‹ Canal des Cèdres [microforme]Chapitre 9 sur 14 · PAUL LEROUX · texte numérisé non relu

PAUL LEROUX

Assermenté devant moi à Vaudreuil ce 20 Mars 1873.

F. D. N. BASTIEN, Com. C S.

| Paroisse de St. Zotique, 2 Avril 1873.

Nous les soussignés Joseph Asselin et François Prieur, depuis près de quarante années, et Joseph Rinfret, depuis vingt ans, pilotes employés par les propriétaires des vaisseaux à vapeur de la malle royale, et par les autres compagnies de bateaux à vapeur et à voiles, depuis Kingston à Montréal, ayant pris connaissance de la question de l'élargissement des caraux du St. Laurent, sommes prêts de déclarer sous serment, si c'est nécessaire, que nous connaissons la navigation du St. Laurent, depuis Kingston à Montréal sur les lacs ou dans les - rapides, tout aussi bien que tous autres pilotes employés par les diverses compagnies qui y font parcourir leurs nombreux vaisseaux à vapeur où à voiles. Nous connaissons tous les chenaux et toutes les battures, ainsi que la profondeur des eaux sur les lacs St. François et St. Louis, et nous n’hésitons nas à dire que les chenaux du côté nord de ces deux lacs sont les meilleurs et lcs plus profonds, et que nous pouvons sans difficulté guider et piloter par ces chenaux, tout vaisseau à voile ou à vapeur avec un tirant de quinze pieds de Cornwall à Côteau Landing, sur le lac St. François, et aussi des Cascades sur le lac St. Louis, par le chenal du nord, jusqu'à sa rencontre avec celui du sud, venant de Beauharnois, avec des vaisseaux d’un tirant de plus de quinze pieds. Le che: nal du sud, sur le lat St. François, n'offre par les mêmes avantages. L'entrée du canal de Beauharnoïs, depuis près d'un mille en haute la Pointe à Cartier, présente de grandes

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difficultés, même pour les vaisseaux avec un tirant de huit pieds et demi dans les eaux hautes ; le lit du fleuve à cet endroit étant de roc vif, où il est impossible de jeter l’ancre—aussi dans les grands vents qui s’y font sentir er y cau sant de plus grosses vagues plutôt là qu'ailleurs, et le chenal depuis la Grosse Pointe à l'entrée du canal, étant trop étroit et tortueux, d’où vient son nom de Rapide Croche. Il est à notre Connaissance que beaucoup de vaisseaux y ont fait naufrage. Et il nous est arrivé à nous-mêmes, dans nos rentontres avec d’autres vaisseaux, d'endommager ceux que nous avions en charge, comme ceux que nous avions à rencontrer. Le pied du canal de Beauharnois est aussi très-impropre à la navigation, surtout dans les vents du Nord-Est. Les deux extrémités de ce canal n'offrant aucun hâvre ni plate de mouillage, pour la sûreté des vaisseaux, tandis que nous affirmons qu’il s’en trouve de bons du côté nord, à Côtean Landing et aux Cascades.

Nous déclarons de plusque la navigation, l'automne, par le canal de Beauharnoïs, se trouve arrêtée plus à bonne heure par l’amas des glaces qui s'y forment dans la Baie depuis la Grosse Pointe à son entrée, et aussi par celles qui y sont poussées par les venis du nord, et de l’ouest, très fréquents à cette saison de l’année, tandis que les cauaux de Lachine et de Cornwall sont libres de glaces pour encore près de quinze jours.

Souvent aussi il arrive que le printemps, des -vaisseaux avec leur cargaison, se rendent de bonne heure à Beauharnois par le canal de Cornwall, et sont forcés de s’arrèter à la Grosse Pointe, et d’y rester mouillés plusieurs jours, même des semaines, faute de pouvoir parvenir à l'entrée du canal par l’amas et l'épaisseur des glaces encore trop solides ; et, qu’il faut que ces vaisseaux attendent que les glaces se foudent au soleil, ou disparaissent par des moyens artificiels.

Nous affirmons positivement, sans crainte de contradiction par un pilote expérimenté que dans la supposition qu'il serait

recommandé au gouvernement, de creuser un nouveau canal comme on nous en a informé, près de l’isle aux Chats, c’està dire entre cette Isle et le grand pilier du Phare Rouge, que ce chenal serait encore plus dangereux que le chenal actuel, par les forts courants qui jettent au large, et que les remorqueurs, trainant une longue suite de vaisseaux, y seront plus en danger d'être entraînés dans les Rapides qui sont là très dangereux.

Nous ne connaissons point aux Cascades de pointe aux glaces. Par le gonflement des eaux sur l’'Ottawa, à la première fonte des neiges, les glaces depuis Vaudreuil aux Cascades sont emportées et disparaissent en cet endroit aussi tôt là que partout ailleurs, et nous pouvons encore dire que le chenal aux Cascades est ouvert à la navigation beaucoup plus à bonne heure qu'il peut l'être à la tête du canal de Beauharnois,—et encore l’an dernier, à la fin du mois d'avril, nous sommes débarqués des cajeux de MM. Calvin et Breek, en bateau jusqu'aux Cascades par le chenal du nord—ne pou-

vant nous rendre à Beauharnois.

Sa JOSEPH X ASSELIN.

marque Sa FraNçais x PRIEUR.

marque Sa JOSEPH X RINFRET.

marque.

Signé en présence de ©. O. Pease, Préfet du comté de Soulanges. .

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