mœurs et les honnnes (|ui le gouvernent. On cherche à s'étourdir, à déguiser sa misère sous la ])om])e d'une i)hraséologie retentissante, et, ])our forcer l'estime du monde, on court à l'éclat et au bruit. *' ^lalgré les appels à l'apaisement d'une presse officieuse intéressée, on ne parvient (ju'à grand' peine à étouffer l'émeute, à prévenir la guerre civile toujours sur le point d'éclater. Au moment où on organise une fête, qu'on dit être la grande fête du commerce et de l'industrie, qui devra démontrer la supériorité industrielle et artisti(|ue de la Fiance, mais qui sera suivie probablement de plus de chômage et de misère (|ue de ])rofits réels, et pendant (ju'on se glorifie dans la pensée d'une su])ériorité que les autres ])euples ne reconnaissent plus, une ville batave. Rotterdam, active et industrieuse, supprime dans les écoles i)rimaires renseignement du français, pour n'y conserver (|iic l'anglais et l'allemand. " Dans
(leek-Iloiisso;iu, dont raHicliaj^e a •'•!«'' oriloiun- <liuis toutes les communes «le France, et il ont un exemplaire aura san.^ doute «'-te apposé sur les murs de lY'glise sacrikVtMiuMit incendice, ne moi.tre-t-il |)a.s toute la jxditicpie du parti an pouvoir se résumant dan.s la ;:iierre à la rcli«rion ? Kt la déci.sion iMipi«^ <lo M. (le Laïu'ssan, su()primant les homma<:cs .séculaires par lasipiels la marine française commémorait la mort de .lésiis-Clirist, n'est-elle pas virturllcment <*t foncièrt'm«Mit d'une |.)erver8ité plus ;:rande tpie rexjiloit inscnst- des incendiair(v>< d'AulxTvdlitrs ? "
C'est prol)alilemeiit A ces mêmes causes qu'il faut attribuer l'acte aussi sacrilè^'o (ju'iiul)écilM du maire «h^ la ville de I\eims.(]ui faisait aliaitre, le 7 juin dernier, la (•roi.x mouu:nentale de la rue du .lard, et eidever les eml>lcm«'s relijîieux de la pc^rte d 'entrée dtvj cimetières.
(1) Depuis le 4 .septembre 1S70, la République» a usé trente-neuf cal'inets. La (iurée moycuine <le ces trent«<-neiif cabinets a été «le moins «b^ ne»if mois. Impossible, avec une instabilité miuistéri«dl«^ pariilli*, «le réali.ser «le lon<rs «les- .seins, d'a«'«'omplir aucun»' ouvre de longue baleine; «-e n'est pas même vivre; tout au plus p(Mit-on dire qu«* l'on vivote.
'' une ville commerçante, dit le rapport de la commission mu- **' nicipale, on n'a pas besoin du français."
Lorsque l'on compare le triste et déplorable état de choses qui existe en France en ce moment aux réformes et améliorations de tous genres qui avaient été si pompeusement annoncées, on se prend d'un profond mépris pour ces intelligences tant vantées qui, entreprenant avec un si grand fracas de refaire le monde, ont avorté de la création informe ou plutôt du chaos que nous avons sous les yeux.
" Que l'on envisage, écrivait, au- mois de décembre dernier, le vaillant et infortuné colonel de Villebois-Mareuil dans un remarquable article sur l'œuvre coloniale de la troisième République, que l'on envisage, dit-il, politiquement, administrativement ou commercialement cette œuvre coloniale, on aboutit à l'invariable surprise de ce qu'a pu être la représentation gouvernementale d'un pays comme la France en ces vingt dernières années ! Jamais on ne mettra assez en évidence le bilan d'incapacité, de mensonge et de forfaiture nationale de ces gens-là. . .
'' Le réveil qui déjà passe comme un frisson sur la masse endormie sera, nous voulons le croire, suivi d'une activité vengeresse, mais qu'il sera tardif et que de résultats inexpiables il constatera dans l'éducation de la génération qui arrive, autant que dans la dilapidation de l'héritage national! Il faut bien se l'avouer, le République parlementaire, qui ne mourra ni d'un homme, ni peut-être d'un événement, mais qui s'en va du dégoiàt populaire, aura engagé si avant dans la ruine l'avenir de ce pays qu'il faudra, à défaut d'une volonté de génie, bien du temps pour relever la France à son rang de grande nation.
" Nous appelons grande nation celle qui n'incline pas ses droits devant les prétentions d'une autre, qui gouverne ses destinées au dehors comme au dedans, fait à ses nationaux une place privilégiée par le monde, qu'on sent assez sûre d'elle pour soutenir par la force ses intérêts si on l'y contraignait.
