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S30 VERS DBS TEMPS NOnVEAUX
la participation aax b(§n6iices> combin^e ayec les Balaires, les primes d la production*, A elle Beule la participation aux bdn6fices bien organis^e doit dire pour chacun un encouragement k produire. Par lea appointements des chefs de BerviCB) des contre-* maltres, des employes que Ton peut faire varier d'apr^s les services rendus, par le trav&U aux pieces qui permet r6l6vation du salaire de Fouvrier, par les commissions aux voyageurs at repr^sentabts, le patron a d6j^ des moyens d'encourager la production individuelle. Mais il ne faut pas perdre de vue que la marche d'une entreprise est due non pas au travail de quelques'-uns, mais h rausemble du Travail fourni par chacun et par tons, par la collectivity, par I'union de tons les efforts, de celui du mancBuvre autant que de celui du principal employ^. A quoi aboutirait-on si, aprfes Tattribution h un petit nombre de divers et multiples avantages individuels , il ne restait plus qu'une somme intime de b6n6fices it partager entre les autres? L'ouvrier peu habile ne toucherait rien et ses camarades experiment's n'au'* raient, en dehors des sentiments de solidarity qui pouraient les y pousser, aucun motif les inci*^ tant ^ former cet ouvrier* II faut au contraire qu^, comma je Tai indiqud dans d'autres pages de ce livre, la participation aux b6n6{ices soit le plus possible constitute de fagon k former du personnel une famille dont chacun des membres sentira que I'amdlioration de son sort, tout en dependant de lui^-mdme, d6pendra aussi de Teffort, de Fardeur, du savoir et du d^vouement de tons *.
1. Au chapitre « Cooperation, Paix sociale et Production », je reyiens sur la question des primes h, la production. — Ch. D.
LA PARTICIPATION INTl^GRALE 231
Ges id6eft d'association da Capital etdu Travail ont, depuis une vingtaine d'ann^es bientot, renooatr^ en Angleterre une grande faveur. Une association, la Labour Copartnership Association, s'est fondle en vue d'amener « une organisation de rindustrie bas6e sur le principe du Travail associef c'est-^-dire un systfeme par lequel tons ceux qui sont occup6s par une industrie ont une part dans les b6n6fices; dans le capital, Tautorit^ et la responsabilit^ >, En IQIO^ cent cinquante maisons avaient d6}k adopts ce syst^me : le capital total mis en Geuvre dans ces firmes repr6sentait plus de 1.300 millions de francs, et le nombre des salaries attaches k ces entreprises devenus des actionnaires atteignait pr^s de 105.000.
Gette association, voulant r6ellement faire triom* pher ses id6es, se livre k une propagande active, par des conferences, par des brochures et dans la presse. La guerre a forc^ment ralenti, suspendu mgme son action; toutefois elle a repris celle-^i depuis deuxans avec plus d'energie que jamais et, dans de r6centes publications, elle a non seulement enregistr6 et sou-* lignS une fois de plus les r6sultats que ses efforts avaient ant^rieurement r^alis^s, mais encore indiqa6, avec le sens trds precis qu'elle a de sa mission, les regies essentielles dont on doit s'inspirer pour r6aliser la coassociatiou, la «c Copartnership > du Capital et du Travail, et m^Sme indique dans un m^moire des plus int^ressants les conditions k observer pour atteindre cette coassociatiou si desirable.
Le type d'association qu'elle pr6sent6 n'est pas.
dit ce m6moire, « quelque chose de rigide, d'applicable dans ses moindres details h toutes les affaires quelles qu'elles soient, mais la formule d'un principe g6n6ral susceptible d'une application quasi-universelle, avec une grande vari6t6 de m^thodes, quant h sa realisation ». ^
Dans le type de soci6t6 pr6vu, d'aprfts les documents que la « Labour Copartnership Association > a bien youlu me communiquer :
1® Le travailleur recevra, en dehors d'un salaire fixe exactement d^termin^ pour chaqbe profession, une certaine part dans les benefices nets de Taffaire ou T^conomie r^alisde dans la production.
