‹ Capital et travail: Vers des temps nouveauxChapitre 25 sur 47 · Messager de Paris, 5 septembre · texte numérisé non relu

Messager de Paris, 5 septembre

pr^sente la participation d'aprfts le statut mdme que lui ont doQn6 un grand nombre de patrons. Mais ma declaration m'a valu aussitot les v^h^ments reproches de M. Paul Delombre dans le journal le Temps. A entendre mon honorable et s6vfere cfitique je n'^vais rien lu sur la participation pour parler comme je I'avais fait. Admettons que je n'avais lu a r^poque que la deuxi^me Edition du livre de M. Trombert que M. Delombre avait pr6fac6. Danssapr6face, M. Delombre dibait bien que la participation n'est pas une charity (il ne manquerait que cela), mais en lisant I'ouvrage lui-m6me j'avais constats que tel patron ne I'avait institute qu'ii titre de « pure liberality »y tel autre que comme « une marque d'affection et d'estime » pour ses ouvriers ! Cela suflit pour expliquer qu'aux yeux des ouvriers la participation puisse apparaitre comme un acte de philanthropic ^. J'ajouterai encore, k I'appui de ce que j'ai dit k la tribune du S6nat, qu'en 1883, devant la commission dont j'ai A^]k parie, M. Gorbon, s6nateur, ancien industriel, d^clara qu'avec la participation aux benefices le patron « consentant h donner une part de benefices h ses ouvriers, c'est un don gradeux qu'il leurfait>. Et voici que recemment la Chambre de Commerce d^Orleans (Rapport Croissandeau) a declare que dans bien das cas la partidpalion n'est

1. Une opinion qui vaut bien, en Tesp^ce, celle d*un ^cono> miste, c*est celle de M. Mild^, industriel. M. Mild^ a ^crit : « La participation a conserve dans la plupart des cas le caract^re d'une lib^raiit^ patronale. » En Am^rique les r^glements des maisons faisant la participation indiquent que celle-ci « est une mesure gracieuse de la part du patron ». Ge dernier renseignement est tird ^i'une ^tude de V Action naiionale, (N* du 25 d6cembre 1920.)

LA PARTICIPATION AUX B^NiSfICES 165

attribute que dans une mesure qui en fait un acte de bienveillance, M. Delombre aurait pu r6server pour d'autres que pour moi ses peu amines observations.

Une propagande auprfts des ouvriers s'impose done, ne serait-ce que pour redresser leur erreur dont d'autres sont responsables , ceux qui pratiquent mal la participation ou se sjd^vent pour la discr6diter des exemples « paternalistes ». Pour combattre ceux-ci on prouyera que certains socialistes pars, du moins cLans des temps non encore pr^historiques, bien qqe la guerre, soit pass6e depuisi 6taient plutdt favoi^bles h la participation.

C'est ainsi que Thomas Burke, le c6l6bre pr6sident des mineurs du Northumberland, membre du Labour Party, a di£ un jour :

\ « Je me suis toujours montre favorable au principe de la

participation aux benefices; ce n'est pas qu'elle soit un id^al parfait pour nous; elle est un stage, une preparation necessaire vers une forme plus pure, plus parfaite, de la production en cooperation. ^

Retenons cette formule, car elle est juste. La Participation est un stage, une preparation n^cessaire vers des formes plus pures, plus parfaites de la Cooperation. Ges formes nous allons les rechercher.

GHAPITRE VI

C'est volontairement que, dans I'^tade que liOus avons faite de la participation aux b6n6fices, nous avons laissS de a6i6 le mode le pliis iiit^redsant d'affectation des b^n6&ces attribu6s au travail. Nous Youlons parler du syst^me de participation aux h6n6^ flees dans lequel les parts de bdn^fice revenant h chacun des ouvriers et employes de I'entreprise doivent 6tre, obligatoirement ou facultaUvement en totality oa en partie, affect^es h racquisition de parts individuelles du capital social.

Cette forme de la participation exigeait que nous lui consacrions un chapitre special. En effet, avec elle, la participation aux b6n6fices devient la forme premifere, le d6but d'un regime tout different des rapports du capital et du travail, qui n'est autre que la cooperation plus complete de ces deux facteurs de la production. La participation aux benefices n'est pas une association; avec I'obligation ou tout au moins la possibility pour le participant aux bto^

fices, d'acheter avec ses parts de b6n6fic6 des parts de propri6t6 de rentreprise^ elle devient la participation au capital 6t r6alis6i en un temps plus ou moins court, Tassociation du Capital et du Travail entratnant ou pouvant entratner une part plus on moins grande dans la gestion.

Charles Robert, et cela ne surprendra personiiie apfis ce que nous avons dit de ses vues, approuvait avec enthousiasme cette faveur de la participation aux b^n^fices.

€ Nous nous unissons k tons les amis de la coop^ ration pour approuver chaleureusement, 6crivait-il en 1892, la combinaison par laquelle un chef din* dustrie cherche k placer autant que possible son personnel dans le droit commun (change par diverses lois en preparation) des soci^iis anonymes ou en commandites h I'aide de la participation « Cette excels lente combinaison consiste & employer en actions ou en parts de I'entreprise au compte de chaque ayant droit une fraction* de participation annuelle. »

Lorsque Charles Robert ^crlvait ces lignes, il exis^ tait en France au moins trois entreprises dans lesquelles ce systdme avait 6ti appliqu6 avec succis depuis dej& de nombreuses ann6es quoique h des degr6s divers de perfection.

Les trois entreprises que nous visons 6taient la Papeterie cooperative ctAngoul4me, Tancienne Mat^ son J.^B. Godtn, manufacture d'appareils de chauffage, de cuisine et d'ameublement, devenue la Society Dequenne et C" *, h Guise (Aisne) et enfin la

1. Od remarquera que Charles Robert d6 parlait de la transfortnatioo en parts de capital 4ue pour une fraction.

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