'* Or la France n'a vécu sous notre anarchie parlementaire
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qu'en nation de second rang, conduite comme une servante I)ar des puissances maîtresses dans tous les sentiers diplomatiques où elle s est engagée, et encore s'y est-elle montrée comme une servante qui craint les coups, fuyant toujours, après des raisonnements, devant la pile (|u*on lui promet. En vérité, c'est encore là qu'on mesure le plus exactement le chemin de chute de notre troisième Réinibliciue dans l'histoire de ce pays, car c'est dans cette dernière figure sous hKjuelle on aurait cru que la France pût jamais se présenter au monde (^)."
Le pays en est rendu à xivoir une dette de 30 et cpielques milliards, avec un budget de 3 milliards et 3^, qui, chaque année, s'accroit de 30 à 40 millions. C'est, comme on le voit, un fcrdeau sans cesse croissant pour une ])0])ulation cpii n'augmente pas. " Ce (jui nous attend, écrit un publiciste français, ce à (|uoi nous marchons d'un pas régulier et sûr. c'est à la bancjueroute, ou, si vous voulez, la conversion du 3 \). c. c'est-à-dire l'épargne française ruinée au tiers ou à moitié."
On a créé, depuis rétablissement de la troisième République, une foule (rem])lois su])ert1us, dans le but d'augmenter le patronage et la ])opularité des députés; de sorte (|ue le pays, déjà soumis à une bureaucratie embarrassante, est aujourd'hui encombré de fonctionnaires. En 1820, il y en avait i50,ocx): en 1846, le nombre des employés du gouvernement, employés de tout ordre, de tout grade, était de 200.000 environ ; aujourd hui il est de 425,000.
Les 200,000 employés de 1846 touchaient en gros 200 millions; les 425,000 de 1898 touchent près de 600 millions. Le chiffre des pensions s'est élevé dans la même proportion cpie celui des traitements. 11 y a i)ius de 300 millions inscrits au budget pour les pensions de toute origine, de toute nature. " Notre chère patrie, dit M. Pelletan, pour laquelle ses fils ont \ersé tant de sang, est perdue, si nous n'avons pas le courage de supprimer les abus administratifs."
(1 ) " b'QMivre coloniale ^\v la troisièino R^pnblintie ", dan.s le Correntondnnt, 10 et 25 décembre 1891).
Et que dire du coût de la laïcisation? Que de millions stérilement enfouis dans la coupable et antipatriotique entreprise des lois scolaires !
Aux élections générales de 1898, un grand nombre de députés, dégoûtés de la politique, ne voulurent plus se présenter. Je ne veux pas dire qu'ils ont eu raison d'agir ainsi ; on ne guérit pas un malade en l'abandonnant à son sort. L'un de ces élus du peuple, M. le vicomte de Vogué, membre de l'Académie, dont la carrière parlementaire fut marquée par le plus noble désintéressement et le dévouement le plus constant, s'est fait l'écho des motifs qui engagaient ces hommes à se retirer de la vie active. Ces motifs se trouvent exprimés dans une lettre adressée à ses électeurs, et dont voici l'extrait qui concerne la politique générale :
" Je vous parlerai peu, dit-il, de la politique générale, cette douloureuse comédie. Jetais venu à vous, libre de tout engagement antérieur, avec le désir sincère et l'espoir de faire vivre notre République, de l'améliorer, de la rendre plus libérale et plus tolérante, de la faire rentrer dans le droit commun de tous les peuples d'Europe, qui élèvent leurs enfants comme il leur plaît, qui ne paient que pour l'école qu'ils ont librement choisie. C'étaient là des illusions, je le reconnais de bonne grâce. Je les partageais en 1893 avec beaucoup d'honnêtes patriotes, uniquement soucieux du bonheur et de la grandeur de la France.
** C'est de propos délibéré que je me suis tu depuis longtemps au Parlement. Je n'ai pas la prétention d'être un orateur habile: je puis pourtant défendre mes idées, vous m'avez entendu dans toutes vos communes. Mais j'ai acquis la conviction réfléchie que toute parole sincère est déplacée, inutile, sur ce théâtre du Parlement où tout n'est que mensonge et charlatanisme. J'ai acquis la conviction que notre parlementarisme actuel, tel que nos mauvaises moeurs l'ont fait, est le pire de tous les instruments pour gouverner un grand pays, menacé dans son indépendance et dans sa richesse.
<S0 CANADIENS. MEFIEZ-VOUS!
