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DSpeche de Toulouse, du 13 mars

COOPERATION, PAIX 80CIALE ET PRODTTCTION 35f

cette organisation 3 Lorsque les usine^ mdtallurgiques situees en Alsace-Lorraine — contr6lees en g^n^ral par lea granctes banques allemandes — redeviendront fran^aises, de m^me que les charbonnages et les mines» ii faudra les remettre en exploitation. L'Etat ne pent se livrer a ce travail ; il y aurait done a se pr^occuper de trouver les capitaux n^cessaireB et de maner k bien cette ceuvre. Seul, un vaste Byndicat des grands ^tablissements et dqs grandes banques fran- Qaises ^era capable d'accomplir cette tdcbe. U verserait d'abord a TEtat une somme a determiner ; le solde du naontant de Texpropriation serait regie par annuites portantint^r^t, ce nombre d'annuites etant a fixer. L'Etat conseryerait une premiere hypoth^que sur tous les biens; ainsi c^des jusqu'4 comply paiement desdites annuit^s.

Cette question, au reste, compQr<e des modalites que je ne puis qu*effleurer aujourd'hui. L'entente, vous disais-je, me parait devoir s*imposer entre les m^tallurgistes, d'autant plus qu'au retour a la France de ces usines et charbonnages d'Alsace-LorrMil6» il y ^^^a dans notre pays un important su^cfQit de production.

4e pourrais developper le m^me point de vue en ce qui concerne les textiles.

Une question se pose ici — cypres cession faite par le Govivernepiiept frang^is au groupe^iaent ii^dustriel — c'est le partag^ desx benefices. L'Etat pourrait demander que le paytage des benefices soit fait de la fa<jon suivante, apr^s amortissement d'usage, int^r^t au capital, reserves necessaires : Sur le superdividende :

i» Une participation a y^\^i\ 2» |Jne participation ai; personnel opjvrjer. Pour cette participation au personnel ouvrier, il serait eptendu qn'elle serait employee a un rachat annuel, par tirage au sort, et sur le cours moyen de Tannee d*un nombre d'actipns porrespondant 4 ces parts b^u^ficiaires attribi^eep au? ouv^iers, et ce jusqu'a ce que ce ^on^]}re d'actiqn^ app^r^^nant au grpuppment ouvrier atteigne up tant pour cent a fixer du capital emis. Ces actions seraient la propri^te indivise des ouvriers travaillant dans les usines, charbonnages et mines du groupement, le dividende etant ^ partager ;

l<*Au prorata du temps passe par les ouvriers dans lesdits usines, mines ou charbonnages ;

2° Au prorata des situations quails occupent ;

30 Au prorata des journees de travail effectu^es dans le courant de Tann^e.

Les ouvriers quittant les usines, mines ou charbonnages au bout d'un temps de presence k determiner, auraient droit, durant leur vie, a une part k fixer sur lesdits dividendes, proportionnelle ^galement, bien entendu, au temps passe dans les usines.

Du fait de la propriety d'une partie du capital par les groupements ouvriers, ceux-ci auraient le droit de nommer des repr^sentants aux assemblies, et des places devraient leur ^tre reserv^es au Conseil en nombre proportionnel a la partie de capital qu'ils poss^deraient.

Partout oti la cooperation a 6i6 r6alis4e d'une faQon rationnelle, les entreprises en ont recueilli les avantages qui ne peuventpas ne pas en r6sulter. On a cit6 quelques 6checs et les adversaires de la cooperation, tout au moins d'une cooperation absolue faisant du travail et du capital deitx associes, ont fait autour de ces echecs beaucoup de bruit, essayant k I'aide de ces exceptions d'ailleurs rares de discrediter la doctrine. La meilleure preuve que ces cas dont on voulait faire 6tat contre la cooperation de production sont dans les temps presents fort rares, je la recueille dans ce fait que pour combattre la simple participation aux benefices on n'a pas trouve mieux que de rappeler I'echec que ce systftme a essuye il y a dej^ plus de 45 ans dans les houilleres de Whitwood en Angleterre. Or, examinons ce qui s'est passe dans cette entreprise.

