Le Dombre des g^rants n*est aujourd'hu! que de deux
actueilement aa Travail dans Tancienne maison Leclaire, M. Trombertajoiitait : « II est vrai que la maison Leclaire pent 6tre considdr^e comme une T^ritable association eoopdrative de production ». Oui, certAs, comme ie Familist^re de Guise^ I'entreprise Leclaire pent fetre assimil^e k une association ouimkre fife, production; mais n'est-ce pas \h Ie plus bel 6loge que Ton puisse faire du syst^me d'association imagin6 par Leclaire comme par Godin, puisqu'il a abouti en quelque sorte k r^unir les deux facteurs de la production dans les mSmes mains, h les confondra? Mais il ne faut pas oublier que d6j^, du vivant de Leclairci d6s 1869 — une fois 5 p* 100 cl'int^rdt seryis au capital, avantl'^tablissement du b^n^fice net, — 50 p. 100 de b6n6Gces allaient au travail, 25 p. 100 k la g^rance, c'est-^-dire au talent, et 25 p. 100 h la Soci^te de pr6voyance qui a k servir les rentes viag6res ! £t c'est 1^ ie point important, k savoir que, comme a rappel^ Gh. Robert en 1890 dans la preface A\x premier guide de M. Trombert, Leclaire refusait tout dividende au Capital, sauf k lui servir un intiret assez 6lev6. Quand on a fait de la participation ce que certains en ont fait, il n'est pas inutile de rappeler comment les pr^curseurs la concevaient. D^B lear d6but, les projets die Leclaire refurent I'approbation des esprits d^mocratiques les plus ^mi" nents. < Si nous avions dans chaque d^partement, 6crivait Michel Chevalier a Leclaire en 1865, une vingtaine de chefs d'industrie tels que vous, la paix sociale, dont V absence est notre grand danger ^ serait promptement r6int6gr^e parmi nous, Tabtme des revolutions serait fermd, la society fran^aise serait assured de surmonter Timmense danger que suscite
Tantagonisme des classes ^ » A la mfeme 6poque, Berry er traduisait k Leclaire ses sentiments en termes analogues tandis que de son c6t6 L6on Say faisait savoir k Leclaire qu'il consid^rait la participation aux b6n6fices, telle qu'il la pratiquait, comme < sage et pratique >•
Mais pour nous guider, nous n'avions pas que ces remarquables exemples. II nous en est venu, depuis, de r^tranger prouvant que la participation aux b6n6fices pouvait conduire h une participation des plus heureuses au capital, sinon k la gestion. Un patron hoUandais, Van Marken», fondait k Delft, en 1892, une imprimerie dontTexploitation^taitbas^esurdes principes analogues k ceux mis en pratique oar Godin et par Leclaire. La maison existe toujou^ et fonctionne d'une fagon parfaite. Comme les entreprises cr66es par Godin et Leclaire, elle est devenue forc6ment une cooperative de production. Est-ce cette fin qui a d6tourn6 les industriels de notre pays k imiter les Godin, les Leclaire et les Van Marken?Ilsavaient cependant, comme nousle verrons, ^leur disposition, pour associer le Capital et le Travail, pour int6resser leur personnel et se Tattacher, d'autres combinaisons si celles que nous venous de rappeler les effrayaient sous pr6texte qu'elles peuvent aboutir, comme on Ta
1. Ed 1884, un ouvrier de la maison Leclaire exposait 8L uo ^lus Bocialiste les avantages de la participation^ « Nepubliez pas cela, s'^criason interlocuteur : votis reculeriez Vheure de la Revolution? » Get interlocuteur aurait pu dire : € Vous emp^cherez la Revolution. » — Ch. D.
dit, « a la suppression de la propriet6 capitaliste » . lis pouvaient, au surplus, maintenir Taccession du Travail au Capital dans les limites que les statuts de la Maison Laroche-Joubert lui ont assignees. ^ Mais n'ayant mSme pas accepts la participation simple aux b6n6fices» ils ont encore moins voulu de la participation au capital et moins encore de Xd, participation ct la gestion, dont nous parlerons au chapitre suivant.
