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Dans le printemps de 1871, la glace y était 1ccumulée de telle sorte qu’elle formait une vraie montagne; ce ne fut qu’à la fin d'avril qu’on put constater que toute la superstructure du quai avait été emportée. Lorsqu'on prétend que le fonctionnement du canal de Lachine est inférieur à celui de Beauharnois, on a soin de ne pas signaler un fait important, c'est ‘que le canal Lachine a été fermé pour des réparations devenues nécessaires par suite d'accidents fréquents ; parce que la construction de l’aqueduc de Montréal n'avait pas été terminée à temps ; et par suite de retards causés par la construction du pont du Grand-Tronc L’immense trafic sur le canal de Lachine, qui reçait tout le trafic du St Laurent et de l'Outaouais, ainsi qu’une partie très importante de celui du port de Montréal, explique pourquoi des accidents et des retards peuvent y arriv. : plus souvent qu'ailleurs. Ii suffit de suivre l’histoire de la construction des canaux de Cornwall et de Lachine pour s'expliquer le coût de leur construc. tions et la cause des dépenses encourues. Et cependant le canal de Cornwall ra pas coûté nn sou de plus que celui de Beauharnois, quoiqu'il soit dans un local défavorable.
Avant que à2 parler de sondages exécutés dans les - deux ëxtrémités du canal de Beauharnoïis, ou aurait fait acte de prudence en examinant, dans les records du département des travaux publics, la réfutaiion officielle qui s’y trouve semée
° d'année en année, des allégués de ceux qui avaient trouvé à chaque extrémité des ports magnifiques et sûrs, avec une grande profondeur d’eau, trois chenaux à l'extrémité ouest de six cents à douze cents pieds de largeur, un fonds de glaise. Il y a eu sans doute depuis la date du rapport que M. Killaly à présenté le 1er août 1842, en réponse au protêt de M. Simpson, un grand bouleversement géologique dans ces parages, car les trois chenaux de six cents à douze cents piéds chacun, avec dix à vingt pieds d’eau, hvaient subitement disparu, aussitôt les travaux de creusage du lit du canal commencés. Le fonds de glaise avait fait place aux gros
cailloux (boulders) et au roc solide qui pave le fonds du seul petit chenal. Le magnifique chenal qui devait conduire de l'extrémité du canal au lac Saint François, sans obstruction, sans dangers, sans Courants contraires, avait aussi subi un bouleversement complet.
Je cite pour autorité l'extrait suivant du rapport des travaux publics pour l’année 1867. Ce rapport, le plus complet que nous ayions de nos travaux publics, contient l’historique de toutes nos entreprises, jusqu’à cette époque ; à la page 15 du rapport, au sujet du canal de Beauharnois, on lit ce qui suit que j'ai déjà cité:
‘ Les travaux de ce canal furent terminés dans l'automne de 1845. Peu de temps après leur achèvement, on fit rap port que l'entrée supérieure du canal était défectueuse, le chenal qui y conduisait était tortueux et n'avait que huit pieds d’eau pendant l'été ; le courant de cette partie du fleuve était de quatre milles à l'heure, et n'était pas en ligne directe avec le chenal, mais le traversait en certeins endroits ; ce qui exposait les navires à être entrainéssur les bas fonds.”
On trouvera dans les documents du parlement des preuves que l'ingénieur chargé du cure-môle à l’extrémité ouest, dut renoncer à continuer ses travaux, parcequ’il ne pouvait pas entamer le lit du chenal au-dessus du canal ; que le capitaine McIntyre fut employé là, langtemps, dans de vains efforts pour nettoyer ce chenal tortueux et en arracher les énormes pierres qui le pavent.
Je ne demeure pas à Beauharnoiïs. Je ne suis pas un ingénieur, mais les documents du parlement m'apprennent une curieuse histoire. Il est bien vrai que dans le rapport du er. août 1842, il devait se trouver de la pierre providentiellement, seulement là où les écluses devaient être construites ; tändis que sur le côté nord, il ne devait y avoir à la place des écluses que de la terre molle pour leur servir d'appui. Mais un jour vint qu'il fallut avouer la vérité. La somme de £250,000 qui avait été votée devait couvrir toutes les dépenses d’une manière absolue, et suffire et au delà. La
somme dépensée (outre les dépenses de police, dommages, dépenses incidentes, et frais de cour non compris et qui se montaient à une autre somme de £17,397) s'élevait à £294,146 17s 114. Il fallait expliquer cette dépense au parlement qui depuis longtemps avait ouvert les yeux sur ce tripotage. Et voici ce qu’on litdans le rapport de 1846, Ass. N. :“ Les items sur lesquels la dépense au-dessus de l’estimé, qui a été faite inévitablement, sont principalement les suivants : dans la course profonde, section première, 9,000 verges cubes et dans la huitième section, 7,586 verges de roi furent creusées, et dont l'existence n’était pas connue.” Je traduis littéralament. Ces 16,586 verges de roc solide indiquent assurément que le fond du canal n’est pas tout de la glaise. Si à présent nous examinons le local du canal, bordé du banc de roc qui s'étend depuis l'Isle aux Chats, le haut de la Grande Isle jusqu’au village de St. Clément, et de là tout le long du rapide, on comprendra qu’il n’est pas improbable qu'il y ait dans la plus grande partie du lit du canal de Beauharnois, dont la ligne pour une bonne partie est si peu éloignée de la rivière, un lit de pierre, qui se montrera lorsqu'il faudra faire un creusage nouveau.
Le canal de Cornwall peut être réparé, creusé et refait sans exiger de creusage dans les chenaux qui y conduisent. Les promoteurs des canaux de Cornwall et de Lachine n’ont pas fait ce qu'ont fait les promoteurs du canal de Beauharnois.
Les propriétaires des dix-neuf véngtièmes de tuut lé tonnage du haut Saint Laurent peuvent avoir demandé des réparations aux canaux de Lachine et de Cornwall, mais ils n’ont jamais demandé que d’autres canaux fussent construits parce que ceux-là ne répondaient pas aux besoins du commerce.
Quand on me demande d'expliquer pourquoi l’écluse Ste. Anne est ouverte si tard et close plustôt que le canal de Beauharnoiïs et qu’on présente ce fait comme un argument contre le canal projeté, on oublie que l'Isle Perrot est entre Ste. Anne et la baie des Cascades, et que le canal projeté sur la