‹ Cantiques de Marseilles accommodés à des airs vulgaires [microforme]Chapitre 57 sur 88 · CANTIQUES DE JUDITH · texte numérisé non relu

CANTIQUES DE JUDITH

Sur l'Air :—Je suis un Prince bien-heureux, &c.

HoLoPHBRNE.

Quez est ce peuple plein d’orgueil,

Qui se prépare à se défendre ?

Je m’en vais le mettre au cercueil, S'il ne se dispose à se rendre :

Quei est son Dieu ? quelle est sa Loi ?

Pour ne point céder à mon Roi ?

ACHIOR.

Ce Peuple adore un Dieu puissant, Qui fit de rien tout ce grand monde ; Un seul d’entr’eux en défait cent, Lorsque sa grace le seconde :

Ils sont gens pour vous renverser, Si vous tentez de les forcer.

HoLoPHERNE.

Tu parles comme un insolent, Je veux sans merci qu'on te lie ; Va m’'attendre au combatsanglant Qui doit tout perdre en Bethulie ; Je jure qu'avec tes Hébreux,

Tu soutiriras des maux affreux,

Acuior,.

Ah! pauvre Peuple, il faut mourir Des mains cruelles d'Holopherne ; Priez Dieu de vous secourir :

Que chacun de vous se prosterne.

Il a juré d'un ton altier, Que vous n’auriez point de quartier.

ureux, Sc.

eil,

DE MARSEÏILLES.

JUDITH

Dieu de bonté, Roi tout-Puissant, Rs pitié de ma patrie ;

e souffrez pas que l’innocent Soit conduit à la Boucherie :

Frappez tous ces Assyriens, Comme les fiers Egyptiens.

Leurs lances et leurs javelots Bravent le Ciel, la terre et l’onde :

J’en pousse de tristes sanglots, Dans une humilité profonde :

Je vous prie, exaucez mes pleurs, Et détournez tant de malheurs.

Voudriez-vous que ces inhumains Vinssent profaner votre Temple ?

Faites les tomber squs vos mains, :

Pour servir à jamais d’exemple ; Vous n’avez point besoin de fer, Pour les abîmer dans l’enfer.

Que ce superbe Colonel, Qui met son espoir en ses forces, Nage danssonsang criminel, Par mes innocentes amorces.

Mon Dieu, mon tout, Pope)

Pour être fidelle à ma Loi.

Qu'’au sortir de quelque repas,

L'excès du vin fumeux l’entête,

£t que son propre coutelas,

Me serve à lui trancher la tête ;

Vous pouvez de ma foibl: main,

Exécuter ce grand dessein.

Donnez le conseil à mon cœur, Donnez la parole à ma bouche, Donnez à ma main la vigueur, Puisque cette affaire vous touche ; Faites enfin connoître à tous, Qu'il n’est point d'autre Dieu que vous.

Servante, apporte mes bouquets, Mes parfums, mes pendans d'oreilles, Mes beaux habits, mes affiquets ;

Je veux me parer à merveilles ; Le Seigneur sçait quej’ai pour but De tout son peuple le salut.

Mets dans un sac tous nos besoins, Pour vivre au Camp une semain? ; Laissons à Dieu nos autres soins, Allons où son esprit nous mêne ; Quand on ne cherche rien que lui, On l’a pour guide et puur appui.

O grand Prêtre ! A quoi pensez-vous ?

Changez d'avis, je vous supplie :

Voudriez-vous livrer à des loups Le cher troupeau de Bettulie ?

Il faut préférer l’ame au corps, Et pour Dieu souffrir mille morts.

Vous proposez qu’après cinq jours Y] faudra céder et vous rendre, Si Dieu ne vous donne secours Contre ceux qui veulent vous prendre.

Quelle est votre témérité ?

Dieu ne veut point être tenté.

Pour mettre à bas vos ennemis Prenez la haire pour vos armes, Priez avec un cœur soûmis ;

DE MARSEILZLES.

Jeûnez et répandez des larmes :

Vous les vaincrez.en peu de tems, Si vous êtes vrais pénitens.

Eliachim, consolez-vous ; Prêtres sacrés, prenez courage :

Je vais pour le salut de tous, Entreprendre un petit voyage :

Adieu donc, mon cher Peuple, adieu Prosternez-vous tous devant Dieu.

Les PreTres Er LEs MAGisrraATs

Nous allons offrir au très Haut Mille vœux pour votre entreprise, Hélas ! si l’on donnoit l’assaut, Ea Ville seroit bien-tôt prise :

Brave Judith, prenez-en soin, Nos ennemis ne sont pas loin.

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