CHIENS ET RATS
majore...; en voici un qui yaut la peine d'être examiné. »
Et il TOUS montre un animal gros comme un écureuil dépouillé, avec des pattes d'allumettes ai frêles qu'on craindrait de les briser en les touchant. « Il a atteint toute sa croissance, et c'est le plus âgé de mes pensionnaires. »
Ce jour-làt c'était, dans la cour de lord D..., un choeur d'aboiements, de jappements et de glapissements à rendre sourd.
Une espèce de cirque, composé d'une grande caisse en planches ouverte par le .haut, était placée en bas du perron , afin que les regards des specta^ leurs pussent pénétrer à l'intérieur et suivre les chances des combats qui allaient s'y livrer.
Une boite grillée de fils de fer contenait les victimes , c'est-ihdire une soixantaine d'énormes rats recueillis avec une peine qu'on ne connaissait pas autrefois , lorsque la voirie était encore à Montfaucon. C'était là le bon temps pour les amateurs ; en une demi-heure de chasse on avait un coffre plein de rats féroces, monstrueux, formidables, homériques , descendant en ligne directe des héros de la Batrachomyomachie , qui ne faisaient qu'une bouchée des chats. Maintenant que les carcasses des chevaux, transportées k l'établissement de la plaine des Vertus et cuites dans des chaudières à vapeur, servent à engraisser les porcs , les rats , privés de
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rette nourriture succulente et remis forcément an régime végétal, ont perdu beaucoup de leur vigueur et de leur courage ; Tespëce dégénère , ils tournent à la Isouria ; et cent de k>M D..» devaient aroir été choisis entre mille.
Où est le beau temps de ces tabasses colossales , aux flambeaux , où , dans la cour de récorcheric , dix mille rats périssaient en une nuit sous le croc des pointers ou sous le b&ton des mattres?
On ouvrit la cage, et deux rongeurs, extirpés délicatement avec des pincettes, furent mis en présence d*un petit chien dont c'était le eoup d*essai. Les deux rats s'acculèrent chacun dans un angle , et, comme s'ils avaient concerté ensemble leur attaque , sautèrent l'un au nez , l'autre à la queue du chien, qui, vigoureusement pincé» se mit à glapir d'une façon piteuse et à exécuter tine valse éperdue dans un coin de la bolte«
Rien au monde n'était plus comique que cette danse à trois : les queues des rats s'allongeaient et fendaient l'air, et leurs corps soutenus par la rotation s'étendaient horizontalement. Ce chien , commencé et terminé par un rat , semblait , au milieu du tourbillon , un animal fantastique , inexplicable. Biais s'il valsait ainsi , ce n'était pas par enthousiasme chorégraphique : il cognait ses ennemis le long des parois de la caisse , les étourdissait et les Assommait dans cette valse de Faust; en efTet, les
rats Iftchèrent prise, et deux coups de croc leur cassèrent les reins et les reuToyèreut dans l'autre inonde retrourer leurs aïeux , Psycarpax et Méridarpax , qui durent bien recevoir leurs ombres va«> learettses.
Lés morts enlevés , le chien retiré de l'arène , oh lâcha (Tautres combattants. Cette fois, Ton mit douze rats contre tin chien ; mais celui-ci était un ^ieux routier, qui fondit sur le gros de l'armée ennemie avec une telle impétuosité, que deux ou trois étaient tués, autant blessés , et le reste jeté en l'air, avant qu'ils se fussent reconnus; k chaque rat un coup de dent, ni plus ni moins. 11 les prenait en travers très-adroitement , de façon à ce qu'ils ne pussent le mordre.
Un autre chien fut mis aux prises avec vingt-quatre rats. La bataille fut vive et sanglante, mais dura peu; les rats se démoralisèrent, et le sauve-quipeut ayant été crié en langue myagrienne, la troupe à la débandade se réfugia et s'entassa misérablement dans l'angle le plus éloigné de l'ennemi. Les rats blessés se soulevaient à demi , semblaient implorer la clémence en joignant leurs pattes de devant, pareilles à des mains humaines ; le vainqueur eût peut-être été clément : mais un chien ayant rompu sa chaîne s'élança par-dessus les rebords de la caisse et tomba au milieu de la bataille, qui déçrénéra en boucherie.
Pour rendre la cbance des rats qui restaient plus égale , on les lAcha dans la cour , et la bataille se compliqua d'une chasse à courre des plus divertissantes , où se distingua un descendant du célèbre Mylord, dont Jadin fut le mattre et Alexandre Dumas le chantre. Quant aux rats, il n*en survécut pas un seul. Honneur au courage malheureux !
