UNE VISITE CHEZ MERODACU-BALADAN
L bout, formeraient une bandelette de plusieui's kilomètres; il fallait encore que la face perdue, le ^ôté aveugle de ces frises sculpturales dans lesquelles se déroule la vie d'un peuple , fût sillonné de Légendes cryptiques. Quelle armée d'artistes infatial>les et habiles on a dû employer à l'exécution de travaux incompréhensibles! Quels étaient l'in* lention et le but de ceux qui les commandaient T Qu*espéraient-ils de ces inscriptions qui ne pouvaient être lues qu'après la dévastation et la ruine des monuments auxquels on les appliquait? Quelle révélation terrible voulaient - ils faire à l'avenir, quMls prenaient de telles précautions? Oh! si Ton pouvait pénétrer cette pensée si profondément mystérieuse, et devant laquelle le sphinx, cet expert en Tait d'énigmes, resterait rêveur pendant des siècles en se rongeant les griffes ! Quel est le sens de tous ces petits clous gravés jen creux, qui se groupent, s'Isolent, se penchent, se dressent, se couchent on mille attitudes inintellîgiblement significatives ? Sont-ce des formules talismaniques destinées à rendre éternel le palais qu'elles protègent occultenient, des dates ou des renseignements historiques comme ceux qu'on enfouit sous la première pierre des monuments qu'on élève , des éloges tellement hyperboliques du maître qu'il aurait rougi de les exposer aux regards des contemporains, et disposés ainsi pour donner de lui l'idée la plus flatteuse à la
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posf^ilé ? Ou bien encore les esdaves occupés à sculpter ces basHreliefs , où leur débite était glorifiée, auraient-ils vouhi sur la face opposée inscrire la légende ironique de leurs vainqueurs et se venger ainsi dé leur abaissement { Après tout , cette abiiégation n*a rien qui doive surprendre dans Fart astique, où des peuples entiers travainaient au profit et à la gloire d'un sed maître , où l'Egypte gravait patiemment dans le plus noir granit , sur les m»raSIes ténébreuses de ses syriages, d'inconaiDensU' râbles bandelettes d'hiéroglyphes coloriées» pour amuser la momie de quelque prêtre ou de quelque pharaon.
Outre oes bas^reliefs , M. Botta a fait embarquer après qu'on les eut sciés en plusieurs morceaux , car leurs monstrueuses dimensions ne le permettaient pas avec les ressources dont il disposait, quatre colosses qui formaient les jambages d'une porte, et dont les proportions, l'aspect grandiose el le travaA admirable frappent d'ètonnemènt et de stupeur , et fbnt sb detnander si i depuis trois m/11^ ans, le gçnre humain a fait un pas, et si le progrès n'est pas un vain mot dont se berce l'cH^eil de chaque génération.
Ces fragments ont été ressoudés au Louvre avec une telle adresse , que le point de jonction est introuvable : d'autres colosses du même genre , rêenterrés par les soins de M. Botta , attende , iàos
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ité^ité la plus pure, que quelque vaisseau d*£u- :-o^ i«8 Yieime dierdier et les lire de leur 4èie-à- L&te étemel avec Toi^re , le silence et la solitude , Des trois compagnons mélanooliques des splendeurs et des âhrinités déchues.
Le inusëe assyrien se compose de deiUL salles : dams la première , s<mt encastrés ^érents bas-reliefs ; dans la seconde , ont été reconstruits les colosses dont nous venons de parler.
Parmi les bas-reiirfs de la première salle^ les uns soBt en forme de frise , les autres offrent d'auti^s dimensions et plaquaient probablement des pan» neaux^
Sur deux d'entre eux asses frustes ^ mais cependant facilement reconnaissables ^ sont sculptées des scènes maritimes d*un grand intérêt. Une mer ca« pricieusement ondée et constellée d'animaux carac«^ tërisfiquesy tels que tortues, crabes, poissons^ hydres, porte une grande quantité de barques manœuvrées par de petits bonshommes d'un mouvement très-vif et très-vrai. Dans l'un, il s'agit de l'attaque d'un port ; dans l'autre, d'un armement naval. Les barques traînent des poutres attachées à une corde passée dans des trous faits à leui* extré^ mité. Ces bols de construction sont remorqués vers la rive , où des ouvriers semblent les attendre. La conformation des barques est assez singulière : leur proue est faite d'une tête de cheval emmanchée
d'un long col où yiennent s*accrocher les cordages comme des rênes ^ ce qui donne aux matelots iio air d*écuyers assez étrange et rappelle ces m^aphores parlementaires où l'on voit que le vaisseau de l'État a besoin d'être tenu en bride par une main ferme : le cheval était autrefois consacré à Neptune , et c'est peut-être quelque raison religieuse qui faisait sculpter dans cette forme la proue à& navires. D'ailleurs , l'usage de donner une apparence de vie et d'intelligence aux embarcatiooi existe encore aujourd'hui. Nous nous rappelons avoir vu à Cadix des barques portant à leur avant deux grands yeux peints , qui , avec le taille-mer pour nez, dessinaient une espèce de visage humain. Un écuyer guidant un cheval qui se trouve enclavé dans la muraille offre une souplesse de mouvement» un sentiment du vrai, une étude de la myologie» qui laissent bien loin derrière eux les silhouettes les plus pures de l'art égyptien. Bien que, çà et là, dans l'aspect général plutôt que dans les détails, les traditions hiératiques fassent sentir leur roideur, ce morceau rappelle plutôt les bas-reUefs d'Égine et les sculptures archaïques de la Grèce. Le cheval contenu par le palefrenier, qui se tient un peu en arrière, est vraiment d'une élégance et d'une pureté de dessin remarquables. Son anatomie ne laisse pas de prise à la critique. Les muscles sont indiqués avec vigueur, et les veines