Les proprietaires de ces mines avaient institue

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dans leurs industries ia participation aux b6n6fices. En 1873, rexpSrience avait donn6 les meilleurs rSsuItats; la direction et ie personnel, qui auparavant ne s'entendaient pas, vivaient en parfait accord ; la remuneration du travail s'6tait accrue dans des proportions notables, Ie rendement des mines s'etait consid6rablement Aey6, 1'affaire 6tait en pleine prosperity et, conquis par ces r^sultats, quelques proprietaires de la region avaient adopte la participation dans leurs entreprises. A la suite de quels ev6nements MM. Briggs et ceux qui les avaient imites durent-ils renoncer k la participation aux benefices? M. Archibald Briggs I'a explique en 1875 Les travailleurs des mines de Whitwood etaient sous la domination des Unions ouvrieres an^laises ; ils ont cede sous la pression de celles-ci. M. Briggs, en deplorant la decision de ses ouvriers, garda < toute conQance dans la solidite du principe », et la seule conclusion qu'il retira de son etude, en 1875, fut < que les hommes ne sont pas encore suffisamment instruits pour apprecier les avamtages de la participation industrielle, pas plus h la virite que les patrons qui, considerant la chose comme une duperie, ont tourne en ridicule nos efforts » .

N'est-on pas en droit de penser que les hommes sont aujourd'hui plus instruits qu'il y a 45 ans? MM. Fox et Head qui, k la mdme epoque, avaient voulu, dans leurs usines metallurgiques, appliquer la participation, ont ecrit « que Ie regime cooperatif correspond k un etat social avance > • Gela n'est pas

1. Lettre adress^e k M. Ghaix, rimprimeur bien connu, Ie 12 mars iS,15 (Bulletin de la Sociite pour Ntude de la participation atiw b^neficeg, 1884, p. 269).

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disctitabie, mais, encore line fois, notre ^tat social ii'a-t-il pas progressd de telle Inanl6^e que le leirain est devenu favorable i la cooperation? Les experiences si nombreuses faites depuis 45 ans ne le prouVentelles pas ?

Mais je ne veui parler ici que de Tinflu^tice de la ^ Cooperation, meme rAdttite h la simple participation aux benefices, sur la production, &iir le rendemfent des entreprises. Gette influence n'est pas douteuse. A priori il ne petit pas en etre autrement. Le travailleur devant trouvcr line remuneration d'sitltant plus forte de son labeur que son eBFort aura ete plus grand, plus continu, est plus attache k sa fonCtion, ne songe plus ou songe moiiis h la ti6gllger, k Tabandonner, i pratiquer la grive ; son travail est plus soigne et le rendement en efet plus grand. Les experiences realisees Tottt etabli, mais plus le travailleur est associe h Fosuvre commune par rattrlbUtion de droits plus certains, plus ces resultats deviennent encore plus remarquables. Les constatatlons faites a cet egard dans bon nombre de societes qui en Angleterre out applique les regies indiquees par la Labour Copartnership Association ne laissent auctln doute. J'ai souVeht rappele celles que I'on aVait faites h la Societe dU Ga2 sud de Londres. L'lin des presidents de son Conseil d'administratioUj Sir Livesey, n'a pas hesite ^ ecrire que € ce regime s'est montte e^alement avantageux an point de vue pecuniaire ei au point de vue moral et aussi bien pour les employes que pour la Gompagnie, ajoutant que Ton ne pourra rien trouver de mieux pour reconcilier et unir le capital et le travail >• Et son successeur, M. Sims, en 1910, ecrivait : « Je peux certifier que

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ce r6gime a fait un bien incalculable dans dotre grande entreprise et contient d'imttienses possibilit6s de progrfefi pour toutes les autres Cotnpagnies. »

C'est encore Sir Livesey qui dans un de ses rapports n'h^sitait peli^ h ticrii'e, entrant dans des details : <K Les ouvriei*s d'usine &,gaz n'out aucun soin des outils ni du materiel; d^puis qu'ils ont leur part aux b6n6fices, tout est bien entretenu^ tout est en place. »

