‹ CancerChapitre 38 sur 54 · I.angue · texte numérisé non relu

I.angue

Ovaire 6 —

(1) Duzan, Le cancer chez les enfants. Thèse de Paris, 1876.

12) Picot, Les tumeurs malignes chez les enfants (/terne mèilicale de la Suisse romande, 1883'.

E I IOEUCIE.

la— 'i9:i

La comparaison de ces stalisliques avec les lablcaux (|ue nous avons précédeininenl donnés, et qui sont à peu près entièrement formés de cancers de l’adulte, montre toute la dilïérence des localisalions du cancer aux divers Ages. Et nous remarquerons nolammenl que l’utérus, l’estomac, le sein, qui fournissent la grande majorilé des néoplasies malignes de l’adulte, ne figurent pas sur ces deux listes, ou seulement pour des chilTres insigniliants. Et tandis que dans les cancers de l’adulte les organes le plus fréquemment atteints étaient ceux dont les altérations inflammatoires étaient les plus fréquentes, ceux qui se trouvaient le plus exposés aux causes irritatives de toutes sortes, dans les cancers de l’enl'ance ce sont surtout les organes d'un développement compliqué, ceux au niveau desquels se font des remaniements importants de tissus, où subsistent des vestiges d'organes temporaires, qui sont plus particulièrement atteints de cancers, et ces cancers sont surtout des néoplasies complexes. 11 y a dans ces constatations des indications que nous devrons utiliser pour en discuter les processus pathogéniques.

Les néoplasies épithéliales sont, au contraire, exce])tionnelles dans l'enfance; rares avant 3(» ans, elles deviennent surtout fréquentes dans la seconde moitié de la vie, présentant leur maximum numérique de 50 à 65 ans, mais doivent être considérées comme de plus en plus fréquentes proportionnellement aux autres maladies, à mesure que l’Age est plus avancé.

Cette augmentation de la fréquence des épithéliomes avec l’âge est un fait constant, et les maxima s’observent à peu près les mêmes, que l’on consulte les statistiques d’ensemble ou celles qui sont particulières aux tumeurs d’un seul organe. Ces dernières sont intéressantes à citer.

Pour les épithéliomes delà face, le plus grand nombre des observations concernent des malades de 45 à 60 ans (Ohren), de 61 à 65 (Ponde), de 60 à 70 (Itapock) ; pour les lèvres, 55 ans en moyenne (Esclnveiler), 62 ans (Wœrner) ; la peau, de 40 à 70 ans ( Volkmann, Durand); le sein,de40à OOans (Hildebrand), de 50 à 60 ans (Rapock). le sein chez l’homme, 50 ans en moyenne (Williams) ; le foie, de 45 à 65 ans (Siegristj: l’estomac, <le 40 à 70 ans (Hœberlin, Schrader, Eisenharl ), avec, selon Schrader, une ditl’érence entre les hommes, où l’Age moyen serait de 40 à 50 ans, et les femmes, de (iO à 70 ans ; la langue, 60 ans en moyenne, avec deux maxima, de 40 à 50 ans et de 60 à 70 ans (^Steinerj ; organes génitaux de la femme, de 40 A 50 ans (Redlich) ; œsophage, intestin, de 60 à 70 ans (Hedlich) (I ).

(1) OiiHEN, Arcli.f. klin. Chir., XXX\'H. — Boxhe, liiaug. Diss., Heiclelberf?, ISSS. — Rapoi'.k, Detilxclie Zeilsclir. /'. C/iir., XXX. — Escuweileh, Ibid., XXIX. — \\'(j;nxEH, Beilrnç/e z. klin. (Ibir., 1S80. — Voi.kmann, Ucber clen primiiren Krebs clcr ExlreiniLaten [Klin. Vorlnijie, 1S89). — Dukand. Tlicse, tic Paiis, 1888. — lIii.DF.iiiiAXn, Deutsche Zeilschr. /'. Chir., X.X\’. — Wii.i.iams, l.ancel, 1889. —

P. Mi:.\ETRIEl{. — I.E CANCER.

'lO'.

