Librairle Fischbacher, 33, rue de Seine
Ln>ARTICIPATlON AU CAPITAL 49S
d'affectueuse ^stime k F6gard de la classe ouvri^re dont il est issu, ou de reconnaissance ^ regard de ses collaborateurs qui ont fait sa fortune ; c'est Foeuyre d'un esprit qu'anime des id^es de:justicj&r«t que pr^occupe i'avenir de i'industrie, I'oBUvre r6fl6chie d'un esprit clairvoyant et droit qui a voulu, par un exemple, prquve^ que I'association du capital et du travail n'est pas une utopie, mais qu'elle pent et doit devenir une r^alit^, qu'^elle pent assurer la bonne marche des entreprises et, par une Evolution progressive, permettre aux ouvriers de devenir des patrons.
Leclaire, comme Godin, a eu des origines modestes et des debuts difficiles. Ancien ouvrier, il ^tait, en 1842, h la tSte d'un petit atelier de peinture occupant une dizained'ouvriers. Imbu,lui aussi, desid^es de Fourier, il accorda h ceux-ci, en plus de lenrs salaires, une partie de ce qu'ils lui faisaient gagner. Dds I'origine, une part des b^ndfices dus h chaque ouvrier ou employ6 participant 6tait r6serv6e pour la constitution de pensions viag^res. II voulaitqu'apr^s toute une v^e de labeur un ouvrier et sa femme puissent dans leur vjeillesse avoir de quoi vivre tranquilles sans dtre h charge h personne. Une pension viag^re de 1.500 francs — ce qui 6tait beaucoup il y a 60 ans — devait 6tre servie h tout soci6taire ayant cinquante ans d'&ge et vingt ans de presence dans la maison et une pension de 750 francs k leur veuve et k leurs orphelins. II avait fond6 k cet effet une Societe de prevoyance et de secoursmutuels qui fournissait notamment et en mSme temps, en cas de maladie, les soins m^dicaux et pharmaceutiques et une indemnity, 6lev6e pour I'^poque, de 3 fr. 50 par jour.
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Gelte Soci6t6 de prdvoyance, aliment^e par la part de bdn^fices qui lui revenait, ne tarda pas k 6tre k la tfete d'uae petite fortune. C'est aiors que, transformant sa maison, la mettant en socidt6 en commandite ayec trois gdrants 6lu9 ^ associ6s en nom ooi-* lectif, Leclaire fit de cette socidt6 de secours mutuels le commanditaire de son entrepriae. En 1892, Tavoir de la Soci6t6 6tait de 2.758.782 francs; en 1909, il 6tait de 3.848.729 francs.
Je n'entrerai pas dans des details sur le fonctionnement du systfeme, details que maints documents ont fait connaitre. Jeme bornerai ^dire qu'en vertu de la constitution laiss6e par Leclaire k ses continaateurs> les b^n6iices ont la mftme destination qu'^ Torigine : 25 p. 100 k la g^rance, 36 p. 100 k la Soci6t6 de pr6voyance et de secours mutuels, 50 p. 100 aux ouvriers et enfiploy6s»
Gomme Godin, Leclaire est done arrive k r6alis6r, lui aussi, son rftre de justice, k associer le capital et le travail. La maison Leclaire est aujourd'hui la Maison Brugniot, Laurent et G'^ et est dgalement comme Toeuvre de Godin une sorte dassoctaiion oui)ri^f€ de production, dans laquelle le capital ne recoit qu'un int6r6t de 6 p. 100 sans aacune part dans les b6n6fioes«
Apr^s avoir constats, dans la seconde edition de son Guide pratique de la participation aux benefices j en 1912, que 85 p. 100 des bto6fices allaient comme