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CHAPITRE IV

SYMPTOMATOLOGIE.

Les symptômes du cancer du larynx arrivé à une certaine période, sont ceux de toutes les tumeurs obstruant les voies aériennes.

Dans la très-grande majorité des cas et la plupart du temps, sans cause connue, la maladie débute par de l’enrouement, de la faiblesse dans la voix. Le malade tout d’abord croit à un simple rhume et ne s’en inquiète pas davantage. Mais, au bout de quelques mois, parfois au bout de un ou deux ans seulement, la voix devient de plus en plus rauque, s’affaiblit davantage; elle s’éteint progressivement et arrive à l’aphonie.

En même temps apparaît de la dyspnée; le malade se fatigue vite ; il ne peut plus monter les escaliers et un jour il est pris de suffocation et de toux. C’est alors qu’il va consulter le médecin.

D’autres fois, comme dans l’observation 5, les phénomènes précédents arrivent tout à coup. Lorsque l’on voit le malade pour la première fois, le laryngoscope montre,

le plus souvent, une tumeur déjà avancée. Dans ce cas l’aucultation laryngée, pendant la respiration, fait entendre un bruit de frottement plus ou moins fort, plus ou moins sourd, suivant l’étendue de la tumeur et les altérations de la glotte.

Le cou a parfois augmenté de volume, est devenu douloureux surtout à la pression. Rarement il y a des douleurs lancinantes; enfin, quelquefois les ganglions sousmaxillaires ou sus-claviculaires sont pris.

Nous venons de dire que les altérations de la voix sont le premier symptôme. Cela se conçoit facilement lorsque l’on songe à la susceptibilité du larynx et que l’on se rappelle que les productions morbides se développent près de la glotte et que la moindre inflammation, la moindre végétation suffit pour produire l’asynergie vocale.

Après l’aphonie, la dyspnée est le symptôme dominant; avec elle la toux existe souvent; il y a des crachements de sang et quelquefois des débris de la tumeur se trouvent dans les matières expectorées. L’haleine souvent est fétide ; dans certains cas arrive aussi la dysphagie. Ordinairement ce dernier phénomène ne se montre que postérieurement, tandis qu’il est un des premiers dans le cancer du pharynx; bon signe, pour différencier l’origne du siège de la néoplasie.

Du reste, tel ou tel phénomène dominera suivant le siège de la tumeur. Si l’épiglotte, la face postérieure des aryté. noïdes ou les replis ary-épiglottiques sont le siège de l’affection, il y a dysphagie. La tuméfaction des cordes vocales, de la portion antérieure des aryténoïdes, du repli interaryténoïdien détermine plus spécialement l’aphonie.

Les troubles respiratoires sont de deux sortes, mécaniques lorsque la tumeur a acquis un volume considérable, fonctionnels lorsque l’irritation, causée par la tumeur sur

les lèvres de la glotte, donne lieu à des accès spasmodiques. Toutes choses égales d'ailleurs, les troubles respiratoires sont plus accusés la nuit pendant le sommeil que le jour. Cela tient en partie au décubitus souvent défavorable pour la respiration et aussi probablement à ce que pendant l'état inconscient du sommeil on ouvre moins la glotte pour respirer. Généralement aussi l’inspiration se fait plus difficilement que l’expiration.

La maladie arrivée a un certain degré, la dyspnée augmente, les malades ont alors la contraction convulsive des muscles du cou et du thorax; ils prennent la teinte bleuâtre de la face, la maigreur générale, quelquefois l’œdème et le boursouflement des paupières et des membres inférieurs; comme dans toute laryngosténose, ils ont le pouls petit, mou, dépressible et accéléré; ils ont de la

fièvre.

Les complications pulmonaires sont fréquentes.

Enfin, la mort arrive le plus souvent par asphyxie, quelquefois par cachexie, par épuisement ou par hémorrhagie.

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