Paris s'occupe infiniment de lui-même ; il se rcgarde, avec la plus grande naïveté, comme le centre, rœll et l'ombilic de l'univers. Il admet à peine qu'il existe quelque chose en dehors de lui. il sait bien, vaguement, qu'il y a sur les cartes un petit point que les Anglais appellent London^ au bord d'un mince filet tortillé que ces mêmes Anglais nomment Thames ; mais il s'en inquiète peu, et se décerne tranquillement la couronne de la civilisation. Donnez à un Parisien de pure race un carré de vélin, une plume et des couleurs, et dites-lui : « Faites-moi un croquis de mappemonde ! > il s'y prendra comme un sujet du Céleste-Empire ; Paris tiendra presque toute la place, et les autres royaumes, noyés dans la pénombre, ne figureront que pour mémoire, comme ces pays inconnus ou inexplorés que les géographes indiquent par des lignes ponctuées.
Cela vient d'une chose : c'est que Paris, comme un bon bourgeois qu'il est, ne sort jamais de chez lui, ou s'il en sort, il ne dépasse guère les fortifica-
tions. Versailles est son Tombouctou. A cela tov répondrez que, si Paris reste chez lui, c*est qu*il s' trouve bien. L'objection est spécieuse, si elle n'e, pas fondée. Aussi Paris, enivré de lui-même, a-ttoujours le nez contre un miroir, comme un myop qui se rase, dans l'idée de faire wm portrait ressein blant. Que de publications en prose, en Ters, e gravure, en lithographie, n*a-t-il pas commises, pou qu'aucun trait de cette précieuse physioiioinie n soit perdu !
Il est dommage que le paradoxe soif passe é mode ; le paradoxe, fruit vert qui, mûri par le temps devient une vérité t nous en aurions déreloppé ut qui, pour sembler étrange au premier cou; d'œîl , n*en esi pas moins réel : c'est que Part n'existe pas.
Nous savons bien qti'en cherchant on trouverai! sur les rives de la Seine quelques petits tas de plâtre qui, à la rigueur, forment des espèces de ruelles, dont l'agrégation pourrait, au besoin, eonstiluer ce qu'on a l'habitude généralement d'appeler une ville. Piganiol, Sainte-Foix, Dulaure et beaucoup d'autres ont fait rhistoire de ces moeUons prétentieux ^ volumes plus ou moins ia*4* ; mais les histoires in prouvent rien : il n'y a que les contes de fées (f^ soient vrais.
Que de bouges impurs^ que de maisoiis bossueti chassieuses, rechignées» malsaines^ contrefait'
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couvejcles de lè{u*es et de verrues, san$ air» sa^$ Iu« mière, sans soleil, indignes d'être habitées par des lapins ou des porcs i Les kraals des HottentotSi, où l'on entre à quatre pattes, les caversies des ïroglo* dytes, les butter des Lapons et des Groénlandais» à inoilié enfoncées sous la neige, où jaunissent dans une ûunée perpétuelle dejs^ poissons à moitié pourris, sont des lieux de plaisance en comparaison! Les trois quarts des rue^ ne sont que des ruisseaux de f^nge xu)ire et fétide, comme au temps de la plus francbe barbarie. I<(ulle trace d'aii, nuUe élégance, nul sentiment des lignes ; des bottes de pUtras per-^ cées de trous carrés, surmontées d'affreux tuyaux de tôle , Toilà ce qu'pn appelle des maisons au XIX* siècle, dans une ville qui se prétend l'Athènes moderne, la reine de la civilisation ! Vraiment, on serait tenté de désirer que quelque Néron eût la fantaisie de se donner une représentation de Tem* brasement de Troie en mettant le feu à cette ville* qui n'est que de briques et devrait être de marbre !
Parlez-moi de Ninive, de Babylone, à la bonne heure ! cela peut s'appeler des villes ; cela vous a sur rborizon un proûl recommandable. Et pourtant alors le gouvernement constitutionnel n'était pas inventé ; l'on ne connaissait ni la poudre, ni l'im* primerie, ni la vapeur ; personne ne discutait sur le progrès.
