CHAPITRE IV
Pronostic et traitement des cancers extra-génitaux
Le traitement et le pronostic des cancers extra-génitaux pendant la gestation, dont nous venons de souligner l'évolution particulièrement accélérée, sont-ils plus encore que dans les conditions ordinaires fonction de la promptitude du diagnostic.
La thérapeutique des cancers pendant la gestalion devra toujours, lorsque le cancer le permettra, poursuivre ce double but : chercher à soigner le cancer et sauvegarder, dans la plus large mesure possible, la vie fœtale.
Malheureusement, la difficulté du diagnostic précoce est réelle ; l’état de gestation peut s’accompagner de certains troubles du fonctionnement physiologique normal et sous cette apparence considérée comme banale, dissimuler l’évolution d’un cancer au
début.
Par exemple, le cancer du rectum au début, dont les symptômes hémorragiques seraient attribués aux hémorroïdes ou à la stase pelvienne si fréquentes au cours de la gestation ; là, comme dans d’autres circonstances, le toucher rectal, que l’on a le tort de ne pas pratiquer assez systématiquement, aurait permis d'éviter l'erreur.
De même la notion courante de lymphangite, galactophorite et abcès du sein peut faire méconnaître l'apparition d’un cancer.
De même des vomissements attribués à des phénomènes sympathiques et qui seraient en réalité des signes de début d’un cancer gastrique... d’où retard au diagnostic et vérification une fois de plus de l’aphorisme :
« Autant de perdu dans la rapidité du diagnostic, autant de gagné par le cancer. »
Aussi bien, comment, de façon très sommaire, faut-il envisager la conduite à tenir en présence de cette éventualité : cancer extra-génital et gestation ?
Il y a lieu, d’abord, de retenir la date d'apparition du cancer par rapport à la gestation :
1° Le diagnostic de la tumeur est fait au début de la gestation.
La vie de la mère sera, nous le savons, promptement menacée et avec elle, celle de l'enfant qui partagera son sort, ou, au mieux, pourra atteindre le terme mais naître très précaire : l'intervention chirurgicale précoce s'impose toutes les fois où la tumeur est opérable au début, sans tenir autrement compte de la grossesse concomitante que pour hâter encore la décision.