‹ CancerChapitre 39 sur 54 · C.-O. VVeber · texte numérisé non relu

C.-O. VVeber

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Tliierscli

Billrotb

.Vschotr, pour la langue et le larynx : hommes 79, femmes 9.

Le cancer de l’œsophage est également infiniment plus fréquent chez l’homme que chez la femme.

Au contraire, prédominent chez la femme les cancers des voies biliaires et du foie [Marchand (1), Klebs (2), Zenker (3j, Siegrist]; toutefois, pour le foie seul, rianot et Gilbert (4) admettent une plus grande frécjuence chez l'homme, et cela en raison de la prédominance dans le sexe masculin du cancer avec cirrhose ; les tumeurs du sein : Williams, sur 2 422 tumeurs du sein de toute nature, en trouve seulement 25 chez l'homme; Schulthess (5) admet 98,6 p. 100 chez la femme et 1,39 p. 100 chez l’homme.

Cette énumération de chilTres pourra paraître fastidieuse; ils n’en fournissent pas moins des données d’importance majeure sur l’étiologie des néoplasies malignes. 11 y a dans ces inégalités de fréquence des cancers dans l’un et l'autre sexe et dans cette prédilection pour certains organes, variable selon qu’il s'agit d’hommes ou de femmes, une démonstration flagrante de l’inlluenceprédominante qu’exercent les irritations chroniques sur le développement des cancers.

Si en effet, comme il semble admis par la majorité des observateurs, la femme est plus que l’homme prédisposée aux cancers, comment expliquer cette énorme prédominance des épitliéliomes de la bouche et des lèvres chez l’homme, sinon par la fréquence également plus grande chez lui des irritations chroniques de ces parties par le tabac, la pipe et l'alcool? L’exemple des cancers du foie et des voies biliaires n’est pas moins topique ; la lithiase est plus fréquente chez la femme, et le cancer des voies biliaires également; la cirrhose est plus fréquente chez l’homme et le cancer du foie l’est aussi. En somme, les organes qui, dans l’un et l’autre sexe, sont plus particulièrement atteints, sont ceux qui sont le plus sujets aux états inllammatoires chroniques provoqués par les habitudes, le mode de vie, les travaux, les vices mômes particuliers à chaque sexe.

Quant aux tumeurs sarcomateuses, certaines paraissent prédominer dans le sexe masculin; l’ostéosarcomc des membres est,

(1) Mauch.vm), Deutsche med. Woch., XIA'.

(2) Ki.iius, Allgjemeine l’aLliolofjie.

(:q Zenkcii, Der in-iniarc Rrelîs cler Gallonblasc uiul cl. Rezielniiig- zu Gallensteinen und Gallcuhlasennai'ben {IJeiilsclie Arch. /’. lilin. Med., 1S89).

(1) IIanot et Gii-iiiaiT, Eludes sur les maladies du l'oie, Paris, 18S8.

(5) Sciiiii.TiiEss, Jieitriifje z. lilin. Chir., 1\’.

iVrioi.OdiE.

■d’après Schwartz ( I ), près de deux fois plus rrèquenl chez riioinine <iue clicz la lemme; sur lh(»cas, il trouve: hommes l'i'i, Cemmes 74 ; il en est de môme du sarcome de la clavicule tClhevalier) et, dans une pro|>ortion moindre, de l’omoplate (Demandre), tandis que pour l'ostéosarcome du hassin les dillerences sont minimes : •2‘.) hommes et *25 femmes dans la stalistiipie de Havage, ('.es faits ne sont-ils pas tout en faveur de l’intluencc des traumatismes dans le dévelo|)pement des ostéosarcomes ?

Climats et races. Képartitioii g-éographique du cancer (2). — Le cancer se rencontre dans tous les pays du globe, et il faut se méfier îles soi-disant immunités de certaines régions, qui sont en général précisément celles dans lesquelles l’observation médicale s'e.xerce le plus difficilement. Ainsi Hirsch et d’autres ont nié l’exislence du cancer au Groenland ; plusieurs cas en ont pourtant été observés par lîertelsen 3).