Souvent , lorsque je me pi'oioène dans quelque
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plaine sombre à l'heure du crépuscule, et que Thorizon livide est encombré de grands écroulements de nuages amoncelés les uns sur les autres» conune les blocs d'une immense ville aérienne tombée en ruine, il me vient des rêveries babyloniennes, des fantasmagories à la Martinn me passent devant les yeui. Je commence à tailler dans les flancs des colline lointaines des tranches gigantesques pour le soobassement des édifices ; bientôt les angles des froDtons s'ébauchent dans la vapeur, les pyramides découpent leurs pans de marbre, les obélisques s'élancent d'un seul jet comme des points d'admiration de granit ; des palais démesurés s'élèvent sur des superpositions de terrasses en recul, escalier colossal, que pourraient seuls enjamber les géante du monde préadamite. Je vois s'allonger sur des colonnes trapues, fortes comme des tours et rayées de cannelures eu spirales où six hommes se cacheraient, des frises faites de quartiers de montagnes et couvertes de zodiaques monstrueux, d'hiérogi}* phes menaçants ; des arches de pont se courbent au-dessus du fleuve qui reluit à travers la ville qu'il tranche, comme un damas dans un col & moitié coupé ; les lacs d'eau salée, où sautent les léfiathans privés, miroitent sous un rayon de lumière, et le grand cercle d'or d'Osymandias étincelle comme une roue détachée du char du soleil l Baigné par sa base dans la brume ardente et rousse que soulève
ractivité sans repos de la ville en ébullition de Iravail ou de plaisir, le temple de Bélus envahit le ciel, où il va défier la foudre, par huit efforts convulsifs dont chacun produit une tour énorme plus haute que Taiguille de Strasbourg ou la pyramide de Gizeh ; les nuages coupent ses flancs de leurs bandes zé* brées-, et sur les entablements du dernier étage blanchissent des filets de neige étemelle. D'autres temples inscrivent aussi sur l'horizon leurs formes sévères et magnifiques, dont la grandeur ne sert qu'à faire mieux ressortir l'énormité du temple de Bélus ; et tout au fond, dans la rougeur incandescente du couchant, l'on devine la silhouette démantelée de Lylac, ce colosse d'orgueil, dont l'Ancien des jours a fait se lézarder les murailles en appuyant la main à son sommet comme sur un b&ton trop faible; les flammes du soir filtrent à travers les fissures, où les béhémoths et les mastodontes passeraient sans frôler leur carapace , et font les plus bizarres jeux de lumière : on dirait qu'un incendie essaye de dévorer la ruine formidable que la colère de Dieu n'a pu renverser tout à fait, et dont la cime s'élèverait enicore au-dessus des eaux d'un nouveau déluge.
Çà et là, le noir chaos des maisons s'éclaircit : des sphinx de basalte étalent leur croupe et allongent leurs griffes sur des piédestaux de granit, et forment une avenue d'une lieue de long à la porte de quel-
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que palais. An-dessus des toits, du tnilicu des toufTe? de palmiers et de baobabs surgit !a Irompn d*ur fléphant d*aîrâîn qui souffle en Taîr une tromlK d'eau que le vent éparpille en perles fines et en brnnif argentée. Des rampes montent et descendent, trnçant des angles sur le flanc des terrasses ; des proues de navires, des pointes de mâts, des antennes trahissent la présence des canaux ; des mes en escaliers se font jour à travers la foule des édifice?, et de loin en loin , selon les hasards de la perspective, apparaissent les murailles de l'enceinte, si épaisses , qu'elles font , à trois cents pieds dti sol , un chemin où huit quadriges galoperaient de front.
Ceci au moins ressemble un peu h une ville, a dentelé richement un fond de ciel. Faîtes planer làdessus, pour que le tableau soit complet, des ombres, des nuages qui passent, pareils à de prodigietu aigles noirs ; frappez de reflets inattendus la fourmilière des multitudes qui se pressent sur les places, aux carrefours, aux portes extérieures ; faites se déroulet* dans les plaines de sable, comme les anneaux de serpents infinis, les caravanes qui arrivent ou qui partent chargées des trésors de tous les mondes, et intronisez, au centre de cette cité grandiose, un roi puissant comme un Dieu, redouté comme un Dîeu, invisible comme un Dieu, s'appelant Tcglah- Phalazar, Evilmerodach-Baladan, ouBalthazar, qui,
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par ses ënormitès, forçait TÉtemel à écrire sur les murailles !
Une ville comme ceUe-Ià plonge autant sous la terre qu'elle s'élève en Tair ; ses racines vont chercher le noyau du monde et ne s'arrêtent que quand elles arrivent à la nappe des lacs intérieurs ou au brasier du feu central. Sous la cité vivante s'étend la cité morte, la ville noire aux habitants immobiles. De larges soupiraux, béants comme des gueules d*enfer, conduisent à la région des cryptes et des syringes. Dans les cités vomitoires travaillent les races fanèbres, les tribus des fossoyeurs, les esclaves de la mort ; ceux qui fondent dans les chaudières le natrum et le bitume, ceux qui tissent les bandelettes mortuaires; les menuisiers du cercueil, les peintres, les doreurs et les sculpteurs du tombeau, tous ceux dont les ouvrages ne verront jamais le jour, et qui tracent, à la lueur jaune d'une lampe qui manque d'air, des inscriptions aussitôt recou* vertes d'ombre, et qui ne doivent être lues que par des yeux sans regard. Cette population crépusculaire, qui n'a de communication avec la cité supérieure que par les morts qu'elle en reçoit, pourrait remplir une ville plus grande que Rome ; ils naissent, s'accouplent et meurent dans cette obscurité. Ce sont les nations vaincues, forcées à rentrer en terre et à céder leur place au soleil, au peuple victorieux ; la nécropole dont ils habitent le seuil est
Touvrage des races disparues « et son iotiinensité
effraye même les plus audacieux architectes babylo*
niens.
