Peariidy, ;Veiii York med. Record, 18S
C'i) CiiiTZMAN.v, De l’origine congénitale et héréditaire du cancer {Bull, mèd., 189 î).
(5) Ch. FÉiiÉ, La famille névropathiciue, théorie tératologiciue de l'hérédité, de la prédisposition morbide et de la dégénérescence, 1894. — La famille tératoplasiqvie
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P. iSIl'NI'TRIi: K. — LE CANCER.
Celle dernière conception est en eflel celle par laquelle le plus grand nombre des médecins expliquent la transmission héréditaire du cancer. Ce qui est transmis, ce n’est pas le cancer lui-même, mais bien la prédisposition au cancer, la diathèse.
Diathèses. — Tempéraments. — Relations morbides. — Infliiences nerveuses. — Cette influence héréditaireou cet état général prédisposant se traduisent-ils par un tempérament particulier, reconnaissable? La plupart des auteurs admettent, sans plus de précision, et je ne pense pas qu’il soit actuellement possible de faire autrement, l'existence de cet étal général favorable au développement du cancer.
D’autres ont voulu préciser davantage; Rokilansky opposait la tuberculose au cancer, comme dérivant de deux états opposés : l’hypinose et l’hyperinose, la première constituée par l’augmentation de l’albumine et de la graisse dans le sang, la seconde par l’augmentation de la fibrine.
Pour beaucoup, le cancer est une manifestation d’une diathèse.
Ce que peut être une diathèse cancéreuse, il est assez difficile de le concevoir, surtout quand on voit un auteur des plus compétent sur ce sujet. Grasset, considérer comme également diathésiques les maladies suivantes : « syphilis, goutte, scrofule, tuberculose, herpétisme, cancer» (l).
Mais la plupart des partisans de l’origine diathésique du cancer le rattachent à une diathèse plus générale ; l’herpétisme ou l’arthritisme. D’après Bazin, les organes internes subissent souvent une atteinte profonde à la quatrième période de la diathèse herpétique, et les cancers du foie et de l’utérus surviennent souvent aux périodes ultimes de l’arthritisme. Pour Hardy, le cancer est la dernière manifestation des affections darlreuses.
Cette idée de diathèse a surtout été développée par Verneuil et ses élèves, d’après lesquels toutes les tumeurs bénignes ou malignes, simples ou complexes, et de toute structure histologique, sont l’expression isolée ou multiple d’une même diathèse, la diathèse néoplasique, et le fond de celle diathèse n’est autre chose que l’arthritisme. Ainsi s’explique l'hérédité du cancer : « Une mère cancéreuse, disait Verneuil, peut léguer à ses enfants un épilliéliome, un lipome, un fibrome, tout aussi bien qu'un carcinome et réciproquement ». De sorte que, pour retrouver l’hérédité cancéreuse, il ne serait j)lus nécessaire de chercher le cancer dans les ascendants, un lipome suffit (2).
(Itevae de cliir , 1<S9.")). — La pai'jntii morl)iclc clos tumeurs (Joiirn. des connaissances inéd., 1S9G).
(I) GiiASSicT, ai-L. Diallièse, in Dicl. encycl. des sc. incdioales, ISSl.
^2) ^'l•;llMîlnI., La diallièse néoplasique [Conjr'ès iiitern. des sciences médicales. CopenliaKuc, lS8i). — Kiioiisson, Art. Tumeurs, iu Dicl. enevcl. dos se. méd., ISSj.
KTIÜLOCili:.
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Des all'eclions considérées comme arlliriliqnes coïncideraient fréquemment avec le cancer. Tuilier (1) rajiporle dos exemples do la coexistence du diabète avec le cancer, (iilberl et Weil ('2), qui ont éyalement étudié le cancer des diabéti(|ues, pensent que la relation l)Ourrait tenir à ce que le dialjôte favoriserait l'hyperglycopénie «les cellules épithéliales, phénomène habituel de l'évolution cancéreuse. Teissier (!t) a insisté sur les rapports du rhumatisme chronique et du cancer; il constate l'évolution parallèle des deux formes morbides soit dans une môme famille, soit chez un même individu, et il admet que, dans ces cas, le rhumatisme pourrait êtreune maladie paracancéreuse, analogue aux manifestations paratuberculeuses dans leurs rapports avec la tuberculose.
Richelot(4) pense également que les tumeurs malignes et bénignes sont reliées entre elles par l'arthritisme et il insiste sur la fréquence de l’association, niée autrefois par Cruveilhier, du cancer et des fibromes utérins.
rt'autres maladies ont été trouvées en rapport de fréquence avec le cancer. Claude (5} a étudié à ce point de vue les connexions du cancer et de la tuberculose, et Etienne note des antécédents tuberculeux chez 20 p. lüO de ses malades.
On a également incriminé un trouble de l’action nerveuse, et Lancereaux (G) considère le cancer comme ressortissant à l’hérédité nerveuse. Ces influences nerveuses ont été souvent invoquées, surtout agissant sous forme d’action déj)ressive ; à ce titre, on trouve partout cité l’exemple de Napoléon.
