‹ Cancer et Lipides SériquesChapitre 13 sur 30 · LITRES · texte numérisé non relu

LITRES

Tous les dosages ont été effectués, en suivant risoureusement cette technique, au Laboratoire de Chimie de l’Institut Gustave Roussy, sur des sérums provenant de sangs prélevés, autant qu’il était possible, dans des conditions identiques, sur des sujets à jeûn, en particulier.

Les malades ont été sélectionnés par l’éminent spécialiste qu’est M. le Professeur Huguenin, parmi des cancéreux se trouvant à un degré d’évolution relativement comparable.

Pour des raisons que nous développerons plus loin, nous avons été amenés à prendre également en considération les résultats d’un certain nombre de dosages effectués chez des sujets non cancéreux : soit des sujets sains, soit des malades atteints d’affections médicales ou chirurgicales diverses, mais incapables malgré tout d’avoir un retentissement quelconque sur le taux lipidique du sérum. Il est à noter que tous les sujets, cancéreux ou non, dont le sang a été utilisé pour ces dosages étaient soumis à un régime alimentaire identique, de façon à éliminer un facteur susceptible de fausser les compa- ‘aisons.

Enfin, l’âge avant une influence certaine sur le taux des lipides du sang, nos observations ont porté sur des individus — cancéreux ou non — d’âges les plus divers — de 8 à 85 ans, — de facon à réduire au maximum ce facteur de perturbation. |

Pour chaque sujet, nous avons établi une fiche spéciale, particulièrement rapide et facile à consul-

Den To

ter, comportant, outre le nom, le numéro du dossier, le diagnostic, l’âge et le sexe :

1° Un résumé succinct, mais aussi précis que possible de lobservation clinique.

2° La succession chronologique du ou des traitements, avec leurs dates exactes et leurs modalités, en adoptant des notations de couleurs différentes pour les diverses thérapeutiques : vert pour la Roentgenthérapie, rouge pour la Curiethérapie, bleu pour la Téléroentgenthérapie, violet pour la Chirurgie, brun pour l’Electro-coagulation.

3° Les dates des prélèvements successifs avec, en regard, les résultats des dosages correspondants.

Chaque fiche porte en outre, le long de son bord supérieur, un onglet numéroté de 0 à 21 — de gauche à droite. Le chiffre 0 correspond aux sujets non cancéreux ; les nombres de 1 à 21 correspondent à diverses variétés de cancers, classées selon la localisation en suivant la nomenclature de l’Institut National d'Hygiène. Cette classification permet de retrouver immédiatement toutes les fiches se rapportant à un même type de cancer.

Nous avons réuni 417 fiches réparties de la ma-

nière suivante :

Nombre de Localisation N° de clasfiches des cancers sification 64 Sujets non caricéreux .. .... 0

? ENTER SRRe RUEPIeR mer 1

es SANTE TS :

00) Re | SE > - tu 7 «2 Nombre de .. Localisation N° de clase ‘e 12e fiches des cancers sification

FE fi 4 Langue. 5. .24 05m 2 Re 6 Amygdales, faces internes des #4 | joues, pharynx, cavum ..... 2-5 20 2 Œséphage 7212060 4

ds À Éétomne 5 HA Re 5 D, : 3 Intestin et Foie #7. 2202 6

a 1 L'ART DE OPRRES RE ef

TE 2 Sinus dedaface Len 8 pis 4 Poumons, médiastin .......... À

Hs. 22 Utérus (col) 22 TR 10

73 à Uiérus-(COrnS). ST RE 11

pe 4 Vulter ovaires EU TR Nr 12

FES 96 SEL M ns Pas eue C UT RDS 13

De 10 Verge, testicule, prostate ..... 14 RS. 2 RM Tes re rnre 15

Pr TE 54 Peau (y compris les naevo-car-

sISRNS L'cinomeEnt AT NES 16 > 2 Système nerveux Ru er 4 vi : pe. 5 1 Os, muscle, tissu conjonctif ... 18 à 4 | 8 Thyroïde RER 190

; è : 23 Ganglions et tissu hémo-lymphomA. poïétique (y compris la mala-

1 die' de Hodgkin}) 77 20 4 5 Origine indéterminée ......... 21. k ‘26 Ces 417 fiches totalisent près de 500 dosages de 107 lipides totaux.