Ce sont d'interminables corridors, tout plaqués de panneaux d'hiéroglyphes et de bas-relîcfs cosmogoniques, conduisant à des puits noirs comme Tabtme et profonds comme lui, où l'on descend par des crampons d'airain. Ce sont des chambres creusées dans le roc vir, dont le centre est occupé par d'énormes sarcophages de basalte et de porphyre, san3 qu'on puisse comprendre comment ils ont clé amenés là ; des salles dont les torches ne peuvent éclairer la profondeur, où dorment, adossés à des colonnes soutenant des plafonds qu'on ne peut voir, tant ils sont hauts, des cycles entiers de générations, des règnes complets avec leurs princes, leurs mages, leurs poètes, leurs soldats, leurs chevaux et leurs éléphants de guerre.
Plus on descend, plus les momies prennent des proportions gigantesques et des physionomies étranges. Sous le hâle fauve du baume se dessinent des profils inconnus, des traits comme taillés à coups de hache dans des quartiers de roc ; des masques qui rappellent des mufles d'animaux primitifs ; des fronts où les rides semblent des sillons de foudre ou des lits de torrents ; des membres invaincus que la corruption n'ose pas attaquer, et dont les muscles s'enchevêtrent comme les poutres
d*uTie charpente. On voit là les compagnons de Nctnrod, rudes chasseurs qui ployaient des arcs faits de mâchoires de baleine, et se battaient qorps à corps avec les mastodontes, les palasotherium , les dinotherium, et toutes ces bètes colossales et monstrueuses que produisit la terre ivre de force et de jeunesse, qui, si elles avaient vécu, auraient flni par dévorer le monde.
Les contemporains de Chronos et de Xixuthros reposent dans les cercles inférieurs où nul n*est descendu : car il faut des poumons plus puissants que ceux des générations actuelles pour supporter cet air imprégné des acres parfums du sépulcre ; et les secrets que couvrent ces tombes mystérieuses sont perdus ou ne sont connus que par les vieillards du peuple souterrain, si chargés d*ans qu'on ne comprend plus leur idiome archaïque. Au-dessous sont couchés les rois qui vécurent avant Adam ; mais la croûte de la terre s*est tant épaissie depuis leur mort, qu'ils gisent à une incalculable profondeur, et qu'ils sont devenus comme les ossements du globe !
Ne voilà-t-il pas une nécropole supérieure au Père-Lachaise, au cimetière Montmartre, etc., etc., où nous ne pouvons laisser dormir nos morts tranquilles plus de sept ans, où le mot concession àper^ péiuiti est une vraie dérision et ne signifie pas plus (|ue le toujours des amants; où les tombeaux sont
de véritables joujoux sans tristesse» sans dignité, sans grandeur, et qui ferait croire qu'on a entem là un peuple de nains, tant les proportions sont mesquines 'et l'espace avarement ménage ? Hai^ nous n'entendons pas plus la mort que la vie, el, sous prétexte de progrès, voilà tantôt quatre oc cinq mille ans que nous reculons. L'empreinte àt pied d'Adam, que l'on voit encore sur le rocher df rtle de Sérendîb, a neuf palmes de long! Noaavons un peu dégénéré depuis.
Cependant, si énorme que soit l'ancien monde et si bas que nous ait menés ce qu'on appelle la civilisation, il y aurait moyen, et l'avenir le fera sans doute, de bâtir une ville plus grande, plus belle et plus étrange que les Babylone, les Ninive, les Per- «épolis; de dépasser, dans la réalité, les audarc? les plus effrénées, les délires les plus extravagant^ de Pyranèse et de Martinn ; et, si vous nous le permettez, nous tâcherons de vous en donner un \ég& crayon.