Marshall (7) a cru trouver la cause du cancer et de la prolifération atypique dans le manque de relation des cellules cancéreuses avec le système nerveux, qui serait le régulateur à la fois de la fonction et de la morphologie des tissus. Debove semble admettre une action analogue, la suspension de la régulation nerveuse à l’origine de la prolifération néoplasique anarchique. C’est, ce nous semble, attribuer une importance exagérée à l'influence du système nerveux sur les fonctions végétatives et spécifiques des cellules, qui croissent, se multiplient et surtout s’ordonnent suivant le plan d’organisation tout à fait en dehors de son influence et même avant son apparition. Outre qu’on n’a jamais précisé ce que
— UiCAiu>. De la plui-aliLé des néoplasmes chez un même sujet cL clans une même famille. Thèse de Paris, 1885. — Iscii-A^'ai.i., Cancer et aiThrilisme. Thèse de Paris. 1891 .
(1) T LT ri KH, Diabète et néoplasmes [Arch. (jén. de méd., 1888).
(2) Gii.iiEitT et Le cancer des diabétiques {Soc. de hiol., 1898).
(3) Teissikii, Hhumalisme chronique et cancer (Itevue française de méd. el de chir., 1905).
( 4) RiciiEi.OT, Sur les associalions néoplasiques (Soc. de cliir., 1903).
(5) Ci.ACUK, (lancer et tuberculose [Aclualilés médicales).
(6) LA.MauiioAi x, llerue îles maladies cancéreuses, 1898.
(7, Mahsiiai.i., The Morton Icclurc on cancer [l.anrel, 18S9).
r. mi;m:thiei{.
Ll' CANCEK.
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jiourrail bien cire le lroul)le du système nerveux générateur <lu processus néoplasique. Pour notre part, et reclicrcliant une iiinuence de ce genre, nous avons, dans plusieurs cancers de la langue et de l’estomac, examiné histologiquement les ganglions sympathiques en rapport avec le siège du néoplasme, et en aucun <'as nous ne les avons trouvés altérés.
Aliiiiciitntion et iiiitritiou. — On peut légitimement rechercher un trouble de la nutrition à l’origine du processus néoplasique, et Legrand (1) a fort justement insisté sur l’importance à ce point de vue des variations du milieu intérieur; de même llerlwig, Rossle{2) ont incriminé la nutrition exagérée des cellules, ou les variations importantes et successives de celte nutrition. Mais il s’agit là précisément d’actions cellulaires, conditionnées par des troubles locaux, dont nous nous occuperon.s un peu plus loin, tandis que les modifications générales de la nutrition ne semblent pas avoir une importance aussi facilement démontrable dans le développement des cancers.
L’inlluence de tel ou tel mode d’alimentation incriminée souvent dans le développement des diathèses a été ici également suspectée. L’alimentation carnée, surtout, a été considérée comme nocive. Leblanc (3), Trasbot croyaient le cancer plus fréquent chez les carnivores ; Beneke attribuait le développement des cancers à une dyscrasie créée par l’abus d’une nourriture trop riche en azote et en acide phosphorique (4). Verneuil accusait également l’alimentation carnée et il posa même la question de savoir si la viande de porc ne serait pas spécialement nocive (5).
En fait, rien ne démontre la justesse de ces suppositions. Cdiez l'homme, les observalionsde cancers chez les végétariens de Duchaus- (d), de Hendley (7) qui aux Indes, sur 10*2 cancéreux, en acompte fil purement végétariens, et mieux encore ce que nous savons du cancer des animaux, nullement propre aux carnassiers, mais se rencontrant dans tout le groupe des vertébrés etquel que soit leur mode d'alimentation, tout cela prouve qu’il n’y a de ce côté aucune explication du développement du cancer.
Professions, g-ciirede vie. — La condition sociale a-t-elle une inlluence sur le développement du cancer ? D’Espine croit le cancer
(1) Lehhand, Une esquisse du conilit entre les cellules et le milieu. Thèse de Paris, 1902. — Cancer et milieu intérieur (Semaine méd., 1907).
(2) llüssi.E, Loc. cil.
(3) Leiu.anc:, Bull, de l'.icad. de inéd., IS3i.
(1) K. Beneke, Zur StatistiU des Carcinoms, etc. Cassel, 1881.
(5) Hogeu WiEEiAMS, Bemarques sur la mortalité par le cancer (Lancel, 1898). 11 attribue l’augmentation de la mortalité par le cancer en .\ngleterre à l’augmenlation de la consommation de la viande, qui a doublé en un demi-siècle el atteint actuellement 60 kilogrammes par Icte et jiar année.
(G) llueuAiissoY, Soc. de mèd. jiralique, 1888.
(7) IIemii.ey, Bril. iiied. Journ.
l^riOLOGIE.
plus fi’é(iuenl chez les riches, el Ilofmeyer trouve exaclenient le contraire,une proportion de :t,f>p. lOttchez les pauvres contre p. 1(>(* chez les riches. Les indications (pie nous fournit la statistique parisienne sur la fréquence relative du cancer dans les divers arrondissements seraient plutôt en faveur de cette dernière opinion. Le canc(‘r est en etïel plus fréquent dans les arrondissements pauvres de la périphérie (jue dans les arrondissements du centre. Le riche arrondissement de TLIysée compte toujours moins de cancéreux que les autres; depuis ISSI, il n’a pas cessé d’avoir le minimum. Le IX'' (Opéra), très riche aussi, partici{)e au môme privilège.
Helativement aux professions, la statistique parisienne de 1896 nous fournit le relevé suivant :
Toux de /<i morlalild iiar cancer.