En revanche, comme nous le verrons, la participation au capital a pris en Angleterre en ces vingt-cinq derniferes ann6es un d6veloppement notable. D6j^, de Tautre c6t6 de la Manche, de nombreux industriels avaient adopte la participation aux b6n6fices.C'estce que les Anglais appellant le Profit Scharing, Aujourd'hui un mouvement trfes net se dessine qui pousse Imdustrie anglaise ^ aller plus loin. Faire que Touvrier, remploy6, poss^de une portion aussi minima qu'elle soit du capital social de Tentreprise, n'est-ce pas un moyen d'obtenir de cetouvrier, de cetemploy6, une collaboration plus active, plus fidfele, plus r6guliere? Ne sera-t-il pas davantage int6ress6 k la bonne marche de Tentreprise?
Ainsi ont raisonn^, nous le r6p6tons, un certain nombre d'industriels du Royaume-Uni. Au Profit- Scharing, ils ontpr6f6r6 la participation au capital, la Copartnership. Nous parlerons de ce syst^me dans le chapitre suivant, car^ le plus souvent, il comporte, pourle personnel, non seulement une copropri6t6 de I'entreprise mais une participation k la gestion, c'est-
l.M. Nelson, le fondateur de la maison de plomberie bien connue de Saint-Louis (Etats-tJnis), s'est aussi inspire des id^es do Leclaire, de Godin, de Laroche-Joubert. Le tiers du capital serait aujourd'hui entre les mains du personnel.
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^dire une y^ritable association des deax 6l6aients de la production.
Mais pour I'inatant signalons que quelques industriels anglais ont 6Stim6 que leur personnel pouvait acqu^rir des parts du capital de Tentreprise sans que ceg parts fussent obtenues h Taide d'ane participation prealable aux benefices ei sans que cependant cette participation au capital entraindt une participation dt la gestion,
Le syst^me m^rite que nous lui consaorions quelque lignes.
Gette attribution gratuite de parts du capital a 6X6 appliqu6e (pour la premiere fois, croyons-nous) en i908, en Angleterre, par MM. Lever fr^res, fabricants de savon h Port-Sunligbt| dont la maison fondle en 1886 s'^tait born6e dfts son origine h pratiquer la participation aux b6n6fices. Tons les ouvriers, cependant, ne sont pas appel6s forc^ment et de droit h recevoir des certificats d'actions. L'ensemble de ces certificatSi repr^sentant au total la part du capital social r^serv6e au personnel, est remis k des mandataires {trustees) qui, titulaires de la totality de ces titresy sont charges de les r6partir ^ leur guise, entre les participants qui ont tons, au prealable, signe un engagement qui les lie h la maison d'une faQon du reste absolue. L'ouvrier, remploy6, le voyageur, le chef de service, le directeur peuvent bien en appeler k M. Lever des decisions des trusteed- et M. Lever pent accorder des certificats ^ ceux qui n'en ont pas b6n6fici4, con^me il pent d'ailleurs en
retirer h ceux auxquels les trustees en ont attribu^, maia il demeure certain que oe n'est pas un droit absoiu pour I'ouvrier, pour Temploy^, d'etre participant au capital.
M. Lever n'en a pas moins toutefois imaging et, dans tous les eas, experiments d'une faQon mStho*diqu^ et perfectionn^e, le principe de la d6livrance gratuite de parts de capital. On a appeiS souvent ces parts des actions de travail et donn6 au syst^me le nom A' aciionnariat ouvrier^. D'autr^sont dit» au con-^ traire, que ces pr6tendu6s actions de travail Staient tout simplement c en langage d'homme rSaliste, des primes A ranciennete, des gratifications de fin d'ann6e pour les ouvriers qui sont restSs dans r^tablissement » et ic qu'assurSment bien des entreprises ont pris de telles initiatives, fort louables sans doute, sans avoir jamais song6 h leur donner le nom pompeux d'actionnariat ouvrier >• Et Waxweiler, auquel j'emprunte ces critiques, d'ajouter que la maison Sunlight a voulu faire parler d'elle et de son produit. Le jugementest injuste. II y a de singulidres differences entre la prime i Tanciennete et Taction de Port-Sunlight. La prime h I'anciennete demeure chaque ann^e laissSe k Tappreciation du patron, tandis que les certificats de Port-Sunlight sont attribu6s d'apr^s une r&gle, une echelle invariable et fixie une fois pour toutes par un r^glement. D'autre part, le participant de Port-Sunlight, s'il participe aux dividendes, participe aussi dans une certaine mesure aux pertes, puisqu'il ne touche pas de dividendes, ce qui n'existe pas dans le syst^me des primes, en annSe d6ficitaire,