‹ Cantiques de Marseilles accommodés à des airs vulgaires [microforme]Chapitre 63 sur 88 · CANIQUES · texte numérisé non relu

CANIQUES

Mais l'enfant, d'un sens rassis, ‘Luirépond, hélas ! cher pére, Voulez-vous me laisser un bien, ‘Que j'estime moins que rien ?

Tout ce qu’on veit ici bas, Est plus fr ae que le verre ; Le désert fait mes: À Et non les biens de la terre ;

Je ne crains point les frimats, ‘Les éclairs ni letonnerre ; J'ai souflert dans le bois sept ans, Toutes les rigueurs du tems.

Donnez à qui vous voudrez Tout votre riche héritage ; à ne bte net ue Dieu seul pour mon ÿ Je préfère les forêts om Etle coin d’un Hermitage A l’éclat de votre Château, Fut-il mille fois plus beau,

L’air de la Cour me fait peur ; Fuyons à la solitude,

Où Dieu, vuidant notre cœur, En fera la plénitude ;

Nous goûterons la faveur D'une sainte quiétude, Attendant d'aller voir, un jour, Ma mère en l’heureux séjour.

… Sifroi qui n'attendoit pas n succès si favorable,

Baise et serre entre ses bras,

Son Benoni tout aimable ;

Et sans plus faire un seul pas Aprèsleur bien périssable, Ils s’en vont au désert heureux Pour s’y rendre Saints tous deux.

Sainte, l'honneur du Brabant, Glorieuse Anachorette, Votre époux et votre enfant Ont choisi la voix étroite ; Faites qu’en vous imitant Je me plaise à lasretraite, Et qu’en tout je n’aye pour but Que Dieu seul et mon salut.

Vivez grande Sainte en pa’x “Dans le séjour de la Gloire, Et n’abandonnez jamais Ceux qui liront votre Histoire ; Je veux l'avoir désormais

Empreinte dans ma mémoire, Pour marcher d’un plus.ferme esprit | Sur les pas de Jésus-Christ.

Apprens ici, cher lecteur, A souffrir avec constance, Lorsque quelque détracteur : Noircira ton innocence :

Tâche d’être le vainqueur Du Démon de la vengeance, Si tu veux qu'après ton trépas, Dieu couronne tes cembats.

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