20 Le travailleur engagera tout ou partie de sa part de b^n^fices dans le capital de Taffaire.
3° Le travailleur prendra part au contr61e de Taifaire, et ce de deux famous :
a) En acqu^rantdes actions-capital, acquerant par Ik meme les droits et obligations qui incombent ordinairement a Tactioniiaire.
b) Par la formation d'un Gomite de participation de travailleurs, ayant voix dans Tadministration interieure de I'entreprise.
4. II est essentiel que la part de b^n^fices allou^e aux travailleurs soit ddtermin^e k I'avance et qu'elle arrive en fonction directe des benefices de Tentreprise, suivant un plan ou une 6chelle convenue. D'ordinaire, cette part de benefices est calcul^e sur les appointements annuels du travailleur.
Pour que le projet r^ussisse, il faut de part et d'autre de la bonne foi.
Pour inaugurer le projet, le capital doit d'abord 6tre pr^t a allouer aux travail! eurs une part de ses dividendes ordinaires. De leur c6te, les travailleurs doivent 6tre disposes a prendre un inter^t plus vif a leur travail en vue d'accroitre les benefices, dyugmenter ainsi leurs benefices personnels et de ramener le rapport du capital k son taux anterieur.
Si le b^n^fice total de I'affaire d^passe les provisions, alors
il est clair que de beaucoup la plus grande partie de ces benefices impr^vus devra passer k radministration de I'affaire et aux travailleurs, plut6t qu'aux actionnaires.
2. La part de benefices accord^e aux travailleurs n'est pas un simple don, elle est ga^n^e par eux, non pas par un travail plus p^nible, mais par le meilleur rendement de raffaire dil a leur bonne volont^ provoqu^e par notre projet de participation.
Geci explique pourquoi, dans quelques cas, cette part^a ^t^ payee en esp^ces. C'est ce qu'on pourrait appeler le simple partage des b^n^fices. Ici, le revers de la m^daille c'est que ce syst^me ne change absolument rien d la situation du travailleur vis-a-vis de raffaire. Pratiquement, on s'aperQoit que dans beaucoup de cas I'argent re^u est expose a Hre confondu avec le salaire ordinaire et que reffet de ce syst^me, quant a susciter I'int^r^t et la bonne volont^, non seulement d^crott au milieu de I'annee, mais souvent diminue de fagon progressive.
Le but poursuivi par la soci^t6 en participation, c'est d'obtenir une amelioration permanente dans les relations entre le capital et le travail et un changem^nt d^finitif dans T^tat des travailleurs.
Pour cela, il est n^cessaire que les travailleurs soient euxm^mes interess^s k Taffaire; et pourarriver a ce r^sultat il faut qu'ils resolvent leur part de benefices sous forme de capital. L'int^rdt des travailleurs deviendra ainsi permanent et croissant, car plus le travailleur restera dans Tentreprise, plus il verra son capital augmenter. Naturellement, le travailleur possesseur de capital recevra ses interdts annuels comme tout autre capitaliste.
3. II est tr^s desirable que partout ou le risque n'est pas trop grand le capital allou^ au travailleur le soit sous la forme des actions ordinaires afin qu'il ait tons les droits et toutes les responsabilit^s qui incombent k un actionnaire.
Dans toute entreprise, il existe deux formes de contr61e : a) le contrite de la direction et 6) le contr61e int^rieur :
a) Lecontr6le dela 4irection est le contr61e general exerc^ par les actionnaires par Tintermediaire du conseil des directeurs et son agent d'ex^cution, Tadministrateur, sur la direction donn^e a Tentreprise et sur son d^veloppement. 11 serait
^Si tCRB DBS tEilPS NOirVBAUl
k Bouhaiter que le simple travailleur eilt connaissance de ces decisions et fut en contact avec ce contrdie direotorial, si celui-ci, en pratique, n'appartient qu'aux actionnaires. Mais naturellement ce contrdie n'est pleinement exerc^ que par ceuxdes actionnaires qui sont eux'-mdmes directeurs.
