Vandervelde, Le Socialisme contre VEtat
Cooperation et de Mutuality, dans le domains de THygifene el de la Pr6voyance sociale ou dans celui derEnseignement?En v6rit6M. Vandervelde, qui, du reste, ministre d'Elal du royaume de Belgique, a 6t6 oblig6 6!ajourner les r6formes essentielles inscrites dans son programme de d6pul6 communiste, s'est montr6 en la circonslance bien s6v6re h, regard du Parlement frangais. II serait en efifet difficile de trouver en aucun pays du monde un regime qui, au cours de ces cinquante derni^res ann6es, ait, au point de vue social, poursuivi une politique de r6formes democratiques avec plus de continuit6 dans les vues, de persistance dans les desseins que le regime qui, dans notre pays, avait pourtant recueilli au lendemain de 1870 une situation si difficile et un heritage si lourd.
Aussi voudrais-je au d6but de ces pages rendre h Toeuvre sociale de la Troisifeme R6publique Thornmage qu'elle m6rite, en rappelant bridvement ce qu'elle fut, sans h6siter d'ailleurs k formuler avec franchise les critiques que cette oeuvre nous paralt
m6riter.
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L'un des constants soucis du Parlement et des gouvernements qui se sont succ6d6 en France depuis un demi-sifecle — sauf pendant de rares retours de la Reaction — a 6t6 de prot6ger le Travail et de chercher h lui assurer une remuneration toujours meilleure.
Depuis le debut du xix° sifecle, les salaires des ouvriers et des employes s'etaient accrus dans des proportions certes sup6rieures h celles dans les-
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qaelles s'augmentait le co(^t de la vie, mais le palronat, afin d'6chapper k one diminution de ses proBts, pouvait chercher A sesoustraire ^Taccroisaement des charges de plus en plus 6lev6e3 que lui crfiait la r6mun6ralion du travail. La loi du 21 mars 1884, sur les Syndicats professionnels^ devait ' permettre aux ouvriers, aux employes de toutes categories de se grouper en vue de T^tude et de la defense de leurs int6rSts corporatifs et de former en face du patronat une collectivity ouvridre ayanl quality et autorit^ n6cessaires pour discuter avec les chefs d'entreprise, non seulement les taux des salaires, mais d'une fagon g6n6rale, toutes les conditions du travail.
On a bien dit de cette loi qu'elle n'avait pas eu tous les r6sultats heureux que Ton etait en droit d'en attendre; qu'elle en avait meme produit parfois d'impr^vus et de d6cevants, en preparant par exemple les conflits entre le Capital et le Travail au lieu de les pr6venir, mais ces critiques, qui ne peuvent s'adresser a la loi elle-m6me, mais ^Tusage qu'en ont fait certains de ceux qui, du reste, Ataient les plus opposes k son adoption, impressionnent cependant beaucoup moins quand on considfere I'ensemble des bien fails que la classe ouvriere en a recueillis, non pas uniquement dans la defense des salaires, mais encore en concourant au d6veloppement de I'enseignement professionnel, k Tedosion d'un grand nombre d'oeuvres de pr6voyance contre les risques du travail, des offices de placement gratuit, des caisses de chomage, des soci6t6s de production, de consommation et de credit.
Malgr6 tout, la loi de 1884 est done bien une
grande loi d^mocratique. Et ce n'est pas la faute d'un Parlement « conservateur » si, pour des raisons que nous indiquerons*, la classe ouvridre depuis trente-six ans n'a pas su utiliser la puissance syndicale pour la realisation d'un programme de revendications r6pondant k ses v6ritables int^r^ts. D6j^, pour mieux tracer aux travailleurs la voie 6mancipatrice dans laquelle le Syndicalisme devait s'engager, quatorze ans aprfts avoir obtenu le vote de la loi de 1884, Waldeck-Rousseau proposait au Parlement de la reviser en accordant aux Syndicats la personnalite et la capacity civiles, leur permettant de constituer un patrimoine corporatif.
« J'ai la conviction profonde, disait, en 1900, Tillustre homme d'Etat, que devenus capables de recevoir et d'employer des capitaux d'6pargne, profitant des experiences faites, pr6sentant une solvability incontestable, les syndicats professionnels doivent devenir des g6n6rateurs d'associations ouvrieres, les agents d^cisifs de la grande Evolution qui est a nos yeux la solution de I'avenir, V accession du salariat a la proprtete industrielle et commerciale, »
La loi du 18 mars 1920 sur Textension de la capacity civile des syndicats professionnels a r6alis6 ces vues et donn6 ainsi satisfaction k tons ceux qui considdrent ces associations non comme des foyers ^'agitations, mais comme les groupements oti devrait s'elaborer, se preparer une organisation meilleure du travail, s'6tudier d'utiles r6formes sociales, oh devraient prendre naissance des entreprises coop6ratives, des soci^t^s ouvriftres de consommation et