Cependant, et d’une manière générale, le cancer serait surtout fn';quent dans les régions tempérées, plus rare dans les zones extrêmes de froid ou de chaud. 11 est surtout répandu dans l’Europe moyenne, et, à ce point de vue, la France en est particulièrement atteinte. 11 semble plus rare dans les régions méridionales, dans les pays méditerranéens, Grèce, Turquie, Italie méridionale. En Espagne, une statistique de 1900 donne la proportion de 39 décès par cancer pour 100000 habitants.

En Afrique, le cancer serait très rare. Engel Bey et Roger Williams rapportent ([u’au Caire, en 1891, sur 19,')29 décès, il y eut seulement 29 cancers, soit 0,09 delà mortalité générale. Cette rareté concerne seulement les régions tropicales et voisines (Egypte, Tunisie, Maroc, Abyssinie, Sénégal), car ces formes morbides s’observent en Algérie, et dans l’Afrique du Sud, particulièrement dans la colonie du Cap, le cancer est fréquent.

D’après Roger \\'illiams, le cancer est rare à la .lamaïque et à Maurice.

Dans l’Amérique du Nord, aux États-Unis, sa fréquence paraît être à peu près la même qu’en Europe.

.Vu Mexique, Jourdanet le trouvait presque inconnu dans les terres chaudes et à peu près aussi commun qu’en Europe dans les zones tempérées.

Ce même contraste est signalé au Brésil par de Azevedo Sodré. Dans l’ensemble du pays, le cancer est relativement rare: 0,41 par 10 000 habitants, et 0,46 pour lOO décès. Mais il y a des dilférences considérables selon les régions. Dans l’extrême nord du Brésil, il est exceptionnel ; en 1897, on n’en cite pas un cas sur 1223 décès à

(1) ScHWAUTZ, Des osLcosarcomes des membres. Tlièsc d agrég. de Paris, 1880.

(2) U. Hkhla, La répartilioii gcogi’auliique du cancer iCeii/r. /'. IIhIU., X.WI).

(3) UiiiiTELSEN, Eomml cancer in Grünland vov * (llospitulslidende, 1901).

Tiiaitê de médecine. Xlll. — 32

''.‘••8 1>. MENETKli;n. — lÆ CANCER.

iManaos (Amazonas). 11 devienl un peu moins rare dans les Klals du Nord qui s’éloignent de récpiateur (Baliia, Maceio, Fonlaleza, Hecife, Natal), de niêmedans les petites villes du Centre f Bello-llorizonte, Campinas, Riberào Preto, etc.). 11 n’est déjà plus rare à Bio-de- .laneiro (2,08 p. 10 000) et S. Paulo et devient l'réquenl dans l’extrême sud; à Porto-Alègre, on compte 7 décès de cancers pour 10000 habitants. Même fréquence en Argentine, à Buenos-Ayres.

Rare dans l’Asie septentrionale, en Arabie, en Syrie, le cancer esl plus fréquent dans les Indes et surtout au Japon.

En Australie, en Nouvelle-Zélande, il paraît à peu près aussi commun qu’en Europe.

Ouelques particularités sont à relever dans la fréquence relative des diverses localisations du cancer selon les pays. Ainsi, tandis que presque partout le cancer de l’estomac représente la forme morbide de beaucoup la plus commune, qu’en Amérique notamment il est particulièrement fréquent aux États-Unis (Max Einhorn), il est au contraire plutôt rare au Brésil et de beaucoup distancé par le cancer de l’utérus, tout comme dans nos anciennes statistiques du département de la Seine de 1830 à 1840. A Rio-de-Janeiro, une statistique portant sur cinq années donne en etïèt les proportions suivantes : cancers de l’utérus, 20,1 p. 100; de l’estomac, 12,0 p. 1(»0; du foie, 10,1 p. 100; et pour les principales villes du Brésil: utérus, 22,7 p. 100 ; estomac, 10,5 p. 100 ; foie, G,1 p. 100.

Nous retrouvons les mômes particularités dans une statistique portugaise à Porto, où l’utérus et ses annexes donnent 35,5 p. 100 de cancer, l’estomac 23,2 p. 100, le sein G, 5 p. 100, le foie 4,5 p. 100, le gros intestin 2, G p. 100, la langue 2,8 p. 100 (^1).

Notons encore, dans une statistique espagnole (2), la grande fréquence du cancer des lèvres qui, chez l’homme, vient au deuxième rang, immédiatement après celui de l’estomac, et paraît bien en rapport avec l’usage immodéré du tabac si universellement répandu dans ce pays.