*' On vous trompe avec des mots. Un avenir prochain vous montrera, je le crains, combien notre France est atteinte dans ses forces vives. Cette Chambre l'a mise au bord de l'abîme; ce n'est pas la prochaine qui la relèvera. Quels que soient les hommes, l'instrument faussé est fatalement condamné à ne faire que du mal, à ne servir que des intérêts égoïstes.
*' Nous voyons aujourd'hui à la tête du ministère un très honnête homme. M. Méline. Mais que peut-il dans l'anarchie où il se débat, mal obéi, paralysé, prisonnier des intérêts, des idées fausses, des passions sectaires, d'une coterie de politiciens? Il ne peut rien. Croyez-moi. j'ai vu de près cette impuissance et cette inguérissable misère du parlementarisme. ■* Le salut viendra, d'ailleurs, d'un réveil déjà sensible du sentiment français contre les maîtres avides, souvent él:rangers à notre race, à nos traditions, à nos croyances, qui nous exploitent depuis vingt ans!'' (^)
Je croyais être assez au fait des moeurs et des choses de la rVancc (le nos jours: mais j'avoue que je me trouve ici en présence d'un dilemme qui me confond.
On donne comme une (juantité négligeable, comparée au chiffre de la population, le nombre des francs-maçons dans le pays. De fait, le vrai Français n'aime guère à alxliquer sa dignité d'homme et sa liberté au sein des loges, et je crois que celles-ci se recrutent en grande ])artic jiarmi les cosmopolites, les radicaux et autres sans-])atrie de ttmtes nuances. Quoi
(1) Lorsque je parle des sectaires qui gouvernent la France depuis vinjrt ans, je ne veux pas dire que tons les homnios qui ont fait partie des ditTiTonts niinisti-res (jni so sont succédt' |H>n(lant re tenijis, t'taiont mus par ces sentiments anlicatholiqucs l't antipatriotiijuo-i, h< catholicisme et la >;randeur (U^ la FrancfM'tant tlenx choses infco(l«''es l'ime i\ l'antre. Il s'est rencontré quelquefois, je le sai-*, (le nobles et généreuses exceptions. M. Méline, certainement, est un honnête homme, et n'a rien du fanatique ; il ne veut point de la "polititjut^ <le secte et de haine." Son ministère, composé uniquement de républicains modérés, promettait une ère d'apaisement et de dignité pour le nays ; c'était le meilleur cabinet <}ue la hrance eût eu depuis loniitemjxs. Slais «pu» |H)uvaicnt, dans les cabinets antérieurs, «'outre la majorité, une ou (leux individmilib's Lien dis|>o8ées? Le ministère Méline lui-même a fini par succomber sous l'inlhience combinée de la juiverie, de la franc-maçonnerie et du radicalisme.
qu'il en soit, dans la Chambre, s'ils ne forment pas encore la majorité, ils sont assez forts pour imposer souvent leurs volontés. On affirme, d'autre part, qu'ils sont encore la majorité, dans le pays, ceux qui ont gardé la foi des ancêtres et le respect du prêtre, d'où résulte cette étrange anomalie que l'immense majorité subit la tyrannie d'une infime minorité. '' Jamais, disait, il y a quelques mois, M. Jules Lemaître, jamais, je pense, dans aucun temps ni dans aucun pays, les gouvernants n'ont été aussi méprisés, dans leur ensemble, par le plus grand nombre des gouvernés.'' *' Nous sommes le pays le plus mal gouverné du monde, ou, dirai-je, pour ne choquer les sentiments de personne, un des plus mal gouvernés ", avait déjà écrit AI. Jules Roche, ancien ministre, dans son livre " France et Allemagne."
Cependant, ces gouvernants sont les élus du peuple. Est-ce que la majorité du peuple ne vote point ?Je sais que l'élément sectaire déploie la plus grande activité et paie d'audace ; mais 1:' partie saine de la population est-elle incapable de secouer l'apathie qui anéantit chez elle l'esprit d'initiative? L'habitude de se décharger de tout sur l'Etat rend-elle les Français indolents, routiniers, passifs jusqu'au point de tout supporter de lui? Le peuple est-il partisan du régime établi au point de ne vouloir y rien changer, faute de mieux, crainte de pire, et le meilleur gouvernement lui paraît-il toujours celui qui existe? Il semble qu'on puisse appliquer à la France, dans cet ordre d'idées, ces mots de Shakespeare: "Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark.''
