SCÈNE IV
Les Mêmes, BERTHELINE.
Qu'est-ce que tu veux , ma bonne ?
BERTHELINE.
J'attends Votre Majesté.
Pourquoi faire?
BERTHELINE.
Pour me conduire à l'église.
Tiens , c'est vrai... c'est aujourd'hui la Toussaint... et moi qui n'y pensais pas ! c'est honteux! un marguillier... (à Aubriot.) car je suis toujours marguillier de ma paroisse, n'est-ce pas?
AUBRIOT
Oui, sire.
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BERTHELINE.
Allons donc, monsieur, les derniers coups de la messe sont sonnés.
Mon Dieu ! un peu de patience... j'écri3 au duc d'Anjou.
BERTHELINE.
Alors vous arriverez à Vite missa est!
Je ne peux pas être à tout et partout... vraiment, je ne sais plus... après ça... je t'ai donné mes idées...
AUBRIOT
Eh bien ! je terminerai cela...
Tiens, tu as raison... au fait tu arrangeras ça... je vais apposer le... (il fait le geste de sceller.) tu sais, pour... où l'ai-je mis... ( A Bertheline.) Me voici.
BERTHELINE.
A la bonne heure... partons ; le cortège nous attend.
Le cortège?
BERTHELINE.
Deux haquenées que j'ai empruntées au médecin Bertholet puis toutes mes voisines
que j'ai invitées.
Des voisines, un cortège, des chevaux , pour aller entendre la messe à vingt pas d'ici !... allons donc ! vous allez me faire le plaisir de renvoyer tout cet attirail et d'aller modestement à pied... comme une bonne bourgeoise.
BERTHELINE.
Une bourgeoise !... moi, la reine !
Reine '• vous! ah! ah! ah ! mais vous êtes toujours et tout simplement dame Candinot, mercière et revendeuse depices... voilà vos titres à la reconnaissance publique; et pour la mériter, vous me ferez le plaisir de ne plus quitter votre comptoir.
BERTHELINE.
Ah! quelle indignité!... mais je ne vous reconnais plus.
La faute à qui?...
Air : Restez, restez, troupe jolie.
^ Vous m'avez fait roi , gentilhomme , Et ce n'est plus comme autrefois :
Simple marchand , j'étais bonhomme , j0> Au chapitre vous aviez voix ;
Mais c'est autrement chez les rois.
De résister à la couronne Je vous ferai bien repentir.
(A lui-même et pendant qu'il scelle la lettre.)
Assez long-temps près d' toi , ma bonne , J'ai porté celle de martyr.
(Haut.)
Chacun son tour ; tu vas , ma bonne , Porter un peu cell' de martyr.