Relativement aux races humaines, nous avons assez peu de renseignements sur leur prédisposition au cancer. La race noire paraît présenter une certaine immunité. Dans les statistiipies amc ricaines de Billing, Barker et Christholm pour les Etats-Unis, sur 10 000 habitants de race blanche il y a 2,7 décès par cancer et 1,2 seulement j)our le môme chitfre de noirs. Parmi les blancs, les natifs du pays présenteraient une moindre pro|)ortion de cancers que les immigrés, les Français, les Anglais, les Allemands formant le plus fort contingent des malades.

On a soutenu, il est vrai, la rareté du cancer chez les peuples sauvages, et on a voulu tirer de ce fait supposé les jireuves île riniluence

(1) Siiu/A .luNion, O cancro no l’orLo (l’itrlo medico, 100 1).

(2) Sluli:îliiiuc ospaf^nolo de lOUO.

i:Tior.O(;ii:.

«1(‘ la civilisalion dans le développcinenl du cancer. Mais n’osl-ce pas surloul chez les civilisés <pie s’exerce le mieux l’observalion médicale? el si, chez nous, il l'anl déjà se méfier des slalisli([ues, quel profit tirer, pour une comparaison sérieuse, des renseignements palhologi.pies qui nous sont fournis sur les pa.ys barbares ou sauvages ?

Au surplus, l’inlluence de la race chez l’homme doit avoir assez peu d’importance, puisque le cancer n’est nullement propre à l’espèce humaine, mais se rencontre également chez les animaux.

Le cancer chez les animaux. — Le cancer existe en effet chez les animaux. Xous ne le connaissons actuellement que chez les vertébrés, mais pour ceux-ci il a été rencontré dans toutes les classes. 11 est manifestement plus fréquent chez les animaux domestiques, et surtout chez ceux ichiens, chats) qui vivent en cohabitation avec l'homme, mais on n’en saurait tirer argument d’une transmission de l’un à l'autre, car, chez les animaux comme chez l’homme, le développement du cancer est en rapport avec l’àge, et ce sont surtout les animaux domestiques qui peuvent vivre assez longtemps pour atteindre l’ûge du cancer. C’est d’ailleurs surtout pour eux que peut s'exercer l'observation ; mais il existe également des faits indiscutables de cancer des animaux sauvages, et on en a notamment rencontré chez des poissons pêchés en mer dans leur condition de vie naturelle et hors de toute inHuence perturbatrice humaine. Ainsi la grande variété des conditions de vie, d’habitat, de mœurs, de nourriture, etc., des diverses espèces qui peuvent en être atteintes montre le peu d’importance de ces conditions dans la pathogénie du cancer, et de même son existence chez les animaux sauvages prouve qu’il n’y a aucune inlluence spéciale de la vie civilisée (Bashford et Murray) (1).

Le cancer se rencontre chez les carnivores comme chez les herbivores ('2), chez les rongeurs ; il atteint les oiseaux (dj et sévit également chez les animaux à sang froid (1).

Les formes anatomiques des cancers des animaux sont semblable.s à celles des cancers humains [Cadiot, Gilbert et Loger (.3), Petit (d’Alfort) (6)1 et affectent avec les tissus normaux exactement les

(1) Bashfoiii) (E. F.), 'l'iie zoolop'ical distribuLion, etc. Scientilic reporLs oa t)io iav'estijra lions uf llie cancer rcsearcli fund, 1904. — H.vsiiKonn cl Muiuiay, The sij;nilianee of Llie zoological dislribuLion, etc. [Proceeditif/s o/' lhe ro;i;il Soc. London, 1901).

{'!) Tkotteh, Si.v Cases ol' carcinoma in cows (Journ. of cunijiaral. /j.U/i., 1903). — Renshaw-Ghaiiam, Cancer de l'esloniac chez iin rhinocéros de trente ans {Zeilschr. /'. Krehsforrhiini/, lOOli.

(3) EnnicMucicii et .Miciiaei.is, Ueber Tunioren Iiei Iliilinerai {Zeilschr. f. Krebs- (orebun;!. 1\').

(1; Pi.iniN, Uel.er Geschwulste bei KalLblülern [Zeilschr. f. Krebsforchttnçf, IV).