Pour première supposition, permettez-nous de passer sur le Paris actuel un rouleau qui écrase ses maisons et ses monuments et en fasse un plateau parfaitement uni; puis élargissons la Seine, creusons son lit, et faisons venir l'Océan jusqu'à nous. Toute ville qui ne peut pas prendre un bain de pied dans la mer ne mérite pas ce nom. I>^ vaisseaux, tout imprégnés des parfums de Ylnàe
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3t de iavH, viendront, comme des chevaux fatigués ^uî appuient nonchalamment leur col sur le col de leur compagnon d'attelage , appuyer leurs guibres et leurs proues sculptées sur les quais de granit du Paris ftitur. De Tendroîl où est le pont Royal aujourd'hui) Ton apercevra un fouillis de mâts, de cordages et d'espars plus compliqué qu'une forêt vierge d* Amérique; on verra des flottes entières arriver et xMirtir les voiles dehors ou remorquées par des hateaux à vapeur : tout le mouvement du port de mer le plus actif.
Il n*y aurait qu'une seule église qui occuperait la place du Panthéon. Ce faite serait consacré à la Divinîtè. Cette église unique aurait des proportions démesurées : toute la montagne latine, taillée en assises, lui servirait d'escalier. Ses tours et ses coupoles feraient au bord du ciel une entaille si profonde, que les étoiles s'épanouiraient comme des fteurs d'or aux acanthes des chapiteaux du premier étage. Notre-Dame pourrait entrer par le porche géant sans baisser la t6te. Dans ce temple hybride seraient concentrées toutes les ardntectures du passé, celles du présent et celles de l'avenir : on y retrouverait, sous des formes plus savantes, les vertiges granitiques d'Ellora et de Kamac, les aspirations désespérées des ogives de la cathédrale de Séville; l'aiguille gothique, le campanile romain, la coupole byzantine, le minaret oriental, formeraient
d*harmonieux accords dans cette symphonie ck pierre chantée à Dieu par tout un peuple. Les mythes génésiaques, les allégories de la chute et du rachat, la rémunération du bien et la punition des forfaits, les symboles des puissances célestes, exécutés en mosaïque, revêtiraient les murailles de teintes chaudes et riches. L*or scintillerait aux parois intérieures avec une profusion digne des Incas ; un peuple de statues animerait les frises, les niches, les entre-colonnements et les rinceaux des portails.
Au lieu des cloches, dont les capsules de bronze n'ont qu'une psalmodie lugubre et monotone, on établirait dans les tours des orgues immenses arec des tuyaux gros comme la colonne de la place Vendôme, dont les soufflets seraient mis en moavement par des machines à vapeur de la force de huit cents chevaux. Des musiques religieuses, composées exprès, seraient exécutées aux différentes heures du jour, et des trombes d'harmonie passe- J raient sur la ville, dominant toutes les rumeurs et ' rappelant l'idée de Dieu à la foule distraite. A Tin- | térieur du temple, les voûtes, disposées selon les lois de l'acoustique, donneraient une sonorité merveilleuse aux cantiques sacrés ; le prédicateur, du haut de sa chaire géante, aidé du téléphone, soufflerait la parole divine, comme du bord d'un nuage un de ces grands anges à clairon que les peintres
placent dans les jugements derniers. Quoique les cathédrales gothiques soient belles, il est permis de croire qu'un édifice qui résumerait à lut seul les trois cents églises de Paris offrirait aux yeux une silhouette encore plus hardie et plus surprenante. L'unité de Dieu résulterait d'une façon plus claire de Funité du temple, et sa toute-puissance de la masse formidahle de Tensemble. Â cela vous pourriez objecter l'éloignement où beaucoup de fidèles se trouveraient de la maison du Seigneur ; mais les moyens de locomotion de Tavenir seront tellement perfectionnés, que ce qui nous parait aujourd'hui une longue distance sera dévoré avec une rapidité à peine appréciable à la pensée !
Voilà donc Dieu logé confortablement ; occuponsnous maintenant du chef, élu de la nation. Nous rétablissons sur la butte Montmartre , que Ton ferait écrouler sous d'énormes pressions, et qui, tassée de la sorte, servira merveilleusement aux remblais, aux terrasses et aux travaux de substruction. Les serres, les orangeries, les écuries, toutes les dépendances occuperont le premier gradin de cette pyramide de constructions, dont les assises inférieures commenceront à l'endroit où est aujourd'hui l'église de Notre-Dame-de-Lorelte. Des terrasses, liées entre elles par des pentes douces, supporteront des palais et des colonnades , du centre desquels jailliront d'autres palais moins vastes ,
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jusqu'à ce que Vou aj:rivô au falle de TédiAce, au sanctuaire mystérieux et splendide, à la tour du chef, chambre unique recouverte de lames d*or constellées dç pierreries, ornée» ce qvà est plus riche encore , des plus belles peiutures des granà maîtres.
