OBSERVATION XV
(Laubie et Carles Journal de médecine de Bordeaux, 1898, p. 46, n° 4)
£pithélioma de l'intestin. Double entérorraphie
Jeune fille, 25 ans. Pas d’antécédents héréditaires notables. Depuis un an présente une tumeur abdominale. Depuis un an elle est nerveuse, se fatigue facilement, maigrit et pâlit ; puis elle découvre un jour, dans son côté droit, une masse grosse comme une noix, mobile sous le doigt. Depuis lors elle ne fit que grossir et atteignit rapidement le volume d'une grosse orange. La malade maigrit et s'affaibht de plus en plus. Pas de troubles digestifs, pas de mélæna, n1 de signes d’obstruction intestinale. Par le palper on dénote la présence d'une tumeur grosse comme une orange, très mobile dans æ sens transversal et longitudinal : située de chaque côté de la ligne médiane, elle s'étend à deux travers de doigt au-dessous de l’ombilic, à cinq au-dessus du pubis. Au toucher vaginal, on constate l'indépendance de la tumeur avec les organes génitaux. Pas de douleur à la pression.
Diagnostic. — Tumeur intestinale.
Laparolomie. -— On trouve un gros néoplasme adhérent à deux anses intestinales. Résection d'une anse d'intestin grêle et d’une portion du côlon transverse. Deux plans de suture sont successivement faits pour l'intestin grêle et le côlon. Fistule stercorale consécutive, Marche vers la guérison.
Examen histologique. — Epithélioma.
Re HR
OBservaTION XVI
(Gros, Gazelle des Hôpitaux, 1852. 20 mars. Obs. IX. Th. de Bacque)
Rétrécissement cancéreux du côlon descendant)
Homme de 2% ans, tisserand, alcoolique. Jouit d'habitude d'une excellente santé. Le 19 février 1852, dans la nuit, il est pris de vomissements. Les symptômes d’occlusion vont croissant : ni les lavements, n1 les purgatifs ne peuvent amener l'évacuation des selles. Une sonde introduite par l'anus est arrêtée à l’S 1liaque. Le 29, c'est-à-dire deux jours après, vomissement stercoraux ; pouls filforme, sueurs froides Mort.
A l’aulopste, on trouve au milieu du côlon descendant un bBourrelet dur, calleux, long de 0*07 environ, qui bouche complètement le calibre de l'intestin.
Examen microscopique : fibres ; enchevêtrées, renfermant dans leurs interstices des cellules épithéliales et des cellules
embryonnaires.
OgservarTion XVII
P. Spendler, Mänchen, med Wochenschr., ? janvier 1893, n° 1, p. 3. Obs. XXI. Thèse de Lardennois)
Carcinome du cœcum. Entérorrapaie latéro-terminale. Guérison
Jeune femme de 22 ans, souffrant depuis longtemps d’une constipation opiniâtre, mais avec état général bon ; aucune tare héréditaire. Au mois de mars 1892, elle ressentit pour la première fois de violentes douleurs dans la région abdominale droite. Elles survenaient le matin et étaient violentes à ce point
que la malade élait obligée de se coucher. Elle garda le lt
ÉrOP
pendant vingt jours, sans fièvre ni vomissements. Un mois après la patiente eut un nouvel accès qui se manifesta brusquement, mais ne dura que trois jours. Ces douleurs persis- {aient alors à l'état permanent dans la région cœcale. Durant les époques menstruelles, qui étaient normales et indolores, la tumeur n'augmentait pas. L'examen extérieur de la région cœcale y décélait l'existence d'une tumeur mobile, se prolongeant vers le bas, lisse et dure.
Opéralion. — Cœcum adhérent à la paroi abdominale antérieure. Le cœcum est transformé en une tumeur dure, ayant déjà envahi l'appendice, englobant une partie de l'iléon, le commencement du côlon ascendant et se prolongeant par le même côlon jusqu'à la racine du mésentère, en s’amincissant graduellement. Après une ligature partiehe du mésentère, on extirpa cette partie du néoplasme et on sutura le mésentère. À partir de ce moment, la tumeur fut assez mobile pour être tirée au dehors. Pas d'engorgement des ganglions mésentéri- qués. Guérison au bout d'un mois.
Examen de la pièce. — Le néoplasme a commencé par la valvule de Bauhin où on a trouvé les plus anciennes lésions. C'était une tumeur annulaire. La lumière de l'intestin admettait un crayon.
Examen microscopique : carcinome.