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L'ophtalmoscope montre sur les deux papilles de petits foyers ronds jaune paille. Tout le reste de l'œil gauche apparaît sain, tandis que le droit offre un épaississement de la choroïde refoulant de 4 mm. 5 la rétine en avant. La périphérie est entièrement normale. Tel est l’état des choses en août 1882. Bientôt l'acuité visuelle décline aussi bien à droite qu'à gauche et un mois plus tard, en septembre, l'œil gauche présente les mêmes lésions que le droit. Sur ce dernier, il survient en plus un scotome dans le quart inféro-externe du champ visuel. Jusqu'au printemps 1883, bien que la vue ait décliné au point de ne plus permettre que de distinguer les doigts, les yeux n’ont été ni congestionnés, ni durs. A cette époque, la malade mourut d'épuisement et l’autopsie ne put être faite.
OBsERVATION IL, — Sehæler-Ulhthoff, Centralb. f. prakt. Augenh., p. 236, 1883.
Femme, 33 ans. Cancer du sein gauche datant de six ans. Plusieurs récidives. La dernière fois opérée par Bardeleben en août 1881. Six mois plus tard, le 12 février 1882, la malade est examinée pour la première fois. Depuis dix semaines environ, elle a presque complètement perdu la vue de l'œil droit. V = 1/40 avec scotome étendu. À gauche l’acuité visuelle a baissé depuis peu et mesure 1/7.
L’ophtalmoscope montre à droite un vaste décollement de la rétine en bas. A quelque distance du disque optique qui présente une papillite très nette, on aperçoit une zône grisätre de deux diamètres papillaires parsemée de taches pigmentaires et de vaisseaux néoformés. À gauche, il existe un trouble dans la région centrale et sur la choroïde de nombreux foyers grisâtres. La tension sur les deux yeux est normale. Déjà on trouve des métastases dans l’aisselle gauche et l'articulation sternoclaviculaire. Bientôt l’acuité visuelle diminue à gauche ; il survient de la papillite et un décollement rétinien. En même temps, le nerf optique droit se couvre de foyers scléreux et présente une tumeur irrégulière. Le décollement augmente et il se produit de l’exorbitis. Tension — + 1.
À gauche, décoloration de la choroïde avec nombreux foyers pigmen-
CPE ce en
taires. On ne constate plus de décollement de la rétine. L'œil qui était auparavant myope est devenu nettement hypermétrope. Mort fin mars
À l’autopsie, on trouve un cancer de la plèvre, des ovaires, du cerveau, de la dure-mère et du tissu cellulaire de la peau du dos. Sur le bulbe droit, il existe une tumeur dure qui entoure le nerf optique, pénètre la eclérotique et envoie des prolongements dans la choroïde. Jusqu'au chiasma, le tronc nerveux est envahi et transformé en une masse carcinomateuse.
A la partie postérieure de la sclérotique gauche en dehors de l’entrée du nerf optique on constate une tumeur de la grosseur d’une noisette. La papille est en dégénérescence carcinomateuse et la choroïde offre un épaisissement de À mm. environ. Par places, on voit nettement des cellules cancéreuses dans les vaisseaux. Derrière l'œil et jusqu’au chiasma le nerf est également atteint.
D’après ces constatations, on conclut à un cancer métastatique des deux bulbes s'étendant sur la papille, la sclérotique, la choroïde et le nerf optique.
OBsERVATION IV. — Hirschherg Bergmann.
Arch. f. Opht. XXX, 4, p. 113, 1884.
Femme de 28 ans. Le sein droit cancéreux fut amputé en janvier 1884. Peu de temps après, 16 février, l'œil gauche devint amaurotique, le droit restant normal. On ne constate ni photopsies, ni réactions. Le tonus est diminué.
A l'examen ophtalmoscopique, les milieux se montrent clairs et le fond apparait fortement soulevé par une saillie gris verdâtre. Au milieu, on aperçoit une masse blanche nettement délimitée et parcourue horizontalement par un vaisseau rétinien bifurqué. En haut, plusieurs nodules blanchâtres avec stries hémorrhagiques. Disque optique invisible.
On hésite entre une choroïdite septique métastatique et un cancer secondaire.
Le 22 février, la malade meurt. : E
AUToPsiE. — La plaie opératoire du sein est en voie de cicatrisation.
nd
Malgré cela on remarque sur Les bords la reproduction de petits nodules néoplasiques. Les poumons et les ganglions bronchiques contiennent d'innombrables noyaux ancéphaloïdes. Il y en a très peu dans le foie et seulement à la surface. On en trouve quelques-uns dans les reins.
Une coupe antéro-postérieure de l'œil gauche laisse voir une grosse tumeur située dans la couche interne de la choroïde. En avant, elle s’étend jusqu’à l'équateur où elle se termine insensiblement. Son extrémité postérieure arrondie et saillante empiète sur la papille. C’est ce qui explique pourquoi cette dernière est refoulée et invisible. La rétine correspondante est décollée par un liquide séreux, tandis que plus en avant elle est adhérenteet envahie. La base du néoplasme mesure 12 mm. et sa hauteur 9 mm. La surface en est lisse. et légèrement onduleuse. A l'exception du point lésé, la choroïde n'offre aucune altération. La sclérotique est normale.