Il est probable que l'excès du mal hnira par provoquer une vigoureuse et salutaire réaction. Déjà on signale un réveil patriotique et religieux propre à faire envisager l'avenir avec confiance. Les classes instruites, l'élite de la nation, reviennent au catholicisme de leurs pères. La masse n'a pas encore suivi le mouvement, mais on assure que cela viendra avant longtemps. La conscience publique est fatiguée de toutes ces violences contre la religion. On semble comprendre i)lus (jue jamais (|ue si l'on veut (lue la société française redevienne la plus
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grande des sociétés humaines, ce ne sera (jifà la condition de représenter la plus liante civilisation chrétienne. Si tous les Français étaient franchement religieux et prati(iuants, le pays, au lien d'être la ])roie des convulsions (jui l'agitent, jouirait d'une paix profonde et ferait la loi au monde entier. La piété n'engendre pas la pusillanimité ni la paresse. La religion bien comprise n'abat et n'amollit point le cœur: elle seule sait former de grands hommes.
\'oilà ce (jui devrait être, ce (ju'il ne faut pas désespérer de voir un jour. Mais il s'agit ici, pour le moment, de considérer les choses telles qu'elles existent.
La condition vexatoire cju'on a faite aux h^rançais cjui, tout en donnant au régime établi leur franche et entière adhésion, ne veulent point en même temps renier la foi de leurs ])êres, doit dicter leur ligne de conduite. Ils doivent ])rendre l'ofïensive et reven(li(|uer par des actes leurs droits à la justice et à la liberté. Avant tout, ils doivent s'organiser, prendre une part active aux élections, ne donner leur apjnii (|u'à des candidats connus |)ar leur patriotisme et leur honnêteté. Dieu ne sauve (jue ceux (|ui s'aident eux-mêmes.
De même que pour le gouvernement, on comj)te trop sur le clergé; on croit que le clergé et les religieux seuls vont organiser la résistance. " h'aites face aux sectaires, nous sonmies 36 millions à faire des v(rux pour vous ", semble-t-on dire.
Quand cha(|ue l'rançais apprendra-t-il donc à compter aussi sur lui-même et à exercer dans sa sphère d'action toute l'iniluence dont il peut disposer? Par proportion et conformément ta notre état, nous sommes même " obligés ", comme les prêtres, disait J'ourdaloue, *' de prendre en mille occasions qui .se pré.sentent les intérêts de Dieu, de combattre les ennemis de sa gloire et de maintenir la pureté de son culte. Si Dieu est voire Dieu, (|ue ne prenez-vous la |)arole, (jue n'agissez-vous, que ne combattez-vous pour lui? '' Se taire, c'est, ajoute-t-il, " donner aux ennemis de Dieu, à rimjiiété. an vice, tout l'avantage qu'ils demandent, car le libertinage (c est-à-dire la libre ]>ensée)
ne demande pas précisément d'être applaudi; il se contente qu'on le tolère. Quand donc vous le laissez en paix, vous lui accordez tout ce qu'il prétend. Avec cela il ne manquera pas de prendre racine, et, sans avoir besoin d'autre secours, il saura bien se fortifier et s'étendre."
Ne peut-on pas imiter la conduite des sectaires et des francsmaçons eux-mêmes, ces ennemis acharnés de la vérité et de la liberté? Patronages, cours d'adultes, universités populaires, conférences, mutualités scolaires, associations d'anciens élèves, il n'est pas de procédé qu'ils n'imaginent et qu'ils n'emploient afin de mettre la main sur l'adolescence; ils ne prouvent que trop ce que peut faire une minorité unie, tenace et résolue.
Je sais qu'il ne manque pas en France de cœurs généreux qui se dévouent sans réserve, qui prennent toutes les initiatives, soutiennent toutes les œuvres, supportent toutes les charges; combien qui se prétendent catholiques demeurent à l'écart, restent dans une apathie que rien ne peut vaincre. Se mêler au monde, réfuter les erreurs, détruire les préjugés qui tiennent éloignés de l'Eglise tant d'esprits de bonne foi, répandre la bonne parole tout en pratiquant les devoirs de son état, savoir, à l'occasion, parler haut et ferme de façon à être entendu et compris de tout le monde, voilà la manière la plus efficace de collaborer à l'action sociale du clergé ; voilà le meilleur apostolat auquel un laïque puisse se livrer.
Sa sollicitude doit encore se reporter sur les écoles, les patronages, les cercles, les journaux, les conférences et à la formation d'une vaste et forte organisation électorale. S'il ne peut pas donner d'argent, il peut donner son temps, mais au moins son \ote au jour du scrutin.
Sans doute, tout n'est pas parfait dans notre Amérique; nous avons 1)ien aussi nos misères; mais au moins un homme, chez nr us, compte pour quelqu'un, et il ne s'attend pas que personne \-.'i se substituer, pour la réussite de ses affaires, à sa propre initiative.
lui Charnière, les catholi(|Ucs devront, connue en Allemagne.