Le développcincnl des épillK'diomes dans les |)remicrcs années de la vie esl donc un fait absolument exceptionnel; riallard (I), dans une slatisti([uc composée uniquement d’observalions accom[)agnées d’examen histologique, ne trouve, sur 1 003 cas de tumeurs épithéliales, rpie 0 seulement rencontrées au-dessous de 10 ans, soit une pro[)orlion de 0,50 p. 100. D'après Philipp (’i), les organes le plus l'récpiemment atteints sont le canal intestinal, l’ovaire et la peau, et il n’y a pas alors de dilTérences notables entre les deux sexes, par suite du manque presque complet de cancers de l’ntérusetdu sein (3).

Enfin, le cancer peut même être congénital {A), non seulement au sens oii on l’entend le plus souvent, c’est-à-dire développé pendant la vie extra-utérine aux dépens de malformations du développement, mais encore déjà i'ormé pendant la vie intra-utérine. 11 s’agit là encore le plus souvent de néoplasies complexes, mais on peut également observer des formes pures d’épithéliome, tel le cas d’épithéliome du rein à type fœtal que nous avons cité en étudiant précédemment les cancers du rein, et que nous avons rencontré à l’autopsie d’un nouveau-né.

Sexe. Prédominance des cancers chez la femme. — La

plupart des observateurs admettent que les néoplasies malignes sont plus fréquentes chez la femme que chez l’homme. Lebert, sur 340 cas, trouve 131 hommes et 218 femmes; d’Espine, sur 06, hommes 23, femmes 43; Williams, sur 1974 cas, hommes 510 et femmes 14(34; Simpson admet le rapport de 5 hommes cancéreux pour 12 femmes ; \edopil, de 5 hommes pour 1 1 femmes. Toutes ces évaluations datent, il est vrai, du temps où les cancers les plus fréquents de la femme, siégeant dans des organes d’exploration facile,

SiEGRisT, Inaiig. Diss. Zurich, 1888. — IIœiuîrlin, Deutsche Arch. f. kliii. MeiL, 1889; Münch. mect., Woch., 1888. — Schr.vuer, Inaug. Diss. (lülLingen, J 886. — Eisenhart, Münch. med. Woch., 1886. — Steiaer, Inaug. Diss. Heidelberg, 1890.

(1) (jai.lari), De l’épilhéliomc au.\ di\ ers âges. Tlièse de Paris, 1892.

(2) Pim.irr (Woll'aiig), Ueher Krebsbildungen im Iviiidesaller [Zeilschr. /'. Krebsl'orclnuiff, 1907).

(3) Ces observations d’épith.élioines jirécoces sont assez e.vceplioiiiielles pour ([u’on en doi\c citer ([uelques-unes à titre d'e.veinples : Cancer épithélial ilu larynx, chez, un enfant de huit mois (Duroun, Soc. anat., 1863). — Cancer cylindrique du pancréas, chez un enfant de deu.x ans ;KunN, lierl. Idin. W'och., 1887). — Cancer du testicule, enfant de six ans et demi (Ueuoui,, Marseille médical. 1893).

Cancer de l'utérus, enfant de huit ans ;C.vxghofxer1 ; enfant de deux ans

(Rosensteix, Virchow's XCH. — Lieumanx, Jbid., C.W'lIi. — Épithéliome

de la lèvre et du nez, enfant de Iniit ans {Krasxoroi e, Itevue des maladies de ienfance, XI). — Carcinome de l'ovaire, enfant de huit ans (Mariage, 'l'hèse de Paris, 1893). — Cancer du foie (Deschamrs, France méd., 1883). — Cancer de l'estomac, treize ans (Moore, Semat/ie méd., 1885); quatorze ans |Sc:hiifer, Aar/ib. f. KinderheiUs., 1880). — Epithéliome de la lèvre, cpiinze ans (C.axgoli-iie, /.i/mi méd., 1892).— Epithéliome de l'estomac, dix-neuf ans (lliiiTZ et 1.i:sxk, .dédecine moderne, 1896). — Cancer de l'utéi-us, dix-neuf ans. Épithéliome cylindrique du col (TcnoiM-, Joixj. Itousk. med. Gaz., 1896).