(5) Cadiot, Gii.iiinir et Ronini, Les tumeurs malignes cliez les animaux (Presse méd., JS9i'.

(0) Ri;Tir ^d'All'orl), Nombreuses communications dans les l.uiletins de la Société anatomiciuc dans ces dernières années.

1'. MEiNl-TJUEH. — LE CANCER.

mômes rappoi'lsquc chez l’iiomme. D’après Cadiol, la fréquencediicancer chez le cheval est de 1,1 i p. 100; de môme chez le hœuf, le mouton, la chèvre; elle esl plus grande chez leporc, et alleinlchez lechieu 1,25 p. 100. L’épilhéliome est deux l'ois plus l'réquenl chez le cheval que chez le bœuf et plus encore chez le chien où il est plus fréfjuent que le sarcome. Le sarcome est plus fréquent que l’épilhéliome chez le cheval et le bœuf. Chez ces animaux, les cancers de la langue, de l’estomac, derutérussontexceptionnels(l ). D’après L(cb,la fréquence du carcinome chez le bœuf serait de 4 sur 10(1000 bôtes d’abaltoir(2).

D’une manière générale, les sarcomes (3) sont, chez les animaux, plus fréquents que les épilhéliomcs, ce qui paraît en rapport avec l’âge, la plupart des animaux atteignant rarement celui où se développent surtout les cancers épithéliaux.

Influence «lu milieu extérieur. Terrain, niaisous, villes et campagfues. — On s’est préoccupé de l'état du milieu extérieur dans ses rapports avec le développement du cancer, et notamment du terrain, du sol, des habitations. Lri médecin anglais, Haviland. a dressé une carte de la répartition du cancer en Angleterre et dans le pays de Galles, montrant que les habitants des plateaux secs sont peu sujets au cancer, tandis que ceux qui vivent le long de rivières à débordements périodiques se trouvent atteints beaucoup plus fréquemment. Kolb (4), qui, à ce point de vue, a réuni un très grand nombre de documents sur rAllemague du Sud et les régions avoisinantes de la Suisse et de l’Autriche, conclut que le cancer est plu'^ fréquent sur les terrains imperméables, sur les alluvions, sur les argiles, les marais, les tourbières, que sur les roches poreuses et sur les sables. Foucault '5) trouveà Fontainebleau la mortalité du cancer plus grande dans les quartiers bas et humides.

Mœber (6), au contraire, ne pense pas que les conditions de terrain, géologiques ou hydrauliques, aient une intluence notable sur la morbidité cancéreuse; et il trouve seulement que le cancer sévit surtout dans les quartiers les plus pauvres et les plus peuplés. De même, Arathoou (7) trouve «jue la mortalité cancéreuse s’élève proportionnellement au nombre de citadins vivant au kilomètre carré.

De fait, les statistiques montrent en général une mortalité cancéreuse plus élevée dans les villes que dans les campagnes. Les

(1) C.vniOT, Cancer chez les animaux (Acad, de niéd., lüOl'.

(2) Léo Lui;u, Le cancer chez les animaux. Lab. palh. de rUniversilé de Pensylvanic. Philailelphie, lOOü. — LacH, Ueber den lvrel)s der Thiere (Arcli. /'. Idin. Cliir., Bd. LX.X .

(3) C.vsi’En, Tumeurs des animaux (Lbv/ehru'sse, cIc., 1898).

(1) K.vm. Roi.u, Inlluence du soi et de la maison sur la IVéquence du cancer. Munich, 190 1.

(d) Eoucaiu.i', Élude statistique sur la mortalité cancéreuse (Acad, de méd., 1901).

;(>) lldEiiEit, Neubildung und Boden, unlersucht un den Sterbefallen der Sladl. Augsburg.

(1) Ahatiioux, L’éliologie du cancer. Thèse de Bordeaux, 1903.

iVriOLO(;n:. la— soi

relevés suivants, empruntés à de l>ovis, le montrent nettement: Fn.vNCK. — Décès ]>ar cancer /loiir 100 000 liaJiilanls en 1000.

Paris • 121

Villes de plus de lOOOOU liahilanls 112

— de 30 à 100 000 — 09

— de 20 à 30 000 — 95

— de 10 à 20 000 — 91

— de 5 i\ 10 000 — 7 i

Au-dessous de 5 000 — S2

Piiussiî. — De 1S0I à ISO.?.

lloinmes. Femmes.

