‹ Cancer primitif du larynxChapitre 12 sur 27 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

oancer au larynx (Dr Demarquay, chirurgien de l’hospice Dubois.)

En 1862, M. X..., brasseur, rentrait un soir chez lui, lorsqu’il lut attaqué par trois malfaiteurs, dont l’un d’eux le saisit à la gorge et lui fit une fracture du larynx. Apporté à l’hôpital Dubois, il en sortit guéri quelque temps après.

Depuis plusieurs mois, et comme auparavant, il vaquait à ses occupations, lorsque tout à coup, sans cause connue, il sentit sa voix s’enrouer et devenir bientôt complètement aphone. Quelque temps après, survint de la gène dans la respiration, et un soir il fut apporté à la maison de santé dans un état voisin de l’asphyxie.

M. Demarquay, chirurgien de cet hôpital, averti, crut devoir pro* céder sans retard à la trachéotomie. „

Il était assisté de M. Ch. Fauvel et de son interne.

L’opération fut difficile. Il était nuit. Il y eut une violente hémorrhagie, que l’on parvint pourtant à arrêter. De plus, la canule était à peine introduite, dans la trachée, que le malade fut tout à coup saisi d’un délire furieux. Prenant les médecins pour ses assassins, il s’arma d’un tabouret et, sans la présence d’esprit de Blanc. #

M. Demarquay qui, sautant après le cordon qui retenait la canule, le coupa, un malheur serait peut-être arrivé. La canule arrachée , le malade se sentit alors de nouveau suffoqué et retomba sur le lit ; on le garotta, et Fopération put être facilement terminée . Le souvenir de ce qui s’était passé ne resta pas au malade.

M. X... sortit bientôt de l’hospice et, gardant sa canule, il put reprendre ses occupations. Mais, quelques mois après, son cou augmenta de volume ; les ganglions sous-maxillaires se tuméfièrent, et il revint mourir à la maison de santé .

L’autopsie fut faite, et l’on trouva un énorme papillome cancéreux qui avait envahi toute la cavité du larynx.

L’étude histologique n’a pas été faite. Mais Fétat cachectique du malade, l’engorgement des ganglions sous-maxillaires, l’aspect de la tumeur, édifièrent complètement sur sa nature.

Plusieurs auteurs ont prétendu que les violences extérieures n’étaient pas étrangères aux causes du cancer. Dans le cas actuel , n’y aurait-il pas quelque chose de vrai ?

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