Histologiquement la tumeur présente des cloisons conjonctives radiaires contenant des vaisseaux sanguins et des cellules pigmentées. Les espaces qui en résultent représentent autant de follicules composés de cellules à contours nets, polygonales, à gros noyau, dont la nature épithéliale ne saurait être mise en doute. Elles mesurent de 20 à 60 c. de diamètre. Nulle part on n’en rencontre dans les vaisseaux. A la surface du néoplasme ainsi que dans son épaisseur, on trouve de nombreuses hémorrhagies et des globules blancs altérés. Toute la partie soulevée de la rétine est complètement décomposée et infiltrée. Au point où elle adhère, il existe des prolongements digitiformes épithéliaux qui s’enfoncent dans son tissu. C’est donc à un cancer véritable métastatique que l’on a affaire.
OgsERvATION V. — Misæmz. Arch. f. opht., XXXI, 4, p. 101, 1885.
Femme 50 ans. Au point de vue héréditaire, seule une cousine serait morte de cancer de l’estomac. Au commencement de 1883, apparition sur le sein droit d’une tumeur cancéreuse qui fut enlevée au mois d'août de la même année, alors qu’elle commençait à s’ulcérer. La cicatrisa-
tion fut incomplète jusqu’en novembre où Manz constata, à l'entrée dans É BOUQUET 2
son service, des noyaux indurés sur les bords et un paquet de ganglions infiltrés à l’aisselle.
Vers la fin d'octobre 1883, la malade constata un trouble de son œil gauche et bientôt des flocons sur le droit avec chute rapide de la vue.
Tout dernièrement sont survenus des maux de tête à la tempe droite. Etat cachectique, pas d’appétit ; insomnie à cause des douleurs.
OEil droit V = 1/9.
OEil gauche compte les doigts à 1 mètre.
L'examen campimétrique démontre un rétrécissement notable des deux champs visuels principalement vers le haut où l’obscurcissemen t se rapproche du point de fixation. Les limites du rétrécissement sont irrégulières. Exorbitis ; larmoiement ; léger ectropion des paupières inférieures; épaississement chronique de la conjonctive palpébrale. Les cils manquent pour la plupart et ceux qui subsistent sont agglutinés. Le globe droit présente sur la partie nasale de la sclérotique quelques vaisseaux conjonctivaux et épiscléraux fortement élargis. Cornée claire ; rien du côté de l'iris et de la pupille.
Dans la portion nasale du fond de l’œil droit, il apparaît un reflet jau nâtre délimité en dedans par un bord semi-lunaire. Toute la partie inférieure de Ja rétine décollée par une saïlliesurplombe la papille.
Du côté gauche on aperçoit également plusieurs saillies néoplasiques tournant vers le jaune, alors que la rétine détachée en plusieurs points offre une coloration gris-bleuâtre. Le tonus est normal des deux côtés, bien que la pression soit douloureuse.
L’acuité visuelle de l’œil droit a gagné quelque peu après l'entrée de la malade. Celle du gauche au contraire a toujours décliné. Comme les douleurs s’exagèrent, on pratique une ponction de l’œil gauche, ce qui ne donne aucun résultat favorable. Peu après le décollement devient très prononcé des deux côtés et les tumeurs augmentent de volume.
Quelques semaines plus tard, l’acuité se réduit à la perception lumineuse et à ce moment on apercoit à la surface du néoplasme une circulation propre. La pupille gauche devient irrégulière principalement en bas. Le cristallin est resté transparent.
Le 6 décembre 1883, la malade quitte la clinique. À ce moment on note des photopsies et une diminution du tonus à gauche. Dans le cou-
rant de janvier 1884, la patiente, d’après les renseignements fournis par une de ses amies, devint complètement amaurotique et mourut quelque temps après.
OBSERVATION VI. — Sehaprinmger, The amer. Journ. of ophthalmology, octobre 1888.
Femme 51 ans, opérée en octobre 1885 d'un cancer du sein droit dont elle souffrait depuis longtemps. Les ganglions de l’aisselle furent enlevés.
En août 1887, sans qu’il y ait eu de récidive locale, l’acuité visuelle baisse à gauche à tel point que les objets ne sont vus que sur les côtés. En même temps, on constate un épanchement pleurétique à droite.
Le 30 octobre 1887, on pratique l'examen ophtalmoscopique. L'œil droit est normal. Sur le gauche, on constate les particularités suivantes : la pupille est paresseuse. Les milieux sont parfaitement transparents. Dans la partie centrale et-du côté temporal dans l’étendue de 4 diamètres papillaires, le fond de l'œil est légèrement décoloré et présente une saillie de 3,5 d. Cette saillie est parcourue par de fins vaisseaux néoformés et parsemée de taches pigmentaires. Vers la partie inférieure, la rétine est décollée. En 14 jours, la tumeur de forme aplatie a considérablement augmenté ainsi que les vaisseaux de nouvelle formation et le pigment. Le décollement s’accentue et la mort survient le 27 décembre 1887. L'aspect extérieur, la mobilité et la tension du côté gauche ne subirent aucune modification jusqu’à la fin.
A l’autopsie, on reconnut une métastase dans les poumons et le foie. Le cerveau, les reins et les organes du bassin ne furent pas examinés. Sur une section du bulbe on pouvait voir en dehors de la papille un décollement rétinien étendu. Les couches de la rétine sont bien conservées. La choroïde offre au niveau de la tumeur un épaississement de deux sclérotiques et est transformée en tissu carcinomateux. Vers la périphérie jusqu’à l’ora serrata, cet épaississement diminue. La papille et le nerf optique ne sont pas atteints. Schapringer ne donne pas de détails sur les vaisseaux. Il se borne à signaler qu’ils contiennent quelques nids de cellules carcitomateuses et des hématies.