Moi'lalité générale pour 100 000 liabiLants i0,5 53,3

Villes 02.8 79,6

Grandes ^■illes 63,3 97,9

Moyennes villes 03,7 83,2

PeliLes villes 53,5 03,1

Camjiagnes 35,8 36, i

Mais de ce fait exact, une mortalité cancéreuse plus grande dans les villes que dans les campagnes, on ne saurait tirer la conclusion (juc la vie urbaine favorise le développement du cancer ; car deux causes plus simples l’expliquent suffisamment : d’une part, et surtout, l'accumulation des cancéreux dans les villes, d’autant plus facile qu'il s'agit là de maladies chroniques, de longue durée, nécessitant souvent des interventions chirurgicales qui ne se pratiquent guère que dans les grandes villes ; en second lieu, la population des villes renferme un plus grand nombre de sujets âgés de plus de vingt ans.

Hérédité. — C’est là une des influences le plus généralement admises dans le développement des néoplasies malignes, et l’on trouve partout cités des exemples de familles cancéreuses. Celui que rapporte liroca (1) peut servir de type : dans une famille suivie pendant quatre générations, le cancer est apparu 16 fois: première génération : femme atteinte de cancer du sein; deuxième génération : 4 filles meurent, 2 d’un cancer du sein, 2 d'un cancer du foie; troisième génération : 6 cancers du sein, 2 cancers du foie, 1 cancer de l’estomac, 1 de l’utérus, et 8 autres personnes mortes sans cancer; quatrième génération : 1 cancer du sein, et 8 autres non cancéreuses. 11 est difficile de ne pas tenir compte de semblables observations, et tout médecin, dans sa pratique, en rencontre occasionnellement d'analogues, mais l’important est de savoir dans quelle mesure le facteur héréditaire peut être invoqué dans l’étiologie du cancer. El la comparaison de quelques statistiques montre une gramie dissemblance dans les résultats obtenus.

Williams ('2), sur 2:i5 cas de cancers du sein ou de l’utérus, trouve une proportion de 6,3 p. 160 de malades issues de parents cancé-

(1 Bhoca, Traité tles lumeur.s. p. 151.

(2) M'ii.mams, The l'amilyliistory ofcaiiccrous patients (/{/•/<. med. Journ., 1881).

r. MENETRIER. — LE CANCER.

rcux ( loujoui’s la niôre el jamais le père) el 19,7 p. lOo ayant des cancéreux dans leur famille.

Dans une seconde série portant sur des cancers du sein, il arrive à une proportion de ‘JS, 9 p. 100 avec cancers dans la famille. Ce qui est à peu près exactement la proportion admise par Paget, 1 cas sur 3 relevant d’une influence héréditaire. Butlin M) a réuni un assez grand nombre d’observations recueillies par des médecins de familles, pouvant connaître par eux-mêmes les antécédents de leurs malades; sur 210 cas de cancers du sein, 08 malades avaient des cancéreux dans leur famille. Shattock et Ballance rapportent l’histoire d’une mère et de ses cinq filles qui toutes moururent de cancer du sein Rauche.

Par contre, Snovv(J), ayant trouvé, sur 1075 cas de tumeursmalignes (dont 57 sarcomes), 109, soit 15,7 p. 100, avec cancer chez les parents, a eu l’idée de faire la même enquête chez 78 personnes bien portantes, et la proportion des cancéreux dans la famille de ces dernières s’est trouvée de 17 à 19 p. 100. Cette eontre-épreuve parait très instructive. Gueïnatz (3) a obtenu des résultats semblables : sur 210 cas de cancer, l’hérédité a été constatée 18 fois, soit 8,6 p. 100, dont 7 fois chez le père, 1 fois chez la mère, et 10 fois chez des parents plus éloignés ; sur 100 cas de tumeurs bénignes, il y avait hérédité cancéreuse dans 11 cas; enfin, sur 103 adultes sans tumeurs, 12 fois les parents étaient cancéreux, soit une proportion de 11,6 p. 100.

On peut encore citer les chiffres suivants. Lebert donne la proportion de 13,7 p. 100 des cas avec antécédents héréditaires; Combes 9,7 ; Vigne, 18,8; Silley, 11,1 ; Paget, 15,8; \Yith, 10,0; Étienne, 10 p. 100; soit en moyenne 13 p. 100 (4).