Aux quatre faces de celte tour s'oumroiit autant de balcons , dans la direction des quatre points cardinaux, d'où le chef, roide d'or, de diacoaBts ei d*escarbottcles , se fera voir au peuple dans un flot de velours et dans un rayon de lumière. Ce: chef, choisi par la nation, sera le plus beau» le plus ifitelligent et le plus fort de son royaume ; en sorte qu'étant supérieur à tous dans tout , il sera obâ passionnément de chacun. Ceux que son génie blesserait seront subjugués par sa beauté ; on ue peut estimer sa taille k moins de huit pieds de haui A cette stature de Titan il Joindra des fonnes dignes de TAntinotis , du Méléagre et des plus suares conceptions de l'art grec. Une cuisine raisoniïé^» une hygiène transcendante , le maintiendront dans un état de jeunesse et de ^nté admirables > dans un tel équilibre d*humehr, que ses décisions ne potirront être qu*hupàrtialçs et judicieuses. Ses paroleâ seront recueillies et gravées sur le vasûrhre bômme des oracles, et, la nuit, des scribes veilleleront à côté de son lit , afin de guetter les oioii qui lui échapperaient dans son sommeil; car ries
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le doit être perdu de la pensée du chef, cbacuue ]e ce» peifôées étant uu bienfait pour le peuple et /humanité.
Quand le clief descendrait dans la ville » ce serait un splendide coup d'œil de voir, du faite du palais jusqu'à la base , se dérouler les théories du cortège. La population en extase regarderait» du haut des toits et des balcons, cette réalisation de ses rèyeries de magnificence; les chefs doivent donner aux peuples qu'ils gouvernent» sous peine de dësaSèction , le spectacle des formes plastiques du pouvoir. U y a au fond de tout être» si humble et si pauvre qu'il soit , une aspiration secrète vers les féeries de l'opulence. L'amour de l'or, de la pourpre, du marbre, tourmente plus ou moins toutes les âmes. C'est donc un devoir sacré, pour les puissants et les riches » de faire auX multitudes cette aumÀne qui n'appauvrit en rien , l'aumône dé la vue de Wur luxie.
Mille timbaliers, montés sur cinq cents éléphants i — les éléphants feront alors parfaitement acclimatés en France i — ouvriront le cortège en accentuant le rhythmë des symphonies d'instruments de cuivre , bien autrement puissants encore que le bugle et le saxophone , exécutées par quatre nulle nègres vêtus de casaques d'éCarlate rdyé d'or ou d'azur rayé d'argent; des théories de magistrats, de prêtres , de savants, de poètes, d'artistes.
revêtus de costumes sévères ou brillants, vien^ draient ensuite : puis le chef, dans un char étina^-^ lant traîné par des lions, des tigres (rendus do^ mestiques), des chevaux de race particulière, qoi ne ressembleront en rien aux nôtres , ou bien par^ quelque animal de nouvelle invention, en cuivre, en acier, ou quelque autre matière ; car les minéraux seront alors élevés jusqu'à la vie par les efforis de la science. On fera des machines qui se reproduiront d'elles-mêmes. La maison du chef suivra ensuite, échansons, panetiers, chambellans, écuyers , etc. , etc. , etc. Si Ton s*étonne de ne pas voir; de militaire dans ce cortège , c'est qu'O n'y en aura plus depuis longtemps. La guerre sera supprimée avec les vestiges de l'ancienne barbarie ; l'on aura trouvé des engins de destruclion d'une telle puissance , que , d'un côté comme d'un autre , la résistance serait impossible. Il faut , enlre les armes offensives et le corps humain , une certaine corrélation , un équilibre quelconque , au delà duquel le courage n'existe plus. Achille , Mars luimême fuiraient devant un canon perfectionné , tirant à la minute soixante boulets de deux ou trois cents livres chacun.
