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prononc('‘s dans les angiomes en voie de croissance active ; ils sont au contraire atténués dans les angiomes définitivement fixés, tels que les angiomes du foie, qui se préscnlenl plutôt comme des ectasies vasculaires simples que comme des tumeurs vasculaires Inversement, des tumeurs formées de capillaires dilatés, tapissés à leur face interne de grosses cellules cubiques ou cylindriques, riches en protoplasma, et renfermant dans leur cavité des globules sanguins, constituent une forme d'endotliéliome, éventuellement maligne, qui se rencontre dans les os, dans les reins, présentent une apparence vaguementadénomateuse, d’où le nom d’angio-épithéliome que leurdonne Marchand, et sont capables de donner des métastases, principalement dans le poumon.

Cette forme maligne et bien typique confine aux formes atypiques que nous décrirons comme sarcomesalvéolaires et sarcomes à cellules rondes.

Plus souvent, le développement néoplasique, au lieu de se faire aux dépens de l’endothélium interne des vaisseaux, se fait en dehors •du vaisseau et aux dépens des éléments de sa paroi externe.

Aussi Lubarsch divise les hémangio-sarcomes en intravasculaires ■et périvasculaires, et ces derniers méritent en eflet de constituer une classe à part, les périlhé Homes, nom sous lequel une partie d’entre eux ont déjà été décrits.

Périthélîomes. — Ce sont des tumeurs manifestement vasculaires, dans lesquelles la paroi vasculaire est néoplasique, et même constitue uniquement le néoplasme, mais se trouve néanmoins séparée de la cavité sanguine par une couche endothéliale régulière, d’apparence normale et non néoplasique, tandis que dans les endothéliomes les cellules néoplasiques elles-mêmes, ordonnées en paroi vasculaire, limitent les cavités sanguines. Ces tumeurs ont été décrites sous les noms d’angiosarcome i Kolaczeck), d’angiosarcome plexiforme (Waldeyer), de sarcome tubuleux, d’endotliéliome périvasculaire, d’angiosarcome périthélial, et certaines formes rentrent également dans les myxosarcomes et les cylindromes. Le nom de périlhéliome vient de leur origine supposée aux dépens de cellules dites périthéliales et telles qu’Eberth en a décrit autour des vaisseaux de la pie-mère, cellules polygonales ou étoilées formant une membrane en mosaïque autour de l'adventice. Waldeyer et Sertoli ont trouvé de semblables éléments dans les glandes coccygiennes ; Fallaufdans la glande carotidienne. Des périthéliums ont été également rencontrés dans les vaisseaux de la glande pinéale, des surrénales, des mamelles, des glandes salivaires (Eberth, Arnold, Sertoli, Luschka, V. Drunn), du testicule (Ebner, Leydig, Ilenle, Kolliker, Holl).

Ces éléments sont assimilés par Eberth aux endothéliums, et la chose est surtout admissible pour les périthéliums qui tapissent une cavité périvasculaire. Ils ontencoredes rapports intimes avec lescel-

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Iules inlerslitielles (|ui exislent dans un certain nombre d'organes. Au reste, le développement et la |>lace hislologiipie exacte du périlhélium ne sont pas encore exactement fixés. Mais si, entant (pi'élémenls normaux, les péritliéliums ne constituent peut-être pas un ty[>e cellulaire parl'ailement défini, la forme néoplasi(|ue à laquelle nous donnons le nom de périthéliome présente une originalité assez grande pour justifier un groupement à part, et ce nom. qui indique à la fois l'analogie avec les endothéliomes et la situation périvasculaire du néoplasme, nous parait parfailcmenl représentatif de la forme morbide en question ( 1 ).

Les périlhéliomes ont été rencontrés dans les membranes du cerveau, les séreuses, la glande carotidienne, les capsules surrénales, la choroïde, les ovaires, les reins, la mamelle, les muscles, les paupières, le nerf optique, etc.

Ils présentent une assez grande variabilité morphologique pour qu'une description d'ensemble en soit difficile. Au surplus, la description de quelques tumeurs que nous avons observées donnera mieux idée de cette l'orme de néoplasies.

Tumeurs de volume variable, vasculaires, avec hémorragies interstitielles et, quand elles sont volumineuses, zones de dégénérescence étendues. Elles sont en elTet mal nourries malgré leur abondante vascularisation.