En somme, et bien qu’il existe des observations dans lesquelles l’influence héréditaire paraisse incontestable, grossièrement évidente même, cette influence ne se rencontre que dans un nombre de cas relativement assez restreint, la proportion de 13 p. 100 se rapprochant le plus de la moyenne des faits observés.

Bien d’ailleurs n’est plus rationnel que d’admettre une influence héréditaire dans le développement des cancers, et cela du reste n’explique aucunement les causes de leur développement ; n’y a-t-il pas également une prédisposition héréditaire aux maladies infectieuses, à l’hémorragie cérébrale ou aux vices de conformation, toutes formes morbides de pathogénies dissemblables.

Quant à préciser davantage quelle est l’influence morbide transmise, il est plus difficile de le faire.

(1) Biti.in, Reports of tlie collective investigation Committee ol’ tlie Rritish niecl. Assoc. {Ifril. med. Journ., 1887).

(2) Snow, Brit. med., Journ., 1888.

(3) (înnÏN.vTZ, Roushi Vralch, 1903.

(1) G. Etiekni;, Revue generale des lu'incipaux facteurs invoqués dans 1 étiologie des tumeurs [Revue méd. de î'E.s't, 1893).

KTIOLOGIF..

fl 503

La Iransmission luM'âdilaii'o direcle cL ininié<lialo n’csl appiiyâe xpu' d’obsorvalioiis ancicnnos cl. i’i pou près sans valeur. T(dlc la célébré obscrvalion de l'''ried reich i IL (le dernier trouva nu noyau cancéreux dans le genou gauche d’un brins, dont la mère succond)a à un <'ancer primilif du foie diagnosliqué pendant la grossesse et rapidcmcnl géïK'ralisé. On pourrait en ce cas penser à une métaslase issue par embolie du cancer de la mère, les cellules ayant pu, au moyen de quehpie lésion placentaire, franchir les barrières qui séparent les circulations maternelle et fœtale. Cohnheim croit, en raison de la dilTérence de volume signalée entre les cellules du noyau fœtal et celles des tumeurs de la mère, (pi’il s’agit là non d’une métaslase, mais «l'une tumeur cancéreuse héréditaire et «léjà développée dans la vie fœtale. 11 est vraiment impossible de tirer parti d’un fait aussi exceptionnel et aussi ancien, comme des deux suivants.

Lebert ('2) rapporte avoir trouvé dans la cavité péritonéale d'un fœtus de quatre mois, qui provenait d'une femme morte d’une infection cancéreuse des plus générale, « une masse molle et grisâtre qui avait certainement de la ressemblance avec l’encéphaloïde ». Enfin Peabody (3) a publié l’observation d’un garçon de trois ans à l’autopsie duquel on trouva un sarcome du cervelet à cellules rondes et très vasculaire. La mère de cet enfant avait été opérée à plusieurs reprises d'un librosarcome «lu cou.

On a encore imaginé d’autre manière le mécanisme de la transmission héréditaire du cancer. Critzmann (4) a cru trouver une relation entre la gémellarité et l’hérédité cancéreuse, les grossesses gémellaires alternant dans une môme famille avec la morbidité cancéreuse, hit il cite à l’appui l’histoire d’une famille oîr, au cours de sept générations, le cancer est apparu six fois, alternant avec trois grossesses gémellaires. 11 pense que le cancer est causé par l’inclusion d’un germe jumeau, mais non fécondé, et qui se développe tardivement en prolifération désordonnée.

Cette conception trop imaginaire confine cependant à la théorie de Cohnheim, de l’origine du cancer dans des germes inclus dans les tissus au cours du développement et subissant ultérieurement l’évolution néoplasique. Les malformations peuvent être et sont en effet souvent héréditaires. C’est dans ce sens que Féré a cherché une explication au développement des tumeurs. Pour lui, l’hérédité se manifesterait à la fois dans la production des malformations, capables d’évoluer éventuellement en cancers, et dans la transmission d’un étal général, l’arthritisme (5).

(1) Fiiiiîimr.icii, Vircliow’s Archiv., XXX\’l.

(2) LEi)iii«T, Traité des maladies cancéreuses.

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