Re y

NC TRS

Il. — Méthodes de comparaison.

Pour se rendre compte des variations que peuvent présenter les taux lipidiques du sérum chez les cancéreux, il vient tout naturellement à l'esprit de comparer les résultats de dosages effectués chez ces malades avec les chiffres réputés « normaux ». Il nous faut donc, en tout premier lieu, définir ces derniers. Or, sur ce point, les auteurs eux-mêmes ne sont pas entièrement d’accord. Par exemple P. Fleury donne comme variations normales : 5 gr. 50 à 6 gr. 50 de lipides totaux par litre de sérum [26], M. Fourestier et de Fossey, d’après Polonovski : 5 gr. 50 à 10 gr. par litre [27]. Il nous a semblé raisoninable d’adopter comme limites des variations normales les chiffres suivants : limite inférieure 5 gr. 50, limite supérieure : 7 gr. 50.

Il est évidemment possible de calculer les moyennes arithmétiques des résultats de dosages effectués et de les comparer brutalement aux deux « chiffres limites » choisis. Mais il est hors de doute que ce procédé, si rigoureux soit-il du point de vue mathématique, est un pis-aller du point de vue biologique. Il nous a paru préférable de calculer les pourcentages des résultats inférieurs à 5 gr. 50, des résultats compris entre 5 gr. 50 et 7 gr. 50, des résultats, enfin, supérieurs à 7 gr. 50. Ce mode de comparaison nous a permis de faire un certain nombre de constatations non négligeables, comme nous le verrons

PRG: |; pes

plus loin. Pourtant, il n’est pas pleinement satisfaisant : d’abord du fait que les chiffres limites choisis sont, nous l’avons dit, assez arbitraires ; ensuite parce que cette méthode, en groupant les résultats de dosages en trois compartiments bien distincts : chiffres inférieurs à 5 gr. 50, chiffres compris entre 5 gr. 50 et 7 gr. 50, chiffres supérieurs à 7 gr. 50, fournit des « paliers >» de comparaison, mais ne permet pas de se rendre compte de ce qui peut se passer pour des valeurs intermédiaires. Seule une méthode graphique est susceptible d’assurer une comparaison rationnelle et rigoureuse, à la fois souple et progressive.

Si l’on établit d’une part une courbe relative aux sujets cancéreux, d’autre part, sur les mêmes principes, une courbe relative aux sujets exempts de cancer, il est bien évident que l’examen du graphique ainsi obtenu permettra immédiatement la comparaison que lon se propose d'étudier. La réalisation de la « courbe témoin » entraîne évidemment l'obligation de pratiquer un certain nombre de déterminalions chez des sujets normaux. Par contre, un tel procédé ne fait pas intervenir les « limites normales » arbitraires servant de base aux calculs des pourcentages indiqués plus haut. Il présente donc de nombreux avantages. Encore faut-il adopter une représentation graphique relativement facile à réaliser et surtout à interpréter. Parmi toutes les méthodes proposées, celle des « diagrammes de fréquence » nous à paru nettement la meilleure. Mise

au point, préconisée ct utilisée par le Professeur B. Drevon [24], elle a été employée ensuite par P. Titon [61]. Pour en donner le principe, en expliquer les modalités et en montrer les avantages, nous ne saurions mieux faire que citer, à peu près à la lettre, le texte du Professeur Drevon :

€ Faute d’un mode d’expression judicieux et uniforme des résultats obtenus dans l’analyse des milieux biologiques, faute également d’une normalisalion de ces méthodes, la comparaison des résultats publiés par différents auteurs demeure difficile.

