LE CABINET MOUSSEAU
Air : — Du bouton (T Bill ou.
On dit que le ministère Formé par le gros Mousseau Est entouré d'un mystère Qui plane sur son berceau.
Le coffre-fort était vide, Chapleau partit tout-à-coup, Il nous laissa, le perfide, Sans chemin d'fer et sans Psou.
Pour nous payer en nature, Il nous jette un fier morceau, Auriez-vous par aventure Vu le gros papa Mousseau, Vu le papa, vu le mou, mou, ) » .
Vu le papa Mousseau, j
Pour fair* bouillir la marmite,
Il faut du lard, c'est connu ;
Or, Mousseau n'est pas un mythe,
On peut le voir à l'œil nu»
Pas besoin d'avoir un' loupe,
Car c'est un homme de poids,
Mais j'crains qu'il nous trempe un' soupe-
Cont'nant plus d'bouillon que d'pois.
Cet homme à large encolure Va commander not' vaisseau.
Auriez-vous par aventure Vu le gros papa Mousseau ?
Vu le pa, pa, vu le mou, mou, Vu le papa Mousseau ?
[ bis.
Pour tenir tête à Porage, Le nouveau chef s'est permis De choisir son entourage Sans consulter ses amis.
La vache de la province Nourrissait encor deux veaux :
Il les sèvre, il les évince, Et fait téter les nouveaux.
L'un d'eux, sautant la clôture, S'embourbe dans le ruisseau.
Auriez-vous par aventure Vu le cabinet d'Mousseau ?
Vu le ca, ca, vu le bi, bi„ ) » . Vu l'cabinet d'Mousseau ? j
Mousseau voyant sa détresse, Le reçoit entre ses bras, Mais c'est en vain qu'on le presse De sacrifier le veau gras.
Il dit que l'enfant prodigue Ft le veau ne forment qu'un, Qu'il aim' les joueurs d'intrigue Costumés en Arlequins.
Content de cette capture,
Il croit tenir un lionceau ;
Auriez-vous par aventure
Vu le compagnon d'Mousseau ?
Vu le compas, vu le gnon, gnon, ) 1 .
Vu l'compagnon d'Mousseau ? j
En dépit des doctrinaires, Mousseau/0/z.fi énormément, Si bien qu'les vétérinaires, Craignaient son avènement.
Il leur enlèv' leur pratique En soignant les veaux fourbus Les bédouins d'ia politique Quittent pour lui leurs tribus.
Il ramass' la pouriture Et l'accumule en monceau.
Pourriez-vous par aventure Aimer Tcabinet d'Mousseau ?
Aimer Pca, ca, aimer Tbi, bi, Le cabinet d'Mousseau ?
> dis.
Montréal 28 juillet 1882.
TA GUÉDILLE Air : — Ta résille
Ta guédille,
Jeune fille, Au bout de ton gros nez brille.
Quand la hideuse chenille Se traîne sur le trottoir,
Toi, morveuse,
Chassieuse, Et de propreté douteuse,
flâneuse,
Crapuleuse, J'ai mal au cœur de te voir.
Non, de Paincourt à Ter'bonne, De Montréal à BauTtonne, De Bayol au Dos tfcochon, (*) On n'a vu pareil fouillon.
Ta guédille, etc.
* Endroit situé en arrrière de Joliette.
Je ne suis qu'un indigène.
Mais si tu devenais reine.
Et si tu m'offrais ta main, Je dirais : Pass' ton chemin.
Ta guédille, etc.
J'ai trois cochons dans la plaine.
Deviens-en donc la gardienne ; S'ils voyaient ton nez morveux, Ce s'raient trois cochons heureux.
Ta guédille, etc.
Woonsocket R. I. 12 août 18&2.