PRENDS GARDE A TOI
A la fleur de son âge, Mousseau le grand dîneur Disait : " Sans badinage, Je serai gouverneur.
C'est pas pour des prières Que j'remplace Chapleau ; C'est pour fair* mes affaires Et me remettre à flot " Ah ! Ah !
Sois moins ardent, Plus prudent, Mon bonhomme, Car la voix d'un chacun Te nomme Un économe d'emprunt, Te nomme un économe d'emprunt, Oui d'emprunt, oui d'emprunt.
De la route ferrée Les fameux constructeurs, Attendant la curée, Se faisaient corrupteurs.
D'ieurs factures les arbitres Ont réduit les montants En vérifiant leurs titres, C'qui n'ies rend pas contents.
2ÔO CAPRICES PuÉTIQUES
Ah ! Ah !
Prends garde à toi
Reste coi.
Mon bonhomme, etc.
Pour casser l'arbitrage On t'a choisi, dit-on, Un fameux entourage Fait au tour... du bâton.
Prends garde à tes collègues ; S'ils font mal, il faudra Que tu tires tes grègues, Et chacun te plaindra.
Ah ! Ah !
Sois moins ardent.
Plus prudent.
Mon bonhomme, etc.
Tu veux fuir nos rivages Pour aller, vers le nord, Régner sur les Sauvages Et les tenir d'accord.
Ne va pas leur promettre Des plac's pour les tromper, Car ils pourraient s'permettre De t'prendre et de t'scalper
Ah ! Ah !
Prends garde à toi
Reste coi, Mon bonhomme, etc.
Montréal, 18 août 1882.
CAPRICES POÉTIQUES 2Ôl