La ville sera d'une magnificence architecturale dont on ne peut se faire une idée : sans tomber dans les ennuis d'une uniformité stupide, les rues, conçues d'après un plan raisonné, présenteront
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chacune uoe physionomie et un ensemble ; Celle rue affectera le style byzantin, telle autre le style gotbique , une troisième le goût mauresque , l'autre celui de la Renaissance. Les architectures grecque et romaine montreront aussi leurs échantiUons. Ces curiosités serviront à varier le caractère des quar<> tiers, b&tis, en général, dans un style nouveau, que nous ne pouvons désigner encore, mais qui, selon toutes les probabilités, se rapprochera de celui que les Espagnols appellent plateresco. Les architectes de ce temps-là, au lieu de chercher à dissimuler les pièces de leurs constructions, leur donneront beaucoup de relief et d*accent; ils tireront des toits, des fenêtres, des portes, des poutres, nettement accusés, des motifs d'ornementation pleins de caractère et de nouveauté. Les façades ne seront plus plates comme elles sont aujourd'hui ; les corniches, les balcons et les corps de logis se permettront des reliefs prohi* bés maintenant par une voirie mal entendue ; de grandes dalles de marbre blanc ou de lave émaillée de diverses couleurs, de façon à former des mosaïques, remplaceront nos horribles pavages modernes ; des ruisseaux d'une eau pure comme le cristal cour* ront de chaque côté ; quant aux eaux ménagères, elles s'écouleront dans deux égouts parallèles pratiqués sous les maisons, et perpétuellement balayés par des courants d'une grande force. Au milieu de la voie s'allongeront les doubles
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lignas 4ii raHway : ctr tes diarieltes, les caMtoos, les hnqfiets , les fiacres., les Toitures et tow t& modes de tran^ort barbares seront mp^Kiinés par la fonce des dboses. D'immeiises et noflutmu squares freins d^àrbres, de fleors et de SwÉMimî, absorberont les mpeurs, assainiraiit Tair et dnlHkront Tacide carbonique ; les enfants, les femmes, ks viei&ards ei les rêveurs y trowRer<Mit à cbaqne pas des liem de repos et de promenade, et du moios les ou^vrages de la nature Uendraient leiir place au milieu des constructions du gème des hommes, et feraient souvenir qu'il y a un Dieu, diose que Ton peut fort bien oublier dans les viles actoiellea. Uëé, des tmdidas de toile, rayés de couleurs Tivesei arrosés d*eau de senteur, mettront les passants à l'abri du soleil , et l'hiver, de vastes panneaux ti* très, posés d'une corniche à l'autre, les préserveront des intempéries de la saison : les rues trop laiigies pour être ainsi recouvertes auraient des arcade que l'on fermerait par des cloisons de verre.
Chaque maison serait tenue d'avoir une boiicbe de son calorifère tournée à l'^érieur, de sorte que, dans ces passages amsi fermés, l'on jouirait del^ plus douce température; que de rhumes, que de fluxions de poitrine ainsi évités ! Dans les quartiers opulents, ces corridors ou ces cloîtres, comme on voudra bien les appeler, seraient garnis de tapist d'orangers, de magnolias, de lauriers, de cam^^^
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et autres «itNistes est fleur. Cette dij^MMsitioa amè* nerait dPiiaportaDftes nmdifioaiioBS dans les costu* mes ; les candeurs claires et tendres » les broderies d'or et d'argent, que la bo«e el la plaie efEBrouchenti ne larderaieBt pas à reveidr. Mos iieveux dépeuiiie* raieoft eafin ce 'long deufl que porte TEorope en* tière. ■
n iï*7 aurait plus que quatre théâtres : mt tlié&tre de ehant et de déclamation lyriqse, «ii tfatéàtre de danse et •spectecles pittoresques, un théâtre de drame et tragédie , un tbé&tre de comédie , pantalonnades et forces exfailarantes ; mais d^itne beauté et d*iine magnificence inouïes, dignes d^un peuple qui se proclame lui-même le plus spiiituel de Funivers, et qui va prendre ses plaS^rs dafns des bouges pestilents, ot il ne voudrait pas envoyer ses forçais. Tout y sera lar^, aéré, commode ; les loges offriront le confortable des appartements les plus recherchés ; on pourra prendre des bains parfumés dans les baignoires, tout en regardant le spectacle à travers un grillage d'or ; on soupera^ Ton fera des visites, Ton recevra dans les salons des avant-scènes, et Ton jouira de ces plaisirs composites, si peu con* nus de nous autres, pauvres civilisés, qui ne savons procéder que par énormes séances. L'éclairage de la scène viendra d'en haut, et non d'en bas, comme cela se pratique stupidement aujourd'hui : cette amélioration permettra d^arriver & des effets d'opti-
que d*une vérité complète, et modifiera le sysiëiue des décorations, où tant de talent est dépensé eo pure perle : les mécanismes seront tellement sii»plifiés et tellement parfaits , qu'un seul ingénieur, placé devant un petit clavier, fera changer le théâtre de fond en comble, en frappant une touche ou en tournant un bouton de cuivre. Le personnel sera innombrable : il y aura cent premiers chanteurs, dont le plus mauvais vaudra Rubini ; autant de premières danseuses , et ainsi de suite ; les choriste formeraient au besoin une armée.
Les bourses, les chambres de commerce, les salles de conversation, les portiques pour causer philosophie en se promenant, les Élysées des petits enfants, tout cela sera disposé avec une entente de rhygiëne et du bien-être dont nous n'avons aucune idée, et que les poètes seuls peuvent entrevoir de cet œil intérieur dont ils regardent les choses de l'avenir.
