COXSIDÉRATIOIVS GKIVÉïlALES CLASSIFICATIOIV
Le processus cancéreux, tel que nous le comprenons, et tel que nous venons de l’exposer clans ses composantes, est un processus surtout cellulaire. Les phénomènes de prolifération indéfinie et infectante qui le caractérisent essentiellement sont la manifestation de troubles de la vie cellulaire, et sont, dans leurs diverses modalités, commandés par les propriétés des cellules en cause, par leurs adaptations fonctionnelles et morphologiques.
Les cancers se différencient donc, dans leurs formes particulières, par les différences des propriétés de chacune des espèces cellulaires qui les constituent. Les formes et les variétés des cancers sont en rapport avec la variété des espèces cellulaires qui ont subi le processus cancéreux, et comme tous, ou tout au moins la plupart des éléments cellulaires de l’organisme, sont capables de l’évolution cancéreuse, nous devrons considérer autant de formes de cancers que nous connaissons d’espèces cellulaires distinctes.
Il est en elïet impossible d’établir une autre classification des cancers qu’une classification anatomique. Nos notions pathogéniques sont, à leur sujet, trop incomplètes encore pour nous servir de base utilisable, et, d’autre part, les modalités symptomatiques nous ramèneraient quand même à la systématisation anatomique, tout cancer étant à ses débuts et pendant une grande partie de son évolution une affection locale dont la symptomatologie tout entière est en rapport avec le siège de l’altération.
Ainsi, pour classer les cancers, nous suivrons, comme dans la classification des tumeurs en général, la classification môme des espèces cellulaires à l’état normal.
L’acceptation générale de la loi de Muller a en effet conduit à rejeter les anciennes classifications, telles que celles de Laennec, de Lebert, de Broca, distinguant les tumeurs en homologues et hétérologues, homœomorpheset hétéromorphes, selon qu’elles étaient semblables aux tissus de l’organisme, ou formées de productions étrangères et, comme telles, bénignes ou malignes.
Toutes les classifications modernes ont cherché au contraire è rapprocher les produits néoplasiques des tissus normaux auxquels ils ressemblent le plus, soit en mettant simplement en parallèle chaque forme de tissu et chaque forme de tumeur (Cornil et Ranvier'i, soit encore en groupant les diverses variétés selon leur degré de complexité, comme ’Virchow, qui, dans sa troisième classe des tumeurs, la seule qui corresponde aux faits qui nous intéressent, distingue : t“ les tumeurs histioïdes, formées d'un seul élément anato-