On ar6p6t(S souvettt un mot deM. Georges W. Per* kins, Tun des vice-pr6sidents du Trust de^'acier, qui m^rite ausisi d'etre m6dit6 : « Partdut oil Tactidhnariat ouvrler (copartnership) a 616 essayd il a admirablement r^ussi, et commit il s'agit d'un probl^me de psychologie huinaine, ce qui pent 6tre fait dans une Industrie peut Tdtre aussi dans toute autre >. Bien etitendu M. Perkins ne saurait pr6tendi'e qu il ti'y ait qu'un type d'actionnariat et que partout le type unique puisse s'appliquer sans subir des modificaMons. Dans les mines, comme I'a dit lord Ilobei*K Cecil, la coassociation du Capital et du Travail est plus malais^e h dtablif h c^se de la diver^ sit6 des conditions d'exploitation et de fendement de puits tofeme voisins. En agriculture * il est difficile de donniSr une portion d'autorit6 ^ chaque jlaboureurj inais on peUt parvetiir*, k coup sftr, h trouver pour chaque industrie, pour chaque moyen de production la formule, le plan qii'il faut appliquer. Et ce que

1. je compte des que possible cotis&crer une ^tude sp^ciale k la cooperation du Capit&l etduTravMl dansl'agHculture. J'y d^montrer&i que c'est dans cette voie que Ton peut trouver le remfede efficace h une prise de main-<l'(BUYre cfae la guerre a rendiie plus aigue. — Ch. b.

M. Perkins a entendu proclamer c'est que le prin^ cipe de la Copartnership 6tait partout applicable et que partout oti il avait 6t6 appliqu6 il avail donn6 les meilleurs r^sultats. M. Charles Capenter, le directeur de la Metropolitan Gas company, disait en 1910 qu'une vie pass^e dans Tindustrie et24 ans de pratique de Tactionnariat ouvrier Tavaient fermement convaincu de la justesse de ces vues. C'est ainsi que, d'aprfts un rapport de Sir Livesey, president du Conseil d'administration de la Compagnie du Gaz sud de Londres, il a 6t6 d6montr6 que < dans des conditions et des mSthodes de travail semblables et pour les mdmes salaires, le prix du travail par tonne de charbon Stait moindre dans les maisons qui pratiquent la participation » .

D'apr^s le rapport publi6 en 1917 par le Ministdre du Travail aux Etats-Unis, dans ce pays la participation se d6veloppe et ses r6sultats sont nets. lis prouvent que la participation aux benefices ani6liore les rapports entre le Capital et le Travail, assure la stability du personnel, augmente le rendement, la production des entreprises.

Ces constatations ont 6t6 du reste faites depuis longtemps. D6j^, devant la commission d'enqudte sur la participation aux b6n6fices de ISSS, un ouvrier d^clarait : < Nous ne sommes pas partisans de la participation aux benefices. Si en effet Touvrier a un avantage aux benefices il produira plus ». ] M. Ribot ayant, k cette Commission, interrog6 un autre ouvrier dul syndicat des peintres, celui-ci r6pondit : c La participation pr6sente de grands avantages pour les entrepreneurs et il est certain que si j'^tais entrepreneur je Tadopterais, parce que

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je serais stiir que men personnel ne me quitterait pas en cas de graves. >

De son c6t6, M. Copoix, ouvrier en instruments de musique, d6clara que la participation aux b6n6' fices aurait lieu au grand avantage des patrons et des ouvriers et cet avantage serait tel que les patrons tout en accordant la participation gagneraient encore plus qu'actuellement.

Un des apdtres de la participation — ici ce mot doit dtre pris dans son sens le plus large — J. B. Glynes^ racontait I'anecdote suivante :

Un usinier confia un jour a Robert Owen que si ses ouvriers le voulaient ils pourraient lui rapporter 10,000 £ de plus par an par moins de gaspillage et un meilleur travail, Robert Owen r^pondit en interrogeant : < Pourquoi n'offrez-vous pas a vos ouvriers 5.000 £pour arriverd ce but » ? La question, la reponse contiennent toute la doctrine de la participation. Ce n'est pas une doctrine de favoritisme. Les deux parts pourstdvant en commun un but commun pourront arriver a un meUleur resultat, en diminuant le gaspillage, en augmentant le rendement et ced, me semble-tM, au benefice general des deux associes,