Gr&ce aux études faites sur les climaturcs, on jouira à Paris d'une température assez semblable à celle de Naples. Une large zone de forêts se nouera autour de la ville, comme une ceinture verte, arrêtera les vents et retiendra les brouillards, que ses feuilles absorberont pour les rendre à la teri^i qui en fera des sources et des fontaines. Quand le temps menacera d'être pluvieux, des détonations de monstrueuses pièces d'artillerie, par la commotion
qu*e11es causeront à Tair, rompront et disperseront les bancs de nuages ; si ce moyen ne suffit pas, des aéronautes monteront jusqu'à la région des nuées dans des ballons métalliques, et, en entraînant les vapeurs dans les turbines de leur sillage, ils les conduiront à la remorque au-dessus des campagnes qui auraient besoin d'eau. On balayera le ciel clia« que matin comme on balaye le pavé de Paris.
11 n'y aura plus de nuit : sur chaque place s'é* lèveront des phares, des minarets d'archilecture mauresque, dont le sommet portera des aigrettes de lumière électrique d'un éclat si intense, que le gaz se détachera en noir sur sa flamme. Ces phares jetteront sur la ville une lueur blanche et bleue dix fois plus vive que celle du plus brillant clair de lune oriental. L'on pourra lire à cinq ou six lieues dans la campagne les éditions les plus microscopiques. La seule chose à quoi l'on pourra reconnaître la nuit, c'est qu'on y verra plus clair que dans le jour. Les gaz d'éclairage, aujourd'hui si infects, exhaleront les parfums les plus délicieux, les arômes les plus suaves. Les hommes de ce temps-là dormiront très-peu ; ils n'auront pas besoin d'oublier la vie dans cette mort intermittente qu'on appelle le sommeil : leur existence sera d'abord si bien combinée qu'ils n'éprouveront jamais de fatigues , les résistances de la matière étant vaincues, et l'alimentation dégagée de tout ce qu'elle a de grossier.
Si noos ydulions, bous poumon» mener bienloii notre byiM)thèse» et décrire les mœurs du Paris fe tur afvee antant de détails que le ferait un romaAciei intime de l'éeole de M. de Bftizac; mais &ï voiU bien assez pour prouver aux Parisiens, qui se flat* tent d*iiToir une capitale, combien est prof<mde leiu erreur. Il leur faut encore mille ans pour égalei seulement Londres, et Dieu sait que noue ne sommes pas ang^lomane I
mt TISIIE
CHEZ MEKODACH-BALADAN-
En entrant dans ces deux salles basses, à Fangle de la cour du Louire» où sont déposées lesanliqui'lés trouTées à Khorsabad, nous ayons épronré une sensation étrange. Ici la vie triviale, affairée, la foule s*écoidant par les guichets; là un monde inconnu, une civilisation mystérieuse retrouvée tout à coup. D*un seul pas, nous avions franchi deux mille lieues et quatre mille ans !
L'on sait l'histoire de la découverte de ces précieux restes, dus à la sagace activité de M. Botta, consul de France à Mossoul.
De l'autre c6té du Tigre, en face de Mossoul, sur la rive orientale du fleuve, s'étend une plaine bos* suée de monticules et semée de détritus de hri-qoes : c'e9t là que fut Ninive.
La mort des villes est un phénomène que l'on n'a pas assez étudié. Ces grands corps qu'anime une vie multiple et collective semblent avoir des mala-
dies particulières dont les historiens n'ont que confiisément tracé la pathologie. Soudainement, on ne sait pas pourquoi, une ville qui paraissait floris* santé et douée d'un long avenir est frappée de langueur et de paralysie. L'existence l'abandonne, e( ses rues sont comme des veines ouvertes par où son sang s'écoule. Tantôt c'est une invasion de barbares ou de conquérants, tantôt une révolution climatéri* que, ou bien encore, comme c'est le cas de Ninive, une malédiction céleste.
Ces centres prodigieux où les populations abon* daient et bourdonnaient comme des essaims d'abeilles aux abords d'une ruche , entrant et sortant par les larges bouches des cités vomitoires, deviennent déserts tout à coup. L'herbe pousse dans les ornières des chars. Les pullulations de la solitude, l'ortie et les reptiles , envahissent les chambres des palais ; les orfraies et les griffons habitent les tem* pies dévastés. Les chemins des hommes s'éloignent de plus en plus de ces lieux maudits, et alorsi» dans le silence et l'abandon , il se passe une chose étrange ; lorsqu'un oiseau meurt au fond des bois, des insectes noirs sortis on ne sait d'où arrivent aussitôt et se mettent à l'œuvre. On les appelle fossoyeurs , et ils sont bien nommés ; ils creusent sous le petit corps une fosse où ils le font tomber, puis ils s'en vont après avoir soigneusement nivelé le sol. L'entomologie n'a pas classé les noirs in*