Dans plusieurs oas, prinoipalement dans ies grandes compagnieS) on a donn^ aux travailleurs una representation directe au conseil d'administration et celui-ci sembie avoir toujours travail!^ dans d'excellentes conditions. '
b) Le contrdie interieurest le contrdie exerce sur Torganisation interne de I'entreprise, conditions dans lesquelies s'effectue le travail, salaire5» heures de travail, etc. Ge contrdie est partag^, mdme maintenant, entre radministra;teur agissant pour le conseil d'administration, TEtat agissant par rintermediaire de ses inspecteurs du Travail et lea syndicats agissant pour Ies ouvriers.
II serait, i notre avis, tres desirable que dans chaque entreprise Ies ouvriers fussent plus souvent consuites sur la plupart de ces matieres. 11 devrait done y avoir un conseil d'usine ou un comity de participation compose partie de representants elus par Ies ouvriers, partie de fonctionnaires de Tadministration.
Tres souvent on juge utile que Ies representants des ouvriers puissent se renoontrer entre Ies assemblees gene> rales periodiques regulieres afin qu'Us soient en mesure d'apporter des suggestions d^ja bien ^tudi^es et mener une action bien coordonn^e en faveur de leurs int^rdts.
Mais peut-dtre la raison principale qui preside a la formation d'organisations representant tons Ies employes esi-elle bien plutdt que/ c'est la le meilleur moyen, sinon le seul, d'amener la collaboration de Tadministration, du personnel et des ouvriers, d'apprendre a se connaftre, de sentir une existence bien corporative, et pour chacun de se familiariser avec Ies difficultes que rencontrent Ies autres groupes de travailleurs dans Ies autres compartiments de Tentreprise.
Le Rapport Whitli y, dans son plan de conseils industriels* recommande la creation de conseil d'usine dans chaque entreprise. Le comite de participation ne differe du conseil d'usine ainsi entendu que par un point :
Tout travailleur appartenant audit comite sera en meme
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temps capitaliste et par lamdme dispose a voir de faQon plus large, et peut-4tr9 plus eage, Taffaire daus laquelle if est employe, de plus, il se fera une id6e plus s^rieuse de la responsabilit^ qui lui incombe du fait que ses compagaons de trarail sont interess^s dans Taffaire.
Un des exemples les plus frappants et les plud anciens dii systftxne est celui qui a 616 fourni par la Metropolitan Gas Company.
La Metropolitan Gas Company est une des dix-huit societ^s qui fournisseot le gaz k la grande capitale de I'Angleterre. En 1889, k la suite des graves doni elle avail eu a souffrir, elle d6cida, avec Tespoir d'6viler par ce moyen le relour de conflits avec son personnel, de faire participer celui-ci aux b6n6(ices. Cette decision fut, du reste^ fort appr6ci6e par les int^resaSs, mais il ne sembla pas aux directeurs de la sooidt6 qu'elle ddt mettre fin aux difficult6s que leur personnel pouvait leur cr6er. Leconseil d'administration de S. M. G. G. r6solut alors de faire de ses employes des associ6s, en leur payant leur part de b6n6fice3 moiti6 en esp^ces, moiti6 en actions. Toutefois, le personnel n'accepta pas cette proposition *-* retenons le fait en passant — malgr6 I'insistance des directeurs et malgr6 leurs menaces* La soci6t6 dut alors faire une sorte de coup d'Etat* Elle imposa sa volont6. G'6lait k prendre ou k laisser. Ceux de ses employes qui n'accepteraient pas de recevoir moiti^ de leur part dans les b6n^fices en actions, moiti^ en espdces, li'avaient qu'^ d^missionner...' Et ainsi, ^partir de 1894, chaque employ^ fut tenu, chaque ann^e, de ne retirer que la moiti6 de sa part de bto^fices et de laisser I'autre moiti6 dans la oaisse de la soci^t^, constituant ainsii k soi^
nom, un d§p6t devant 6tre converti en actions au fur et k mesure que son importance la permettrait. Ajoutons qu'en 1897, la Societe Metropolitan Gas Company obtenait du Parlement le vote d'une loi I'autorisant h aj outer a son conseil d'administration trois repr6sentants des iempIoy6s actionnaires aux six repr^sentants 6lus par les actionnaires ordinaires, alors que, cependant, le nombre d'actions relativement faibles que poss^daient ces employes aurait a peine justifi6 le presence d'ww reprSsentant du personnel au conseil d'administration.
