UNE VISITE CHEZ MERODACH-BALABAN
par les soiss de M. Botta, attendent, dans Fintégrîtè la plus pure, que quelque vak»eau d'Europe les vienne chercher et les tire de leur téte-à-téle éternel avec l'ombre, le silence et la solitude, ces trois comptions mélancoliques des splendeurs et des divinités dé* chues.
Le musée assyrien se compose de deux salles : dans la première, sont encastra différents bas-reliefs; dans la seconde, ont été reconstruits les colosses dont nous venons de parler.
Parmi les bas*reliefs de la première salle, les uns sont en forme de frise, les autres offrent d'autres dimensions et plaquaient probablement des pan«- Beaux.
Sur deux d'entre eux assez frustes, mats cependant facilement reconnaissables, sont sculptées des scènes maritimes d'un grand intérêt. Une naer capricieusement ondée et constellée d'animaux caractéristiques, tels que tortues, crabes, poissons, hydres, porte une grande quantité de barques maDoeuvrées par de petits bonshommes d'un mouvement très-vif et trèsvrai. Dans l'un, il s'agit de l'attaque d'un port; dans Tautre, d'un armement naval. Les barques traînent des poutres attachées à une corde passée dans des trous faits à leur extrémité. Ces bois de construction sont remorqués vers la rive, où des ouvriers semblent les attendre. La conformation des barques est assez singulière : leur proue est faite d'une tête de cheval emmanchée d'un long col où viennent s'accrocher les cordages comme des rênes, ce qui donne aux matelots un air d'écuyers assez étrange et rappelle ces métaphores parlementaires où l'on voit que le
vaisseau de l'État a besoin d'être tenu en bride par une main ferme : le cheval était autrefois consacré à Neptune, et c'est peut-être quelque raison religieuse qui faisait sculpter dans cette forme la proue des navires. D'ailleurs, l'usage de donner une apparence de vie et dlntelligence aux embarcations existe encore aujourd'hui. Nous nous rappelons avoir vu à Cadix des barques portant à leur avant deux grands yeux peints, qui, avec le taille-mer pour nez, dessinaient une espèce de visage humain.
Un écuyer guidant un cheval qui se trouve enclavé dans la muraille offre une souplesse de mouvement, un sentiment du vrai, une étude de la myologie, qui laissent bien loin derrière eux les silhouettes les plus pures de l'art égyptien» Bien que, çà et là, dans l'aspect général plutôt que dans les détails, les traditions hiératiques fassent sentir leur rojdeur, ce morceau rappelle plutôt les bas-reliefs d'Égine et les sculptures archaïques de la Grèce. Le cheval contenu par le palefrenier, qui se tient un peu en arrière, est vraiment d'une élégance et d'une pureté de dessin remarquables. Son anatomie ne laisse pas de prise à la critique. Les muscles sont indiqués avec vigueur, et les veines gonflées serpentent moelleusement sur le lacis de nerfs des jarrets ; la tête a du caractère, et le harnachement, exécuté avec une précision telle qu'il pourrait servir de modèle à un sellier, est d'une grâce et d'un goût auxquels trente siècles de perfectionnements ont pu ôter, mais non ajouter : rien n'est plus léger et plus riche que ce système de bossettes et de franges. L'Hippodrome devrait bien nous donner dans une de ses prochaines représentations