Le développement néoplasique se fait au niveau de vaisseaux capillaires volumineux, ramifiés et anastomosés, et qui vraisemblablement ne sont pas préformés, mais se développent en même temps que la tumeur s'accroît. Ces néo-vaisseaux sont constitués par une couche endothéliale régulière et d'apparence normale, dont les cellules ne présentent aucune tendance hyperplasique; celle-ci est doublée d’une couche conjonctive parfois extrêmement mince et sur laquelle s’implantent directement les cellules néoplasiques; le néoplasme est donc périvasculaire et c’est ainsi que le périthéliome se distingue nettement de l’endothéliome. Les cellules néoplasiques présentent des apparences variables selon les cas : fréquemment elles sont disposées sur une seule couche et, en raison de leurs apparences épithélioïdes, simulent assez exactement un revêtement d'épithélium cylindrique régulier, que l'on est surpris, tant est grande l’analogie, de voir affecter ainsi une disposition exactement périvasculaire, et aux gros-

(1| lîortsT, Tu meurs. — Paltauf, Des tumeurs de la glande carotiilienue (Zfefyter’s Beitriige, 1892). — Vo^ Hlini.eth, Beitrage zur Ilistnlugïc der Peiïthelioma Glandulie CavoUcic {Ce nlralbl ni l /'. allg. Pat h. u. palli. A nnl.. 1900). — Mai.inowsk y, Néoplasme du ganglion carotidien (^'of. yy/ns/ot. de Pieff, 1897. Anal, in Heiuie des mnl. rancéi eiises, 1900). — ItECi.us, Tumeur développée aux dépens du cor|)usculc l'étrocarolidicn (.Soc. de chir., 1.1 mai 190.1). — KnuKENnEiiG, Beitiage zur Kenntniss der Peritlielioma Ovarii (Ze(t5c/ir, /'. Geh.u. Gi/aa/,-., Bd. XLI). — Steixhai s, Einigeseltenere Formen und l.ocalisationen von Sai'komen (Centralhln II /'. nllg. Pnlh. ii . palh. Anat., 1900). — IIaxke, Peritlicliom des l.ides bei -Xci-oderma pigmenlosum { \ irchow’s. Archiv, Bd. C.XLVIII).

P. MENETRIER. — LE CANCER.

sissciiionls faibles, quand la couche endolliéliale inlerne n’esl pas nellemenl visible, il semble que des cavités tapissées d’épithélium cylindrique sont remplies de globules rouges. Telle est l’apparence babilnelle du périthélionie des centres nerveux, des plexus choroïdes notamment.

Périthéliomes des capsules surrénales. — Une volumineuse tumeur de la capsule surrénale, rencontrée chez un homme de quarante-huit ans mort de bronchopneumonie dans notre service, nous a présenté un remarquable exemple de périthéliome, assez rare pourmériter une description un peu plus détaillée.

La tumeur, qui surmontait le rein gauche, occupant la place de la capsule surrénale de ce côté, était du volume des deux poings, irrégulièrement arrondie, et entourée d’une sorte de capsule conjonctive très vasculaire, adhérente au rein, qu’elle déprimait; elle ne se confondait cependant pas avec son tissu, en restant séparée par sa capsule conjonctive.

En coupe, son tissu mou, friable, très vascularisé, présentait des apparences variées selon les points considérés : des parties jaunes, graisseuses, vaguement lobulées, rappelaient absolument l'apparence des adénomes graisseux surrénaux; d’autres parties, d’un blanc jaunâtre, plus friables, ramollies, semblaient en dégénérescence caséeuse. Mais la plus grande partie de latumeur était formée d’un tissu assez semblable à la pulpe splénique, avec une teinte moins lie de vin, plus brune, d’un rouge brun clair, mou, friable, et comme imbibé de sang, par places môme nettement hémorragique.

Deux ganglions du volume d’une noisette, situés au voisinage de l’aorte, présentaient une apparence semblable.

La capsule surrénale droite était saine, et le malade n’avait du reste présenté aucun des symptômes de la maladie d’Addison, et notamment pas de pigmentation. 11 était très amaigri, cachectique même, mais sans rien de spécial dans sa cachexie. A l’examen histologique, les parties d’apparence graisseuse présentent en etlet les lésions de l’adénome graisseux surrénal, cellules à petit noyau fortement coloré, remplies de graisse, tassées, en lobules ou en tubes courts. Ce sont les parties rouges qui montrent les lésions néoplasiques du type péritbéliomateux.

