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OgservaTION VII — @Gayeté, Arch. d'opht., p. 205, 1889.
Homme 30 ans, maréchal ferrant entré dans le service en septembre 1889. .
A 26 ans, alors qu'il était dans les colonies, il eut quelques accès de fièvre qui ébranlèrent peu sa santé. Le chef de clinique en fit un alcoolique.
L’œil droit est complètement amaurotique, injecté et glaucomateux. Les douleurs s’exaspèrent la nuit. A l’ophtalmoscope, on constate un décollement rétinien en convolvulus, ce qui fait penser à une tumeur choroïdienne.
Enucléation le 14 septembre 1889.
Examen. — Tumeur large, aplatie, de forme lenticulaire, touchant le nerf optique par son côté externe. La coupe est blanche et présente à la loupe des marbrures avec des lobes arrondis sur fond grisätre.
Au microscope, la structure est celle d’une glande en tubes avec couches d’épithélium cylindrique plus ou moins allongé et à noyaux très nets. Ces tubes isolés ou groupés sont plongés dans une gangue fibreuse qui les sépare.
La tumeur s'avance dans les lamelles de la choroïde par des prolongements autour des gros vaisseaux et dans les espaces interlamellaires. Enfin en un point très restreint, on constate une disparition relative des cellules épithélioïdes et des travées fibreuses, ce qui fait supposer un néoplasme de nature carcinomateuse.
En examinant le malade plus en détails, on trouve que les vomissements qu’il accuse se sont parfois accompagnés d’hématémèses. La région épigastrique est douloureuse. Tuméfaction nettement observée ; foie sensible ; dyspnée manifeste. Le malade est envoyé dans un service de médecine, Etat cachectique. Coloration normale de la peau ; pas de teinte subictérique. Douleurs vives au niveau du foie et de l'estomac. Déglutition difficile ; vomissements fréquénts; pas d’hématémèses ; quelquefois des stries sanguines. Foie hypertrophié ; on ne sent pas de nodosités, Rien au cœur et aux poumons.; pas d’œdème, ni d’ascite.
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L'état s'aggrave rapidement ; amaigrissement, réapparition des douleurs de tête du côté gauche.
Mort subite pendant la nuit; mœlena provenant d’une hémorrhagie probable.
Auropsie. — L’estomac forme une {tumeur du volume du poing, adhérente aux parties profondes surtout en arrière et du côté du cardia, A la coupe, parois épaisses de 0,03 cent., fournissant du suc au raclage. Intestin gonflé et rempli de sang noir. Foie parsemé de noyaux multiples. Rien à la rate et aux reins. Un peu de pleurésie à droite ; noyau dur à la base du poumon droit,
L'examen histologique montre que la choroïde a été envahié par un tissu composé de cellules épithélioïdes infiltrées dans les éléments normaux et particulièrement autour des vaisseaux qu’elles ont oblitérés. Ce tissu affecte la forme tubulée et n’a provoqué que très peu d’inflammation au niveau des bords. Dans d’autres points, l’irritation est plus grande et les cellules embryonnaires nombreuses sont mélangées de cellules pigmentaires plus ou moins altérées. Les régions plus avancées qui constituent les marbrures blanches présentent des glandes parfaitement conformées, semées dans un tissu fibreux de nouvelle formation. Les tubes glandulaires sont composés d’une rangée unique de cellules d’épithélium cylindrique serrées les unes contre les autres, remarquables par leur coloration et la présence d’un noyau très foncé. En certains points l'ordonnance des anses épithélioïdes avec les travées fibreuses rappelle tout à fait la structure du carcinome.
Dans l'estomac on trouve des cellules épithélioïdes au milieu d’un tissu fibreux hypertrophié et sclérosé. Par places, elles affectent une
forme lobulée.
Foie. — Edification glandulaire évidente ; disposition lobulée plus
manifeste.
Poumon. — Altérations analogues à celles de la choroïde ; lobules contournés embrassant dans leurs sinuosités des vaisseaux ou des es-
paces cavitaires.
