I. - DESCRIPTION GÉNÉRALE DU PROCESSUS
Tel que nous l’avons defini, le caneer est essentiellement caractérisé par une prolifération cellulaire envahissante, dont le début est toujours local, circonscrit, même très étroitement circonscrit. .Jamais le cancer n’apparaît généralisé d’emblée. C’est donc d’abord une afi’ection locale, sans retentissement sur la santé générale, et constituée par la prolifération d’un groupe cellulaire, d’éléments de môme espèce et de même variété. Et, comme il y a unité de siège initial, il y a également unité d’espèce cellulaire en cause. Dans la règle, le cancer débute par un seul point, et intéresse une seule variété d’éléments cellulaires.
Ce qui ne veut pas dire que la tumeur soit exclusivement constituée d’éléments en prolifération cancéreuse; il y a, en outre des vaisseaux, une trame de soutènement, et l’on distingue un parenchyme et un stroma. Le parenchyme constitué par les cellules proliférées et néoplasiques est seul cancéreux; le stroma, charpente de soutien et vaisseaux nutritifs, est constitué aux dépens des éléments de la région intéressée, et doit être considéré comme formation secondaire, non spécifique.
Ainsi, début local par une prolifération cellulaire d’abord circonscrite et qui, au fur et à mesure qu’elle se développe, utilise à son profit les vaisseaux et la trame conjonctive de la région intéressée, constituant peu à peu une tumeur.
Puis, et selon les qualités propres aux éléments en prolifération, selon aussi celles qu’ils ont acquises dans leur évolution néoplasique, tantôt, la prolifération dominant, les cellules s’accumulent en masses exubérantes refoulant et détruisant les tissus avoisinants'et formant des tumeurs plus ou moins volumineuses, tantôt les éléments néoplasiques de vitalité imparfaite et d’évolution courte dégénèrent rapidement ; la tumeur, qui détruit les tissus en les envahissant, se détruit elle-même au fur et à mesure qu’elle se forme, et il en résulte, si elle est en rapport avec une surface ou une cavité, une ulcération progressivement creusante et extensive.
Dans un cas comme dans l’autre, le processus est le même, et toujours constitué par la j)rolifération des éléments néoplasiques, leur multiplication indéfinie et leur envahissement de proche en proche des tissus avoisinants. Les éléments néoplasiques se disséminent par la migration cellulaire dans les espaces conjonctifs, les voies vasculaires, lymphaticiues, sanguines, les cavités séreuses. Partout où elles pénètrent, les cellules cancéreuses sont aptes à se grelfer elles s’implantent, prolifèrent et reproduisent ainsi dans