Le tissu est formé d'un réseau de volumineux capillaires remplis de globules rouges et dont les parois, limitées du côté de la cavité vasculaire par un revêtement endothélial régulier, doublé d’une mince couche conjonctive, sont principalement formées par des cellules allongées, rappelant l’apparence des épithéliums cylindriquesetimplantées perpendiculairement sur la couche conjonctive (pii double l’endothélium, de manière à former une radiation divergente tout autour de l’axe vasculaire (lig. t)i et Uô).

A de forts grossissements, ces cellules néoplasiques sont de forme

CANCERS DES TISSUS CONJONCTI VO-VASCÜLAIRES. 13 — 'i.T.)

inlermédiaiiT cnlro les cellules cyliiulriiiues de type é|)illiélial el les cellules eu fuseau de ly|)e conjoiictif. Leur corps proloplasinupie, Irès allongé, s'iin])laule par son exlrémilé eflilée sur la mince couche conjonctive qui forme la paroi vasculaire; leur corps se renlle à l’exlrémilé opposée oii se trouve le noyau. Cescellules sont de hauteur inégale, de manière que leurs noyaux élagés représenlent, selon

Fig'. 94. — PériLhéliome de la capsule surrénale (Menelrier).

Les cellules néoplasiques, de forme allongée, sont implantées radiairement sur la paroi externe des capillaires sanguins, simplement limités par une couche endothéliale. Chaque capillaire est ainsi engainé de cellules nco])lasiques qui lui adhèrent, et celles-ci ne se continuent ])as avec les masses cellulaires voisines, auxquelles elles restent simplement contiguës.

A, A', capillaire sanguin plein de globules et limité par une couche de cellules endothéliales; B, paroi du capillaire obliquement coupé; C, C', cellules périthéliales disposées ladiaircment autour du vaisseau. (Grossissement: 317f>.)

les points, deux, trois ou un plus grand nombre de couches superposées. Les noyaux sont ronds, ovoïdes ou irréguliers, avec réseau chromatique délicat, et nucléoles peu distincts.

Et la tumeur est ainsi formée de tubes vasculaires juxtaposés, à parois néoplasiques, dont l'apparence varie selon les incidences de la coupe; vus en longueur, ils présentent un double revêtement de cellules allongées; en travers, une irradiation stellaire tout autour du

4'i0 1'. MENETHIEK. — LE CANCEIL

vaisseau; les tubes se joi^''nenl tout en restant distincts les uns des autres.

("e tissu, vraisemblablement très fragile, est le siège d’hémorragies nombreuses et d’èges divers ; dans les plus anciennes, la matière colorante du sang passe à l'état de granulations pigmentaires, se rencontre non seulement à l’état libre au milieu des éléments dégénérés des foyers, mais se trouve aussi au voisinage, pénétrée dans les

Fig. 9S. — Péritliéliome de la capsule surrénale (Menetrier).

Meme lumeur que la ligure 9i à |ilus fort grossissement.

La paroi du capillaire sanguin est formée d’un revêtement de cellules endolhélitilcs doublé d'une mince couche conjonctive. Sur les fdjrillcs de celte couche s'insèrent les cellules périthéliomateuscs par leur extrémité cftilée. En s’en écartant jierpcndicnlairemcnt à la direction du vaisseau, elles se renllent en massue à dill'érentcs hauteurs et présentent un noyau irrégidier, souvent hypertrophique au niveau de cette portion renllée.

A, cellules ])érilhéliomateuses implantées sur la paroi externe du caiiillaire; B, couche conjonctive de la paroi capillaire avec les noyaux de ses cellules; C, endothél.um vasculaire; D, globules sanguins. ^Grossissement : 800D.)

cellules néoplasiques, qui sont ainsi remplies d’un pigment manifestement d’origine sanguine et bien distinct du pigment noir des néoplasmes mélaniques. Ces cellules sont en outre, et par places, infiltrées de granulations graisseuses en grande abondance.