Ainsi que le faitremarquer Gayet, il y a tout lieu de croire que la tumeur choroïdiennen’estqu’une manifestation éloi-
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gnée du cancer de l’estomac. En effet ces tubulures larges et béantes: tapissées d’éphitélium cylindrique rappellent les glandes en tube de l'estomac. D'un autre côté la marche du mal ferait d’une affection de nature glandulaire le pire des carcinomes, puisqu’à peine né dans l’œil, il aurait envahi les viscères, ce qui est contraire à ce que nous savons sur l’évolution des tumeurs. Enfin le néoplasme glandulaire n’a pu se développer dans la choroïde, attendu que cette membrane ne contient aucun élément de cette nature.
Kamocki en 1886 remit à Gayet de Lyon et à Puech de Bordeaux deux préparations d’une tumeur glandulaire de la choroïde à forme acineuse provenant de l'œilénucléé d’un jeune et vigoureux paysan. Mais ici, Croyons-nous, on ne peut songer à une métastase. C’est également l’opinion de Kamocki qui a cherché à interpréter ce fait par la pénétration d'un élément glandulaire lacrymal dans l'œil incomplètement fermé. Cette idée fut d’ailleurs approuvée par Weigert de Francfort.
OBseRvATION VIII. — Selawléze, Arch. f. Augenh., XXI., p. 319, 1890.
Femme de 34 ans entrée le 12 juillet 4888 dans le service de Scheweigger. Depuis trois mois son œil gauche est affaibli et est devenu le siège de douleurs et de larmoiement. Les névralgies suivent le trajet du trijumeau. Extérieurement les deux yeux ne présentent rien d’anormal, La vision égale 5/6 à gauche et 1 à droite.
A l’examen ophtalmoscopique, on constate à gauche un décollement rétinien en haut et en dehors distant du disque optique de deux diamètres papillaires. Au point décollé, il n'apparait ni tumeur, ni rupture de la rétine. Rétrécissement du champ visuel en bas et en dedans. Tonus normal. Le diagnostic fut celui de tumeur probable.
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Un an auparavant, Bergmann avait enlevé chez cette femme un carcinome du sein droit ainsi que les ganglions de l’aisselle.
Le 3 septembre 1888, le décollement est complet et la vision nulle sans photopsies. Pupille mydriatique avec absence de reflexes physiologiques. La partie supéro-interne du globe offre une injection rappelant celle de l’épiscléritis. Les douleurs oculaires diminuent ; mais en revanche, la malade se plaint de violentes névralgies dans la tête à gauche et dans les membres supérieur et inférieur correspondants. Le 4 septembre, énucléation. Le 15, sortie avec œil artificiel. Les membres deviennent de plus en plus douloureux et en même tempss’atrophient. Comme les nerfs périphériques ne semblent pas directement affectés, on pense à une carcinose du canal vertébral. Le 12 octobre 1888, la malade meurt de paralysie médullaire. L’autopsie ne fut pas faite, mais on a vu que l'œil droit était resté sain.
A l'examen de l'œil énucléé, on ne trouva aucune altération de la cornée, de la chambre antérieure, de l'iris, du corps ciliaire et du segment antérieur de la choroïde. La rétine est entièrement décollée et le vitré atrophié. Sous la membrane nerveuse, il existe du liquide rempli d'exsudats coagulés par les réactifs.
A la partie supérieure de la choroïde, on apercoit une tumeur aplatie, intimement adhérente à la sclérotique. Elle commence à 4 mm. en arrière du corps ciliaire, s’épaissit progressivement et aboutit à l'entrée du nerf optique qu’elle refoule en partie. Sa face cavitaire est légèrement rugueuse et de couleur noire. Elle mesure d’avant en arrière 19 mm. environ, 16 transversalement et-5 dans sa plus grande hauteur. Tout autour, elle se termine en mourant sur la choroïde saine.
Du côté opposé, c’est-à-dire en bas, il existe une masse de même nature, indépendante de la précédente, également aplatie et de forme lenticulaire. Elle offre 5 mm. de diamètre et 2 d'épaisseur.