Or, d'aprfes des renseignements assez r§cents, prfes de 8.500 employes, c'est-^-dire tons les employes titulaires de la soci6t6, sont actionnaires et ces 8.500 personnes poss6deraient prfes de 412.800 livres sur le Capital de la soci6t6, s'elevant a 22 fois plus. Certains employes ont un capital action d6passant 14.000 francs. Depuis que la soci6t6 a adopts cette forme d'actionnariat ouvrier, il ne s'est produit aucune grfeve. Les employes et les ouvriers on 6t6 cependant invit6s k se mettre engrfeve par les Trade-Unions; on est venu les chercher pour leur faire cesser le travail, mais chacun d'eux a toujours r6pondu en sortantses actions de sa poche : € I cannot Strife againts myself y^ (jene peux pas me mettre en grfeve contre moi-m6me). Depuis, le personnel a apport6 un tel zMe, une telle activite h s'acquitter de sa tdc.he, que le rendement de Taflfaire s'est accru de 17 p. 100 et les b6n6fices ont augments dans une telle proportion que le prix du gaz a pu Stre abaisse, sans que cela diminud.t le dividende, chose k noter car elle est suggestive, car elle est instructive. Ces m6mes participants qui, k Torigine, il y a d6j^ plus
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de vingt-cinq ans, ne voulaient h aucun prix que la moiti6 de leur pari dans les b6ii6fices lear fftt pay6e en actions, n'ont cess6 de demander, jusqu'en 1914, que la soci6t6 voulftt Men leur r6gler en actions la totality du montant de leurs b6n6fices.
Suivant IMchelle etablie par la compagnie, quand le gaz coute 3 s. Id. le cubic foot (0 metre cube 028214) ; les actions peuvent recevoir un inter^t de 4 p. 100 et chaque fois que le prix du gaz baisse d*un penny le taux de Tint^r^t peut augmenter de 2 &. 8 d. pa^r 100. La compagnie s'est arrangee pour qu'a chaque baisse de 1 penny du prix du gaz au-dessous de 3 s. Id. correspoAde un int^r^t de 3/4 p. 100.
Pratiquement, tous les salaries, permanents et saisonniers (hiver) sont appel^s a la participation. Cela implique d*une part qu'a la suite de conventions ecrites ils se sont engages a travailler poUr la compagnie pendant une duree de six ou douze mois, suivant le cas, d'autre part que la compagnie leur a garanti du travail pour la m6me periode. Les salaires ne peuvent changer au detriment de Temploye tant que dure la convention et celle-ci ne peut emp^cher Temploy^ de quitter son emploi a la compagnie pour toute raison ordinaire, comme par exemple pour prendre une place plus avantageuse autre part. Pendant les six dernieres ann^es d'avant guerre, le travail a regu en moyenne 8,2 p. 100 soU le salaire de 4 semaines. Ce benefice est alloue aux ouvriers sous forme ii'actions, etles employes a la fln de 1918 detenaient pour 412.800 livres d'actions. Les ouvriers d^signent trois des dix directeurs composant le bureau. II y a un comity de participation ^lu par les ouvriers et charge de veiller sur leurs int^r^ts, de former un conseil d'arbitrage, de s'occuper des questions sociales, de la caisse de secours, et pendant la guerre il a eu ^galement la charge des pensions et allocations aux families des mobilises.
La c South Suburbans Gas Company » a adopts un syst^me analogue quatre ans plus tard et, douze ans apres, deux autres Gompagnies la suivirent dans cette voie. II y a huit ans, beaucoup d' autres Gompagnies en firent autant et, en 1908, la < Gas lith and Goke Gompany », la plus grande Compagnie
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