On a souvent pr6tendu que si une ann6e la marche d'une entreprise ne permet pas de donner au personnel la part deben6&ce qui lui a 6t6 promise, celuici protestera et cr6era des difficult6s aux patrons? Je ne connais aucun fait qui permette de le dire. En revanche je peux produire un exemple qui prouve qu'il n'en serarien. La filature de Ghappe Ringwald, h Bkle (Suisse), avait organist en 1907 la participation. On lui avait pr6dit que s'il lui 6tait impossible de r^aliser son engagement faute de benefices elle

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aurait des d^boires, que ses ouinriers^ergyolteraient. Or, en 1908, cette soci6t6 anonyme ne ^iit distribuer la part de proQts quyile avail fait enlFeyoir... ; lea ouyriers ne touch^r/nt rien en plus d^ leur§ salaires et ne firept antend^^ aucune pl^inte*

Je n'ignore pas que quelques industriels^, quelques administrateurs de grandes Gompag^ies opposes h la participation aux b6a63pes et surtout h 1^ participation du personnel au capital et h la gesUpn des entreprises, estiment que le seul moyew auquel on doive recourir pour un travail ineilleur des ouvriers r6side dans Tattribution de primes individuell^s k la production. G'est sur le jeu de ces primes qu'^ la fin d'octobre dernier le Gouvernement anglais a conclu ayec les mineurs un accord donti h Torigine, d'aprfes une correspondance du journal fe Temps* les bases furent les suivantes :

€ Les mineurs recevront les augmentations de 2 shillings, i shilling et 9 pence qu'ils demandentdes qu'ils reviendrpntau travail. Cette augpaentatjpn reste fixe jusqu'au 3 Janvier, mais, dans Tintervalle, une periode du cinq semaines, du 15 novembre au 18 decerabre, servira a. determiner la base des augmentations de salaires a venir. Si, pendant cette periode, la production est equivalente a une production annuelle de 246 millions de tonnes, les mineurs conserverpnt leur augmentation de 2 shillings ; apres le 3 Janvier, si la production equivaut a une production annuelle de 242 millions de tonnes, Taugmentation des salaires sera r^duite a 1 shilling 6 ; si le niveau de la production n'est que de 238 millions de tonnes, le supplement de salaires sera reduit k i shilling. En d'autres termes, les mineurs obtiendront 6 pence de plus ou de moins, suivant que la production envisagee si^r le totaj annuel s'eievera ou s'abaissera de 4 millions de tonnes. La fixation de ces emargements sera confine a une commission des salaires qui deciderarecheile des salaires tons lesmois. Gomme on le V oit, le Gouvernement a r^ussi, malgre des difficultes coneide-

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rabies, a faire triompher le principe que les salaires doivent dependre du niveau de la production.

€ Au cours des n^gociations difficiles qui viennent de se terminer, on a d'ailleurs constat^ que les mineurs et les proprietaires de mines ^taient egalement dedfeux d'augmenter la production autanj; que possible* On ne cpoit done pas que le Gouverneoient ait accepte un gros ri8q[vie eu proposant une ^chelle mobile, qui serait desastreuse pour lui si les prixdu charbon venaiont k baisser consid^rablement. »

Apr^s avoir constats que les journaux gouvernement9.U3t estimaient que Taceord conclu devait fonotionner d'une fagoQ autoo^atique et U n'y a pas de raison qu'il ne dure pas plus de dix ans, le correspondant dii Temps ajoutait : « Sans doute, on ne peut que souhaiter une duree aussi longue de la paix dans les charbonnages anglais ; mais peut-on pr^voir ce qui arrivera lorsque les exportations de cbarbon He rapporteropt plus autaut qu'aujourd'hui a TAngleterre? La b^se de Taugmentation est en effet la valeur du pharbon exporte et non pas le nombre de tonnes. Les mineurs doivent recevoir 6 pence de plus chaque fois que la valeur hebdomadaire du charbon extpait aura augments de 288.000 livres. »