(i) CiiRisTiAM. Néoplasmes congénitaux, 1891. — Ffrst, Les tumeurs mali.ncs congén. laies de l'enfant {Médecine moderne, 1898).

ETIOIXXilli.

uU'tus (‘1 sein, eonsliluaienl ilaiis les slalisliques la masse la plus imporlanle des cancers. Mais les slatislicpies les plus récentes nous donnent encore dos proportions analogues: la statistique parisienne montre le cancer presque ileux fois plus frécpicnt chez la reinmc <pie chezrhomme ; llil femmes cancéreuses |iour l(>ü00(»;8-2 hommes pour 100000. Dans l’enquête du (’oinité du cancer de Berlin auprès des médecins allemands, le chilTre des cancers féminins l’emporte d’un ti(*rs environ sur celui des hommes. Aschotî, sur 1574 morts par cancer, compte 1838 hommes et '2730 femmes ; Frief, sur 502 4 cancéreux. 2003 hommes et 3021 femmes.

Pourtant de Bovis met en doute la réalité de cette prédominance du cancer dans le sexe féminin. 11 fait remarquer une cause d’erreur importante, tenant au nombre plus grand des femmes, et surtout des femmes âgées, dans nombi e de pays. En calculant sur les statistiques prussiennes, qui, eu 1898, donnaient la proportion de 113 femmes pour 100 hommes de plus de 25 ans (Laspeyres), il arrive à trouver une réceptivité cancéreuse à peu près égale pour les deux sexes, 100 hommes pour 101 femmes; mais il admet que l’âge du cancer n'est pas le même pour les deux sexes, et que de 25 à 50 ans la femme présente une mortalité cancéreuse bien supérieure à celle de l’homme, ce qui tient à la précocité plus grande du cancer génital; de 50 à 60 ans, il y a à peu près égalité; à partir de 60 ans, c’est chez l’homme que s’observent le plus grand nombre des cancers, et à 80 les proportions de cancéreux des deux sexes redeviennent égales (1).

Fréquence relative des formes et des localisations selon le sexe. — Selon le sexe, les diverses localisations du cancer ne se présentent pas avec la même fréquence.

Prédominent chez l’homme : les cancers de l’estomac : Hœberlin donne les chilfres de 7 hommes contre 5 femmes; Schrader, hommes 3, femmes 2; les cancers de la langue: Pannel réunit 557 cas chez l’homme contre 100 chez la femme (2) ; Steiner arrive à des proportions semblables. Pour les lèvres, hommes 90 p. 100 et seulement 10 p. 100 chez la femme (Heurtaux, Wœrner). Dans les cas de cancers des extrémités réunis parVolkmann, on trouve 140 hommes et 65 femmes, avec cette répartition suivant les causes : cancer développé sur des cicatrices, hommes 94, femmes 29; sur des nævi, hommes 5, femmes 6; sur une peau paraissant saine, hommes 12, femmes 15. Les cancers du larynx prédominent chez l’homme (Lublinsky, l’rânkel), ceux de la face également (Bonde, Bapock). Pour le poumon, Fuchs (3), sur 69 cas, compte 38 hommes et 26 femmes.

En réunissant les cancers de la peau, de la bouche, de la langue ot

(1) De Bovis, Loc. cil.

|2) PA^^EL, Ciii/'s llosii. liep., XLV.

(3) Fucus, Inauy. Diss. München, ISSG.

P. MENETRIER. — LE CANCER.

(lu larynx, voici les proportions selon les sexes admises par quelques auteurs:

Hommes.

Femmes

WiniwaiTer

y. Rcrgmann

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