‹ Candinot, roi de Rouen, vaudeville en deux actesChapitre 9 sur 52 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes , CANDINOT.

CANDINOT, entrant effrayé, les vêtements déchirés. Fermez la boutique... fermez les portes... mes enfants , fermez les fenêtres, fermez tout.

BERTHELINE.

Sainte Vierge ! cet effroi!...

MARIE

Qu'avez-vous?...

Il'est peut-être blessé.

Blessé !... moi...

MARIE

Grand Dieu!... blessé!

BERTHELINE.

Blessé ! où cela ?

NIVELLE

Où cela ?

CANDINOT, se regardant.

Oui... où cela? voyons... mais parle donc. "v

NIVELLE

Dam... je vous demande.

Comment tu... eh bien ! alors... non... (il se tâte.) non... je n'ai rien...

cfôp

cm*

NIVELLE

Non ! vous n'avez rien... tant mieux.

Alors , pourquoi viens-tu , maître sot... tu vois que ça effraie ma femme et ma fille... rassurez-vous, je n'ai rien , ( il se tâte.) non, absolument rien... Je ne connais pas de poltron comme ce Nivelle.

MARIE

Asseyez-vous donc.

Merci , mon enfant... je suis moulu, brisé.

BERTHELINE.

Saint Jésus ! vos vêtements sont en lambeaux !

Je crois bien! ils m'ont porté en triomphe.

tous.

En triomphe !

BERTHELINE.

Pourquoi?

Parceque je me suis battu.

TOUS

Battu!

Ou plutôt pareequ'on m'a battu.

BERTHELINE. j

Seigneur Dieu ! expliquez-vous donc.

Vous savez que j'étais allé "parlementer et composer pour ce cidre que l'on me retenait à la barrière.

NIVELLE

Oui, je l'ai dit à darne Bertheline.

Nivelle, je t'ai dit de fermer la boutique; je ne veux pas qu'on me voie , ni qu'on sache où je suis.

BERTHELINE.

Enfin?...

Enfin, j'arrive, et je représente aux maltôtiers qu'ils me font injustement souffrir mal et dommage en retenant ainsi mes marchandises, qu'aux termes de la publication le péage des nouvelles taxes n'est exigible qu'à dater de ce jourd'hui, midi précis, et que l'horloge de la cathédrale ne marque encore que onze heures et demie... — «Bon, elle retarde! firent-ils... — Ah! messires, fis-je à mon tour, une si bonne horloge ! d'après le modèle qu'en a laissé monseigneur Gerbert, archevêque de Reims. — Il est midi! le sablier est retourné... — Le sablier est... je le vois bien... mais ce n'est pas une raison. ..»[C'est vrai, ça! il est onze heures et demie , n'est-ce pas? ces gens-là veulent qu'il soit midi, crac! ils retournent le sablier... et ils viennent vous dire : « Il est midi , paye... et tout de suite!... » Eh bien! non... je ne dois

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