« Cependant, certains dosages cliniques sont faits à peu près partout à l’aide de techniques sur lesquelles Paccord s’est fait depuis longtemps ; on peut admettre que les résultats auxquels elles conduisent, même s'ils sont publiés par des chercheurs différents, sont seulement entachés de lerreur commune à toute délermination expérimentale, et sont directement comparables, sans qu’il soit besoin de faire intervenir dans la discussion les erreurs systématiques (c’est-à-dire toutes de même sens et de même valeur) dont il faudrait tenir compte si des techniques différentes avaient été utilisées.

« Tel est, par exemple, le cas de la cholestérolémie, déterminée dans l’immense majorité des laboratoires cliniques au moyen de la méthode colorimétrique de Grigaut, par opposition à la protidémie, déterminée chez les uns pondéralement, et chez les autres volumétriquement, par la méthode dite du double azote.

« Ceci étant précisé, il reste que la cholestérolémie,

la calcémie, ele. auxquelles on s'accorde à reconnaitre une certaine fixité — au point qu’on a pu parler, à leur endroit, de « constantes biologiques » — oscil-

lent, même à l’état normal, entre des valeurs extrêémes, à l’intérieur desquelles les différents résultats expérimentaux sont inégalement répartis.

« Donner, dans les publications ou les ouvrages yénéraux, une « valeur moyenne » de ces « cons- {antes biologiques » est un mode d’expression qui ne signifie pas grand’chose, puisqu'il laisse précisément dans lombre cette marge physiologique de variation sur laquelle il importe d’être renseigné. Indiquer les valeurs extrêmes, done exceptionnelles, est un pis-aller qui ne vaut guère mieux.

« En fait, pour exprimer commodément la réalité complexe du fait biologique, il faut avoir recours à la représentation graphique, seule expression logique des prétendues « constantes ». Cette représentalion est la seule qui permette d’embrasser d’un coup d'œil la totalité des résultats. Elle offre, de plus, pour peu que le mode de représentation soit judicieusement choisi, la possibilité d'une comparaison objective des résultats les plus divers, si nombreux qu'ils soient.

« Les classiques « courbes en cloche » étant de lecture malaisée, et se prêtant mal aux comparaisons, les biologistes pourraient se mettre d'accord pour adopter l’un ou l’autre mode de représentation suivant :

BE

«< Premier mode : soit N le nombre de résultats analytiques à représenter. Sur un graphique à coordonnées rectangulaires, choisir sur l’axe des abscisses une longueur arbitraire égale à 100 par exemple, et la diviser en N — 1 parties égales. Sur chacune des divisions, élever une longueur proportionnelle à la valeur Y de chacun des résultats pris dans l’ordre des valeurs croissantes : chaque point ainsi obtenu repésente une détermination. En joignant ces points représentatifs, on obtient, pour peu que les déterminations soient suffisamment nombreuses (une centaine par exemple), une courbe continue ayant, comme le laisse prévoir la loi de répartition de Gauss et comme le confirme l’expérience, une forme d'S allongée. Si l’on divise en cent parties égales la longueur choisie arbitrairement pour représenter les N déterminations, le pourcentage X des cas pour lesquels la grandeur considérée est inférieure ou égale à une valeur donnée YŸ de la variable se lit immédiatement en abaiïssant, à partir du point de la courbe d’ordonnée YŸ, une perpendiculaire à l’axe des abscisses qui coupe cet axe en X.

« Deurième mode : plus simplement, on peut compter les déterminations ayant donné une valeur inférieure ou égale à une valeur donnée Y de la variable et exprimer le pourcentage X de ces détermirations par rapport à la totalité des déterminations faites. X variant de 0 à 100, on porte sur un graphique à coordonnées cartésiennes les valeurs de Ÿ en fonction de X. Si la longueur choisie pour

Ces

Page 1