ET LES NOËLS POPULAIRES
d'un grand effet, L'air du cantique proprement dit est à peu près semblable au nôtre, seulement il est écrit dans la mesure à six-huit,
tandis que notre version canadienne est chantée le plus souvent à quatre temps.
Un noël du Languedoc : Les anges dans nos campagnes, est aussi très connu par tout le Canada français.
Le Père Lambillotte a publié deux cantiques de Noël très pieux d'une forme plus moderne, qui se chantent également dans nos églises canadiennes : Au saint berceau qu'entourent mille archanges, et O divine enfance de mon doux Sauveur ! Ce dernier faisait partie du répertoire du chœur de l'église paroissiale de Montréal, il y a plus de quarante ans. Les membres de ce chœur étaient choisis parmi les élèves du collège de Montréal ; ils avaient pour directeur le bon abbé Barbarin, dont la voix admirable faisait les délices des fidèles. Après ce long espace de temps que je viens d'indiquer, il me semble entendre encore cette belle et onctueuse voix répéter avec ferveur :
O divine enfance Descendez, saints anges, De mon doux Sauveur! Venez en ces lieux ; Aimable innocence Voyez dans ces langes Tu ravis mon cœur. Le Maître des Cieux | Que dans sa faiblesse, Qu'elles ont de charmes Il paraît puissant ! Aux yeux de ma foi Ah! plus Il s’abaisse, Ces premières larmes Et plus Il est grand ! Qu'il verse pour moi!
LULELEECEE EEE EEE EEE]
LELLEELELELEEETTECEEECECEEETT TE 2
Je dois faire mention ici du “ cantique de Noël ” d'Adolphe Adam, si connu et si populaire dans nos villes. C’est une heureuse composition. simple, mais ample, distinguée, dont les modulations sont naturelles et d'où s'exhale un véritable parfum de piété. Je l'ai entendue chanter pour la première fois, par une délicieuse voix d'enfant, dans la grande église de Saint-Roch, à Paris, en 1857. Les paroles, dues à Marie Cappeau. en sont aussi fort belles.
Mlle Augusta Holmès,—dont le nom véritable est miss Holmes, une Irlandaise,—qui a acquis une certaine notoriété à cause de la cantate couronnée qu'elle a fait chanter à l'inauguration de la tour Eiffel, a
publié, il y a quelques années, un noël que je pourrais appeler un noël de salon. La mélodie en est écourtée, mais délicate et originale. Les paroles, qui ressemblent à la musique, sont d'une naïveté d'emprunt très parisienne. C'est une simple bluette fantaisiste et gracieuse, qui se termine par un mot d'amour, un souhait de jeune fille :
Trois anges sont venus ce soir —Veux-tu le bel encensoir d’or, M'apporter de bien belles choses ; Ou la rose éclose en couronne ? L'un deux avait un encensoir, Veux-tu la robe, ou bien encor L'autre avait un chapeau de roses, Un collier où l'argent fleuronne ? Et le troisième avait en main Veux-tu des fruits du paradis Une robe toute fleurie Ou du blé des célestes granges ? De perles, d'or, et die jasmin, Ou, comme les bergers jadis, Comme en a Madame Marie! Veux-tu voir Jésus dans ses langes ? Noël! Noël! Noël! Noël!
Nous venons du ciel Retournez au ciel, T'apporter ce que tu désires, Mes beaux anges, à l'instant même ; Car le bon Dieu Dans le ciel bleu Au fond du ciel bleu Demandez à Dieu Est chagrin lorsque tu soupires ! Le bonheur pour celui que j'aime !
Nous sommes bien loin de Fléchier,
Si, de la capitale de la France, nous nous transportons dans les vastes forêts qui séparent ia province de Québec de la baie d'Hudson, nous trouvons des Sauvages chrétiens, évangélisés par nos missionnaires, chantant des cantiques en langue indigène sur des airs français, pendant la nuit de Noël, “la nuit où l'on ne dort pas.” Tous les Sauvages montagnais, pour ne parler que d'une seule tribu, savent lire et chanter la prière.
Les Hurons sédentaires de la Nouvelle-Lorette, près Québec, chantent un très beau noël en leur langue d’autr-fois : Zesous ahkatonnia ! (Jésus est né!) dont l'origine remonte au temps des glorieuses et sanglantes missions de la péninsule huronne. Les paroles en sont consignées dans un manuscrit du Père Chaumonot, et l'on suppose qu'elles sont du Père de Brébeuf, l'apôtre-martyr, ou du Père Ragueneau, deux linguistes *. L'air en est très populaire parmi la tribu. C’est une simple mélodie à deux temps, d’allure toute française ; elle appartient au mode mineur, ou plus exactement, au premier mode plagal de la tonalité grégorienne,
L—On peut voir ce manuscrit à la bibliothèque de la Législature de Québeo.
ne ;
1 les dson, aires, ndant vages anter
uébec.
monta !
ses et \ sont 1P POSE eneau, est une ient au conalité