L’ap[>arence si spéciale des cellules, leur disposition régulièrement périvasculaire, leur implantation sur la membrane interne du vaisseau, tout nous indique ([u’il s’agit là d’une formation néoplasique spéciale, développée aux dépens de la paroi externe du vaisseau, et s’étendant avec les nouveaux vaisseaux, dont la multiplication

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amène l’accroissement île la lumeiir. C'est donc bien un péril héliomo, et un périHiéliome malin, cancéreux, comme le prouve l’existence de métastases ganglionnaires où une alléralion semblable se rencontrait. Le fait que des parties de la tumeur présentaient la structure de l’adénome graisseux surrénal rend probable le développement secondaire du périHiéliome aux dépens de ca|)sules déjà adénomateuses, et sans qu’il soit possible d'établir plus précisément le rapport qui peut unir ces deux altérations, qui semblent au premier abord d’ordre ditïérent; pourtant nous sommes encore trop peu fixés sur la nature des cellules de la capsule surrénale pour être sûrs (pi’il n’y a pas une parenté plus intime entre ces deux sortes d’altérations. La nature épithéliale des cellules des capsules surrénales est en elTet contestée par beaucoup; Beneke, Lubarsch rangent dans les néoplasies conjonctives les tumeurs des capsules surrénales. Ribbert, qui, au contraire, en fait des éléments épithéliaux, a décrit une tumeur des capsules où la disposition périvasculaire était particulièrement nette. Les cellules étaient, il est vrai, d’un type trop dilïérent de celles que nous venons de décrire pour que, sur la seule vue de ses figures, nous puissions faire l’assimilation de son cas au nôtre. Le rapprochement mérite néanmoins d’être signalé.

Périthéliomes de l’ovaire. — Le périHiéliome de l'oraire se présente également comme une tumeur de grande malignité. Dans le cas sur lequel nous basons notre description, et que nous avons observé chez une femme de soixante-quinze ans morte de cachexie, il y avait des métastases dans les poumons et dans le foie, et ce dernier organe en était même tellement rempli que, malgré son énorme augmentation de volume, il pesait plus de 3 kilogrammes, c’est avec peine que l’on pouvait retrouver traces du parenchyme normal, tout étant étoutl’é par l’exubérance du cancer. La tumeur |)rimitive, développée dans l’ovaire gauche, du volume d’une tête d’enfant, était mi-solide mi-kystique. Les parties solides étaient formées d’un tissu jaunâtre vaguement lobulé, paraissant pour la plus grande partie en dégénérescence caséeuse. Trois ou quatre kystes des dimensions dé petites pommes renfermaient un liquide citrin, d’un jaune intense. Le ligament large et la portion avoisinante de l’utérus étaient envahis. Les ganglions iliaques et péri-aortiques étaient tuméfiés et néoplasiques. A l’examen histologique (fig. üfi et 97), on trouve dans le tissu de la tumeur, en majeure partie dégénéré, des amas cellulaires formant la paroi de cavités sanguines qui paraissent être des capillaires énormément et irrégulièrement dilatés. A de plus forts grossissements, la cavité vasculaire, pleine de globules, est nettement limitée par une couche endothéliale régulière et d’apparence normale. Ce revêtement repose sur une mince lame conjonctive qui est immédiatement doublée par une rangée régulière de cellules de forme généralement cylindrique, perpendiculairement implantées sur celte paroi. Dans

quelques points ((ig. R7), celle couche reste unique, niais le plus souvent il y a en dehors un nombre plus ou moins grand de cellules arrondies ou polyédri(|ues l'ormanl une paroi périvasculaire assez épaisse. Les cellules les plus périphériques présentent des

Kig-, 96. — Périlhéliunie de l'ovaire ^Ménétrier).

Grosse tumeur de l’ovaire renconti'ée chez une femme de soixante-quinze ans et s'accompagnant de métastases dans les ganglions et dans le foie qui, énorme, pèse 3 kilogrammes. La tumeur ovarique est partie solide, avec zones dégénératives étendues, d’apparence caséeuse, partie kystique, en poches petites, à contenu citrin.

Surles coupes, on voit le tissu néoplasique disposé en îlots perdus dans de vastes étendues de tissus complètement dégénérés. Dans ces îlots, les cellules cancéreuses sont disposées en revêtements périphériques autour de x aisseaux sanguins volumineux et dont les jiarois, extrêmement minces, sont presque réduites à leur endothélium. Les cellules néo]ilasiques sont en couche mince ou épaisse, irrégulièrement, parfois même sur une seule rangée d’éléments vivaces, et tout autour le tissu entièrement dégénéré ne présente plus de formes cellulaires reconnaissahles.

A, A', A", gros capillaires sanguins remplis <.1^^ globules rouges; R, R', R", couche néoplasique périthéliomateuse ; C, G', tissus dégénérés. (Grossissement : 40i'.)

ànclices de dégénérescence, pyenose du noyati, etlVilement dti protoplasma, et le tissu (|ui les environne est complèlemenl dégénéré, les idéments n’étant plus reconnaissables pour la plupart, mais par places cependant on retrotive dt's ligures de manchons périvasculaires correspondant à des groupes semblables complèlemenl dégénérés.