L’examen microscopique démontre que la face libre du néoplasme est partout tapissée par le pigment rétinien. Les cônes et les bâtonnets sont assez bien conservés et Le nerf optique, quoique comprimé, n’est nulle part envahi. La sclérotique infiltrée est perforée sur un point. Quant à sa structure, la tumeur est constituée d’un stroma conjonctif fin contenant dans ses larges vacuoles des amas de cellules volumineu-
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ses. Celles-ci irrégulièrement polygonales possèdent un ou plusieurs noyaux ne se colorant que faiblement par l’hématoxyline. Elles mesurent de 10 à 50 c. Outre les fibres de tissu conjonctif pourvues de noyaux fortement colorés en brun, le stroma présente quelques cellules pigmentées identiques à celles de la choroïde. Il est pauvre en vaisseaux, excepté à la limite du tissu choroïdien. Au centre de la masse, il existe des points nécrosés et des foyers apoplectiques les uns frais, les autres anciens.
Même structure pour la petite tumeur, sauf qu'on n'observe aucun
foyer de nécrose.
De cette description, il ressort que les deux tumeurs constituaient deux carcinomes choroïdiens par métastase. L’auteur rapproche son cas de la seconde observation de Hirschberg, à cette différence près qu'ici le néoplasme avait perforé la sclérotique. |
OBservarTion IX. — Kwväimg, Arch. f. opht., XXXVI, 1, p. 120, 1890.
Demoiselle de 32 ans observée en octobre 1887. Dès le commencement d'août, la vision de l’œil droit devint défectueuse. L'oculiste qui la soigna constata un décollement progressif de la rétine.
En septembre, exagération du tonus avec aplatissement de la chambre antérieure, signes qui font penser à une tumeur choroïdienne. A la partie externe de la chambre antérieure on aperçoit une petite saillie gris rougeâtre provenant de la base de Piris et que l’on envisage comme un simple prolongement d’une néoplasie du corps ciliaire. L'ophtalmoscope démontre un large décollement rétinien.
OEil gauche normal comme aspect et fonction.
En novembre 1887 énucléation du droit. Guérison rapide, sortie au neuvième jour avec œil artificiel.
Lors du séjour de la malade à l'hôpital on constate à la mamelle gauche un cancer de la grosseur d'une pomme. L'ablation n’estpas acceptée.
Vers la fin de décembre, la patiente revint avec un affaiblissement
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de l’œil gauche. A l’ophtalmoscope on trouve un décollement de toute la moitié inférieure de la rétine, V = 1/10, Tonus + 1. Le diagnostic porté fut celui de tumeur métastatique. L'état général devint rapidement mauvais et des vomissements survinrent.
L'examen de l'œil droit antérieurement énucléé permet de constater un décollement total de la rétineetun épaississement de la choroïde de 2 mm. environ, depuis le nerf optique jusqu’à l'équateur.
Une moitié du globe est placée dans une solution de chromate de potasse, l’autre dans l'alcool.
Sur des préparations histologiques faites par Heller de Kiel on voit que l’épaississement du tractus uvéal est formé d’un stratum alvéolaire rempli de nids de cellules pressées les unes contre les autres. Elles se caractérisent par leur aspect variable, le volume de leur noyau et la densité de leur protoplasma. Dans plusieurs alvéoles, elles sont au centre à peu près détruites. D'autres se présentent en mouvement karyokinétique. Dans l’artère centrale, la supra-choroïde, la chambre antérieure et l’espace rétro-iridien, on rencontre cà et là au milieu d’amas leucocythiques de grosses cellules vésiculeuses à noyau volumineux. Elles mesurent jusqu'à 67 p. L’iris également épaissi dans sa portion externe offre les mêmes alvéoles et les mêmes cellules. Le corps ciliaire n’est atteint que par places.
Rien de particulier du côté de la rétine décollée, sinon qu'elle est altérée comme d'ordinaire et que son épithélium reste adhérent à la choroïde.
Evwing pense que sur l'œil gauche des altérations analogues doivent exister. Pour lui les deux lésions dérivent du néoplasme mammaire.
OBsERvATION X. — Ch. Guende, Recueil d'ophtalm., juin 1890.
Mme X. 54 ans employée à l’Opéra-Comique se présente à la clinique de Despagnet le 14 novembre 1880.
Elle se plaint de troubles visuels survenus dans l'œil droit à la suite
d’un traumatisme (coup de parapluie).