Ainai Faugmentation de la produotion n'ayant pas touJDurs pour corollaire raugmentation dea b6n6fices d'uQe eotrepriae, r^chelle mobile des galairesi bas6e sur les variations de la production, peut 6tre « d6sastreuse » pour Tentrepreneur. Aussi I'accord dont il s'agit est-il has6 sur la valeur des quantit^s de charbon extraites en plus d'un certain rendement et non uniquement sur le tonnage. En d'autres termes r^chelle mobile des salaires est 6tablie h la fois d'apri^s les quantitds de charbon extraites et d'apr^s uri prix d6termin6 — 90 shilling la tonne si je ne me trompe. Mais que ce prix, d'autant plus jfictif, hypoth^tique, qu'il depend du prix du charbon exporte, vienne ^ s'abaisser. Que deviendra le sysrtdme?Faire au travail la place qu'il doit avoir dans

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Texploitation des moyens de production ne veut pas dire que Ton doive exposer le capital. Egt-ce que si les communistesarrivaient ^d6tenir lesi^ouvoirs 6conomiques, k poss6der les moyens de production, ils admettraient une minute que I'exploitation de ces moyens de production pourraitaboutir k une gestion dfificitaire? Oti seraient alors les b6n6fices, dont parle le projet de nationalisation, permettant le d6veloppement des entreprises socialis6es et la creation de nouvelles? L'association du Capital et du Travail pent seule r^aliser uq mode d'exploitation des moyens de production € au b6n^fice g6n6ral des deux associ^s > comme aussi du consommateur.

Les graves des mineurs anglais en octobre 1920 avaient eu des consequences lamentables. La quantit6 de charbon perdu 6tait6valu6eau 30 octobre 1920 k 9.700.000 tonnes; les mineurs avaient perdu en deux semaines un total de salaires de 10.000.000 de livres sterling et leur caisse syndicale avait d6pens6 1.800.000 livres. Ajoutez k celales pertes support^es par les industries priv6es de charbon et vous mesurerez les d6sastres formidables que causent les graves.

Cela me fait penser a un mot de M. Lyonnais, d6put6, ancien ouvrier, qui disait k la Commission d'enqu^te de 1884 : « II y a dans la participation aux benefices un moyen de parvenir k 6quilibrer les profits entre le Capital etle Travail et par consequent k supprimer Tantagonismequi existe entre euxetde plus Touvrier produira avec la certitude que ses travaux et ses efforts lui seront pay6s, ce qui sera un v6ritable bienfait pour tons. St vous saviez ce que cet antagontsme fait perdre it la France. »

Cette derni^re phrase resume toute la question.

COOPiSraTION, PAIX SOCIALE ET PRODUCTION 36i

M. Herriot a dit que son livre, oti il cherche « les lois d'avenir de la France », c'est-^-dire de Thumanit^ k la tMe de laquelle notre pays a toujours 6i6, se resume eh deux termes : « Gomprendre^ cr6er >. Gon^prendrons-nous?

Gomprendrons-nous que la production ne peut s'accroitre que dans la paix sociale et que la paix sociale sera d'autant mieux assur^e que le Statut qui rfeglera les rapports du Gapital etdu Travail, qui coordonera leurs efiForts, qui associera leuif action r6ciproque, se rapprochera davantage d'une loyale et reelle coop6ration.

A la s6ance du 30 novembre 1917 du Gonseil g6n6ral de la Seine S aprts un long d6bat, M. Ghassaigne-Goyon d6posait le voeu suivant * :

Que, sans attendre la fin de la guerre, le Gouyernement prenne Tinitiatiye de constituer une Commission extraparlementaire < de la production et du travail », compos^e de membres du Parlement et du Gonseil superieur du Travail, de representants des Ghambres de Commerce, des etablissements de credit, des syndicats patronaux, ouvriers, agricoles et d'employ^s, de la Ghambre consultative des associations ouvrieres de production — les groupements professionnels devant 6tre appel^s au prealable a se concerter et a rediger les cahiers de leurs revendications et observations — dejurisconsultes, de sociologues, d'ing^nieurs et, d'une maniere g^nerale, des personnalit^s les plus comp^tentes et les plus qualifi^es de notre pays en matiere economique.

Gette Commission, pr^sid^e par le Ministre du Travail ou par un Ministre d*Etat, aurait pour mission :

1° D'^laborer un plan d'organisation scientifique de la

1. Bulletin municipal de la Villede Paris, no325, XXXVI* ann^e.

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