Les cellules néoplasiques, surtoul dattsla couche inlerne immédia-

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piM'i-endolliéliale, rappellcnl assez bien le type épithélial et se ■rapprochent de la forme cylindri(pie ; leur noyau rond, ovoïde ou irrégulier, présente un ou deux nucléoles et un réseau chromali(|ue assez serré. A la périphérie, leur forme devient plus irrégulière. Elles ne correspondent du reste à aucun type épithélial normal de la région et, d’autre part, la disposition périvasculaire constante dans tous les points du néoplasme impose également ici l’appellation de jiérithéliome.

Périthéliomes de la choroïde. — Les tumeurs déciâtes comme angio-

Fig. 97. — Péi’ilhéliome de l’ovaire (Mciietrier).

Un point delà jiréparation représentée figure 96 à un plu.s fort gro.ssissenient.

Les cellules néoplasiques, ici rangées sur une seule couche, sont de l'oi nic allongée, i^rismatique, ou même vaguement cylindriques ; elles sont disposées per|jen- ■diculairement à la ])aroi vasculaire, s'insèrent par leur extrémité la plus mince sur la face externe de la membrane endotliéliale qui seule les sépare du contenu sanguin, et se rendent en massue à la périjahérie.

A, A', couche de cellules périthéliomateuses ; B, B', lame endothéliale du capillaire sanguin ; C, globules rouaes ; D, zone de tissus dégénérés dans laquelle se rencontrent des leucocytes F, E' en diapédèse. (Grossissement : 800D.)

sarcomes, sarcomes tubuleux de la choroïde (Lagrange, Panas et Rochon-Duvignaud, Waldeyer, Kolaezeck, Gaultier, Fuchs), sont également à ranger dans les périthéliomes (1).

La tumeur, aux faibles grossissements (fig. 98), jtaraît en effet iormée de tubes à parois épaisses, diversement anastomosés, se tou-

(1) I.aouanoj;, Traité des tumeurs de l'œil, de l’orbite et de ses annexes. Paris. 1901 , — Panas et BocuoN-Dt'vioNAUi', Hecherches anatomic[ues et cliniques, etc. — Koi.ac.ziîc.k, L’eber das Angiosarkom (Deutsche Zcilschr. /'. Chir.,. — Fucus, lier Barkom der Uvealtractus. Wicn, 1SS2.

clianl sans se confondre à la périphérie el renfermant du sang dans leur cavité. Ce sont en elVet des vaisseaux sanguins, qui pour leur contenu et pour leur paroi interne ne dilïerent nullement des capillaires ordinaires; une couche endothéliale régulière et normale limite la cavité cl repose sur une très mince couche conjonctive; mais toute la paroi externe est néoplasique et formée de plusieurs couches de cellules allongées, se dirigeant perpendiculairement à la surface du vaisseau, s’implantant sur la couche fibreuse comme les cellules du périlhéliome surrénal, mais se présentant beaucoup plus nombreuses et pour beaucoup avec une forme de fuseau, el un noyau ovoïde rappelant l’apparence du sarcome à cellules fusiformes. 11 en résulte sur les coupes transversales une figure néoplasique irradiante périvasculaire. Ces éléments sont souvent pigmentés, et, autant qu’il nous a paru, ils peuvent l’être de deux manières, soit parce que, pourvus de la fonction pigmentaire, ils constituent un néoplasme réellement mélanique, el l’on peut ainsi ajouter un type périlhéliomaleux aux tumeurs mélaniques de l’œil, soit encore parce que, sous l’influence du processus néoplasique se développant à leur voisinage, les cellules pigmentaires de la région et surtout l’épithélium pigmenté de la rétine subissent une altération hyperplasique avec hyperproduction pigmentaire el diffusion consécutive de ce pigment dans les cellules néoplasiques, dilVusion qui, ainsi que nous l’avons précédemment indiqué, est un phénomène commun dans les néoplasies pigmentaires.

Périthéliomes de la glande carotidienne. — Les périthéliomes de la f/lande carotidienne ont été des premiers décrits. Ils représentent un type un peu différent des précédents. Ces tumeurs se développent au niveau de la bifurcation des carotides, entre les vaisseaux et en arrière. Leur croissance est assez lente. Elles peuvent atteindre les dimensions d’un œuf de poule. Elles peuvent récidiver après ablation. Histologiquement, elles sont constituées par un réseau capillaire à mailles serrées, renfermant de grosses cellules arrondies et polymorphes, à proloplasma abondant, d’apparence épithéliale, ou des masses cellulaires ordonnées autour de l’axe d’un vaisseau et formant un tissu alvéolaire.

Les éléments cellulaires de la glande carotidienne présentent la plus g rande analogie avec les cellules interstitielles des glamles, du testicule notamment; leurs néoplasies doivent également être rapprochées.

Formes atypiques des néoplasies endothéliales. — Sarcomes alvéolaires. — Sarcomes à grandes cellules rondes.

— Après ces formes typiques ou mélalypiqnes des endolhéliomes et des périthéliomes, nous considérerons comme formes atypiques des mêmes néoplasies les tumeurs habituellement décrites sous les noms de sarcomes alvéolaires (Hillroth), sarcomes à grandes cellules rondes^

CANCERS DES 'I ISSUS CONJOXCTIVO-VASCULAIRES. 13 — 'i'i5

Eig. 98. — Périllicliomc de la choroïde (Menelrier).

D’après imc tumeur de l’œ.l enle' ée ])ar Moiillnis.

La tumeur, développée au.\ dépens de la choroïde et insérée sur la partie j)Ostérieure de l'œil, formait une masse compacte remplissant entièrement la chambre postérieure, très vasculaire, entourée d'e.vsudats hématiques et semée de ]30ints hémori’agiqucs et pigmentés.

Le tissu en est constitué par des tubes ou manchons néoplasiques péri\ asculaires. .sectionnés soit en travers, soit en long, suivant les incidences de la coupe, et corres- ])iindant ainsi à une sorte de réseau. Ch icun présente à son centre un ca|)illaire dont la paroi endothéliale est doublée d'une mince couche conjonctive, sur laquelle sont insérées radiairement des cellules fusiformes, en couches multi|)les. Ces cellules forment ])ar leuragglomération une membrane épaisse, dont tous les éléments, dirigés per])endiculairement à la jinroi vasculaire, irradient au |)Ourtour, en masse compacte, nettement limitée, et sans scconfondreaucunement avec les masses similaires avoisinantes. La néo])lasie est donc nettement ]iérivasculaire. Dans les interstices des tubes périthéliomateux, le tissu pigmenté de la choro'ïde a proliféré. Mais il y a aussi par places formation de pigment dans les cellules fusiformes |)érivasculaii'es. Ces cellu:es fusiformes présentent d'ailleurs une stiucture très semblalile à celle des éléments du sarcome du tissu conjonctif commun, noyau arrondi, iirotojilasina eflilé à ses extrémités; elles sont seulement généralement plus Unes.

A, A', A", capillaires pleins de globules sanguins et dont la paroi est formée d'une couche endothéliale doublée ])ar une mince membrane eonjoncii velî, I!'. R", sur hnpielle sont implantées radiairement des cellules fusiformes en couches multiples C, C', D, D', cellules ])igmentées du tissu choro'ïdien proliféré.

(Grossissement : 97i’.)

r. MENETHIEK. — LE CANCER.

et qui nous paraissent être en réalité des endolhéliomes diffus, mais oii l’on peut cependant retrouver dans les connexions vasculaires l’indice du tissu normal dont elles dérivent.

Ces tumeurs, dont l’apparence macroscopi(|ue est celle de l’encéphaloïde, molles, pulpeuses, blanchûtres, grisâtres ou légèrement rosées, sont histologiquement formées de cellules rondes, ou plus exactement polyédriques, à gros noyau rond ou ovoïde, clair, remplissant la plus grande pai-tie de l’élément et entouré d’une zone protoplasmique nette, assez étroite. Elles ont une apparence vaguement épithélioïde.

Ces cellules, tassées les unes contre les autres, sont séparées par des t’entes vasculaires, dans lesquelles circulent les globules sanguins et sans revêtement endothélial régulier. Ce sont donc elles qui jouent le rôle d’endothélium, et elles marquent ainsi, malgré l’atypie du tissu, leur parenté originelle. Le stroma, très peu développé, est formé de fins filaments conjonctifs. Ces tumeurs sont très malignes, envahissent par infiltration les tissus et forment des métastases.

L’endothéliome alvéolaire, où des cellules semblables se trouvent disséminées dans un stroma conjonctif rappelant par sa disposition les alvéoles du carcinome, représente seulement un degré d’atypie plus prononcé.

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